Haguenau (ville de)

De DHIALSACE
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Vers 1115-1815.

La légende d’un château des Eguisheim à Haguenau dès 1030, diffusée par François Batt, Charles-Auguste Hanauer, Joseph Klélé et popularisée par une mosaïque historique réalisée, en 1961, à l’école primaire près de la gare, ne repose sur aucun fondement. Depuis les travaux d’André Marcel Burg et de Bernhard Metz, il est admis que ce château – où seront plus tard entreposés le sceptre, la couronne et le globe impérial – s’édifie vers (et non en) 1115. Il donne naissance avant 1125 à un village de défrichement, surgi ex nihilo à proximité de la Moder, au milieu d’un cône de déjection sableux (affirmation remise en cause par André Wagner qui pense à un peuplement antérieur). Haguenau est déjà fortifié d’une manière ou d’une autre en 1143. Une charte de cette année précise que le château et la bourgade sont situés sur les terres allodiales, c’est-à-dire en pleine propriété du duc Frédéric le Borgne de Souabe (der Einäugige), père de Frédéric Barberousse. Elle élève surtout Haguenau au rang de paroisse avec le consentement de l’évêque de Strasbourg. Dans un premier temps, selon Jean-Paul Grasser, Haguenau se développe exclusivement sur la rive droite de la Moder. Après 1143, l’extension se fait sur la rive gauche.

Les libertés communales

Haguenau devient une importante résidence impériale sous les Hohenstaufen. En 1123, l’empereur Henri V y rend visite à son neveu Frédéric le Borgne. Ce dernier est aussi présent à Haguenau en 1152. La première charte émise par Frédéric Barberousse à Haguenau date de 1158. Par une autre charte qu’il octroie en 1164 (conservée à Heidelberg et visible à Haguenau en novembre 2015), Frédéric Barberousse élargit les droits concédés par son père aux premiers habitants. Ce nouveau texte accorde des exemptions et des droits d’usage – parmi les plus précoces en Alsace, toutefois après Seltz en 1139 –, esquisse une organisation judiciaire et municipale, fait apparaître les bases d’une organisation économique. Barberousse revient en 1166 et 1174 et quatre fois entre 1179 et 1189, à chaque fois entouré de hauts dignitaires. L’empereur séjourne neuf fois plus ou moins longuement à Haguenau. Son fils et successeur Henri VI, alors roi des Romains, vient en 1185 et deux fois en 1189. À Noël 1191, il s’y rend solennellement comme empereur. Entre 1192 et 1196, sa présence est attestée six fois. Richard Cœur de Lion, fait prisonnier sur le chemin de la croisade, y est détenu pendant quelques semaines en 1193.

D’après les chartes concédées à la ville, les ministériaux du château, Burgmänner, forment un corps organisé seulement après l’accession au trône de Frédéric Barberousse. En 1158, cinq ministériaux, dont un Schultheiss sont mentionnés. Leur nombre double un peu plus tard. La Burg est défendue par une garnison fixe. La personne qui s’installe à Haguenau est libre de tout impôt à l’égard de son seigneur. Tout « homme probe » peut acquérir le droit de bourgeoisie. Il lui faut juste verser deux deniers et prêter le serment. Être bourgeois permet de jouir des libertés accordées à la ville et de la sécurité procurée par le droit pénal et les fortifications.

Les bourgeois de Haguenau ne sont soumis ni à la taille, ni au droit de logement. La ville est considérée comme une juridiction propre. Les bourgeois haguenoviens dépendent d’un tribunal local, le Laubengericht, présidé par un Schultheiss. Un collège de « jurés et de fidèles » assiste ce juge. Le droit utilisé est « le vieux droit germanique ». La charte se préoccupe enfin de l’essor économique de la collectivité. Pour encourager et développer le marché de Haguenau, Frédéric Barberousse accorde « la paix ferme », autrement dit la protection impériale aux marchands dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres. Les marchands locaux sont exemptés en 1164 des droits de péage et d’escorte (Geleit) dans tout l’empire. Toutefois même si le commerce haguenovien est notable, il ne paraît pas de premier ordre, selon Hektor Amann. Les conditions de vente du pain sont précisées. Le boulanger qui contrevient au règlement « sera exclu de la communauté des autres ». Relevons les limites de la charte : elle ne nomme ni ne compte les hommes, elle n’indique pas davantage qui les désigne aux fonctions. Dans l’ensemble, Frédéric Ier accorde cependant assez peu de libertés aux bourgeois.

La difficulté réside dans le passage du village à la ville, cette dernière étant, dans la définition médiévale, un groupe de maisons ceintes d’un rempart. Pour l’heure, il n’est pas possible de dater précisément les enceintes. Suivant Bernhard Metz, la première enceinte, sur la rive droite de la Moder, est attestée en 1262, la seconde en 1324, mais sans doute sont-elles plus anciennes. La première enceinte pourrait inclure huit à dix hectares avec le château, la seconde trente huit à quarante hectares, auxquels la troisième en ajoute peut-être une quinzaine, de sorte que Haguenau, dans sa plus grande extension médiévale, semble plus proche de la soixantaine d’hectares que des quatre-vingt attribués jadis par François-Joseph Himly.

Pendant les années troubles où Philippe de Souabe et Frédéric II disputent la couronne à Otton de Brunswick, ils doivent accorder de nouveaux privilèges aux villes en échange de leur soutien. Les échevins de Haguenau apparaissent dans des documents de 1215, en même temps que le grand sceau de la ville dont dispose Woelflin, Schultheiss de la ville de 1215 à 1237, lequel fait fonction de Landvogt sans en avoir le titre en Alsace, dans le Brisgau et l’Ortenau.

Après le règne de l’empereur Conrad IV, les adversaires des Hohenstaufen élisent Guillaume de Hollande qui vient à Haguenau en mars 1255. Il n’a d’autre choix que d’entériner une situation de fait. La ville dispose alors de ses propres finances qu’elle gère elle-même. Si le souverain perçoit annuellement 150 livres, les bourgeois sont exemptés de toute autre redevance. La caisse municipale perçoit la taxe sur le vin, Ohmgelt ou Umgelt. Les ministériaux du château, les échevins et les jurés siègent au tribunal. Le Schultheiss exécute les sentences. L’empereur accepte d’élever au niveau des échevins nobles les représentants des corps des métiers urbains. Les deux chartes du roi des Romains Richard de Cornouailles de 1257 et 1262, si elles ne nous apprennent rien sur l’organisation municipale, augmentent la liberté individuelle des bourgeois. La mesure essentielle de 1262 confère aux citoyens « probes et honnêtes » le droit de siéger au tribunal comme juges, ce qui leur ouvre la carrière administrative et bat en brèche le monopole des nobles. Rodolphe de Habsbourg, en montant sur le trône, confirme, en 1275, toutes les franchises municipales.

Landvogtei et Ligues urbaines

Durant le Grand Interrègne, bon nombre de seigneurs profitent des désordres pour s’emparer de biens vacants. Aussi le premier souci de Rodolphe de Habsbourg, à son accession à l’empire, en 1273, est-il de « retrouver, recenser et confisquer » tous les biens impériaux qui lui reviennent après l’extinction des Hohenstaufen. Il fait des séjours longs et fréquents à Haguenau, en tout sept mois entre décembre 1273 et juin 1276. Il créé d’abord deux grands baillis, l’un pour la Basse-Alsace, l’autre pour la Haute-Alsace. En 1280, il confie l’essentiel du territoire de Bâle jusqu’au Spirgau à un seul lieutenant général, son neveu Otton III d’Ochsenheim. C’est la naissance d’une institution qui, sous le nom de Landvogtei ou Grand Bailliage, subsistera jusqu’à la fin de la guerre de Trente Ans (Landvogtei, Reichslandvogtei).

De la juridiction du Landvogt dépendent la forêt de Haguenau avec ses monastères cisterciens de Neubourg et Koenigsbrück et une cinquantaine de villages impériaux ou Reichsdörfer. En principe les villes impériales y sont soumises, mais elles paraissent conserver une très grande autonomie (Empire (villes d')). Le bailli nomme et révoque tous les officiers royaux de sa circonscription, perçoit les contributions dues à l’empire et doit prendre la tête des troupes.

Chaque année, au moment de l’élection du Conseil, la ville prête serment non à la personne du Landvogt mais à l’empereur et à l’empire représenté par lui. Le Landvogt, choisi par le souverain, ne peut exercer ses fonctions qu’avec l’approbation de celui qui l’a nommé. Bientôt certains baillis commencent à se faire seconder, voire remplacer par un sous-bailli (Unterlandvogt). Les pouvoirs de ce dernier tendent à se confondre avec ceux du bailli sans y parvenir totalement. Dans la hiérarchie du groupe qui assiste le sous-bailli, l’écoutête ou Schultheiss occupe toujours le premier rang. Nommé et révoqué par le grand bailli, après consultation du sous-bailli, le Schultheiss préside les deux tribunaux haguenoviens, le Laubengericht et le Gräthegericht (Échevin, Gericht).

Preuves du dynamisme de Haguenau, plusieurs événements relevant de l’histoire religieuse doivent être mentionnés. La construction romane de Saint-Georges du XIIe siècle s’explique par le fait que l’édifice ne suffit plus pour accueillir les fidèles. L’église est profondément remaniée et agrandie au cœur du premier tiers du XIIIe siècle. Au même moment, en 1222, selon André Marcel Burg, les Franciscains ou Barfüsser s’installent dans la ville. Si la date paraît contestable, on peut en revanche admettre la construction de leur église entre 1245 et 1250. Un autre ordre mendiant suit. Après Colmar en 1278, Sélestat entre 1281 et 1294, Wissembourg en 1288, les Dominicains fondent deux derniers couvents à Haguenau et Guebwiller entre 1288 et 1294. Les Prémontrés entreprennent de reconstruire Saint-Nicolas entre 1280 et 1320. Le roi Rodolphe approuve l’installation des Augustins en 1284. Un testament de 1287 stipule une distribution de pain aux Reuerinnen ou Repenties. Les Guillemites passent un accord en 1329 avec la paroisse Saint-Georges.

Une comparaison entre Haguenau et Colmar, depuis le milieu du XIIIe siècle, effectuée par Bernhard Metz (Revue d’Alsace, 2002), montre que les deux villes sont les plus grandes d’Alsace après Strasbourg. Selon le système de coefficients élaboré par Escher et Hirschmann, les deux villes ont à peu près le même nombre de points en 1250, 1300 et 1350, même si une évolution différente y est visible. Alors que Haguenau n’existe pas encore, Colmar est le centre d’un vaste domaine royal. En revanche alors qu’au XIIe siècle, Haguenau est doté d’un palais impérial, d’une enceinte, de franchises, d’un marché, de deux églises paroissiales, rien de tel à Colmar. Cette dernière connaît au XIIIe siècle une urbanisation très rapide qui lui permet de rejoindre Haguenau au développement moindre à ce moment.

Après 1250, avec la disparition des Hohenstaufen, les ministériaux se retirent dans leurs châteaux-forts des basses Vosges. Ils cèdent la place à une oligarchie dont l’organe est le corps des douze échevins. Quand, en 1299, Albert d’Autriche déclare que les Haguenoviens ne peuvent être recherchés en justice que par l’empereur et le tribunal urbain, Haguenau peut désormais être considéré comme une ville impériale bénéficiant pleinement du privilège de l’immédiateté. Le 26 octobre 1331, les « Maître, Conseil et bourgeois » décident d’adjoindre aux échevins vingt-quatre représentants choisis dans les corps de métiers. Charles IV confirme la constitution de 1331 en 1349, l’empereur Wenceslas en 1379. Ce système est appliqué pour l’essentiel jusqu’à la guerre de Trente Ans.

Chaque année, le dimanche de la Trinité, en mai ou juin selon le calendrier, les tribus désignent leurs vingt-quatre représentants. Après cette élection, les XXIV sortant de charge (alte XXIV) et les XXIV nouveaux (neue XXIV) se présentent ensemble à la population sur le balcon de l’hôtel de ville. Tous jurent de respecter la constitution de la ville : c’est le Schwörtag. Les quatre Stettmeister, pris parmi les échevins, jurent de rester en fonction jusqu’aux élections prochaines, de maintenir la ville dans ses droits et ses coutumes, d’exécuter exactement les décisions du conseil et de gérer les deniers de la ville. Les conseillers prêtent serment d’obéissance à l’empereur, au Saint-Empire, au Landvogt et au Schultheiss.

L’expansion économique corrobore le dynamisme. L’historien Hektor Amann considère Haguenau comme une véritable « ville drapante ». On y trouve dès 1333 et 1346, à côté des tisserands, une corporation de batteurs de laine qui prendront, un siècle plus tard, le nom de drapiers. En 1368 on fabrique des Hagnower à Berne, ce qui témoigne de la diffusion et de la réputation des draps de Haguenau.

Le 28 août 1354, Charles IV fonde, par un diplôme, la ligue des dix villes impériales de la préfecture impériale – ou grand bailliage – d’Alsace. Cette ligue urbaine, comme il en existe d’autres dans l’Empire – et en Alsace –, regroupe au départ Colmar, Haguenau, Kaysersberg, Mulhouse, Munster, Obernai, Rosheim, Sélestat, Turckheim et Wissembourg (Bund/ Bündnis(-se), Empire (villes d'), Décapole). Ses membres s’engagent à s’entraider en cas de conflit avec des tiers extérieurs et à s’aider mutuellement à conserver leurs privilèges et libertés. Parce que le siège de la préfecture impériale d’Alsace se trouve à Haguenau, celle-ci fait office de capitale de la ligue, en abritant la chancellerie. Les réunions en revanche se font à Sélestat, à cause de sa situation centrale. Les dépenses communes, frais des ambassades et envoi de contingents militaires, sont répartis proportionnellement aux moyens des villes. Haguenau et Colmar constituent les deux plus grands contributeurs, chacun payant un quart du total. Deux délégués de ces villes représentent la ligue à la diète d’Empire.

Dans le débat historiographique contemporain, sur l’importance de cette ligue appelée bien plus tard par les historiens la Décapole, « laboratoire de solidarité » selon Bernard Vogler, « mythe alsacien » selon Georges Bischoff et Olivier Richard, Jean-Paul Grasser avait fourni les éléments suivants. De 1425 à 1469, une centaine d’affaires est traitée par les délégués des villes. Haguenau y joue un rôle éminent – magnifiée par le vitrail de l’hôtel de ville représentant un lansquenet agitant un drapeau bleu à la rose quinquelobée – et est qualifiée de Kammer, Hauptstadt, Direktorium, les autres villes étant qualifiées de Mitgenossen. La ville reçoit les lettres adressées à la Ligue des Dix Villes impériales, expédie les réponses, les munit de son sceau. Les rapports avec le grand bailli sont essentiels. C’est au grand bailli que les villes doivent le serment d’obéissance à partir de 1478. Les députés se rendent à Haguenau et y prêtent le serment. Presque tous les ans ou tous les deux ans (vingt-six ambassades entre 1415 et 1450), la Décapole envoie une délégation auprès de l’empereur ou du roi, à Vienne ou à Prague. Dans la plupart des cas, des délégués de Haguenau et de Colmar, certaines fois de Haguenau seul, représentent la Décapole auprès du souverain ou de la diète.

Le tournant du XVIe siècle correspond à un bouillonnement artistique et intellectuel. Les chantiers sont multiples. Veit Wagner réalise en 1500 la chaire de Saint-Georges dans le cadre d’une période de travaux s’étendant de 1490 à 1530. Vers 1500 est ajouté le porche précédant le portail de la façade de Saint-Nicolas. À la suite du calligraphe Diebold Lauber, Haguenau devient un centre d’imprimerie. Des éditeurs entreprenants font sortir de leur presse des ouvrages reflétant les préoccupations des humanistes et allant dans le sens d’une réforme religieuse. Politiquement la ville apparaît, vers 1515, comme « une sorte de sismographe qui enregistre des mouvements dont l’origine et les répercussions se situent bien loin d’elle » (G. Bischoff). Alors que Haguenau échappe, grâce à des mercenaires, au pillage des paysans en 1525, Jérôme Guebwiller, chassé par la victoire de la Réforme à Strasbourg, prend la direction de l’école latine de la ville. En 1527, Guebwiller se plaint « que l’école a beaucoup perdu à cause de la doctrine luthérienne ».

En 1540 se réunit à Haguenau une conférence religieuse entre catholiques et protestants. Le 27 mai, Ferdinand, le frère de Charles Quint, assiste à la procession de la Fête-Dieu. Les jours suivants affluent évêques, princes, ambassadeurs et leurs personnels, tels Pierre de Ronsard alors attaché à une ambassade française en Allemagne. L’assemblée commence ses séances le 25 juin, mais la réunion tourne court. Aucune des parties ne voulant faire des concessions sur le dogme. Entre 1544 et 1555, les sympathisants de la Réforme trouvent un soutien en la personne de l’Unterlandvogt Henri de Fleckenstein. L’introduction du luthéranisme à Haguenau, en 1565, relève avant tout d’une manœuvre politique. Le Sénat se serait prononcé à la majorité pour le maintien des anciennes institutions catholiques, mais les services de la chancellerie auraient supprimé une lettre impériale interdisant formellement toute innovation sur le plan religieux et fabriqué une fausse lettre impériale, diffusée dans les corps des métiers de la ville et donnant pouvoir illimité d’introduire le luthéranisme dans la ville.

Vers 1585, les échevins semblent maîtres de la situation et de plus en plus de Haguenoviens partagent les idées nouvelles (deux tiers de la population ?). Le renouveau catholique, à partir de cette date, provoque une reconquête politique. Les catholiques reprennent pied au sénat. Puis les jésuites en 1604 et les capucins en 1613 s’installent à Haguenau à l’appel des catholiques redevenus majoritaires. En décembre 1617, lorsque le Grand Conseil élit les sept échevins manquants, six sont catholiques et un protestant. Dans le conseil des échevins, les luthériens ne sont plus que quatre contre huit catholiques. Sur les huit membres qui entrent chez les XXIV, pas un seul n’est luthérien. Les conversions opérées par les jésuites provoquent des tensions entre les deux communautés. Pour maintenir la paix publique, le sénat renouvelle, en mai 1617, l’interdiction de se disputer sur les affaires de religion. En 1621, les Annonciades installent un couvent dans la ville, le seul dans l’Empire avant 1648.

Dès le début de la guerre de Trente Ans, Haguenau est concerné par le conflit. Le condottière Ernest von Mansfeld, qui s’est mis au service de l’Electeur Palatin Frédéric V, protestant, prend la ville le 30 décembre 1621, la pille et la saccage. Mansfeld cherche à restaurer le pouvoir des luthériens en faisant élire en 1622 trois échevins protestants à la place de trois catholiques, ce qui donne aux luthériens une majorité de sept voix sur douze. De même il fait élire cinq luthériens sur huit sièges à pourvoir au conseil des XXIV. Puis Mansfeld part le 21 mars 1622 pour rejoindre le duc de Brunswick. Il laisse une garnison de trois mille hommes. L’archiduc Léopold d’Autriche, son adversaire catholique, arrive devant Haguenau le 8 mai et en entreprend le siège. Le 17 mai, Mansfeld accourt avec son armée et fait son entrée triomphale dans Haguenau en compagnie de l’Électeur Palatin. Toutefois, congédié, le condottière évacue la ville le 19 juillet. Le 30 juillet, Léopold d’Autriche est de retour. Quoique les péripéties militaires soient de courte durée, la ville connaît un état d’épuisement extrême.

La guerre exacerbe les tensions religieuses. En février 1628, le Magistrat annonce aux luthériens qu’ils ont trois semaines pour se convertir ou partir. De nouvelles occupations militaires suivent. Une armée suédoise commandée par le général Gustave Horn force les portes de la ville en septembre 1632. En janvier 1633, la rébellion des habitants contre la garnison entraîne la vengeance de Horn qui fait construire une digue pour arrêter les eaux de la Moder et provoquer l’inondation de la ville. Haguenau se trouve placé en 1634 sous la protection de la France, ce qui l’oblige à entretenir une nouvelle garnison de mille hommes. Lorsque la guerre s’arrête, près de deux cents bâtiments publics ou privés ne sont plus que décombres, le mur d’enceinte est troué de partout, le nombre de bourgeois a chuté (1200 en 1604, 250 en 1638), la communauté juive est réduite aux seuls sept chefs de famille nécessaires pour son maintien.

Le traité de Münster en Westphalie (1648) marque la fin de la guerre de Trente Ans. Il laisse, par ses ambiguïtés, la porte ouverte à de multiples interprétations et à un éventuel recours aux armes pour trancher. D’après les articles 73 et 74, les villes impériales d’Alsace et le Grand Bailliage sont enlevés à l’empereur et incorporés à la couronne de France. Mais l’article 87 impose au roi de France de laisser les villes impériales, dont Haguenau, dans leur immédiateté à l’égard de l’Empire, sans pouvoir « prétendre sur elles aucune souveraineté royale. » Autrement dit, les villes sont à la fois soumises au roi de France et à l’empereur (Haguenau (Grand bailliage de)).

Pendant plus de vingt ans, la ville lutte pour la défense de son indépendance passée et de ses privilèges multiséculaires contre le prévôt du Roi de France chargé de la défense, sur place, des intérêts de la monarchie. Les pièces de monnaie, frappées de 1664 à 1673, disent le camp choisi par les édiles locaux : la rose au revers, l’aigle bicéphale et non le lys à l’avers. Avec l’arrivée du premier grand bailli nommé par le Roi, le comte d’Harcourt, en fonction de 1651 à 1659, se pose la question : doit-on prêter le serment de fidélité au grand bailli français comme à l’égard du Landvogt ? D’Harcourt élude et confirme simplement les privilèges. Son successeur, le marquis de Meilleraye, duc de Mazarin, neveu par alliance du cardinal, impose par contre le serment. Haguenau est la première des dix villes à prêter serment de fidélité et d’obéissance au roi en 1662, en présence du duc et de l’intendant, Colbert de Croissy. Si les grands baillis suivent désormais une politique d’assimilation à la France, ils habitent à Versailles et chargent le prévôt de l’appliquer.

Devenu majeur, Louis XIV devient « chef de guerre », cherchant à agrandir le « pré carré ». La guerre de Hollande accélère les événements. L’action militaire poursuit les vues diplomatiques. « Les dix villes étant intentionnées pour l’empereur et ne nous aimant pas » (A.S.H.D. Vincennes, A1 347, 184-186) ne sont pas ménagées. Si Colmar est investi militairement en 1673 et voit quatre mille hommes employés à la démolition des remparts séculaires, Haguenau connaît un destin plus radical. « L’intention de Sa Majesté est que les fortifications soient tellement rasées qu’il n’en reste aucun vestige ». Surtout Louvois ajoute à Montclar le 22 décembre 1676 : « Vous avertirez les habitants de s’en retirer et d’en emporter les meubles afin de leur causer moins de préjudice en brûlant entièrement la ville à la réserve de l’église ». L’incendie a lieu le 10 février 1677. À peine le feu éteint, les habitants colmatent les brèches et réparent le pont-levis. Créquy reçoit l’ordre, le 8 septembre 1677, de détruire le peu de maisons que les habitants pourraient avoir rebâties, pour empêcher que « les ennemis n’en puissent profiter pour y pouvoir demeurer à couvert l’hiver prochain ».

Le siècle des préteurs royaux

Toutefois la monarchie s’est trop précipitée. Dès 1679, Vauban fait loger des troupes chez l’habitant revenu s’installer dans les décombres. La ville vivote quand elle devient officiellement ville royale avec l’installation en 1686, comme à Colmar, d’un préteur, obligatoirement catholique, véritable « œil du roi » dans Haguenau. Il « prend séance » au nom du roi à l’hôtel de ville, entre dans toutes les assemblées avec voix décisive, supervise les revenus et les dépenses de la ville, ainsi que l’administration de la justice. Surtout il veille « à ce qu’il ne se passe aucune chose contre le service royal ». Le premier titulaire de la charge est Walter de Gail, en fonction de 1686 à 1724. Son fils, Louis Ignace de Gail, lui succède de 1724 à 1741.

Les conséquences de l’incendie et la Guerre de Succession d’Espagne (1701-1714) limitent d’abord le rôle du préteur. Selon l’intendant Jacques de La Grange (1643-1710), la ville se trouve « à présent – en 1697 – enceinte d’une simple muraille. La plupart des maisons n’ont point été rebâties. Il n’y en a plus que 350, tant grandes que petites, 400 familles et 2 600 âmes ». L’ingénieur militaire Guillin, en 1702, dresse un constat plus sombre. Haguenau est « encore en grand désordre, car très peu de gens s’y sont établis. La moitié des maisons qu’il y avait autrefois n’étant pas rétablie, la bourgeoisie y est très pauvre. Il n’y a aucun commerce et le passage des troupes les fatigue beaucoup ». La Guerre de Succession d’Espagne contribue à affaiblir encore la ville. « Il n’y a de bon parti que celui de fortifier Haguenau. Vous y établirez vos magasins » ordonne Louis XIV à Catinat le 12 juillet 1702. En 1705, la ville assiégée par l’armée impériale est prise par Friesen. L’année suivante, Péry, à la tête de l’armée française, la reprend. On comprend dès lors, pourquoi il est dit, en 1738, que « la ville est assez grande, mais peu peuplée » (AM Haguenau, GG 9).

Le contexte explique la fragilité du pouvoir politique. En 1713, le roi confie la charge de grand bailli au comte de Châtillon. Absent de la ville, il doit s’appuyer sur Jean Gaspard de Hatzel, homme utile à Versailles pour la diplomatie secrète. Hatzel cumule les charges en remerciement de ses services : il devient entre autres lieutenant-bailli de Haguenau ou Unterlandvogt, ainsi que bailli royal. Châtillon et Hatzel veulent mettre la main, en 1714, sur le vieil organisme de la Préfecture des Dix Villes. Ils cherchent à réintroduire le droit du grand bailli d’assister au renouvellement des villes libres, sans recevoir comme jusqu’en 1673 un serment de fidélité, mais l’intendant s’oppose à cette prétention. Par la suite une procédure régulière tend à s’instaurer : à chaque renouvellement, le Magistrat de la ville concernée donne connaissance de la date choisie au grand bailli, à l’intendant et au gouverneur, lesquels envoient leurs représentants.

Si le Grand Bailliage, la Préfecture de Haguenau, ainsi que l’organisation de la Décapole subsistent théoriquement, mais vidés de toute substance véritable, le personnage dominant à Haguenau est désormais le préteur royal. En mai 1716, il est confronté à une fronde de bourgeois séditieux qui attaquent le Magistrat, devenu nettement oligarchique. Il n’y a plus d’élections et le Magistrat se complète chaque fois par cooptation. Alors que l’arrêt royal de 1683 prévoyait la triennalité des charges et l’élection « à la pluralité des voix des habitants, les magistrats ont continué d’être « perpétuels » à Haguenau. Le 23 août 1717 est publiée une ordonnance royale réglant « les fonctions et renouvellement des magistrats et bourgmestres dans les villes d’Alsace ». Les quatre postes de Stettmeister deviennent héréditaires. Ces Stettmeister règnent à tour de rôle pendant un trimestre pour régler les simples affaires de police et garder les sceaux.

L’intendant fait connaître aux autorités locales la décision du gouvernement du 22 décembre 1717 : « Le nombre des habitants de la ville de Haguenau est si considérablement diminué qu’on a peine de trouver des sujets capables de remplir toutes les charges vacantes ». Dorénavant, le Magistrat de Haguenau doit être composé d’un préteur, de trois Stettmeister et de six conseillers. L’administration municipale s’en trouve bouleversée. Les corps de métiers ne sont plus appelés à voter et, par conséquent, se trouvent évincés de la vie politique locale. Un changement intervient en 1727. Le roi permet le rétablissement d’un quatrième Stettmeister. Désormais l’autorité du préteur royal n’est plus contestée. L’autoritaire Louis Ignace de Gail, aux manières peu polies, voire rudes et brutales, exige d’ouvrir lui-même toutes les lettres. Certes il favorise en 1738 la venue du chapitre de Surbourg à Saint-Georges pour que la ville retrouve un certain luxe. Mais il se heurte au sous-bailli de Hatzel au sujet de la préséance lors des élections et décède prématurément en 1741 à l’âge de 45 ans.

Lui succèdent les Antoine, père et fils, qui ajoutent opportunément à leur patronyme de Cointoux. Jean Philippe Antoine de Cointoux est préteur de 1749 à 1759, Pierre Philippe Georges Antoine de Cointoux de 1759 à 1789. Conseiller et chargé de la recette et de la direction des revenus à la Préfecture par Alexis de Châtillon, le grand bailli, le père de Cointoux doit affronter Gaspard de Hatzel, jusqu’au moment de la mort de ce dernier, en 1747. Lassé par ces querelles, deux fois otage pendant la Guerre de Succession d’Autriche en 1744, il abandonne à son fils le poste de préteur et entre dans les ordres, une pratique qui n’est pas extraordinaire à cette époque, puisque deux magistrats du Conseil Souverain d’Alsace, Holdt et Larcher, font de même.

La correspondance passive et active du préteur Pierre Philippe Georges Antoine de Cointoux, conservée, nous permet de prendre la mesure de sa fonction. L’évolution de son traitement est significative : 1 600 livres en 1754, 3 000 livres en 1778 soit 2 000 livres de moins qu’à Sélestat ou Colmar, enfin 4 500 livres en 1783, ce qui témoigne d’un redressement net des finances municipales à la fin de l’Ancien Régime. L’influence de Cointoux est visible dans le suivi de l’hôpital bourgeois construit en 1757 sur les plans du sous-greffier de la ville Georges Joseph Barth (AMH, JJ 189, f. 13), la prise en charge des malades dans l’éphémère hôpital militaire qui ferme en 1788 (AMH, JJ 184, f. 76), la transformation de l’ancien collège jésuite en caserne de cavalerie, laquelle loge le Royal Allemand en 1774, les hussards de Conflans en 1780 et 1783, le Royal Cavalerie en 1787, le régiment de Saxe nouvelle appellation de Conflans en 1789.

Lorsque Cointoux demande une augmentation de traitement le 23 février 1782, il la juge méritée, car à côté de celle de Hannong, il a procuré à la ville « l’avantage de l’établissement de deux autres manufactures de fayence et de porcelaine » (AMH, JJ 185, f. 70). Par ailleurs, le préteur se mêle, par ses fonctions, des Juifs. Il intervient, par exemple, en 1777, parce que « le plus aisé des Juifs de cette ville s’est rendu propriétaire d’une seconde maison qu’il a fait enchérir pour lui par le sieur (catholique) Saglio » (AMH, JJ 184, f. 128), Cointoux est en relations épistolaires avec le préteur de Sélestat, Charles Mathieu Sylvestre de Dartein (1749-1814), son futur beau-frère, en 1784 à propos de l’alignement de Sélestat sur la cérémonie de la ville de Haguenau, les casernes et la suppression du collège des Jésuites (AMH, JJ 184, f. 229).

Toutefois le préteur n’est pas omniprésent. Lors de la prestation de serment le 26 septembre 1776, du nouvel abbé bénédictin de Munster, Aubertin, à Turckheim, c’est le chevalier de Pons, lieutenant du roi et commandant Haguenau qui représente la ville (AAEB Porrentruy, A 56/3). Laquelle soupire après son passé en 1782 : « La première des dix villes jadis impériales de la Préfecture Royale de Haguenau » (AMH, JJ 185, f. 70).

La Révolution bouleverse l’ordre ancien. Fin mars-début avril 1789 a lieu à Haguenau une importante réunion pour élire les députés qui devront se rendre aux États-Généraux de Versailles (RA, 1923, p. 5, 7, 11). Le cardinal Louis de Rohan y est élu député du clergé. En 1791-1792, la ville aux sept couvents (augustin, capucin, franciscain, dominicain, prémontré, annonciade, tierceline) se vide de ses religieux et de ses religieuses. Elle apparaît, à l’automne 1793, quand les civils suivent l’armée autrichienne dans sa retraite devant l’armée républicaine française, comme un lieu contre-révolutionnaire. La valse des maires cesse avec la réorganisation napoléonienne. Les quatre districts, constitués en 1790, dont celui de Haguenau, sont remplacés par des arrondissements (Wissembourg, Saverne, Strasbourg, Barr puis Sélestat). Haguenau, incorporé dans l’arrondissement de Strasbourg, « sombre dans l’insignifiance d’un chef-lieu » (J.-P. Grasser) d’un canton comprenant seize localités.

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