Gouverneur

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gouvernement, Militärgouverneur

Le terme vient du latin gubernator : pilote de navire. Il est employé au Moyen Âge pour désigner la tête d’une communauté religieuse, l’abbé d’un monastère ou le curé d’une paroisse (Du Cange). Au début du XVIe siècle, il est employé pour « gouvernant » dans un traité de Bruxelles réglant le partage entre Charles Quint et Ferdinand (Bischoff, Gouvernés et gouvernants p. 133). Grimm attribue une origine flamande au mot qui passe dans le vocabulaire allemand à la fin du XVIe siècle. En français, le terme, employé à l’origine pour désigner le pouvoir en général, prend le sens de « lieutenant-gouverneur » au XIVe siècle, terme pour lequel on trouve, dans l’espace germanique et en Alsace, le terme de Statthalter (pour les Ribeaupierre à Ribeauvillé, les Habsbourg à Ensisheim) (v. Statthalter).

Au XVIe siècle, le mot « gouverneur » et l’institution sont bien établis et usités dans son sens de « lieutenant-gouverneur » et chef militaire en France et dans le Saint‑Empire.

Le titre et les fonctions du « gouverneur » ou « lieutenant général et gouverneur établi par le roi » datent du XVIe siècle (Ordonnance de Moulins, Ordonnance de Blois). Ils recouvrent d’abord le domaine militaire ; il y a ainsi des gouverneurs de place qui commandent les villes, places et les troupes des garnisons.

En 1635, nombre de principautés et de villes alsaciennes se mettent sous la protection temporaire du roi et sont occupées (Haguenau, Saverne, Colmar, Thann, Wissembourg, Sélestat, Landau, etc.). Elles conservent leurs statuts et leurs privilèges. Mais des garnisons françaises entrent dans les villes placées sous l’autorité de gouverneurs, pourvus de lettres de commission leur donnant « autorité des gouverneurs des places du royaume ». Ils sont placés sous le commandement des lieutenants généraux de Haute- et de Basse-Alsace et des généraux commandant les armées avec leurs intendants et leurs délégués chargés de l’approvisionnement, mais aussi de la police et de la justice. Les gouverneurs de place peuvent être réunis pour conférer de l’organisation de l’administration de l’Alsace (1637).

En Haute-Alsace, à la disparition du duc Bernard de Saxe-Weimar, son lieutenant d’Erlach est nommé gouverneur général de Brisach, gouvernement réduit après le traité de Munster.

Le 26 avril 1649, le Roi accorde le gouvernement de la Haute- et de la Basse-Alsace au comte d’Harcourt. S’attribuant tous les pouvoirs, militaires, administratifs, judiciaires, ce dernier entreprend de se tailler une principauté sur le Rhin. Il crée en particulier une Chambre provinciale de justice à Ensisheim. Dès 1654, les armées royales mettent le siège devant Brisach où l’Intendant fait son retour. On négocie avec d’Harcourt, frondeur soumis, mais qui entend continuer d’exercer la plénitude des pouvoirs du gouverneur. Mazarin ignore ses demandes et obtient en 1659 sa renonciation. Le gouvernement d’Alsace est remis au cardinal lui-même, puis en 1661, au mari de sa nièce, Hortense Mancini, le duc Mazarin (v. Ferrette) qui n’a pas l’autorisation de se rendre en Alsace. C’est de Paris qu’il gère les domaines de son duché (v. Ferrette). Depuis 1656, les frères Colbert, Jean-Baptiste le secrétaire du cardinal, et Charles Colbert de Croissy, l’intendant, organisent fermement la province où l’intendant exerce les pouvoirs civils, financiers et judiciaires. Ce sont les commandants qui exercent le pouvoir militaire dans la province. À la fin du gouvernement de Mazarin en 1713, les commandants peuvent cumuler leurs fonctions avec celle de gouverneurs (v. Commandant, Division).

Les instructions transmises à un gouverneur de place lui donnent mission de « veiller à la garde et à la sûreté de la place… faire vivre les habitants en bonne union et concorde les uns avec les autres, et les gens de guerre en bonne discipline et police, et de ne pas rendre la place en cas qu’elle vint à être attaquée, qu’après avoir soutenu deux ou trois assauts, et qu’il y aura brèche considérable au Corps d’icelle ». Après les deux invasions de 1814 et 1815, l’Alsace fait connaissance avec les Militärgouverneurs. En 1814, le général bavarois comte de Brekers est gouverneur de Colmar (Leuilliot, 1814, p. 50) et à Haguenau, le baron de Hess s’intitule « gouverneur général de l’Empereur d’Autriche ». Des commissaires administratifs ou commissaires civils s’occupent de l’administration des départements. De retour en 1815, le baron de Hess est gouverneur de l’Alsace, avec siège à Colmar, puis à partir de 1816, un émigré lorrain au service de l’Autriche commande à Colmar. Les garnisons d’occupation sont commandées par des gouverneurs de place jusqu’à la fin de l’occupation de l’Alsace, en 1818.

Bibliographie

DE VILLE (Antoine), De la charge des gouverneurs de place, où sont contenus tous les ordres qu’on doit tenir pour préparer les choses nécessaires dans une place, tant pour la conserver comme pour la défendre, et pour s’empêcher toutes sortes de surprises…, Paris, 1639.

BRIQUET, Code militaire, ou Compilation des ordonnances des roys de France concernant les gens de guerre, Paris, 1728.

GUYOT, Répertoire (1775-1798), t. 28 : « gouverneur ».

GRIMM : « gouverneur ».

DU CANGE et alii, Glossarium mediæ et infimæ latinitatis, réed. par FAVRE (Léopold), Niort, 1883-1887 (http://ducange.enc.sorbonne.fr/).

REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle (1898).

LIVET (Georges),Intendance d’Alsace (1956).

LEUILLIOT (Paul), La première restauration et les Cent Jours en Alsace, Paris, 1958.

LEUILLIOT (Paul), L’Alsace au début du XIXe siècle, t. I, La vie politique, Paris, 1959.

Notices connexes

Commandant

Division_militaire

Fortification

Garnison

Intendant

Lieutenant

Statthalter

François Igersheim

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