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Concile de Bâle

Réuni en application du décret Frequens (1417), qui impose sa périodicité, le Concile oecuménique s’ouvre à Bâle le 23 juillet 1431 et s’y maintient jusqu’au 4 juillet 1448, date de son transfert à Lausanne où il se sépare le 25 avril suivant. C’est le plus long du Moyen Âge. Il est marqué par un conflit d’autorité avec le Pape Eugène IV (1431‑1447) qui tente de le relocaliser à Bologne (1432), puis, convoque son propre concile à Ferrare et Florence (1438-1441). Les 45 sessions officielles (1431‑1443), considérées comme canoniques entre 1434 et 1438, sont placées sous le thème de la supériorité de l’assemblée oecuménique sur le Saint‑Père qui se soumet une première fois (1433), avant la rupture sanctionnée par l’élection bâloise du duc Amédée VIII de Savoie, devenu pape sous le nom de Félix V (1440) et le schisme qui suit.

L’événement rassemble 3 182 participants officiels, dont un tiers de gradués et mobilise toute la région, tant du point de vue économique que politique. Il se traduit par une circulation intense d’hommes et de marchandises, notamment de livres, et par la mise en place d’infrastructures nouvelles (p. ex., des ponts comme Pont d’Aspach, des lieux d’hébergement et de distraction).

Son impact s’observe aussi bien par l’implication des maisons religieuses alsaciennes – les dominicains de Colmar accueillent le chapitre général de l’ordre en 1434, Lucelle ou Saint-Jean de Strasbourg offrent un appui logistique considérable – que par ses retombées intellectuelles, comme l’ouverture de nouvelle écoles (Sélestat, 1441), la fondation d’universités (Fribourg-en-Brisgau, 1457, Bâle, 1460) et la logistique afférente (fabrication de papier, imprimerie : Gutenberg est un acteur de cette effervescence). Le débat institutionnel porte aussi bien sur l’organisation de l’Église que sur la discipline ecclésiastique – modes d’élection et d’occupation des fonctions, synodes provinciaux, concubinage du clergé, service divin, abus des pénitences, réforme des ordres –, et des questions plus proprement théologiques. L’accord conclu par le Concile avec les Hussites modérés (Compacta de Prague, 1434) inaugure une procédure de concertation dont on retrouve les effets dans le domaine civil, notamment au sein des assemblées représentatives qui se développent alors (diète d’Empire, diètes provinciales comme celle de Haute-Alsace citée expressément comme « landschaft » en 1433) ou même dans les instances professionnelles (réglementation générale de métier vers 1436). Les idées de réforme s’expriment dans de nombreux écrits, particulièrement dans le programme de la Reformatio Sigismundi, longtemps attribué (à tort) au chanoine Heinrich von Beinheim, un bâtard de Fleckenstein, promoteur du concile et juriste renommé.

 

Sources - Bibliographie

« Bâle, concile de », art. de HELMRATH (Johannes) et LAUENER (Michael), in : Dictionnaire historique de la Suisse, 2002.

HELMRATH (Johannes), Das Basler Konzil, 1431-1449. Forschungsstand und Probleme, Köln, 1987.

MÜLLER (Heribert), Die Franzosen, Frankreich und das Basler Konzil (1431-1449), 2 vol., Paderborn, 1990.

MÜLLER (Heribert) éd., Die Konzilien von Pisa (1409), Konstanz (1414-1418) und Basel (1431-1449). Institution und Personen, Ostfildern, 2007.

BISCHOFF (Georges), « De la Pfaffengasse au Büchertal. Les retombées du Concile de Bâle dans les pays du Rhin supérieur », in : Le Rhin supérieur, pôle de savoirs, à paraître.

 

Notices connexes

Avènement, Chevalerie, Colmar (chapitre Saint-Martin), Concordat, Droit de l'Alsace, Femmes-Freie Frauen, Fifres, Hof, Imprimerie

 

Georges Bischoff, Jean-Pierre Renard

 

Concordat de Bâle

Concordat entre les archiducs d’Autriche (Régence d’Ensisheim) et l’évêque de Bâle, conclu le 18 août 1620 par des députés des deux parties, qui règle les questions pendantes entre les deux juridictions : patronat, investitures, administration des biens d’églises, visites pastorales, successions des clercs défunts (une des sources principales du conflit), pouvoir judiciaire exercé par l’Officialité diocésaine (à Altkirch de 1559 à 1633, puis à nouveau dès 1661).

Avec les traités de Westphalie (1648), une partie importante du diocèse de Bâle (Haute-Alsace) devient française. Bien que le Concordat de 1620 quelques additions), des relations différentes s’établissent.

Devant les empiètements de l’évêché et de son officialité, l’administration française préfère y substituer les usages gallicans et la procédure de l’appel comme d’abus, plus conforme aux intérêts du roi.

 

Sources - Bibliographie

AAEB, A 59/8, Immunitas et jurisdictio ecclesiastica, Akten betr. die geistliche Jurisdiktion im elsässischen Teil der Diözese Basel, 1548-1792 (entre autres : 1620 ; 4 juillet 1658, concordat avec la France ; original de ce concordat dans la section 39 J 32). Autres dossiers concernant la juridiction ecclésiastique dans la partie alsacienne du diocèse de Bâle : A 59/6 (1640-1698) ; A 59/7 (1700-1767).

Edition du texte latin et de la « translation françoise » des 36 articles du Concordat de 1620 dans HENRICI (Thomas), Journal, Fribourg 2007, t. I, p. 3‑14 et t. II, p. 7‑11.

SCHMIDLIN (Joseph), « Der Visitationsstreit der Bischöfe von Basel mit der österreichischen Regierung um das Ober-Elsass vor dem Dreissigjährigen Krieg », in : AEA 3, 1928, p. 115‑158 (cf. p. 141‑158).

CHEVRE (André), L’officialité du diocèse de Bâle à Altkirch à l’époque de la contre-réforme 1565-1630, Fribourg 1946, p. 86‑90, 171‑172.

LIVET (Georges), L’intendance d’Alsace de la guerre de Trente Ans à la mort de Louis XIV, 1634-1715, 2e éd., Strasbourg, 1991, p. 258‑266.

LIVET (Georges), WILSDORF (Nicole), Le Conseil Souverain d’Alsace au XVIIe siècle. Les traités de Westphalie et les lieux de mémoire, Strasbourg, 1997, p. 99‑101.

 

Marcel Thomann, Jean‑Pierre Renard

Diocèse de Bâle

Le diocèse de Bâle (diocesis Basiliensis) relève de l’archidiocèse de Besançon, de facto jusqu’en 1792, de jure jusqu’en 1801, directement de Rome depuis 1828. Ses patrons étaient Notre-Dame, saint Pantale (translation des reliques en 1270) et l’empereur canonisé Henri II depuis le milieu du XIVe siècle.

 

L’époque médiévale

Dans l’Antiquité tardive, le siège épiscopal se trouvait au Castrum Rauracense (Kaiseraugst). Justinien, évêque des Rauraques, est cité en 343 et 346. La liste des évêques résidant à Bâle commence vers le milieu du VIIIe siècle. Les évêques Waldo (vers 800) et Haito (avant 805‑823) entretinrent des relations étroites avec les souverains carolingiens. Le territoire du diocèse fit partie de la Lotharingie en 843, du royaume de Germanie en 870 et du second royaume de Bourgogne en 912 (sauf la Haute-Alsace).

En 999, le dernier roi de Bourgogne, Rodolphe III, donna à l’évêque Adalbert II l’abbaye de Moutier-Grandval, noyau de la future principauté épiscopale. L’influence impériale se renforça sous Henri II qui assista à la consécration de la cathédrale en 1019. Sous Conrad II, Bâle devint évêché d’Empire et, dès 1025, les évêques reçurent l’investiture de l’empereur ou du roi des Romains. Lors de la querelle des Investitures, Bourcard de Fenis (1072‑1107) se rangea du côté de l’empereur Henri IV. Ses successeurs jusqu’à Henri d’Isny (1275‑1286) maintinrent cette entente, sauf sous les derniers Hohenstaufen.

Adalbert III (1133‑1137), Ortlieb de Frobourg (vers 1137‑1164) et Pierre d’Aspelt (1297‑1306) furent souvent retenus loin du diocèse par le service de l’Empire. Nombre d’évêques ne négligèrent pas le domaine ecclésiastique. Ainsi Bourcard de Fenis, Luethold d’Aarbourg (1191‑1213), Henri de Thoune (1216‑1238) ou Berthold de Ferrette (1249‑1262) soutinrent des monastères, des chapitres, des églises. Au XIIIe siècle, Henri de Thoune et Luethold de Roetteln (1238‑1248), Henri de Neuchâtel (1263‑1274) et Pierre d’Aspelt (1297‑1306) développèrent la puissance temporelle de l’évêché. Le XIVe siècle connut, dans le contexte de centralisation croissante du pouvoir ecclésiastique, des querelles dues à la nomination par les papes. Gérard de Vuippens (1309‑1325), Jean de Chalon‑Arlay (1325‑1335) et Jean de Vienne (1365‑1382), étrangers au pays et ignorant l’allemand, eurent beaucoup de peine à s’imposer face au chapitre et à se faire admettre dans leur diocèse, à faire face aux confrontations avec la ville de Bâle et les Habsbourg.

Pendant les troubles du Grand schisme, les évêques de Bâle adhérèrent au parti de Clément VII en 1378, à celui d’Urbain VI en 1383, avant de reconnaître Grégoire XII en 1409. Les luttes ruineuses furent évidemment dommageables au diocèse. Jean de Vienne et Imier de Ramstein (1382‑1391) endettèrent lourdement l’évêché. Les évêques du XVe siècle, tel Jean de Fleckenstein (1423‑1436), Frédéric zu Rhein (1437‑1451), Arnold de Rotberg (1451‑1458), Jean de Venningen (1458‑1478) et Christophe d’Utenheim (1502‑1527), tentèrent de consolider les finances, de rétablir leur puissance temporelle, sans pouvoir récupérer la ville de Bâle, de réorganiser et de réformer la vie ecclésiastique. L’introduction de la Réforme à Bâle, en 1529, bouleversa le bel agencement.

Le diocèse de Bâle avait pour limites au Moyen Âge les Vosges, le Doubs, le col de Pierre-Pertuis, l’Aar, le Rhin et s’étendait au Nord jusqu’à Sélestat non compris. D’après les comptes de la dîme pontificale de 1301 et le Liber marcarum de 1441, il comptait plus de 420 églises, paroissiales ou filiales. Au XIIIe siècle au plus tard, il fut organisé en treize, puis douze chapitres ruraux ou décanats (doyennés), dirigés chacun par un doyen. Pour la Haute-Alsace, citons les chapitres ruraux du Sundgau, citra Rhenum, inter Colles, citra Colles Ottonis et ultra Colles Ottonis. Les statuts du chapitre du Frickgau sont les premiers attestés en 1356.

Les établissements religieux, qui se multiplièrent entre l’an mil et 1300, n’étaient que six lors du couronnement de Charlemagne : Saint-Ursanne et Moutier-Grandval dans l’actuelle Suisse, Munster, Saint-Amarin, Murbach et Masevaux en Alsace. La législation épiscopale la plus ancienne reste à ce jour le recueil des Capitularia ecclesiastica de Haito, datant du début du IXe siècle. Les statuts synodaux furent rédigés en 1297, pendant l’épiscopat de Pierre d’Aspelt. Le chapitre cathédral, mentionné dès 830, prit, comme ailleurs, une part croissante dans la gestion du diocèse à partir du XIIe siècle. Il exerça pour la première fois, en 1261, son droit d’élire l’évêque. La charge de vicaire général est attestée dès 1277, celle d’official dès 1252. En 1484, les compétences de tous les dignitaires diocésains furent définies dans les Statuta curiae Basiliensis. Le Ceremoniale Basiliensis episcopatus de Jérôme Brillinger de 1517 décrit les usages liturgiques de la cathédrale.

 

L’époque moderne

En 1529, la Réforme fut adoptée par la ville de Bâle, le bailliage bernois de Bipp, par le Nord du Sundgau, par les villes de Mulhouse et Munster en Alsace, et, dans le domaine temporel du prince-évêque, par les seigneuries d’Erguel et de Moutier, lié à Berne, par les bailliages de Zwingen, Pfeffingen et Birseck. Les évêques transférèrent alors leur résidence à Porrentruy, ville qui leur appartenait au temporel, mais qui relevait au spirituel de Besançon. L’évêque Blarer de Wartensee (1575-1608) ramena la partie septentrionale de son domaine temporel à la foi catholique et imposa la réforme tridentine. Il convoqua un synode à Delémont en 1581, fit publier des livres liturgiques, entreprit de visiter le diocèse de 1586 à 1589 et 1601 à 1604, fonda à Porrentruy un collège de Jésuites en 1591 et un grand séminaire en 1607.

L’annexion de l’Alsace à la France, en 1648, remit considérablement en question l’équilibre précédent. Désormais le diocèse de Bâle connut une curieuse disposition bipartite. Sa partie septentrionale, où dominait Colmar, se retrouva sur le territoire français, alors que la partie méridionale, autour du château de Porrentruy, se situait dans l’actuelle Suisse, situation qui se compliquait encore par le fait que six évêques sur huit, au siècle des Lumières, étaient régnicoles, mais résidaient dans le cadre de leur fonction hors du royaume. La monarchie française chercha à obtenir, au XVIIIe siècle, les serments de fidélité des princes-évêques de Bâle et le Conseil souverain d’Alsace devint l’agent du centralisme royal.

En 1716, les magistrats colmariens prirent prétexte d’un conflit entre le chanoine de Thann, Joseph Antoine Schwilgué, et le prince-évêque pour exiger le fameux serment. La mort opportune de l’ecclésiastique délivra le prélat de cette obligation. À l’avènement de Jacques Sigismond de Reinach Steinbrunn en 1737 le maréchal du Bourg, gouverneur militaire, marchanda la permission d’un passage en Alsace contre le poste de grand prévôt demandé pour d’Andlau, à la fois un de ses protégés et celui du roi. En 1744, Joseph Guillaume Rinck de Baldenstein vint faire sa cour à Louis XV, à Sélestat, pour tenter de se concilier les bonnes grâces de la France et solliciter son appui pour mater les troubles survenus dans la principauté épiscopale. Le prince-évêque se rendit aussi à Colmar, en 1747, pour présenter ses hommages à la dauphine. Versailles lui imposa l’humiliation de se présenter incognito, alors même que le canon tonnait pour saluer sa venue. Tandis qu’au début du XVIIIe siècle c’était plutôt les vicaires généraux qui procédaient aux visites canoniques et pastorales, petit à petit les princes-évêques de Bâle, en personne, les suppléèrent dans la partie alsacienne de leur diocèse, à cause de la pression politique qu’exerçaient successivement sur eux les quatre cardinaux de Rohan, princes-évêques de Strasbourg. Les prélats de Bâle devaient absolument marquer leur territoire face à leurs encombrants voisins de Strasbourg. La visite de Joseph Sigismond de Roggenbach en 1787 dans la région colmarienne s’apparenta plus, par certains égards, à une consolidation des relations avec le Conseil souverain qu’à une tournée pastorale proprement dite.

La Révolution française dont le suffragant de Bâle, Jean Baptiste Joseph Gobel, futur archevêque constitutionnel de Paris, fut l’un des zélés propagateurs locaux, provoqua l’effondrement des institutions ecclésiastiques. En 1790, la France créa un diocèse du Haut‑Rhin, auquel elle adjoignit en 1793 la principauté épiscopale de Bâle, qu’elle venait d’annexer. L’évêque Sigismond de Roggenbach (1782‑1794) prit la fuite et, avec lui, les trois quarts des 670 clercs du diocèse. Une minorité d’ecclésiastiques prêta le serment à la constitution. L’évêque constitutionnel du Haut‑Rhin fut élu en mars 1791. Arbogaste Martin, d’une santé chétive, ne resta en place que trois ans, jusqu’en 1794. Il ne réussit pas à se faire admettre par la population alsacienne. Son successeur Marc Antoine Berdolet, sacré évêque constitutionnel en 1796, demeura d’abord à Phaffans, puis à Soultz. Administrateur de talent, il réussit à réorganiser l’Église constitutionnelle haut‑rhinoise, où les prêtres jureurs devenaient de plus en plus nombreux au fur et à mesure que l’on descendait vers le Sud. En 1801, le diocèse du Haut‑Rhin fut réuni à celui de Strasbourg. En 1814, les territoires plus tard suisses furent restitués à l’évêque de Bâle, Francois Xavier de Neveu (1794‑1828), qui demeura en exil à Offenburg en Allemagne.

En 1750, le diocèse de Bâle comprenait 358 paroisses, groupées en onze chapitres ruraux ou archidiaconats. Au temporel, celles qui ne dépendaient pas du prince-évêque relevaient du canton de Soleure (Buchsgau), de l’Autriche antérieure (Haute Alsace jusqu’en 1648), reprises par la France. En 1779, le diocèse acquit de l’archevêché de Besançon, en échange de vingt‑neuf paroisses du Sundgau dans le doyenné de Masevaux, la juridiction spirituelle sur l’Ajoie et ses vingt paroisses, dont l’évêque de Bâle était déjà seigneur temporel.

Les princes-évêques, qui avaient tous reçu les ordres, étaient issus de la noblesse locale ou de celle de l’Empire. Ils exerçaient une double fonction à la fois temporelle et spirituelle. Cette dernière incombait à un suffragant ainsi qu’au conseil ecclésiastique, présidé par le vicaire général. Le pouvoir judiciaire était entre les mains de l’officialité, établie depuis 1529 à Altkirch. Des ecclésiastiques ayant fauté pouvaient être enfermés dans une geôle. Résidant à Fribourg-en-Brisgau depuis 1539, le chapitre s’installa à Arlesheim en 1678. Un nouveau territoire diocésain sera défini par le concordat de 1828.

 

Bibliographie

REBETEZ-PAROZ (Pierre), Les relations de l’évêché de Bâle avec la France au XVIIIe siècle, Saint-Maurice, 1943.

RIBEAUD (Alfred), « Les vues des cardinaux de Rohan, princes-évêques de Strasbourg sur l’évêché de Bâle », in : L’Alsace et la Suisse, Strasbourg, 1952, p. 251‑264.

BLOESCH (Paul), Das Anniversarbuch des Basler Domstifts (1334-1610), Bâle, 1975.

KASPAR (A.), Das Basler Domkapitel an der Wende zur Neuzeit, mémoire de licence, Bâle, 1978.

BRAUN (Patrick), Josef Wilhelm Rinck von Baldenstein (1704-1762), Bâle, 1981.

RAPP (Francis), Le diocèse de Strasbourg, Paris, 1982, Liste des princes-évêques de Bâle, p. 336‑338.

PREISWERK (P.), Das Basler Domkapitel zur Zeit des Konzils von Basel (1431-1448), mémoire de licence, Fribourg, 1988.

Notice « Diocèse de Bâle », in : Dictionnaire historique de la Suisse, 2001, t. 1, p. 753‑755.

REBETEZ (Jean-Claude), Pro Deo, l’ancien évêché de Bâle du IVe au XVIe siècle, Delémont, 2006.

Claude Muller

 


Evêché de Bâle

On appelle évêché de Bâle l’ensemble des terres placées sous l’autorité temporelle de l’évêque de Bâle. Cette dénomination permet de distinguer cette principauté du diocèse de Bâle proprement dit, la circonscription ecclésiastique dans laquelle l’évêque de cette ville exerce sa juridiction spirituelle. Cette principauté s’étendait sur le canton du Jura actuel ainsi que sur les villes d’Arlesheim et de Laufen. La plus grande partie de son territoire ne se situait pas dans le diocèse de Bâle. Elle faisait partie du Saint Empire Romain Germanique jusqu’en avril 1792 sur le plan juridique et ses évêques étaient princes-évêques du Saint-Empire. Cependant, le territoire de l’évêché de Bâle constituait une exclave par rapport au Saint Empire depuis les traités de Westphalie en 1648. La principauté épiscopale, qui a son siège à Porrentruy, dépendant de l’évêque de Besançon, dispose d’une administration propre, avec une chancellerie, un conseil de justice (aulique) et une chambre des comptes. Elle appartient à la sphère d’influence helvétique, mais les cantons helvétiques s’opposent à son adhésion à la Confédération, en 1691. Elle sera donc l’alliée de la France par traité de 1739 puis de 1780. Conformément à ce traité, les troupes françaises occupent Delémont dès la guerre de la France avec l’Empire en avril 1792. Le 17 décembre, la bourgeoisie de Porrentruy proclame la République libre de la Rauracie, alliée de la France, puis dès le 23 mars 1793 sa réunion à la France, sous le nom de département de Mont-Terrible, avec les districts de Porrentruy et de Delémont. En mars 1797, le Pays de Montbéliard rejoint le Mont-Terrible. La réorganisation administrative de 1800 supprime le Mont-Terrible et rattache les arrondissements de Porrentruy et de Delémont au Haut‑Rhin. L’arrondissement de Porrentruy comptait les cantons d’Audincourt, Montbéliard, Porrentruy, Saint-Ursanne et Saignelégier, celui de Delémont, les cantons de Bienne, Courtelary, Delémont, Laufon et Moutier. Si la suppression des droits féodaux et la vente des biens nationaux a satisfait une partie de la population, la levée en masse et la conscription, ainsi que les conflits entraînés par la Constitution civile du clergé en mécontente une bonne part. Le Concordat et les articles organiques ramènent la paix dans les deux arrondissements. Le Congrès de Vienne attribue les territoires de l’ancien évêché de Bâle au canton de Berne et de Bâle (20 mars 1815) et leur nouveau statut est précisé par les deux Actes de réunion, sanctionnés par la Confédération en novembre 1815.

 

Bibliographie

BANDELIER (André), Porrentruy sous-préfecture du Haut-Rhin, un arrondissement communal sous le consulat et l’empire (1800-1914), Neufchâtel, 1980.

REBETEZ (Jean-Claude), Histoire du Diocèse de Bâle à l’époque moderne, Strasbourg, 2003.

Dictionnaire historique de la Suisse, (en ligne) Bâle (évêché) la période française, articles de Jean-Claude Rebetez, André Banderier, Marco Jorio.

 

Notices connexes

V. Articles organiques, DistrictEtranger, Etats provinciaux de Haute Alsace, Féodalité, Ferrette, Fief, Fürwein, HéraldiqueHochstift, HofImmédiateté, Investiture de fief, Jude-Juif, KammergerichtKreis

 

Claude Muller, François Igersheim

 

Université de Bâle

Fondée en 1460, dotée d’un privilège du pape Pie II (Enea Silvio Piccolomini), l’Université de Bâle portée par la Ville comprend dès ses débuts les quatre facultés : théologie, droit, médecine, arts libéraux. Sa dotation comporte un certain nombre de bénéfices situés en Alsace. Avant la Réforme, elle compte une majorité d’étudiants (95 %) originaires d’Allemagne, d’Alsace et de la Confédération helvétique. Dans les débuts de la faculté de droit, fonctionnent comme professeurs d’éminents juristes originaires d’Alsace (qui exercent aussi occasionnellement les fonctions de recteur), notamment : Sébastien Brant (1457‑1521), originaire de Strasbourg (NDBA, 334‑335) ; Jean Ulrich Surgant (v. 1450‑1503), originaire d’Altkirch (NDBA, 3 825‑3 826) ; Thomas Murner (1475‑1537), originaire d’Obernai (NDBA, 2 781) ; Claude Chansonnette ou Cantiuncula (v. 1490‑1549), décédé à Ensisheim (NDBA, 490). Jean Geiler de Kaysersberg, qui avait été formé par l’université de Fribourg-en-Brisgau et qui était devenu prêtre, a poursuivi ses études à celle de Bâle en 1471 (NDBA, 1 136).

La Réforme en 1529 entraîne la fermeture de l’établissement, rouvert par le Magistrat de Bâle qui le réorganise en Haute Ecole protestante (1532). Désormais l’université est liée à la confession réformée helvétique, ce qui réduit son rayonnement en Haute-Alsace catholique. Elle constitue jusqu’en 1833 le seul établissement supérieur autorisé à conférer des grades académiques en Suisse. Jusqu’en 1621, date à laquelle l’université de Strasbourg peut décerner le grade de docteur, Bâle confère ce grade à de nombreux Strasbourgeois et jusqu’en 1798 elle demeure le lieu de formation universitaire des jeunes Mulhousiens. Elle a bénéficié d’un véritable rayonnement européen entre 1550 et 1618.

 

Bibliographie

« Universität Basel 1460-2010 », art. publié sur le site internet de l’Université (www.unigeschichte.unibas.ch), avec indications bibliographiques.

KISCH (Guido), Die Anfänge der Juristischen Fakultät der Universität Basel, 1459-1529, Basel, 1962.

BONJOUR (Edgar), Die Universität Basel von den Anfängen bis zur Gegenwart, 1460-1960, 2e éd., Basel, 1971.

TRIET (Max), « Basel, Universität », in : Theologische Realenzyklopädie, 5, 1980, p. 278‑283.

KREIS (Georg) et al., « Schwerpunktthema: Aus der Geschichte der Universität Basel », in : Basler Zeitschrift für Geschichte und Alterstumkunde, t. 109, 2009, p. 5‑150.

 

Notices connexes

Faillite (thèses sur), Franciscains, Gelehrte, Gradués des universités du Royaume (privilèges des -), Imprimerie, Kirchenordnungen

Jean-Pierre Renard, Bernard Vogler

 

Ville de Bâle

L’histoire institutionnelle de la ville de Bâle épouse presque exactement les contours chronologiques traditionnels du Moyen Âge et les débuts des Temps modernes.

Le Moyen Âge avait été caractérisé par un mouvement résolu d’émancipation des artisans réunis en corporations, qui se dégagèrent lentement de la tutelle exercée par l’évêque de Bâle. Celui-ci dirigeait la ville avec l’appui d’une aristocratie de chevaliers et de grands bourgeois rentés. En 1273, assiégée par Rodolphe de Habsbourg, elle échappe à l’annexion lorsque celui-ci lève le siège à la nouvelle de son élection comme roi de Germanie.

En 1373, on mentionna pour la première fois un Grand Conseil, où siégeaient les représentants de quinze corporations. Au XVe siècle, les prérogatives épiscopales sur la commune avaient été rognées tant et si bien qu’elles n’étaient plus que symboliques.

Le XVIe siècle fut marqué par de profonds bouleversements. Le 5 juin 1501, la ville de Bâle rejoignit la Confédération Helvétique et ne vint pas les mains vides, puisqu’elle lui apporta sa première université, fondée en 1460 par le pape Pie II, qui rayonne particulièrement sur l’Alsace. Deux décennies plus tard, le Conseil de la ville acheva le processus d’émancipation, en s’attribuant tous les pouvoirs de nomination aux différentes charges publiques. L’autorité appartenait désormais aux marchands de la ville (le premier bourgmestre issu des corporations fut élu en 1516), qui conservèrent jalousement leurs prérogatives, la plus singulière étant « l’heure bâloise », que Montaigne ne manqua pas de noter : jusqu’en 1798, les horloges de Bâle avançaient d’une heure par rapport au reste de la Confédération (« ils ont cela que leur horloge dans la ville, non pas aux faubourgs, sonne tousjours les heures d’une heure avant le temps. S’il sonne dix heures, ce n’est à dire que neuf ; parce, disent-ils, qu’autrefois une telle faute de leur horloge fortuite préserva leur ville d’une entreprise qu’on y avoit faite », Journal de voyage, éd. F. Rigolot, p. 15). En 1529, la cité passa à la Réforme, ce qui entraîna le départ de l’évêque, des institutions liées à l’évêque (chapitre, officialité) et du patriciat catholique et la sécularisation des établissements religieux dont les biens sont gérés par la Ville (Direktorium der Schaffnei). Jusqu’en 1691, le gouvernement de la ville incomba à un Petit Conseil, qui prenait appui sur un Grand Conseil ; les membres de ces deux institutions – élus à vie – étaient désignés par cooptation et alternaient selon un système complexe de rotation. De manière prévisible, cela conduisit à un régime de type oligarchique, qui plaçait le Petit Conseil entre les mains de deux grandes familles patriciennes, les Burckhardt et les Socin. Même au Grand Conseil, en principe plus ouvert, les corporations avaient placé les artisans les plus riches et, de fait, les mêmes noms reviennent sans cesse dans l’histoire économique – et intellectuelle – de la ville : Burckhardt, Faesch, Hagenbach, Heusler, Hoffmann, Iselin, Merian… Le Petit et le Grand Conseil déléguaient une partie de leurs pouvoirs à des commissions : conseil des Treize (ou conseil secret, qui s’occupait des affaires étrangères), chambre des comptes…

En 1691, une révolte de la bourgeoisie amena à promulguer une nouvelle constitution, qui resta en vigueur jusqu’en 1798. Le Grand Conseil (282 membres) devint l’organe le plus important, avec un tirage au sort décidant de l’attribution des différentes fonctions. Sans prendre garde à ce qui nous semble aujourd’hui être une contradiction, le Dictionnaire géographique portatif d’Echard et Vosgien signale que le « gouvernement de la ville est aristocratique, mêlé de démocratie. On ne souffre la noblesse qu’à la campagne. Si un noble veut habiter dans la ville, il faut qu’il renonce à sa noblesse » (Paris, Didot, 1757, p. 63). En 1798, sous la pression des armées révolutionnaires, le Grand Conseil déclara l’égalité théorique des habitants de la ville. Le 12 avril, la République helvétique était proclamée. En 1803, on dissocia la ville de Bâle et le canton. La chute de Napoléon (1814) amena à Bâle comme ailleurs un mouvement de Restauration.

Les relations avec la France en général et l’Alsace en particulier ont toujours été de la plus haute importance pour la ville de Bâle, dont une grande partie de l’approvisionnement alimentaire provenait du Sundgau. Des guerres de religion au second conflit mondial, de nombreux réfugiés français ou alsaciens ont reçu bon accueil dans la cité rhénane. Pendant longtemps, Bâle, bien que tardivement ville libre (1648), négocia avec d’autres cités alsaciennes : alliance avec Strasbourg et Fribourg-en-Brisgau (1326) ; traités avec Strasbourg, Colmar et Sélestat (qui, en 1474, conduisit Bâle à déclarer la guerre au duc de Bourgogne) ; pacte d’amitié entre Bâle et Mulhouse (19 janvier 1506, qui dura jusqu’au rattachement de Mulhouse à la France). Après le traité de Westphalie, qui vit la plus grande l’Alsace devenir française, Bâle se retrouva soudainement avec, de l’autre côté d’une frontière qui (comme toutes les frontières) n’était qu’une convention politique, l’État le plus peuplé d’Europe, le mieux armé et qui, de surcroît, ne dissimulait pas ses visées expansionnistes. Louis XIV envoya Vauban fortifier Huningue, aux portes de Bâle. L’ouvrage, achevé le 26 août 1681, abritait des canons destinés à bombarder la cité rhénane, laquelle n’eut heureusement jamais à subir un siège.

 

Bibliographie

BURCKHARDT (Paul), Geschichte der Stadt Basel, Bâle, Helbing und Lichtenhahn, 1942.

MÜLLER-SCHÖNAUER (Alfred), « Die Ratverfassung der Stadt Basel von 1521 bis 1798 », in : Basler Zeitschrift für Geschichte und Altertumskunde, LIII, 1954, p. 5‑98.

ROSEN (Joseph), Finanzgeschichte der Stadt Basel, im späten Mittelalter, gesammelte Beiträge 1971-1987, Stuttgart, 1989.

ALIOTH (Martin), « Geschichte des politischen Systems bis 1833 », in : Das politische System Basel Stadt. Geschichte, Strukturen, Institutionen, Politikbereiche, Bâle, 1984, p. 17‑36 (bibliographie).

Basel 1798. Vive la République helvétique, catalogue de l’exposition de Bâle, 1998.

KREIS (Georg), VON WARTBURG (Beate), Basel. Geschichte einer städtischer Gesellschaft, Bâle, 2000.

BERNER (Hans), article « Bâle ville » du Dictionnaire historique de la Suisse, 2001 (avec un remarquable schéma donnant à voir le fonctionnement du Petit et du Grand Conseil, avant et après 1691).

D’IBERVILLE (Charles François), Correspondance (1688-1690), Genève, 2004.

KAMMERER Odile, SIEBER-LEHMANN (Claudius) MICHELON (Eliane), Cinq centième anniversaire du Traité d’alliance entre Mulhouse et Bâle, 5 juin 1506. Fünfhundertjahrfeier des Bündnisvertrages zwischen Mülhausen und Basel, 5. Juni 1506, Mulhouse, 2006.

SIEBER-LEHMANN (Claudius), WICHERS (Hermann), BERNER (Hans), Kleine Geschichte der Stadt Basel, Leinfelden-Echterdingen, 2008.

 

Notices connexes

Empire (villes d'), Femme (Freie frauen ; prostituées), Finances des villes (Moyen Age et Temps modernes), Flottage, Foires, Fonte de cloches, Freiheitsknaben, Fruchtkammer, Fuhr, Garance (traitement et commerce de la -), Gastronomie alsacienne, Geselle, Gobelet de Magistrat (droit de), Grue (droit de -)Hand (cloches), Haus, Hausgenossenschaft, Heirat, Hirschbrei, Hof, Images, Imprimerie, ImmédiatetéImmigration, Injures, Interprète, Jude-Juif, Justice et Institutions judiciaires au Moyen Age, Justice et Institutions judiciaires dans la Province d'Alsace (1657-1790), Karfreitag, Kauf, Kaufmann, Kaufhaus, Kipper- und Wipperzeit.  

 

Gilles Banderier