Providence (Sœurs de la divine), sœurs enseignantes de Ribeauvillé
L’école est un des « services publics » des paroisses catholiques et protestantes. La moité des garçons au moins y sont scolarisés, un peu moins les filles.
L’enseignement des classes primaires mixtes est assuré par des maîtres d’école. La scolarisation
« secondaire » des filles de la noblesse et de la bourgeoisie est assurée par les couvents de sœurs enseignantes.
Au courant des XVIIe et XVIIIe siècles, un certain nombre d’initiatives sont prises par des associations de femmes pieuses pour l’instruction gratuite des « filles pauvres ». Promu par des curés de village, qui voient dans la nomination d’institutrices pour les écoles, principalement de filles, un impératif missionnaire, on assiste à la fin du XVIIe siècle à un important développement de ces initiatives, qui répond au besoin de scolarisation des filles (v. Enseignement féminin).
Le point de départ est la fondation en 1763 par le curé Moye (diocèse de Metz) d’une association ou congrégation de sœurs institutrices de la Divine Providence. L’appelation est donnée ultérieurement à un certain nombre d’associations locales diocésaines en France. L’abbé Moye est
imité en 1783 par l’abbé Kremp (avec Madeleine Ehrard) de Molsheim. Plusieurs écoles paroissiales
de filles leur sont confiées, dont en 1790, l’école des filles catholiques de Colmar. Une partie de l’enseignement est donnée en français, une pratique encore peu répandue en Alsace (sur les matières et les méthodes, v. Enseignement féminin).
Les sœurs institutrices en sont expulsées par la Révolution, puis sont admises peu à peu à regagner leurs écoles. D’abord tolérée par les autorités, leur association est reconnue en 1807 et comme congrégation en 1812 puis 1817 et 1825 (v. Femme, droit de la femme religieuse).
En février 1816, les soeurs de la Providence dirigent 64 écoles de filles en Alsace, regroupant 9000 élèves. En 1819, leur maison mère est transférée à Ribeauvillé et les Sœurs de la Providence sont désormais appelées « Sœurs de la Divine Providence de Ribeauvillé », ou Sœurs de Ribeauvillé. En Lorraine, les Congrégations de la Providence prennent également le nom de leur maison mère (qui est également l’institut de formation des sœurs institutrices) : Saint-Jean de Bassel, pour les paroisses du diocèse de Metz, à dominante germanophone et Sœurs de Portieux, pour le diocèse de Saint-Dié francophone, qui s’étend dans les autres diocèses français. En 1808, l’Alsace compte 63 sœurs enseignantes de Ribeauvillé. Elles seront 1 324 en Alsace et Moselle en 1908 (Ribeauvillé, Saint-Jean de Bassel, Portieux), soit un peu plus de la moitié des effectifs d’institutrices (2 501), où le recrutement de laïques a été fortement développé par l’administration scolaire allemande.