Haus (domus)

De DHIALSACE
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Domus, domicile, maison.

1. Bâtiment destiné à l’habitation humaine. Associé aux bâtiments d’exploitation, une maison paysanne « Haus und Hof ».

2. Domicile de la personne, dont la localisation détermine les droits et obligations. Le bourgeois d’une ville y possède la maison où il habite et qui justifie sa qualité de bourgeois, même s’il en possède plusieurs autres (Bail urbain). En cas de crime, ou d’acte grave contraire à ses obligations, cette maison, signe et garantie de sa condition, sera démolie. L’article premier de la charte de franchises de Colmar de 1278 prescrit : « Celui qui dans la ville et le ban de Colmar aura assassiné quelqu’un, aura la tête tranchée (das houbet abe slahen). Et s’il s’est enfui, l’on démolira la maison qui l’a fait bourgeois (da von er bürger ist) » (Finsterwälder, p. 37). À Strasbourg, l’article 18 du VIe statut (1322) commande : « Celui qui veut devenir bourgeois de Strasbourg … prêtera serment … d’être fidèle à la ville … de défendre et protéger son honneur, de promouvoir ses intérêts et sa prospérité, de la défendre contre tout danger et tout dommage … d’établir sa maison … dans la ville de Strasbourg » (VIe statut 1322, UBS, IV. p. 59). Il doit désormais s’acquitter de l’ensemble des devoirs qui découlent de sa qualité. La charte de franchise de Sélestat est claire : « Le bourgeois de Sélestat qui, sans en avoir été dispensé par le Magistrat et pour des raisons valables, ne remplit pas ses obligations militaires (Reise), verra sa maison rasée jusqu’au sol » (Charte de franchises de Sélestat 1343, Art.  44) (Gény, Schlettstadt Stadtrechte. p. 43).

3. Dans la ville, la maison, lieu d’habitation du ménage, avec femmes, enfants, domestiques, est un lieu protégé. La violation de domicile (Haus und Hof) pour vol ou agression (Heimsuchung, Hausfriedensbruch) est également punie et, en cas d’agression avec effraction, la légitime défense est autorisée, dans certaines limites, et les voisins appelés à secourir l’agressé dont le domicile est violé. (UBS IV, Statut VIe, Art. 189-193 : Friede).

4. C’est à sa maison – son adresse – souvent désignée par un nom de personne (Hausname) ou marquée d’une Hauszeichen, que l’huissier – büttel, weibel – doit aviser l’intéressé, débiteur, inculpé, parfois en faisant trois sommations, devant la maison, devant la porte, ou dans la maison.

5. Le terme « Haus » en tant que résidence s’applique aussi au château (Burg, festes Haus) et au couvent.

6. Le DRW recense plusieurs centaines de mots composés avec suffixe ou préfixe Haus.

Bibliographie

DRW.

SCHULTE (Alois), WITTE (Hans), Urkundenbuch der Statt Strassburg IV/2.

GENY, Schlettstadter Stadtrechte (1902).

FINSTERWÄLDER, Colmarer Stadtrechte (1938).

Notices connexes

Amtshaus, Armenhaus, Arsenal (Zeughaus), Archives (Salzhaus), Asile (Hausasyl), Aumône (Spendehaus)

Bateau-lavoir et Eau (Sprochhaus), Beinhaus (ossuaire), Blöd (Blödhaus), Boesenhaus, Boulanger (Hausbäcker)

Comptes (Kaufhausbücher)

Domesticité rurale (Hausgemeinschaft), Dinghof (Gotteshausleute)

Écriture (Haus ou Hus), Eid (serment)

Famille (Hausgemeinschaft), Femmes (Frauenhaus, Hauskloster), Finances des villes (Kaufhaus, Kaufhausbücher, Pfennighaus), Foires (Kaufhaus), Unser Frauenhaus, Fondation (Pfennighaus), Friede (Hausfriedensbruch)

Gant (Ganthaus, Ganthausordung), Gotteshaus, Gärtner (vente au Kaufhaus), Gastronomie alsacienne (Hausmutter, Haushaltungen), Gutleuthaus (Léproserie)

Hausname, Haustrunck, Hofzeichen

Kaufhaus, Kaufhausordnung

Maison, Mutterhaus

Narrenhaus

Pfaffhaus, Pfandhaus

Ritterhaus

Siechenhaus, Sprochhus

Tollhaus

Waisenhaus

Zehnthaus

François Igersheim