Fechtschule

De DHIALSACE
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1. Spectacle d’escrime

Spectacle mettant en scène des assauts d’escrime à différentes armes, sous la direction d’un maître d’armes (Fechstmeister).

Ces spectacles se tiennent en public, sur une place ou dans des cours d’hôtels privés ou de poêles de corporation, sous la responsabilité et la direction d’un maître d’armes. Ils sont attestés à Strasbourg depuis 1511, quand l’empiétement sur la voie publique nécessite l’obtention d’une autorisation du Sénat. En grande vogue entre 1570 à 1620, à tel point qu’il est possible de dénombrer entre 15 et 30 demandes par an, puis disparaissent progressivement des sources strasbourgeoises après 1650. Les participants sont des volontaires qui s’affrontent en duel arbitré à la rapière, à l’épée à deux mains, au sabre de bois ou cuir, au bâton. Le spectacle est précédé d’une procession au son des fifres et des tambours dans les rues de la ville, permettant d’attirer le public qui doit néanmoins débourser entre un pfennig et deux kreutzner pour assister aux combats.

Bibliographie

AMS 1R 35-134. Registres des délibérations du Conseil des XXI (1570-1650).

SCHNEEGANS (Ludwig), « Die unterbrochene Fechtschule : Ein Sittenbild aus dem 16. Jahrhundert », Alsatia, 1853, p. 180-192.

WASSMANNSDORFF (Karl), Sechs Fechtschulen der Marxbrüder und Federfechter aus den Jahren 1573 bis 1614, Heidelberg, 1870.

DACHEUX (Léon), WENCKER (Jean), « Les Annales de Sébastien Brant », Bull. SCMHA, 2e série, t. XV, 1892, no 3390.

V. Jeu, Loisirs_(Jeux,_sport,_fêtes,_divertissement)

Olivier Dupuis

2. Désignation d’une école latine (Lateinschule) à partir de la fin du XVe siècle, par germanisation de « Gymnase ».

À la fin du XVe siècle, les « humanistes » développent de nombreux plans de réforme des écoles latines (v. Collège, École, École_humaniste). Ainsi, Wimpheling présente au Magistrat de Strasbourg, dans sa Germania, un projet de collège secondaire réformé, pour lequel il germanise le mot « gymnase » – déjà en cours – par « Fechtschule », également employé pour désigner les écoles latines (Schweizerische Idiotikon). Wimpheling souligne qu’il veut développer à la fois l’esprit et le corps, selon les principes humanistes. L’escrime était, en effet, une des matières de l’éducation physique des collégiens. Le projet est repoussé par le Magistrat. Ce dernier adoptera le projet de Jean Sturm sous la désignation de gymnase. Les Jésuites auront recours au mot « collège ». On en retrouve l’inspiration dans les « Académies militaires » du XVIIIe siècle. Le mot est employé de façon dépréciative en alsacien (Fechtschuel, Martin-Lienhard).

Bibliographie

DRW, art. Fechtschule.

Schweizerische Idiotikon, art. Fechtschule.

MARTIN-LIENHART, Wörterbuch (1899-1907).

KNEPPER (Josef), Jakob Wimpfeling. (1450–1528). Sein Leben und seine Werke., Fribourg-en-Brisgau, 1902.

PAULSEN (Friedrich), Geschichte des gelehrten Unterrichts, Berlin, 1960.

V. Académie, Collège, École_humaniste, Gymnase.

François Igersheim