Académie

De DHIALSACE
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1. Société de gens de lettres.

2. Établissement d’enseignement supérieur.

3. Circonscription de l’Université de France, dirigée par un Recteur d’Académie et qui embrasse tous les ordres d’enseignement – primaire, secondaire et supérieur.

Dans l’ordre chronologique :

Académie de Strasbourg (1566-1621)

En 1566 le Gymnase (ou Haute Ecole) est élevé au rang d’Académie par l’empereur Maximilien II. Ce privilège lui confère le droit de délivrer le diplôme de bachelier et de maître es arts, mais cette évolution ne comble pas les attentes des envoyés strasbourgeois à la Diète d’Augsbourg. Le privilège d’université et le droit de délivrer le titre de docteur ne leur sont pas accordés. La position dominante du Magistrat reflète la méfiance de celui-ci face aux corporations autonomes : les éventuelles demandes d’immunités ou de privilèges l’inquiètent.

Officiellement, il invoque le coût trop important de l’opération. Le Privilegiertes Gymnasium Illustre de Strasbourg se distingue des privilèges universitaires des villes d’Empire. Après 1568 l’évolution qui aboutira à la réforme de 1604 s’amorce. C’est une période trouble pour la Haute Ecole, mais elle voit son autonomie croître et le contrôle du Magistrat se faire moins pressant. A la fin de son évolution, la Haute Ecole ressemble aux universités composées de quatre facultés, ce que confirme le privilège qui lui est accordé en 1621 par l’empereur Ferdinand II. L’Académie de Strasbourg devient alors université.

L’enseignement se fait d’après les principes pédagogiques nouveaux introduits par Jean Sturm pour le Gymnase. Dix-neuf professeurs enseignent à l’Académie, dont quatre en théologie, quatre en droit, deux en médecine et neuf autres en philosophie. L’Académie compte parmi les établissements les plus recherchés de l’Empire. La nouvelle Académie garda des liens étroits avec le Gymnase qui poursuivait son enseignement élémentaire et secondaire.

L’Académie est placée sous la direction des scolarques, du recteur, de personnalités de la ville, des professeurs, formant tous ensemble le Sénat académique.

Strasbourg est l’Académie européenne par excellence, « l’émeraude de l’illustre Europe » (Georges Calaminus).

Bibliographie

ENGEL (Charles.), « L’ancienne Académie de Strasbourg, 1566-1621 », Revue internationale de l’enseignement, Paris, 1898.

Matricula Scholae Argentoratensis, Strasbourg, 1938-1977.

REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle, t. II, Paris, p. 280.

ROTT (Jean), « Jean Sturm, premier recteur du Gymnase et de l’Académie de Strasbourg », Strasbourg au cœur religieux du XVIe siècle, 1977, p. 243.

SCHINDLING (Anton), Humanistische Hochschule und freie Reichsstadt, Gymnasium und Akademie (1538-1621), Wiesbaden 1977.

V. Université de Strasbourg.

Bernard Vogler

Académie de Molsheim (1618-1702)

Dans le cadre de la Contre-Réforme et pour se conformer aux décrets du Concile de Trente, l’évêque Jean de Manderscheid fit appel aux Jésuites de la Province du Rhin supérieur qui ouvrirent à Molsheim en 1580 un collège auquel ne tarda pas à se joindre un séminaire (1595) qui prendra le nom de Seminarium Carolinum sous Charles de Lorraine, puis de Leopoldianum sous Léopold d’Autriche. L’idée de faire contrepoids à l’Academia Argentoratensium préexistait à ces fondations. Dès 1615, on commence à professer à Molsheim le cycle de trois années de philosophie, en même temps d’ailleurs que le dogme, l’exégèse et l’hébreu. Le privilège de l’empereur Mathias et la bulle du pape Paul V entérinaient en 1617, année jubilaire de la Réforme, un état de fait en permettant l’érection d’une académie, appelée en l’occurrence Archiducalis Academia. Elle sera inaugurée officiellement en août 1618, mais son essor fut entravé par les perpétuelles incursions de troupes et des épidémies de peste.

Comme elle ne comportait que les facultés de philosophie et de théologie, elle n’eut qu’une influence mineure sur la noblesse et la bourgeoisie aisée, qui, faute d’une faculté de droit, ne pouvaient s’y préparer aux carrières publiques. Par contre, les Jésuites formèrent un clergé de valeur, non seulement sur le plan intellectuel, mais aussi et surtout sur le plan spirituel et moral.

Après le rattachement de Strasbourg à la France, le Séminaire y fut transféré en 1683, mais l’Académie resta à Molsheim jusqu’en 1702, date de sa translation à Strasbourg, où elle fonctionnera jusqu’à la Révolution sous le nom d’Université épiscopale. Mais elle passa, comme le Séminaire, aux mains des Jésuites français de la Province de Champagne. A Molsheim, on pouvait continuer à étudier la théologie sous la direction des Jésuites allemands, à condition de venir soutenir sa thèse à Strasbourg. Après la suppression de l’ordre des Jésuites en 1765, ces institutions passèrent aux mains du clergé diocésain, qui continua à imprimer au futur clergé la marque ultramontaine toujours sensible au XIXe siècle.

Les Jésuites ont fondé des confréries et des sodalités de toutes sortes dans leur établissement et au-dehors. Il convient de mentionner la « Grande Congrégation académique » de Molsheim, qui regroupait les gens distingués : laïcs nobles ou gradés et clercs disposant d’un bénéfice. Elle disposait à Molsheim d’un oratoire particulier orné d’une Vierge en argent aujourd’hui conservée au Grand Séminaire. Chaque année – de 1668 à 1792 – elle offrait en étrennes à ses membres un opuscule à contenu ascétique ou historique, cas unique en Alsace.

Bibliographie

CHâTELLIER (Louis), « Recherches sur l’Université de Molsheim dans la deuxième moitié du XVIIe siècle », Ann. SHAME, 1974, 95-106.

DELATTRE (Pierre), Les établissements de jésuites en France depuis quatre siècles, Paris, 1955, t. I, p. 1503-1509, t. II, p. 370-386 et 762-791, t. III, p. 386-430 et 1140-1203.

HAHN (Karl), « Das Aufkommen der Jesuiten in der Diözese Strassburg und die Gründung des Jesuitenkollegs in Molsheim », ZGO, 64, 1910, p. 264-294.

GASS (Joseph), « Les origines de l’Académie de Molsheim », Humanisme en Alsace, Strasbourg, 1939.

METZ (René), « La faculté de théologie de l’ancienne université catholique », Revue des sciences religieuses, 1969, n° spécial, p. 13.

REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle, t. II, p. 320.

HENGST (Karl), « Die Erzherzogliche Akademie Molsheim. Eine Universität der katholischen Reform. Zur Gründungsgeschichte einer Jesuitenuniversität », Ann. SHAME, 1980, p. 31-53.

SCHLAEFLI (Louis), « Les publications de la «Grande Congrégation Académique» de Molsheim », University of Dayton, Marian Library Studies, 7 (1975), p. 303-324.

V. Collèges jésuites en Alsace, Université catholique de Strasbourg.

Louis Schlaefli, Marcel Thomann

Académie (militaire) de Colmar (1772-1792)

École créée à Colmar par Théophile Conrad Pfeffel (1736-1809) surnommé le « La Fontaine alsacien », poète aveugle, médiateur entre les cultures allemande et française. Elle s’assimile à une maison d’éducation de caractère militaire, s’inspirant des principes éducatifs de Johann Bernhard Basedow. Les leçons générales portent sur la religion, les langues allemande et française, l’écriture, l’histoire, la géographie, le dessin, la danse, le droit. Dirigée par Pfeffel de 1772 à 1792, elle était en fait destinée à soustraire la jeunesse protestante noble d’Alsace, d’Allemagne du Sud et de Suisse aux collèges royaux catholiques.  

Bibliographie  

BRAEUNER (Gabriel), Pfeffel l’Européen, Strasbourg, 1994.

MULLER (Claude), Colmar au XVIIIème siècle, Strasbourg, 2000

Claude Muller  

Académie royale des Sciences et Belles Lettres de Strasbourg

Le prêteur royal d’Autigny fonde une « Académie royale des Sciences et Belles-lettres à Strasbourg » en 1769. Elle avait deux sections - lettres et sciences - et deux directeurs. On se réunit chaque mois pour lire une dissertation, composée en latin ou en français. Mais elle ne publie pas d’annuaire et n’organise pas de concours, les deux instruments de la recherche scientifique des académies, et n’a donc qu’une influence réduite.  

Bibliographie  

LEFFTZ (Joseph), Die gelehrten und literarischen Gesellschaften im Elsass vor 1870, Colmar, 1931.

LIVET (Georges), « Les Sociétés littéraires à Strasbourg au XVIIIe siècle », Les Lettres en Alsace, Strasbourg, 1962.

ROCHE (Daniel), Le siècle des lumières en province. Académies et académiciens princiaux, 1680-1989, 2 tomes, Paris-La Haye, 1978.   IGERSHEIM (François), L’Alsace et ses historiens, Strasbourg, 2006, p. 35-36.  

François Igersheim  

Académie protestante puis Séminaire protestant (1803-1819), Stift

Un décret du 30 floréal an XI (20 mai 1803) crée une Académie ou Séminaire protestant (Stift) à Strasbourg « pour l’instruction des ministres de la Confession d’Augsbourg », en vertu de l’article 9 du Titre I des Articles organiques. Cette Académie de la Confession d’Augsbourg, installée au quai Saint-Thomas, est perçue au début comme une reconstitution de l’ancienne université luthérienne (1621-1793). Le président du Consistoire général est « son directeur né », expression officielle. Au départ douze professeurs de l’ancienne université, tous chanoines de Saint-Thomas, reprennent du service. L’Académie comprend trois chaires de théologie, trois chaires de droit, deux de médecine et quatre de philosophie et de mathématiques. Les cours ont commencé le 18 septembre 1803, assortis d’une séance solennelle d’ouverture selon l’article 5 des Articles Organiques. Le discours inaugural a été prononcé par le professeur Jérémie Jacques Oberlin.

Après la création de l’Académie impériale en 1808, le nom d’Académie sera remplacé par celui de Séminaire protestant (Stift) pour éviter les confusions. L’article 14 de la loi du 19 octobre 1808 précise que « La ci-devant Académie de la Confession d’Augsbourg séante à Strasbourg sera considérée comme séminaire dépendant du consistoire (général) de cette ville ». Par ailleurs seuls les théologiens y restent rattachés ; les successeurs de ceux qui ne sont pas théologiens la quittent pour entrer dans le système nouveau des facultés. Aussi le nombre des théologiens ne cesse-t-il d’augmenter au fur et à mesure de la disparition de leurs collègues, tandis que s’arrête l’enseignement de la médecine et du droit après la mort de leurs titulaires. Mais le nombre des professeurs est limité à dix, en application de l’article 5 des Articles Organiques de l’Académie, qui prévoit que le nombre des professeurs sera « réduit à dix après les deux premières vacances ». En 1819, l’Académie se divise en deux sections : une section préparatoire dont les cinq professeurs titulaires enseignent la littérature classique, les langues sémitiques, l’histoire et la philosophie, et une section supérieure comportant aussi cinq chaires réservées à la théologie.

L’Académie protestante subsiste jusqu’en 1819, car la nouvelle Faculté de théologie est organisée par un arrêté du 27 décembre 1818. Ce système se poursuit cependant après 1819, doublant la Faculté de théologie, certains professeurs enseignant dans les deux établissements à la fois jusqu’en 1870. Les titulaires des dix chaires, tous membres du Chapitre de Saint-Thomas, perçoivent les prébendes attribuées à cette fonction et peuvent les cumuler avec un traitement réduit de professeur d’université s’ils enseignent à la Faculté de théologie. Désormais le Séminaire protestant, ancienne Académie, assure des enseignements complémentaires à celui des six professeurs de la Faculté de théologie protestante. En fait cette Académie, qui est, au départ, un succédané de l’ancienne université luthérienne, devient un Séminaire permettant d’assurer un complément de formation aux futurs pasteurs des deux Eglises protestantes en Alsace. Le remodelage des statuts du Chapitre de Saint-Thomas en 1873 a fait disparaître cette Académie et modifié l’organisation du Stift qui ne dispense plus d’enseignement depuis, au profit de la Faculté de théologie protestante.  

Bibliographie  

GEROLD (Charles Théodore), La Faculté de théologie et le Séminaire protestant de Strasbourg (1803-1872), Strasbourg, 1923.

LIVET (Georges), L’Université de Strasbourg de la Révolution française à la guerre de 1870, Strasbourg, 1996, p. 261-267.

V. Séminaire protestant, Stift.  

Bernard Vogler  

Académie impériale de Strasbourg, circonscription de l’Université de France (1808)

Le décret du 11 floréal an X (Ier mai 1802) avait défini les degrés de l’enseignement : primaire et secondaire (dépendant des communes), ainsi qu’un degré supérieur avec des lycées et des écoles spéciales. La loi du 10 mai 1806 crée « l’Université impériale », corps chargé de l’enseignement et de l’éducation publics dans tout l’Empire. Mais son organisation proprement dite procède du décret impérial du 17 mars 1808. Il confère le monopole de l’enseignement, à l’exception de celui des séminaires catholiques, à l’Université impériale. Celle-ci est composée d’autant d’académies qu’il y a de cours d’appel. En relèvent les établissements de tous les degrés : facultés, lycées, collèges ou écoles secondaires communales, institutions particulières dont l’enseignement se rapproche des collèges – en fait établissements confessionnels -, et écoles primaires. Le Grand-Maître est tenu informé de l’administration des facultés et des lycées par des inspecteurs généraux qu’il nomme (art. 90 à 92). L’Académie est « gouvernée » par un recteur nommé par le Grand-Maître de l’Université (art 94). Il dirige l’administration des facultés, des lycées et des collèges (art. 97). Il est assisté d’inspecteurs des académies, nommés par le Grand-Maître sur sa proposition et qui sont chargés de la visite et de l’inspection des collèges et des écoles primaires (art. 93). Mais l’administration scolaire de l’Académie doit faire deux fois par mois, l’objet de l’examen d’un conseil académique, présidé par le recteur et composé de membres désignés par le Grand-Maître.  

L'Académie de Strasbourg

Le statut du 18 octobre 1808 fixe le siège de l’arrondissement de la Cour d’appel de Colmar à Strasbourg. Il transformait les écoles spéciales de droit et de médecine en facultés, et faisaient des facultés des Lettres et des Sciences « la suite et le complément des études des lycées ». Ces facultés délivraient en effet le premier grade de l’enseignement supérieur, celui du baccalauréat. Le premier recteur de Strasbourg est nommé le 21 décembre 1810 : Louis Bernard de Montbrison (1768-1841), ancien officier du génie, conseiller général du département du Bas-Rhin depuis 1800, et professeur d’histoire au Lycée de Strasbourg. Il propose comme inspecteurs de l’académie, F-X. Levrault (1762-1821), imprimeur, ancien procureur général syndic du département du Bas-Rhin de 1791 à 1792, président du Conseil général du Bas-Rhin de 1800 à 1802, puis conseiller de préfecture de 1810 à 1821. Il sera le successeur de Montbrison en 1818. Le second inspecteur d’académie est Doyharçabal, ancien militaire aussi, secrétaire général de l’Ecole spéciale de Droit jusqu’alors, qui assumera ses fonctions jusqu’en 1817, où il est muté à Arras.  

Un seul lycée : Strasbourg 

L’enseignement secondaire est désormais rattaché aux recteurs. L’académie compte un seul lycée, celui de Strasbourg, qui reprend les locaux du Collège des Jésuites, collège royal puis école centrale. Les professeurs de classes préparatoires du lycée cumulent cet enseignement avec celui qu’ils assurent dans les facultés (Sauthier, Hullin, Saint-Venant en Lettres, Bedel, Branthôme, Hammer et Leveau en Sciences). Les professeurs des autres classes et les maîtres d’études complètent les effectifs du corps enseignant. Le Lycée a pour proviseur Hess, plus tard inspecteur d’académie. Il réunit quatre fois par an un bureau d’administration chargé de la vérification des comptes et de la surveillance générale. Préfet, procureur, maire de la ville principale en font partie.  

Un réseau de collèges communaux

Un réseau des collèges communaux est désormais constitué. En 1813, il compte 11 établissements dans l’académie avec un corps enseignant de 70 professeurs, et près de 700 élèves, soit les collèges de Colmar (9 enseignants, 200 élèves), Altkirch (4 enseignants, 61 élèves), Belfort (4 enseignants), Thann (4 enseignants, 32 élèves), Porrentruy (60 élèves) dans le Haut-Rhin, et Bouxwiller (5 enseignants, 41 élèves), Haguenau (4 enseignants, 43 élèves), Sarre-Union (4 enseignants, 50 élèves), Saverne (5 enseignants, 111 élèves), Sélestat (6 enseignants, 111 élèves) et Wissembourg (3 enseignants, 67 élèves). A Mulhouse, « l’institution communale » fondée par Berger, le gendre de Pfeffel, devient collège communal en 1812. Leur financement dépend de la municipalité et de subventions venues des communes voisines pour les locaux, entretien, et rémunérations. Un bureau d’administration, présidé par le sous-préfet, dans les chefs-lieux d’arrondissement, et ailleurs par le maire, vérifie la comptabilité et formule des avis et vœux sur la gestion. Sous-préfet et maires font état du souhait des familles de voir progresser l’apprentissage du français. La langue d’enseignement des petites classes est l’allemand et celle des classes supérieures le français.  

Ecoles latines et petit Séminaire 

Les « écoles latines » et institutions communales comptent parmi les « institutions particulières » dépendant de l’Académie. Citons celles qui comptent le plus d’élèves : Molsheim, Mutzig, Obernai, Ribeauvillé, Rouffach, Soultz. On y rajoutera les « pensions » de Strasbourg, où un précepteur répétiteur assure pension et leçons particulières pour des élèves du Gymnase protestant de Strasbourg. Ce dernier est aux côtés du Lycée impérial, l’établissement secondaire le plus important de la ville (env. 300 élèves), mais les élèves de première sont astreints à suivre les cours du Lycée. C’est le cas aussi de l’école secondaire ecclésiastique ou petit séminaire, aux effectifs très faibles (23 élèves). On assure, dans les écoles latines, tenues souvent par un curé ou un vicaire, l’enseignement du français et de l’arithmétique. Recteur et préfets se préoccupent également des écoles primaires. Toutes les écoles sont pourvues d’instituteurs, dont le niveau, en particulier en français, est fort variable. C’est pour l’améliorer que le préfet Lezay-Marnésia, en accord avec Montbrison, obtient du Grand-Maître de l’Université la création d’une école normale dans le Bas-Rhin, financée par le conseil général et par une contribution particulière des communes pour les élèves qui en sont originaires. Il s’agit alors d’un pensionnat ouvert dans la ville et d’une section particulière du Lycée, particulièrement attractive car dispensée de la rétribution scolaire imposée aux lycéens. C’est également la priorité à l’enseignement du français qui justifie aux yeux du recteur et des préfets le recours aux sœurs enseignantes (relevant en majorité de la congrégation de la Doctrine Chrétienne), réputées plus compétentes dans la langue nationale que les instituteurs. Dans les écoles primaires, l’enseignement se fait selon la « méthode normale » c’est à dire dans les deux langues simultanément. Lezay-Marnésia encourage la fondation d’un noviciat de sœurs enseignantes, établi d’abord à Sélestat, puis à Ribeauvillé, et la création par les municipalités d’écoles de filles tenues par les sœurs. De 1806 à 1813 on passe de 26 écoles de sœurs à 60 ; la congrégation n’est pas en mesure de satisfaire à toutes les demandes. La Restauration commence par supprimer l’organisation de l’Université de France, qu’elle remplace par 17 universités, avec des facultés et des collèges royaux (17 février 1815). Elle entraîne la suppression de 17 facultés des Lettres et de 3 facultés des Sciences, sur le territoire national. Celles de Strasbourg sont cependant maintenues. Sous les Cent-Jours cette ordonnance est annulée mais l’on revient en août 1815 à l’organisation antérieure de l’Université désormais royale avec ses académies. Les facultés de Strasbourg, son lycée et ses collèges sont maintenus. En 1818, la Faculté de Théologie protestante, issue du Séminaire protestant, s’ajoute aux 4 facultés de Lettres, Sciences, Droit, Medecine, maintenues à Strasbourg.  

Sources et bibliographie  

ABR et AHR, Série T.

L’HUILLIER (Fernand), Recherches sur l’Alsace napoléonienne, Strasbourg 1947.

GODECHOT (Jacques), Les institutions de la France sous la Révolution et l’Empire, Paris 5e éd. 2001

PONTEIL (Félix), Les Institutions de la France de 1814 à 1870, Paris, 1966, p. 118-121 et 450-454.   LEUILLIOT (Paul), L’Alsace au début du XIXe siècle (1815-1830), Paris, 1960, t. III, p. 263-280.  

LIVET (Georges), SCHANG (Pierre), Histoire du Gymnase Jean Sturm, Strasbourg, 1988.  

LIVET (Georges), L’Université de Strasbourg, de la Révolution Française à la guerre de 1870, Strasbourg, 1996.  

V. Collège, Ecole (en Alsace), FacultéLycée, Séminaires.  

François Igersheim    

Notices connexes

Collèges  

Ecole (en Alsace)  

Faculté  

Université