Chanoine

De DHIALSACE
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Canonicus, Domherr, Chorherr, Stiftsherr

Ecclésiastique vivant sous la règle particulière d’un chapitre. Selon certains auteurs, ils seraient ainsi appelés parce qu’à l’origine ils promettaient d’observer plus strictement que le commun des clercs les règles prescrites par les canons. Ils menaient alors la vie commune : de fait, ceux de la cathédrale de Strasbourg vivaient au Bruderhof, avant de se disperser et d’aller habiter des hôtels particuliers en ville.

Ceux qui persévérèrent dans la vie commune formèrent des congrégations et prirent le nom de chanoines réguliers ; les autres se séparèrent et constituèrent des chapitres séculiers.

Ce fut le cas dans les cathédrales de Bâle et de Strasbourg, où, à côté du Grand Chapitre, se constitua un corps de prébendiers, le Grand Chœur. Des collégiales, dont les membres aussi sont appelés chanoines, s’implantèrent en ville (Saint-Thomas, Saint-Pierre-le-Vieux, Saint-Pierre-le-Jeune à Strasbourg, Colmar, Thann, Saverne…) et à la campagne (Haslach, Saint-Léonard, Lautenbach…).

Certains d’entre eux sont revêtus de charges et de dignités à l’intérieur de leur chapitre ou collégiale (prévôt, doyen, custode, camérier …).

Selon d’autres auteurs, le mot canon désigne plutôt la pension assignée à ceux qui assistaient aux offices divins, avaient part aux distributions et figuraient à ce titre in canone, sur la matricule de l’église.

L’institution connut d’innombrables abus, dans la mesure où de simples clercs non ordonnés se faisaient conférer ces prébendes lucratives et les cumulaient de surcroît. Ainsi, Pantaléon de Flachslanden, âgé de 7 ans, obtient une dispense papale pour détenir des bénéfices dans des collégiales dès l’âge de 8 ans et dans des chapitres à l’âge de 12 ans (1463) (WIRZ Caspar, Regesten zur Schweizergeschichte aus den päpstlichen Archiven. 1447-1513, Bern, 1911, t. II, n° 295).

Le Concile de Trente obligea les détenteurs à se faire ordonner.

Les chanoines séculiers, qui suivent au départ la règle d’Aix, et plus tard n’en suivent plus aucune, ont un problème de légitimité : depuis la réforme grégorienne, les réformateurs leur contestent le droit à l’existence, les considérant (en partie à raison) comme des parasites. De leur côté, les chanoines réguliers, qui suivent la règle de saint Augustin, ont un problème d’identité : leur mode de vie est si proche de celui des moines que beaucoup les confondent avec eux ; on voit par exemple aussi bien un évêque de Bâle que les meilleurs spécialistes d’histoire ecclésiastique parler des « moines de Marbach ».

 

Sources - Bibliographie

NAZ, Dictionnaire droit canonique, t. III, col. 471-488.

DEREINE (Charles), Chanoines, Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastique, 12, 1953, c. 353-405.

DENISART (Jean-Baptiste), Collection de décisions nouvelles et de notions relatives à la jurisprudence actuelle, 6e éd., Paris, 1768, p. 62-65.

DURAND de MAILLANE (Pierre-Toussaint), Dictionnaire de droit canonique et de pratique bénéficiale..., Lyon, 1787., t. I, p. 718-728. 

 

Notices connexes

Bruderhof

Camérier

Cathédrale (de Strasbourg)

Chantre

Chapitre

Choeur (Grand)

Collégiale

Custode

Doyen

Ecolâtre

Prébendier

Prévôt

Louis Schlaefli