Diener

De DHIALSACE
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servitor, famulus, employé

Ce nom, qui pour nous évoque un valet, avait autrefois un sens beaucoup plus large, désignant toute personne au service d’une autre ou employée par une autre, quel que soit le degré de qualification de son emploi. Le commis d’un négociant, le secrétaire d’un dignitaire ecclésiastique, un juriste, un peintre, un trompette ou un jardinier au service d’un prince, un bailli ou autre officier sont des diener, de sorte que souvent, n’était le parfum d’anachronisme qui entoure ces mots, diener serait mieux rendu par employé, voire par fonctionnaire que par domestique.

En principe, un domestique ou un valet effectuant des travaux manuels sera plutôt appelé knecht, un employé plus qualifié ou plus autonome plutôt diener, mais les champs sémantiques de ces deux mots se recouvrent partiellement. C’est surtout du XVe au XVIIe s. que diener est très employé.

A cette époque, la cour d’un prince est peuplée de diener : les nobles à son service personnel ou militaire, puis les membres de son administration. Ceux-ci – les nobles comme les juristes – sont souvent appelés rat und diener. Les diener nobles sont souvent, mais pas toujours, des vassaux du prince. L’intérêt du «service» (dienst) est justement sa souplesse. D’une part, il n’est pas héréditaire, comme le fief : soit il est dû pour une durée précisée par le contrat de service (dienstbestallung), soit le prince et son diener ont la possibilité d’y mettre fin avec un préavis. D’autre part, le prince a toute liberté dans le choix de ses diener, de leur rémunération et des tâches qu’il leur confie. Les diener sont donc à mi-chemin entre les vassaux et serfs d’un seigneur du premier Moyen Âge et les fonctionnaires d’un Etat moderne.

Bibliographie

KREBS (Manfred), « Die kurpfälzischen Dienerbücher 1476-1685 », ZGO, 94, 1942, p. 7-168.

KREBS (Manfred),,  «  Die Dienerbücher des Bistums Speyer 1464-1768 », ZGO, 96, 1948, p. 55-195.

Notices connexes

Domesticité rurale

Domesticité urbaine

Knecht

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Bernhard Metz