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Feuilles périodiques, Zeitschriften (période révolutionnaire)

Ce qui caractérise la presse alsacienne de cette époque, c’est d’abord la multiplicité des titres qui apparaissent soudainement à la faveur de la liberté de la presse proclamée par la Déclaration des droits de l’homme de 1789, puis la brièveté de l’existence de la plupart de ces titres, vite remplacés par d’autres, tout aussi éphémères. Cette presse, majoritairement d’expression allemande, plus presse d’opinion que d’information, se veut surtout instructive. Instrument de luttes politiques, elle ne compte pourtant aucune feuille contre-révolutionnaire.

De 1789 à 1799, parurent ainsi en Alsace (par ordre de parution), sous les titres suivants, souvent changées au gré de diverses modifications ou fusions :

-- Affiches de Strasbourg, édition française (7 janvier - 29 décembre 1790) – Strassburgisches privilegirtes Wochenblatt (juillet 1788 - janvier 1790), puis Strassburgisches Wochenblatt (30 janvier - 25 décembre 1790) édition allemande ; les deux en une seule édition bilingue : Affiches de Strasbourg. Strasburgisches Wochenblatt avec plusieurs changements de nom (successivement Affiches de Strasbourg. Strasburgisches Dekadenblatt ; Feuille décadaire de Strasbourg. Strasburgisches Dekadenblatt ; Affiches de Strasbourg. Strasburgisches Wochenblatt et enfin Petites Affiches de Strasbourg. Strasburgisches Anzeigeblatt (juillet 1800).). Périodicité variable selon les époques. Feuille fondée en 1731 (sous le titre de Wochentliche Frag- und Anzeigungs-Nachrichten), subsista jusqu’en 1871. Rédacteur et propriétaire : Frédéric Rodolphe Saltzmann (NDBA, fasc. 32, p. 3 361).

-- Affiches, annonces et avis divers pour la commune de Colmar et le Département du Haut-Rhin. Frag- und Anzeigungs-Nachrichten der Gemeinde Colmar und des oberrheinischen Departements. Périodicité : probablement hebdomadaire, puis décadaire. Feuille bilingue fondée en 1751 sous le titre Wochentliches Colmarer-Blättlein oder Frag- und Anzeigungs-Nachrichten. Affiches, annonces et avis divers pour la ville de Colmar et la Haute-Alsace, disparut en 1797. Propriétaire : Jean Henri Decker (NDBA, fasc. 7, p. 597).

-- Privilegirte Strassburgische Zeitung (1789) - Strassburgische politische Zeitung (1789) - Politische Strasburgische Zeitung (1790) - Strassburgische Zeitung (1791-1794). Avait succédé en 1764 à la Wochentliche politische neue Weltgeschichte et disparut en septembre 1794 en fusionnant avec le Weltbote (voir ci-après). Rédacteur et propriétaire : Frédéric Rodolphe Saltzmann. L’une des gazettes les plus lues à Strasbourg, souvent citée comme « la gazette allemande de Strasbourg ».

-- Courrier politique et littéraire des deux nations (décembre 1789 - juillet 1790), puis Courrier politique et littéraire des deux nations. Département du Bas-Rhin (juillet 1790 - août 1791) ; Courrier politique et littéraire des deux nations. Départemens des Haut- et Bas-Rhin (août - décembre 1791) ; lui succéda le Courrier de Strasbourg de Laveaux (voir ci-après). Propriétaires, d’abord J. G. Muller, libraire à Kehl, puis Jean-George Treuttel (NDBA, fasc. 37, p. 3 905).

-- Feuille hebdomadaire patriotique. Patriotisches Wochenblatt. Feuille bilingue fondée le 6 décembre 1789, disparue le 20 janvier 1790, poursuivie par Patriotisches Wochenblatt jusqu’en mai 1790. Rédacteur et propriétaire : Jean-Frédéric Simon (NDBA, fasc. 35, p. 3 650).

-- Fruehpost, feuille parue uniquement en août 1789 (5 numéros), diffusée dans la seule ville de Strasbourg.

-- Politisch-Litterarischer Kurier (décembre 1789 - juillet 1790), puis Politisch-Litterarischer Kurier. Departement des Nieder-Rheins (juillet 1790 - août 1791) ; ensuite Politisch-Litterarischer Kurier. Ober- und Niederrheinische Departemens (août - décembre 1791), et Strasburger Kurier (janvier à décembre 1792). Journal fondé en 1789 issu de la transformation de l’Oberrheinischen hinkenden Bothen. Version allemande du Courrier politique et littéraire (ci-dessus).

-- Der Vaterländische Nachtwächter aus dem Elsass, dont n’est connu qu’un seul numéro, non daté (fin octobre 1789) et sans indication de lieu, probablement le seul paru.

-- Der Freund des Volks, gesetzlicher Freyheit, und besonders unverfälschter Wahrheit, édité à Strasbourg en 1790, «herausgegeben von einigen National-Garden ». N’est plus connu qu’un seul exemplaire (no 142 du 19 octobre 1790).

-- Geschichte der gegenwaertigen Zeit, journal fondé le 1er octobre 1790, publié jusqu’au 30 janvier 1793 à Strasbourg par Jean-Frédéric Simon et son beau-frère, André Meyer, fils (NDBA, fasc. 26, p. 2630), puis par Christophe Frédéric Cotta (NDBA, fasc. 6, p. 542), avec la participation rédactionnelle de Charles Clauer (ou Klauer, NDBA, fasc. 21, p. 1977). Compte parmi les journaux strasbourgeois importants de l’époque révolutionnaire.

-- Nationalblatt für das Niederrheinische Departement, dont le 1er numéro parut à Strasbourg le 23 juillet 1790 et le dernier le 29 juillet 1791, publié et rédigé par le pasteur Jean Ehrmann (1751-1817).

-- Strasburgische Chronik ou Chronique de Strasbourg (le titre est en allemand lorsque la feuille est essentiellement composée de textes allemands), journal fondé par une société à Strasbourg le 6 janvier 1790, vraisemblablement disparu en novembre de la même année.

-- Wöchentliche Nachrichten. Fuer die deutschsprechenden Einwohner Frankreichs: besonders aber fuer Handwerker und Bauern. Hebdomadaire fondé à Strasbourg le 8 janvier 1790 et dont le dernier numéro a paru le 30 décembre 1791. A été attribué à André Ulrich (NDBA, fasc. 37, p. 3947).

-- Wahrer Elsaesser Patriot, fondé en mars 1791 à Haguenau par le praticien Jean-Baptiste Lambert, propriétaire et rédacteur. Aucun exemplaire n’a encore été mis au jour, mais il semble ne pas avoir duré longtemps.

-- Courrier de Strasbourg.Journal politique et littéraire uniquement consacré aux nouvelles des frontières et des pays étrangers, et particulièrement des deux rives du Rhin. Édité à Strasbourg par Jean George Treuttel et rédigé par Jean-Charles Thibault, dit Laveaux (NDBA, fasc. 23, p. 2250) pour succéder au Courrier politique et littéraire des deux nations (voir ci-dessus). Il parut quotidiennement du 20 décembre 1791 au 10 juin 1793 et fut le plus important journal alsacien de langue française. Il était considéré comme le journal officieux des Jacobins de Strasbourg.

-- Courrier de Paris et des départements à Strasbourg. Journal politique et littéraire, uniquement consacré aux nouvelles françaises ou venant de la France, et servant de Supplément au Courrier de Strasbourg. Feuille tri-hebdomadaire, en supplément du Courrier de Strasbourg (voir ci-dessus) du 21 décembre 1791 au 5 avril 1793.

-- Der Franke. Ein patriotisches Volksblatt für das Elsass. Fondé et édité par Jean-George Treuttel en 1791 ; seuls douze numéros ont paru.

-- Franzoesische Staatsverwaltung in den Rheinischen Departementen. Ein Wochenblatt. Rédigé par Jean Frédéric Burger (1756-1838), secrétaire dans l’administration du district de Strasbourg ; parut du 3 mai au 13 juillet 1791 (8 numéros).

-- Journal der neuen Staatsverfassung von Frankreich, quotidien édité par le libraire strasbourgeois Jean Jacques Keck et rédigé par Maximilien Samson Schoell (NDBA, fasc. 34, p. 3519) ; parut d’octobre 1791 à août 1792.

-- Die neuesten Religionsbegebenheiten in Frankreich (parfois aussi désigné par RNB), hebdomadaire fondé le 1er juillet 1791, rédigé par le vicaire épiscopal du Bas-Rhin, Jean Jacques Kaemmerer (NDBA, fasc. 19, p. 1854) ; dernier numéro paru le 29 décembre 1792. Journal de soutien au clergé constitutionnel.

-- Argos, oder der Mann mit hundert Augen. Journal bi- puis tri-hebdomadaire fondé à Strasbourg le 3 juillet 1792, édité et rédigé par le vicaire épiscopal, puis accusateur public criminel Euloge Schneider (NDBA, fasc. 34, p. 3506) jusqu’à son arrestation le 14 décembre 1793, puis par Jean Frédéric Butenschoen (NDBA, fasc. 5, p. 434) jusqu’au 16 juin 1794, dernière parution. Journal de combat des sans-culottes avec Schneider, puis robespierriste avec Butenschoen. Le même titre réapparut le 20 avril 1796, édité et rédigé par Jean Jacques Kaemmerer, mais sans rapport avec son prédécesseur. À partir du 1er juillet 1796, il parut sous le titre de Rheinische Fama (voir ci-après).

-- Bulletin oder Tägliche Nachrichten des National- Konvents, un journal-affiche quotidien imprimé par François Georges Levrault (NDBA, fasc. 24, p. 2326), contenant débats, lois et arrêtés de la Convention nationale. Le premier exemplaire connu est daté du 28 septembre 1792 et le dernier du 29 juillet 1793.

-- Feuille de Strasbourg ou Journal politique et littéraire des rives du Rhin. Feuille fondé le 15 avril 1792 « par une société de patriotes », rédigée par Philippe Louis Xavier Chayrou (NDBA, fasc. 6, p. 502) pour faire pièce au Courrier de Strasbourg de Laveaux (voir ci-dessus). Anti-Jacobin, il disparaît le 18 août 1792.

-- Der Kriegsbote. Fondé à Strasbourg, en juin 1792, le dernier exemplaire connu étant daté du 7 novembre 1792. Son rédacteur se cache derrière le pseudonyme farfelu de « Nicolas Isilikrisili, né entre Haguenau et Wissembourg. »

-- Patriotisches Sonntags-Blatt, dont le premier numéro parut le 8 janvier 1792 et le dernier en juin de la même année. Il fut rédigé par une équipe de théologiens protestants, dont Jean Frédéric Aufschlager (NDBA, fasc. 1, p. 72), Jean Laurent Blessig (NDBA, fasc. 4, p. 249), Jean Michel Emmerich (NDBA, fasc. 9, p. 798), Mathias Engel (NDBA, fasc. 9, p. 803), Charles Maximilien Fritz (NDBA, fasc. 12, p. 1063), etc.

-- Strasburgisches politisches Journal (Eine Zeitschrift für Aufklärung und Freiheit), revue bi-mensuelle, puis mensuelle, fondée le 1er janvier 1792 par Christophe Frédéric Cotta (NDBA, fasc. 6, p. 542), immigré allemand résidant à Strasbourg, qui destinait sa revue plutôt au Saint‑Empire, malgré l’interdiction de circulation dont elle fit l’objet. Sa parution cessa en décembre 1792.

-- Wochenblatt dem Unterricht des Landvolks gewidmet. Feuille hebdomadaire fondée à Colmar le 1er novembre 1792 par un groupe de Jacobins de Colmar ; cessa de paraître en octobre 1793, faute d’abonnements suffisants.

-- Strassburger Kurier. Quotidien fondé le 1er janvier 1793 par transformation du Strassburger Kurier (Ehemals Politisch-Litterarischer Kurier) (voir ci-dessus) et subsista jusqu’en mars 1798. Il fut édité par le libraire Jean Georges Treuttel et rédigé par Philippe Frédéric Louis Kern (NDBA, fasc. 20, p. 1930), Jean Frantz (NDBA, fasc. 11, p. 1012), le médecin Georges Christian Gottlieb Wedekind (NDBA, fasc. 48, p. 5008) et aussi Thaddée Antoine Dereser (NDBA, fasc. 7, p. 625).

-- Der Weltbote. Allgemeine Zeitung für alle Stände (puis Der Weltbote. Allegemeine Zeitung für Jedermann) fondé à Strasbourg le 1er janvier 1793 par Frédéric Auguste Engelbach (NDBA, fasc. 9, p. 806) et Jean Schweighæuser (NDBA, fasc. 34, p. 3583), repris ensuite par Jean Frédéric Butenschoen. Le titre disparut en septembre 1794 après fusion avec la Strassburgische Zeitung (voir ci-dessus et ciaprès).

-- Der Volks-Freund vom Nieder-Rhein, Le 1er numéro parut le 1er octobre 1793, sans lieu d’édition ni de rédacteur ou d’imprimeur. Le dernier numéro connu date du 5 décembre 1793. Il est probable que le rédacteur en ait été Charles Taffin (NDBA, fasc. 36, p. 3832).

-- Le Décadaire, feuille périodique consacrée à l’instruction des habitans de la campagne dans le Département du Haut-Rhin, fondé à Colmar le 24 mars 1794, surtout diffusé dans le district francophone de Belfort, essentiellement rédigé par Nicolas Louis Jean-Pierre Blanchard, fils (NDBA, fasc. 4, p. 242) et Philippe Louis Xavier Chayrou. Sa publication cessa le 19 mars 1795.

-- Das Dekaden-Blatt, zum Unterricht des Landvolks in dem oberrheinischen Departement, édition allemande du Décadaire… ci-dessus, destiné aux communes germanophones du département.

-- Dekaden-Blatt für den Landmann, édité à Strasbourg à partir du 6 avril 1794 sur l’ordre du directoire du département du Bas-Rhin ; sa publication cessa en août 1795.

-- Strassburgische Zeitung und mit der selben vereinigt der Weltbote, produit de la fusion de la Strassburgische Zeitung de Saltzmann et du Weltbote de Butenschoen à partir du 13 septembre 1794 (voir ci-dessus). Cette feuille parut sous plusieurs titres : Strassburgische Zeitung oder der Weltbote (22 septembre 1794 - 21 décembre 1795) ; Strassburger Weltbote (22 décembre 1795 - 26 avril 1796) ; Strassburgischer Weltbote. Verfasst von F. R. Salzmann (27 avril - 21 novembre 1796) ;Strassburger Weltbote. Verfasst von F. R. Salzmann (22 novembre - 31 décembre 1796) ; Stras(s)burger Weltbote (2 janvier 1797 - 16 décembre 1803).

-- Die Religion der Natur und der Vernunft. Mensuel publié à Strasbourg à partir du début de 1795 par Charles Frédéric Bader et Jean Jacques Kaemmerer. Seuls 6 numéros sont connus. Semble avoir disparu avant la fin de l’année.

-- Der Republikanische Wächter. Fondé à Haguenau le 25 septembre 1795 et ne semble pas avoir subsisté au-delà de l’année 1795. Les rédacteurs en auraient été Abraham Lembert (S. Lachenicht, p. 477) et Matthias Metternich (1747-1824), l’un des fondateurs du club jacobin de Mayence.

--Die Pariser deutsche Zeitung. Feuille fondée à Strasbourg le 22 décembre 1795 par André Ulrich, disparut le 19 mars 1796. Journal bien thermidorien qui publiait des nouvelles provenant de la capitale.

-- Weissenburger politische und religiöse Anzeigen, tri-hebdomadaire fondé le 29 juillet 1795 par un citoyen de Wissembourg non identifié. Prit le titre de Weissenburger patriotische Schildwache en septembre et disparut le 13 janvier 1796.

-- Rheinische Zeitung. Gazette fondée à Strasbourg le 21 janvier 1796 pour succéder à la Weissenburger patriotische Schildwache et disparue le 30 juin 1796 en fusionnant avec l’Argos et la Rheinische Fama (voir ci-après). Ses principaux rédacteurs étaient Christophe Frédéric Cotta, Georges Wedekind, et Mathias Metternich.

-- Republikanische Kronik édité à Strasbourg à partir de janvier 1796 par les citoyens Louis Kreitner et Seybold et rédigé par Jean Jacques Kaemmerer qui sera évincé en mars 1796, et remplacé par Joseph Schlemmer (1767-1830), ancien membre du club des Jacobins de Mayence. Le titre disparut le 21 septembre 1796 après sa fusion avec la Rheinische Fama et continuera sous le titre de Rheinische Kronik (voir ci-après).

-- Rheinische Fama, fondée à Strasbourg le 1er juillet 1796 par fusion de l’Argos de Jean Jacques Kaemmerer et de la Rheinische Zeitung (voir ci-dessus), essentiellement rédigée par Jean Jacques Kaemmerer. Le titre disparaît le 21 septembre 1796 après fusion avec la Republikanische Kronik pour former la Rheinische Kronik (ci-après).

-- La Rheinische Kronik, issue des fusions mentionnées précédemment, apparut à Strasbourg le 21 septembre 1796, publiée par Jean Jacques Kaemmerer qui en assura la rédaction. Après sa mort le 24 septembre 1798, lui succéda Frédéric Guillaume Haussner, professeur à l’École Centrale du Bas-Rhin, qui, par une maladresse politique, en provoqua l’interdiction le 6 novembre 1798.

-- Der Wahlmann, journal fondé à Strasbourg le 20 février 1797, édité par Abraham Lembert et disparu le 19 mai 1797.

-- Affiches du Bas-Rhin - Niederrheinische Anzeigen ; journal d’annonces fondé le 23 septembre 1797 par l’imprimeur strasbourgeois Philippe Jacques Dannbach (NDBA, fasc. 7, p. 575), suspendu en 1811.

-- Journal politique de Strasbourg fondé à Strasbourg le 1er septembre 1797, mais dont n’est plus connu que le no 17 du 17 septembre 1797.

-- Strasburger Neue Zeitung, fondée à Strasbourg par Jean Frédéric Butenschön en juin 1797, disparue en janvier ou février 1799.

-- Fraenkischer Merkur. Continuation sous un nouveau titre de la Rheinische Kronik frappée d’interdiction (voir ci-dessus). Fondé le 15 novembre 1798, il aurait été rédigé par Frédéric Guillaume Haussner ; il disparut au cours de l’année 1799.

-- Kronik der Menschheit, fondée à Strasbourg le 22 janvier 1798 par Théophile Frédéric Ehrmann, après fusion avec le Strassburger Kurier dont elle prend la suite. Cette feuille a disparu au printemps 1799.

-- Strasburger Zeitung, fondée à Strasbourg probablement au début de 1798, éditée et imprimée par Ernest Ehrmann qui en fut le propriétaire, et rédigée par Christophe Frédéric Cotta ; disparue vers le milieu de l’année 1799.

-- Mühlhauser Bericht-Blatt, hebdomadaire fondé initialement sous le nom Mühlhauser Wochenschrift le 7 avril 1798 par Peter Richard (NDBA, fasc. 31, p. 3190). Cette feuille cessa sa parution le 6 avril 1799.

-- Rheinische Beobachter. Ein Decadenblatt, dont la parution fut annoncée pour le 6 juillet 1799, mais aucun exemplaire n’étant connu à ce jour, il est à se demander si cette feuille a effectivement paru.

Les rédacteurs (Verfasser ou Herausgeber) de ces journaux et gazettes, qui, dans quelques cas en étaient aussi les propriétaires, étaient des lettrés (juristes, ecclésiastiques des deux confessions, enseignants, etc.), tous favorables à la Révolution à des degrés d’engagement divers. Parmi eux, une dizaine d’immigrés, venus des États de l’Empire (ceux que S. Lachenicht désigne par deutsche Jakobiner), participèrent à la rédaction de près d’une vingtaine de titres.

Les gazettes paraissaient, soit dans un format in-4o de quatre pages, parfois huit, rarement plus, avec des textes sur deux colonnes, soit dans celui in-8o de quatre, huit ou seize pages imprimées en une seule colonne. N’est connu qu’un seul journal de format grand in-folio (45 cm x 55 cm), sous forme de placard (Bulletin oder Tägliche Nachrichten des National-Konvents). Le nombre de pages pouvait également fluctuer pour une même publication (ex. : le Nationalblatt für das Niederrheinische Departement parut avec 24, 32, 48 ou 56 pages ; l’Argos no 51 du 28 décembre 1792 avait exceptionnellement 16 pages in-8o). Un titre pouvait aussi modifier son format en cours de parution (ex : la Kronik der Menschheit passa du in-8o au in-4o).

Leur périodicité était très variable : quotidienne (dimanche ou décadi compris ou exclus), tous les deux jours, deux ou trois fois par semaine ou décade, bi- ou tri-hebdomadaire (ou décadaire), hebdomadaire, décadaire, bi-mensuelle, mensuelle, voire irrégulière (Fruehpost, Republikanische Kronik). Elle pouvait aussi être modifiée pour un même titre : le Strasburgisches politisches Journal, de bi-mensuel passa à mensuel et inversement, l’Argos bi-hebdomadaire devint tri-hebdomadaire. Souvent étaient aussi proposés des suppléments (Beilagen), gracieusement ou payants.

Majoritairement rédigée en allemand, la presse alsacienne était de ce fait limitée à une diffusion locale et régionale, Alsace et États riverains d’Allemagne ou encore la Suisse germanophone ; une exception : leCourrier de Strasbourg eut des lecteurs à Paris, Lyon, dans le Nord, etc. Malheureusement, pour aucun de ces titres n’existe de liste d’abonnés qui aurait permis de les quantifier et qualifier ; seules certaines indications éparses dans quelques feuilles rendent parfois possible la localisation de l’un ou l’autre abonné. L’importance des tirages n’est pas plus connue, et il y a tout lieu de croire qu’ils furent faibles, voire très faibles pour la majorité des parutions, certaines excédant à peine la centaine d’exemplaires.

À l’époque, la vente au numéro n’était pas d’usage. Le lecteur souscrivait un abonnement, trimestriel, semestriel ou annuel, rarement mensuel, soit directement chez l’éditeur (Verleger), au bureau de poste ou tout autre correspondant qui acceptait les souscriptions. Les prix demandés étaient très variables d’un titre à un autre et dépendaient du format, de la pagination, de la périodicité, des suppléments. Ils pouvaient être établis franco de port, mais alors tarifés en fonction du lieu de destination. Les prix des abonnements étaient régulièrement réajustés en raison de la dépréciation monétaire, de l’inflation, puis de l’instauration du droit de timbre sur les journaux à partir du 9 vendémiaire an VI (30 septembre 1797).

Selon l’Argos (no 63 du 11 juin 1793, p. 504), qui avoua alors ne pas dépasser les 200 abonnés, chaque numéro (8 pages in-8o) coûtait 20 lb en papier et impression, à quoi s’ajoutaient les frais de distribution. À raison d’un abonnement trimestriel à 3 lb, la perte était flagrante, et le propriétaire-éditeur dut y mettre de sa poche. Si, sur l’ensemble des publications répertoriées, plus de la moitié n’atteignit pas une année d’existence, ce fut probablement pour des raisons financières du même ordre. Certains pensaient s’en sortir grâce à des fusions ou absorptions, mais leur existence resta souvent tout aussi précaire et ils finirent par disparaître ; d’autres durent leur cessation à des raisons politiques. « Quarante-sept journaux politiques furent lancés pendant les années 1789-1799 ; sauf le Strassburger Weltbote, suite de la Strasburger privilegirte Zeitung, tous disparurent avant la fin de cette décennie. » (Jean-Pierre Kintz, 1992, p. 185).

Bibliographie

KUHLMANN (Marie), Inventaire des périodiques des bibliothèques de Strasbourg, Strasbourg, 1937.

MARX (Roland), Recherches sur la vie politique de l’Alsace prérévolutionnaire et révolutionnaire, Strasbourg, 1966, p. 73-93.

KINTZ (Jean-Pierre), « Pour une étude de la presse politique révolutionnaire de l’Alsace. 1789-1799 », RA, 116, 1989-1990, p. 77-104.

KINTZ (Jean-Pierre), « Alsace. Départements du Bas- Rhin et du Haut-Rhin », dans ALBERT (Pierre) et FEYEL (Gilles) (dir.), La Presse départementale en Révolution (1789-1799). Bibliographique historique et critique, t. I, La Garenne-Colombes, 1992, p. 185-274.

LACHENICHT (Susanne), Information und Propaganda. Die Presse deutscher Jakobiner im Elsaß (1791-1800), Munich, 2004.

Claude Betzinger