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<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">''Capitulum'', ''Kapitel'', ''Stift''</p>
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''Capitulum'', ''Kapitel'', ''Stift''
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= I. Définitions générales =
 
= I. Définitions générales =
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Le mot chapitre dérive de capitulum qui servait à désigner le passage de la règle soumis à la méditation d’une réunion d’ecclésiastiques.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Au sens primitif et général, le chapitre désigne le texte d’un chapitre d’une Règle religieuse, lu en réunion capitulaire de religieux ou de religieuses. Ce sens littéral primitif a donné naissance par dérivation, d’une part, à une signification locale et architecturale et, d’autre part, à une signification sociale et institutionnelle. Les religieux écoutent l’extrait de la Règle (ou d’un autre écrit) dans la salle de chapitre ou au chapitre. L’assemblée qu’ils forment constitue un chapitre plus ou moins étendu : local, s’il groupe seulement les membres d’une communauté locale ; provincial ou général, s’il réunit des délégué(e)s d’une province ou de tout l’ordre (ou de toute la congrégation).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Selon la personnalité canonique de ses membres, pouvant faire partie du clergé séculier ou du clergé régulier, un chapitre – en tant que réunion capitulaire – est dit régulier ou séculier. À son tour, un chapitre régulier peut être monacal, canonial ou conventuel, selon que ses adhérents relèvent de l’ordre monastique, de l’ordre canonial ou d’une congrégation faisant « convent » (''conventus''). Ce dernier terme, qui a donné « couvent » en français, signifie primitivement « une communauté religieuse « conventuellement » organisée ». Un chapitre séculier peut être cathédral, collégial ou rural, selon qu’il se rattache à une église cathédrale ou à une église collégiale ou qu’il groupe des prêtres desservant des paroisses rurales ou urbaines.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: right;">'''René Bornet'''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Le terme « chapitre » a fini par revêtir des acceptions diverses :</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">1. Assemblée de chanoines, de religieux ou de membres d’une même communauté (chapitre rural, par exemple) réunis pour délibérer de leurs affaires, établir ou modifier des règlements, … (BURCKLE (Jean), ''Les chapitres ruraux des anciens évêchés de Strasbourg et de Bâle'', Colmar, 1935, p. 132-151).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">2. Réunion des membres d’un ordre religieux ou militaire, sous la direction du supérieur (général, abbé, prieur ...), au cours de laquelle sont prises les grandes décisions (élection, affaires économiques...) ou transmises les informations. Il en existe de trois niveaux :<br/> - le chapitre général, au cours duquel se traitent les affaires de tout l’Ordre, notamment pour élire le Supérieur général. Ainsi, les prieurs chartreux se retrouvent périodiquement à la Grande Chartreuse,<br/> - le chapitre provincial au cours duquel se traitent les affaires de la Province,<br/> - le chapitre conventuel au cours duquel ne sont réglées que les affaires propres à la maison (NAZ,''Dictionnaire droit canonique'' (1935), t. III, col. 595-610).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">3. Lieu où s’assemblent les chanoines (salle du chapitre, salle capitulaire).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">4. Réunion des maçons d’une loge (DENISART, ''Collection de décisions'' (1768), t. I, p. 68 ; DURAND de MAILLANE, ''Dictionnaire'' (1787), t. I, p. 751-792).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: right;">'''Louis Schlaefli'''</p>  
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Le mot chapitre dérive de ''capitulum'' qui servait à désigner le passage de la règle soumis à la méditation d’une réunion d’ecclésiastiques.
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Au sens primitif et général, le chapitre désigne le texte d’un chapitre d’une Règle religieuse, lu en réunion capitulaire de religieux ou de religieuses. Ce sens littéral primitif a donné naissance par dérivation, d’une part, à une signification locale et architecturale et, d’autre part, à une signification sociale et institutionnelle. Les religieux écoutent l’extrait de la Règle (ou d’un autre écrit) dans la salle de chapitre ou au chapitre. L’assemblée qu’ils forment constitue un chapitre plus ou moins étendu&nbsp;: local, s’il groupe seulement les membres d’une communauté locale&nbsp;; provincial ou général, s’il réunit des délégué(e)s d’une province ou de tout l’ordre (ou de toute la congrégation).
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Selon la personnalité canonique de ses membres, pouvant faire partie du clergé séculier ou du clergé régulier, un chapitre – en tant que réunion capitulaire – est dit régulier ou séculier. À son tour, un chapitre régulier peut être monacal, canonial ou conventuel, selon que ses adhérents relèvent de l’ordre monastique, de l’ordre canonial ou d’une congrégation faisant «&nbsp;convent&nbsp;» (''conventus''). Ce dernier terme, qui a donné «&nbsp;couvent&nbsp;» en français, signifie primitivement «&nbsp;une communauté religieuse «&nbsp;conventuellement&nbsp;» organisée&nbsp;». Un chapitre séculier peut être cathédral, collégial ou rural, selon qu’il se rattache à une église cathédrale ou à une église collégiale ou qu’il groupe des prêtres desservant des paroisses rurales ou urbaines.
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<p class="mw-parser-output" style="text-align: right">'''René Bornet'''</p>  
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Le terme «&nbsp;chapitre&nbsp;» a fini par revêtir des acceptions diverses&nbsp;:
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1. Assemblée de chanoines, de religieux ou de membres d’une même communauté (chapitre rural, par exemple) réunis pour délibérer de leurs affaires, établir ou modifier des règlements, … (BURCKLE (Jean), ''Les chapitres ruraux des anciens évêchés de Strasbourg et de Bâle'', Colmar, 1935, p. 132-151).
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2. Réunion des membres d’un ordre religieux ou militaire, sous la direction du supérieur (général, abbé, prieur ...), au cours de laquelle sont prises les grandes décisions (élection, affaires économiques...) ou transmises les informations. Il en existe de trois niveaux&nbsp;:<br/> - le chapitre général, au cours duquel se traitent les affaires de tout l’Ordre, notamment pour élire le Supérieur général. Ainsi, les prieurs chartreux se retrouvent périodiquement à la Grande Chartreuse,<br/> - le chapitre provincial au cours duquel se traitent les affaires de la Province,<br/> - le chapitre conventuel au cours duquel ne sont réglées que les affaires propres à la maison (NAZ,''Dictionnaire droit canonique'' (1935), t. III, col. 595-610).
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3. Lieu où s’assemblent les chanoines (salle du chapitre, salle capitulaire).
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4. Réunion des maçons d’une loge (DENISART, ''Collection de décisions'' (1768), t. I, p. 68&nbsp;; DURAND de MAILLANE, ''Dictionnaire'' (1787), t. I, p. 751-792).
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<p class="mw-parser-output" style="text-align: right">'''Louis Schlaefli'''</p>  
 
= II. Chapitres canoniaux =
 
= II. Chapitres canoniaux =
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">L’institution que constitue un ensemble de chanoines qui desservent une cathédrale (''canonicus'', ''Domherr'') ou une église collégiale (''canonicus'', ''Stiftsherr'') (NAZ, ''Dictionnaire droit canonique'' (1935), t. III, col. 530-595) paraît la plus courante. A noter qu’au Moyen Âge on dit régulièrement ''tumherr'', ''dumherr'' aussi pour le chanoine d’une collégiale, alors que l’allemand contemporain distingue soigneusement ''Domherr'' et ''Chorherr''/''Stiftsherr''.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Du point de vue canonique, le terme de chapitre est réservé de façon préférentielle aux groupements de chanoines et de chanoinesses, pouvant être les uns comme les autres réguliers (régulières) ou séculiers (séculières), suivant qu’ils (elles) relèvent ou non d’un ordre ou d’une congrégation de religieux (de religieuses) au sens canonique du terme, aujourd’hui on dit de « consacré(e)s ».</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">En Alsace, comme ailleurs, les chapitres canoniaux sont nés de double façon : par dégénérescence et par renaissance. Du IX<sup>e</sup> au XI<sup>e</sup> siècle, des monastères primitifs se sont transformés en chapitres canoniaux. De la fin du XV<sup>e</sup> au milieu du XVII<sup>e</sup> siècle, d’anciennes abbayes bénédictines se sont sécularisées de même en chapitres canoniaux. « En échangeant la coule de moine contre l’aumusse de chanoine, les religieux quittaient une religion supérieure contre une religion inférieure », affirmaient les canonistes, qui par métonymie entendaient par « religion » simplement l’état de « religieux » ou de « consacré ». Plus prosaïque, un dicton populaire ironisait : « De mauvais moines, ils sont devenus de piètres chanoines ». Cette décadence ne doit pas cacher la renaissance d’une authentique vie canoniale, surtout à l’intérieur de congrégations de chanoines ou de chanoinesses.</p>
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L’institution que constitue un ensemble de chanoines qui desservent une cathédrale (''canonicus'', ''Domherr'') ou une église collégiale (''canonicus'', ''Stiftsherr'') (NAZ, ''Dictionnaire droit canonique'' (1935), t. III, col. 530-595) paraît la plus courante. A noter qu’au Moyen Âge on dit régulièrement ''tumherr'', ''dumherr'' aussi pour le chanoine d’une collégiale, alors que l’allemand contemporain distingue soigneusement ''Domherr'' et ''Chorherr''/''Stiftsherr''.
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Du point de vue canonique, le terme de chapitre est réservé de façon préférentielle aux groupements de chanoines et de chanoinesses, pouvant être les uns comme les autres réguliers (régulières) ou séculiers (séculières), suivant qu’ils (elles) relèvent ou non d’un ordre ou d’une congrégation de religieux (de religieuses) au sens canonique du terme, aujourd’hui on dit de «&nbsp;consacré(e)s&nbsp;».
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En Alsace, comme ailleurs, les chapitres canoniaux sont nés de double façon&nbsp;: par dégénérescence et par renaissance. Du IX<sup>e</sup> au XI<sup>e</sup> siècle, des monastères primitifs se sont transformés en chapitres canoniaux. De la fin du XV<sup>e</sup> au milieu du XVII<sup>e</sup> siècle, d’anciennes abbayes bénédictines se sont sécularisées de même en chapitres canoniaux. «&nbsp;En échangeant la coule de moine contre l’aumusse de chanoine, les religieux quittaient une religion supérieure contre une religion inférieure&nbsp;», affirmaient les canonistes, qui par métonymie entendaient par «&nbsp;religion&nbsp;» simplement l’état de «&nbsp;religieux&nbsp;» ou de «&nbsp;consacré&nbsp;». Plus prosaïque, un dicton populaire ironisait&nbsp;: «&nbsp;De mauvais moines, ils sont devenus de piètres chanoines&nbsp;». Cette décadence ne doit pas cacher la renaissance d’une authentique vie canoniale, surtout à l’intérieur de congrégations de chanoines ou de chanoinesses.
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= III. Chapitres dérivés d’établissements monastiques, monastères ou abbayes - chanoines - chanoinesses =
 
= III. Chapitres dérivés d’établissements monastiques, monastères ou abbayes - chanoines - chanoinesses =
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Monastères primitifs (''Frühklöster'') ayant évolué vers le statut canonial, à la suite des synodes d’Aix-la-Chapelle de 816/817, qui apportèrent une claire distinction entre le statut canonial et le régime monacal. Les premiers textes ne parlent encore ni d’un chapitre (''capitulum''), ni d’une Règle de saint Augustin.</p>
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Monastères primitifs (''Frühklöster'') ayant évolué vers le statut canonial, à la suite des synodes d’Aix-la-Chapelle de 816/817, qui apportèrent une claire distinction entre le statut canonial et le régime monacal. Les premiers textes ne parlent encore ni d’un chapitre (''capitulum''), ni d’une Règle de saint Augustin.
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== ''Chanoines'' ==
 
== ''Chanoines'' ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Saint-Amarin - Thann''' : fondé vers 623-627 par saint Amarin, qui lui légua son nom, la fondation du monastère de Duroangus bénéficia de l’appui du maire du palais burgonde Warnéchaire et de l’évêque Projectus (Prix) de Clermont-Ferrand, propagateurs tous les deux du monachisme provençal sous l’influence du monastère de Lérins contre la prépondérance du monachisme irlandais en Austrasie. Nous perdons sa trace entre cette date et 1192, ce qui incite certains historiens à penser que le chapitre a été une nouvelle fondation quelque temps avant 1192. Le chapitre (''capitulum'' 1254, 1255) est présidé par un ''praepositus'' (prévôt). Au début du XIIIe siècle, il passe sous la juridiction de l’abbé de Murbach, qui doit consentir à son transfert, en 1441, à Thann, où il subsiste sous le titre de Saint-Thiébaut jusqu’à la Révolution française.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">SCHOLLY (Karl), ''Die Geschichte und Verwaltung des Chorherrenstifts Thann'', Strasbourg, 1907.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Honau, Rhinau, Strasbourg, Saint-Pierre-le-Vieux''' : monastère irlandais ou iro-mérovingien, fondé vers 720 par la famille des Etichonides, adopta à une date indéterminée le statut canonial. En 1102, les chanoines (''canonici'') sont présidés par un ''praepositus'' (prévôt), secondé par un ''decanus'' (doyen), un ''edituus'' (plus tard ''custos'' : trésorier) et un ''cellerarius'' (cellérier). En raison des inondations du Rhin, ce chapitre fut transféré en 1290 à Rhinau, puis, de là, uni en 1398 à l’église de Saint-Pierre-le-Vieux à Strasbourg.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Lautenbach''' : probablement une fondation irlandaise ou iro-mérovingienne de Honau, dès le début du VIII<sup>e</sup> siècle, la communauté de Lautenbach opta pour le statut canonial avant 1183. À cette date, les chanoines de Lautenbach sont régis par un prévôt (''praepositus'') et un doyen (''decanus'').</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">HAABY (Charles), ''Stift Lautenbach'', 1959.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''(Nieder-) Haslach''' : monastère épiscopal, fondé à la fin du VIII<sup>e</sup> ou au début du IX<sup>e</sup> siècle, pour desservir le pèlerinage en l’honneur de saint Florent ; la communauté adopta le statut canonial avant 1096. Elle fut très liée au chapitre cathédral de Strasbourg et subsista jusqu’à la Révolution française. En 1096, les chanoines (''canonici'') sont présidés par un ''praepositus'' (prévôt), assisté d’un ''decanus'' (doyen) et d’un ''edituus'' ou ''custos'' (trésorier).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Surbourg, Haguenau''' : de fondation inconnue (VII<sup>e</sup> - début VIII<sup>e</sup> s.?, certainement avant 749), le monastère est présidé par un abbé vers 824. Le statut canonial est attesté en 1183. En 1493, le chapitre est désigné comme « l’église collégiale (''ecclesia collegiata'') de Saint-Martin et de Saint-Arbogast ». Le chapitre fut transféré à l’intérieur de la ville de Haguenau en 1738.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Saint-Léonard (Boersch)''' : de fondation plus tardive, le « monastère » de Saint-Léonard suivit une semblable évolution. Issu d’une expérience érémitique, menée par un certain Erkenbald à la fin du XI<sup>e</sup> ou au début du XII<sup>e</sup> siècle, le monastère (''monasterium'') ou la communauté (''caenobium'') dépendait étroitement du Grand chapitre de Strasbourg. La nomination et l’institution de l’« abbé » revenait jusqu’en 1214 au doyen, puis à partir de cette date au prévôt de ce chapitre cathédral. En 1236, le monastère des « moines noirs » – cette expression désignait officiellement des bénédictins – fut transformé en un chapitre de chanoines séculiers (''saeculari canonici''). Malgré les dispersions temporaires à la suite de la guerre des Paysans et durant la guerre de Trente Ans, ce chapitre séculier se maintint jusqu’à la Révolution française.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">BARTH (Médard), ''Das Kollegiatstift Sankt Leonhard'', Strasbourg, 1929.</p>
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- '''Saint-Amarin - Thann'''&nbsp;: fondé vers 623-627 par saint Amarin, qui lui légua son nom, la fondation du monastère de Duroangus bénéficia de l’appui du maire du palais burgonde Warnéchaire et de l’évêque Projectus (Prix) de Clermont-Ferrand, propagateurs tous les deux du monachisme provençal sous l’influence du monastère de Lérins contre la prépondérance du monachisme irlandais en Austrasie. Nous perdons sa trace entre cette date et 1192, ce qui incite certains historiens à penser que le chapitre a été une nouvelle fondation quelque temps avant 1192. Le chapitre (''capitulum'' 1254, 1255) est présidé par un ''praepositus'' (prévôt). Au début du XIIIe siècle, il passe sous la juridiction de l’abbé de Murbach, qui doit consentir à son transfert, en 1441, à Thann, où il subsiste sous le titre de Saint-Thiébaut jusqu’à la Révolution française.
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SCHOLLY (Karl), ''Die Geschichte und Verwaltung des Chorherrenstifts Thann'', Strasbourg, 1907.
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- '''Honau, Rhinau, Strasbourg, Saint-Pierre-le-Vieux'''&nbsp;: monastère irlandais ou iro-mérovingien, fondé vers 720 par la famille des Etichonides, adopta à une date indéterminée le statut canonial. En 1102, les chanoines (''canonici'') sont présidés par un ''praepositus'' (prévôt), secondé par un ''decanus'' (doyen), un ''edituus'' (plus tard ''custos''&nbsp;: trésorier) et un ''cellerarius'' (cellérier). En raison des inondations du Rhin, ce chapitre fut transféré en 1290 à Rhinau, puis, de là, uni en 1398 à l’église de Saint-Pierre-le-Vieux à Strasbourg.
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- '''Lautenbach'''&nbsp;: probablement une fondation irlandaise ou iro-mérovingienne de Honau, dès le début du VIII<sup>e</sup> siècle, la communauté de Lautenbach opta pour le statut canonial avant 1183. À cette date, les chanoines de Lautenbach sont régis par un prévôt (''praepositus'') et un doyen (''decanus'').
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HAABY (Charles), ''Stift Lautenbach'', 1959.
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- '''(Nieder-) Haslach'''&nbsp;: monastère épiscopal, fondé à la fin du VIII<sup>e</sup> ou au début du IX<sup>e</sup> siècle, pour desservir le pèlerinage en l’honneur de saint Florent&nbsp;; la communauté adopta le statut canonial avant 1096. Elle fut très liée au chapitre cathédral de Strasbourg et subsista jusqu’à la Révolution française. En 1096, les chanoines (''canonici'') sont présidés par un ''praepositus'' (prévôt), assisté d’un ''decanus'' (doyen) et d’un ''edituus'' ou ''custos'' (trésorier).
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- '''Surbourg, Haguenau'''&nbsp;: de fondation inconnue (VII<sup>e</sup> - début VIII<sup>e</sup> s.?, certainement avant 749), le monastère est présidé par un abbé vers 824. Le statut canonial est attesté en 1183. En 1493, le chapitre est désigné comme «&nbsp;l’église collégiale (''ecclesia collegiata'') de Saint-Martin et de Saint-Arbogast&nbsp;». Le chapitre fut transféré à l’intérieur de la ville de Haguenau en 1738.
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- '''Saint-Léonard (Boersch)'''&nbsp;: de fondation plus tardive, le «&nbsp;monastère&nbsp;» de Saint-Léonard suivit une semblable évolution. Issu d’une expérience érémitique, menée par un certain Erkenbald à la fin du XI<sup>e</sup> ou au début du XII<sup>e</sup> siècle, le monastère (''monasterium'') ou la communauté (''caenobium'') dépendait étroitement du Grand chapitre de Strasbourg. La nomination et l’institution de l’«&nbsp;abbé&nbsp;» revenait jusqu’en 1214 au doyen, puis à partir de cette date au prévôt de ce chapitre cathédral. En 1236, le monastère des «&nbsp;moines noirs&nbsp;» – cette expression désignait officiellement des bénédictins – fut transformé en un chapitre de chanoines séculiers (''saeculari canonici''). Malgré les dispersions temporaires à la suite de la guerre des Paysans et durant la guerre de Trente Ans, ce chapitre séculier se maintint jusqu’à la Révolution française.
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BARTH (Médard), ''Das Kollegiatstift Sankt Leonhard'', Strasbourg, 1929.
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== ''Chanoinesses'' ==
 
== ''Chanoinesses'' ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Hohenbourg (Mont Sainte-Odile)'''. Le statut canonial, proposé aux monastères comme option par les synodes d’Aix-la-Chapelle de 816 et de 817, a été introduit, au témoignage de la Vie de sainte Odile, avant la fin du IX<sup>e</sup> ou au plus tard au début du X<sup>e</sup> s. Sous la protection des Hohenstaufen, les grandes abbesses Relinde (vers 1162-1176) et Herrade (vers 1176-1196), célèbre par son ''Hortus deliciarum'', conduisent le chapitre à son apogée et y introduisent la règle de saint Augustin, qui sera suivie jusqu’au XVI<sup>e</sup> siècle. La vie canoniale s’éteignit en 1546. Les chanoines prémontrés prirent le relais de 1605 à 1790.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">BÜTTNER (Heinrich), « Studien zur Geschichte des Stiftes Hohenburg im Elsass während des Hochmittelalters », ''ZGO'' 91, NF 52, 1939, p. 103-138. Reproduit dans BÜTTNER (Heinrich), ''Geschichte des Elsass und ausgewählte Beiträge zur Geschichte des Elsass im Früh- und Hochmittelalter'', Sigmaringen, 1991, p. 205-227.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">PETRY (François), WILL (Robert), ''Le Mont Sainte-Odile (Bas-Rhin)'', Paris, 1988 (Guides archéologiques de la France).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">FISCHER (Marie-Thérèse), ''Treize siècles d’histoire au Mont Sainte-Odile'', Strasbourg, 2006.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Niedermunster'''. Fondé au début du VIII<sup>e</sup> siècle, du temps de sainte Odile, le monastère d’en bas connut une évolution semblable à celui d’en haut. Il adopta le statut de chapitre canonial entre la fin du VIII<sup>e</sup> et le début du IX<sup>e</sup> siècle et la règle de saint Augustin au XII<sup>e</sup> siècle. Par la suite, il acquit progressivement son indépendance vis-à-vis de son chapitre de tutelle, avec la première mention d’une abbesse en 1016. La vie canoniale cessa en 1544.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Saint-Étienne de Strasbourg'''. De fondation contemporaine à celles de Hohenbourg et de Niedermunster, le monastère de Saint-Étienne glissa vers l’observance canoniale à la même époque (fin VIII<sup>e</sup>/début IX<sup>e</sup> s.). Les références explicites à la Règle de saint Augustin apparaissent au milieu du XIII<sup>e</sup> siècle. Après une longue période de décadence au XV<sup>e</sup> siècle, le chapitre des chanoinesses se rallia à la Réforme protestante en 1536.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">SCHMITT (Sigrid), ''Geistliche Frauen und städtische Welt. Kanonissen-Nonnen-Beginen und ihre Umwelt am Beispiel der Stadt Straßburg im Spätmittelalter (1250-1525)'', Habilitationsschrift, Mayence, 2001.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">V. [[Chanoinesses_protestantes_de_Saint-Etienne|Chanoinesses protestantes de Saint Etienne]].</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Eschau'''. Fondé par l’évêque Rémi de Strasbourg (778-780), le monastère épiscopal suivit une observance flottante entre la Règle bénédictine et le statut canonial. Ce dernier fut établi de fait dès la fin du XV<sup>e</sup> s. et sanctionné officiellement par le règlement épiscopal de 1521. Le chapitre s’éteignit en 1536.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">GROSS (Joseph), ''L’histoire de l’abbaye Sainte-Sophie d’Eschau'', 1986.<br/> GROSS (Joseph), « L’histoire de l’abbaye Sainte-Sophie d’Eschau » ''Annuaire Soc. d’Histoire des 4 Cantons'', t. 11, 1993, p. 7-23 ; t. 15, 1997, , t. 16, 1998.<br/> GROSS (Joseph), « L’abbaye Sainte-Sophie d’Eschau entre 820 et 1065 » ''Annuaire Soc. d’Histoire des 4 Cantons'', t. 15, 1997, p. 31-47.<br/> GROSS (Joseph), « L’apogée de l’abbaye d’Eschau au XIIe siècle » ''Annuaire Soc. d’Histoire des 4 Cantons'', t. 16, 1998, p. 21-42.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Masevaux'''. Fondé au VIII<sup>e</sup> siècle, [Bornert : le ''caenobium'' de Masevaux (780) (MGH ''Poetae latini'', t. 1, 88, n° VI, p. 93-94) est appelé le « monastère de Maso » (''Masonis monasterium'') dans le traité de Meersen en 870 (MGH ''Leges'', Sectio II, t. 2, p. 194).] Il ne porte le titre d’abbaye qu’à partir du XII<sup>e</sup> siècle. En 1254, les soeurs de Masevaux sont encore qualifiées de bénédictines (MGH ''Epistulae saec''. XIII, III 269 n° 301), et demandent pour abbesse une chanoinesse de Saeckingen ! Puis il semble avoir glissé vers l’observance canoniale. Après avoir connu une période de dépression au XV<sup>e</sup> et au début du XVI<sup>e</sup> siècle, le chapitre se releva à la fin du XVI<sup>e</sup> siècle et connut une période florissante jusqu’à sa suppression par la Révolution française.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">EICHENLAUB (Jean-Luc), « Les grandes lignes de l’abbaye de Masevaux », ''Les chapitres des dames nobles entre France et Empire'', Paris, 1998, p. 301-311.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Erstein'''. Fondée vers 850 par l’impératrice sainte Irmingarde sur une terre d’empire. L’observance conventuelle resta flottante entre la Règle de saint Benoît et la Règle de saint Augustin. Le chapitre s’éteignit au début du XV<sup>e</sup> siècle.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">FRIEDEL (René), ''Geschichte des Fleckens Erstein'', Erstein, 1927.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Andlau'''. L’abbaye d’Andlau, fondée vers 880 par sainte Richarde n’a pas, en ses débuts, de statut institutionnalisé bien ferme ; son appellation a varié au cours du temps. Le statut canonial ne se fixe qu’au courant du Moyen Âge. Ainsi, le chapitre des dames d’Andlau, « était moins un couvent qu’un home de vie pieuse pour filles et dames issues de l’aristocratie, sans règle monastique, ni appartenance à un ordre religieux déterminé ». Les statuts synodaux de 1345 reconnaissent que le monastère d’Andlau, comme celui d’Erstein, suit l’office selon la Règle de saint Benoît, mais a perdu la substance de l’ordre. Le chapitre des nobles dames d’Andlau subsista néanmoins jusqu’à la Révolution française.&nbsp;</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">BECOURT (Eugène), ''Andlau, son abbaye, son hôpital, ses bienfaiteurs'', Strasbourg, 2 vol., 1914-1921.<br/> MARTINY (Albert), ''Sainte Richarde, son abbaye, n° 3. La grande galerie des abbesses. Éléments historiques''. Polycopié. Andlau, 1982, p. 7.<br/> Sur la vie de Sainte Richarde (? - † avant 909), cf. FOLZ (Robert), ''Les saintes reines du moyen âge en occident (VI<sup>e</sup> – XIII<sup>e</sup> s.)'', Bruxelles, 1992, (''Subsidia hagiographica'', 76), p. 44-66.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">À côté des chapitres de chanoinesses existait en règle générale un chapitre réduit de quelques chanoines pour le service liturgique et sacramentel.</p>
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- '''Hohenbourg (Mont Sainte-Odile)'''. Le statut canonial, proposé aux monastères comme option par les synodes d’Aix-la-Chapelle de 816 et de 817, a été introduit, au témoignage de la Vie de sainte Odile, avant la fin du IX<sup>e</sup> ou au plus tard au début du X<sup>e</sup> s. Sous la protection des Hohenstaufen, les grandes abbesses Relinde (vers 1162-1176) et Herrade (vers 1176-1196), célèbre par son ''Hortus deliciarum'', conduisent le chapitre à son apogée et y introduisent la règle de saint Augustin, qui sera suivie jusqu’au XVI<sup>e</sup> siècle. La vie canoniale s’éteignit en 1546. Les chanoines prémontrés prirent le relais de 1605 à 1790.
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BÜTTNER (Heinrich), «&nbsp;Studien zur Geschichte des Stiftes Hohenburg im Elsass während des Hochmittelalters&nbsp;», ''ZGO'' 91, NF 52, 1939, p. 103-138. Reproduit dans BÜTTNER (Heinrich), ''Geschichte des Elsass und ausgewählte Beiträge zur Geschichte des Elsass im Früh- und Hochmittelalter'', Sigmaringen, 1991, p. 205-227.
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PETRY (François), WILL (Robert), ''Le Mont Sainte-Odile (Bas-Rhin)'', Paris, 1988 (Guides archéologiques de la France).
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FISCHER (Marie-Thérèse), ''Treize siècles d’histoire au Mont Sainte-Odile'', Strasbourg, 2006.
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- '''Niedermunster'''. Fondé au début du VIII<sup>e</sup> siècle, du temps de sainte Odile, le monastère d’en bas connut une évolution semblable à celui d’en haut. Il adopta le statut de chapitre canonial entre la fin du VIII<sup>e</sup> et le début du IX<sup>e</sup> siècle et la règle de saint Augustin au XII<sup>e</sup> siècle. Par la suite, il acquit progressivement son indépendance vis-à-vis de son chapitre de tutelle, avec la première mention d’une abbesse en 1016. La vie canoniale cessa en 1544.
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- '''Saint-Étienne de Strasbourg'''. De fondation contemporaine à celles de Hohenbourg et de Niedermunster, le monastère de Saint-Étienne glissa vers l’observance canoniale à la même époque (fin VIII<sup>e</sup>/début IX<sup>e</sup> s.). Les références explicites à la Règle de saint Augustin apparaissent au milieu du XIII<sup>e</sup> siècle. Après une longue période de décadence au XV<sup>e</sup> siècle, le chapitre des chanoinesses se rallia à la Réforme protestante en 1536.
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SCHMITT (Sigrid), ''Geistliche Frauen und städtische Welt. Kanonissen-Nonnen-Beginen und ihre Umwelt am Beispiel der Stadt Straßburg im Spätmittelalter (1250-1525)'', Habilitationsschrift, Mayence, 2001.
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V. [[Chanoinesses_protestantes_de_Saint-Etienne|Chanoinesses protestantes de Saint Etienne]].
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- '''Eschau'''. Fondé par l’évêque Rémi de Strasbourg (778-780), le monastère épiscopal suivit une observance flottante entre la Règle bénédictine et le statut canonial. Ce dernier fut établi de fait dès la fin du XV<sup>e</sup> s. et sanctionné officiellement par le règlement épiscopal de 1521. Le chapitre s’éteignit en 1536.
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GROSS (Joseph), ''L’histoire de l’abbaye Sainte-Sophie d’Eschau'', 1986.<br/> GROSS (Joseph), «&nbsp;L’histoire de l’abbaye Sainte-Sophie d’Eschau&nbsp;» ''Annuaire Soc. d’Histoire des 4 Cantons'', t. 11, 1993, p. 7-23&nbsp;; t. 15, 1997, , t. 16, 1998.<br/> GROSS (Joseph), «&nbsp;L’abbaye Sainte-Sophie d’Eschau entre 820 et 1065&nbsp;» ''Annuaire Soc. d’Histoire des 4 Cantons'', t. 15, 1997, p. 31-47.<br/> GROSS (Joseph), «&nbsp;L’apogée de l’abbaye d’Eschau au XIIe siècle&nbsp;» ''Annuaire Soc. d’Histoire des 4 Cantons'', t. 16, 1998, p. 21-42.
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- '''Masevaux'''. Fondé au VIII<sup>e</sup> siècle, [Bornert&nbsp;: le ''caenobium'' de Masevaux (780) (MGH ''Poetae latini'', t. 1, 88, n° VI, p. 93-94) est appelé le «&nbsp;monastère de Maso&nbsp;» (''Masonis monasterium'') dans le traité de Meersen en 870 (MGH ''Leges'', Sectio II, t. 2, p. 194).] Il ne porte le titre d’abbaye qu’à partir du XII<sup>e</sup> siècle. En 1254, les soeurs de Masevaux sont encore qualifiées de bénédictines (MGH ''Epistulae saec''. XIII, III 269 n° 301), et demandent pour abbesse une chanoinesse de Saeckingen&nbsp;! Puis il semble avoir glissé vers l’observance canoniale. Après avoir connu une période de dépression au XV<sup>e</sup> et au début du XVI<sup>e</sup> siècle, le chapitre se releva à la fin du XVI<sup>e</sup> siècle et connut une période florissante jusqu’à sa suppression par la Révolution française.
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EICHENLAUB (Jean-Luc), «&nbsp;Les grandes lignes de l’abbaye de Masevaux&nbsp;», ''Les chapitres des dames nobles entre France et Empire'', Paris, 1998, p. 301-311.
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- '''Erstein'''. Fondée vers 850 par l’impératrice sainte Irmingarde sur une terre d’empire. L’observance conventuelle resta flottante entre la Règle de saint Benoît et la Règle de saint Augustin. Le chapitre s’éteignit au début du XV<sup>e</sup> siècle.
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FRIEDEL (René), ''Geschichte des Fleckens Erstein'', Erstein, 1927.
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- '''Andlau'''. L’abbaye d’Andlau, fondée vers 880 par sainte Richarde n’a pas, en ses débuts, de statut institutionnalisé bien ferme&nbsp;; son appellation a varié au cours du temps. Le statut canonial ne se fixe qu’au courant du Moyen Âge. Ainsi, le chapitre des dames d’Andlau, «&nbsp;était moins un couvent qu’un home de vie pieuse pour filles et dames issues de l’aristocratie, sans règle monastique, ni appartenance à un ordre religieux déterminé&nbsp;». Les statuts synodaux de 1345 reconnaissent que le monastère d’Andlau, comme celui d’Erstein, suit l’office selon la Règle de saint Benoît, mais a perdu la substance de l’ordre. Le chapitre des nobles dames d’Andlau subsista néanmoins jusqu’à la Révolution française.
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BECOURT (Eugène), ''Andlau, son abbaye, son hôpital, ses bienfaiteurs'', Strasbourg, 2 vol., 1914-1921.<br/> MARTINY (Albert), ''Sainte Richarde, son abbaye, n° 3. La grande galerie des abbesses. Éléments historiques''. Polycopié. Andlau, 1982, p. 7.<br/> Sur la vie de Sainte Richarde (? - † avant 909), cf. FOLZ (Robert), ''Les saintes reines du moyen âge en occident (VI<sup>e</sup> – XIII<sup>e</sup> s.)'', Bruxelles, 1992, (''Subsidia hagiographica'', 76), p. 44-66.
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À côté des chapitres de chanoinesses existait en règle générale un chapitre réduit de quelques chanoines pour le service liturgique et sacramentel.
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= IV. Chapitres canoniaux, jouxtant une abbaye de bénédictins =
 
= IV. Chapitres canoniaux, jouxtant une abbaye de bénédictins =
  
 
== ''Chanoines'' ==
 
== ''Chanoines'' ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Neuwiller''', Chapitre Saint-Adelphe. Ce chapitre canonial fut fondé vraisemblablement vers le milieu du XI<sup>e</sup> siècle, sous l’influence de l’abbaye messine de Gorze. Il dépendait directement de l’abbé de Saints-Pierre-et-Paul, qui en était le véritable supérieur. Pour diminuer le pouvoir du responsable du chapitre, les statuts ne lui accordaient pas le titre de ''praepositus'', comme dans les autres chapitres canoniaux, mais seulement celui d’« administrateur des prébendes ». Comme tel, il n’avait aucun pouvoir sur les chanoines et devait céder la primauté d’honneur à l’abbé dans les fonctions liturgiques communes. Le chapitre ne détenait pas non plus des biens propres, mais il dépendait matériellement de l’abbé. Primitivement au nombre de huit, les canonicats furent augmentés d’une prébende et complétés par trois chapellenies. Le chapitre avait pour fonction principale, comme son prototype de Gorze, d’assurer la pastorale paroissiale sur place et d’accueillir les pèlerins. Il fut supprimé, comme l’abbaye dont il dépendait, en 1496.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Murbach''', Chapitre Sainte-Marie. Ce chapitre devait exister dès le XI<sup>e</sup>-XII<sup>e</sup> siècle. Il est clairement attesté en 1214. Il fut supprimé en 1513. Il était régi par un prévôt (praepositus). Il comprenait en moyenne quatre chanoines (canonici), un écolâtre (scolasticus) et un pléban (plebanus). Aux XIe-XIIe siècles, l’abbaye bénédictine de Gorze y envoya non pas un abbé, comme le prétend le Nécrologe de Gorze, mais un prévôt, du nom de Bruno. Cette relation avec l’abbaye et le chapitre de Gorze, la similitude avec le chapitre de Saint-Adelphe à Neuwiller permettent d’induire que ce chapitre canonial était chargé de la pastorale paroissiale des environs et de l’accueil des pèlerins à l’abbaye même.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">''Murbacher Annalen (631-1400)'' : composées au XV<sup>e</sup> siècle par Sigismund Meisterlin. Ed. Th. von Liebenau, ''Anzeiger für schweizerische Geschichte'', 4, 1883, p. 167-176.<br/> GATRIO (Andreas), ''Die Abtei Murbach'', 1895, passim.<br/> GRANDIDIER, ''Nouvelles oeuvres historiques'', t. 3, Colmar, 1899, p. 115-116.<br/> LEGIN (Philippe), ''L’abbaye de Murbach en Haute-Alsace'', Saint-Ouen, 2003, p. 81.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Wissembourg''', Chapitre Saint-Étienne. Situé en dehors de l’enceinte urbaine et au nord de la ville, ce chapitre collégial se composait en moyenne d’un prévôt, de 11 chanoines et de 15 vicaires. Il semble avoir été fondé par l’abbé Folmar (après 1032-1043), d’abord moine de Saint-Maximin de Trèves. Toutes les fonctions étaient à la nomination de l’abbé et du chapitre des Saints-Pierre-et-Paul. En plus de l’office choral, les chanoines devaient assurer le service pastoral dans les paroisses qui dépendaient directement de ce chapitre. Il fut sécularisé en même temps que l’abbaye bénédictine en 1524. Par sa constitution, sa fonction et son évolution, ce chapitre était donc assez proche des chapitres canoniaux de Neuwiller et de Murbach.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">DOLL (Anton), ''Palatia sacra I/2, Der Landdekanat Weissenburg (mit Kloster St. Peter in Weissenburg)'', Mayence, 1999, p. 262-288.</p>
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- '''Neuwiller''', Chapitre Saint-Adelphe. Ce chapitre canonial fut fondé vraisemblablement vers le milieu du XI<sup>e</sup> siècle, sous l’influence de l’abbaye messine de Gorze. Il dépendait directement de l’abbé de Saints-Pierre-et-Paul, qui en était le véritable supérieur. Pour diminuer le pouvoir du responsable du chapitre, les statuts ne lui accordaient pas le titre de ''praepositus'', comme dans les autres chapitres canoniaux, mais seulement celui d’«&nbsp;administrateur des prébendes&nbsp;». Comme tel, il n’avait aucun pouvoir sur les chanoines et devait céder la primauté d’honneur à l’abbé dans les fonctions liturgiques communes. Le chapitre ne détenait pas non plus des biens propres, mais il dépendait matériellement de l’abbé. Primitivement au nombre de huit, les canonicats furent augmentés d’une prébende et complétés par trois chapellenies. Le chapitre avait pour fonction principale, comme son prototype de Gorze, d’assurer la pastorale paroissiale sur place et d’accueillir les pèlerins. Il fut supprimé, comme l’abbaye dont il dépendait, en 1496.
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- '''Murbach''', Chapitre Sainte-Marie. Ce chapitre devait exister dès le XI<sup>e</sup>-XII<sup>e</sup> siècle. Il est clairement attesté en 1214. Il fut supprimé en 1513. Il était régi par un prévôt (praepositus). Il comprenait en moyenne quatre chanoines (canonici), un écolâtre (scolasticus) et un pléban (plebanus). Aux XIe-XIIe siècles, l’abbaye bénédictine de Gorze y envoya non pas un abbé, comme le prétend le Nécrologe de Gorze, mais un prévôt, du nom de Bruno. Cette relation avec l’abbaye et le chapitre de Gorze, la similitude avec le chapitre de Saint-Adelphe à Neuwiller permettent d’induire que ce chapitre canonial était chargé de la pastorale paroissiale des environs et de l’accueil des pèlerins à l’abbaye même.
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''Murbacher Annalen (631-1400)''&nbsp;: composées au XV<sup>e</sup> siècle par Sigismund Meisterlin. Ed. Th. von Liebenau, ''Anzeiger für schweizerische Geschichte'', 4, 1883, p. 167-176.<br/> GATRIO (Andreas), ''Die Abtei Murbach'', 1895, passim.<br/> GRANDIDIER, ''Nouvelles oeuvres historiques'', t. 3, Colmar, 1899, p. 115-116.<br/> LEGIN (Philippe), ''L’abbaye de Murbach en Haute-Alsace'', Saint-Ouen, 2003, p. 81.
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- '''Wissembourg''', Chapitre Saint-Étienne. Situé en dehors de l’enceinte urbaine et au nord de la ville, ce chapitre collégial se composait en moyenne d’un prévôt, de 11 chanoines et de 15 vicaires. Il semble avoir été fondé par l’abbé Folmar (après 1032-1043), d’abord moine de Saint-Maximin de Trèves. Toutes les fonctions étaient à la nomination de l’abbé et du chapitre des Saints-Pierre-et-Paul. En plus de l’office choral, les chanoines devaient assurer le service pastoral dans les paroisses qui dépendaient directement de ce chapitre. Il fut sécularisé en même temps que l’abbaye bénédictine en 1524. Par sa constitution, sa fonction et son évolution, ce chapitre était donc assez proche des chapitres canoniaux de Neuwiller et de Murbach.
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DOLL (Anton), ''Palatia sacra I/2, Der Landdekanat Weissenburg (mit Kloster St. Peter in Weissenburg)'', Mayence, 1999, p. 262-288.
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= V. Abbayes bénédictines sécularisées =
 
= V. Abbayes bénédictines sécularisées =
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Masculines : du XVIe au XVIIIe siècle (avant la Révolution française) :</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Neuwiller'''. Fondée vers 741, l’abbaye des Saints-Pierre-et-Paul céda la place en 1496, avec l’ancien chapitre canonial de Saint-Adelphe, à un nouveau chapitre, comprenant un collège d’une douzaine de canonicats, établi à l’église des Saints-Pierre-et-Paul, sous la direction d’un prévôt et d’un doyen. Ce chapitre subsista jusqu’à la Révolution française.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Seltz'''. Fondée par l’impératrice Adélaïde vers 987/991 sous l’influence de Cluny, l’abbaye de Seltz fut officiellement intégrée à l’Ordre de Cluny en 1418, avant d’être transformée en un chapitre séculier en 1480/1481. Celui-ci fut supprimé à son tour en 1692 et ses revenus affectés au collège des jésuites de Strasbourg.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Wissembourg'''. Fondée vers le milieu du VII<sup>e</sup> siècle, l’abbaye bénédictine des Saints-Pierre-et-Paul fut sécularisée en 1524. Le chapitre local de Saint-Étienne lui fut incorporé et changea de statut en même temps. Les deux furent unis au chapitre cathédral de Spire en 1528. L’abbaye de Walbourg les rejoignit en 1546 comme filiale à la fois du chapitre canonial de Wissembourg et du chapitre cathédral de Spire.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Murbach'''. Refusant d’entrer dans une congrégation bénédictine – celle de Souabe, de Suisse ou de Strasbourg – l’antique abbaye de Murbach se transféra en 1759 à Guebwiller et adopta en 1764 le statut d’un « chapitre équestre séculier de Saint-Léger et de Saint-Louis », avant de sombrer en 1790 dans la tourmente révolutionnaire.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Abbaye de moniales bénédictines sécularisée au XVI<sup>e</sup> siècle :</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Ottmarsheim'''. Fondée vers 1030/1040 par Rudolf von Altenburg, d’une famille dont sortiront les Habsbourg, avec une rotonde consacrée par le pape Léon IX vers 1049, l’abbaye de moniales, qui ne sont qualifiées de bénédictines qu’au début du XIV<sup>e</sup> siècle, fut transformée en chapitre canonial (''Stift'') en 1584. Comme tel, il subsista jusqu’à la Révolution française. À côté des moniales, puis des chanoinesses, existait un petit chapitre de chanoines pour le service liturgique.</p>
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Masculines&nbsp;: du XVIe au XVIIIe siècle (avant la Révolution française)&nbsp;:
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- '''Neuwiller'''. Fondée vers 741, l’abbaye des Saints-Pierre-et-Paul céda la place en 1496, avec l’ancien chapitre canonial de Saint-Adelphe, à un nouveau chapitre, comprenant un collège d’une douzaine de canonicats, établi à l’église des Saints-Pierre-et-Paul, sous la direction d’un prévôt et d’un doyen. Ce chapitre subsista jusqu’à la Révolution française.
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- '''Seltz'''. Fondée par l’impératrice Adélaïde vers 987/991 sous l’influence de Cluny, l’abbaye de Seltz fut officiellement intégrée à l’Ordre de Cluny en 1418, avant d’être transformée en un chapitre séculier en 1480/1481. Celui-ci fut supprimé à son tour en 1692 et ses revenus affectés au collège des jésuites de Strasbourg.
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- '''Wissembourg'''. Fondée vers le milieu du VII<sup>e</sup> siècle, l’abbaye bénédictine des Saints-Pierre-et-Paul fut sécularisée en 1524. Le chapitre local de Saint-Étienne lui fut incorporé et changea de statut en même temps. Les deux furent unis au chapitre cathédral de Spire en 1528. L’abbaye de Walbourg les rejoignit en 1546 comme filiale à la fois du chapitre canonial de Wissembourg et du chapitre cathédral de Spire.
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- '''Murbach'''. Refusant d’entrer dans une congrégation bénédictine – celle de Souabe, de Suisse ou de Strasbourg – l’antique abbaye de Murbach se transféra en 1759 à Guebwiller et adopta en 1764 le statut d’un «&nbsp;chapitre équestre séculier de Saint-Léger et de Saint-Louis&nbsp;», avant de sombrer en 1790 dans la tourmente révolutionnaire.
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Abbaye de moniales bénédictines sécularisée au XVI<sup>e</sup> siècle&nbsp;:
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- '''Ottmarsheim'''. Fondée vers 1030/1040 par Rudolf von Altenburg, d’une famille dont sortiront les Habsbourg, avec une rotonde consacrée par le pape Léon IX vers 1049, l’abbaye de moniales, qui ne sont qualifiées de bénédictines qu’au début du XIV<sup>e</sup> siècle, fut transformée en chapitre canonial (''Stift'') en 1584. Comme tel, il subsista jusqu’à la Révolution française. À côté des moniales, puis des chanoinesses, existait un petit chapitre de chanoines pour le service liturgique.
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= VI. Chapitres canoniaux indépendants de fondation ou d’origine =
 
= VI. Chapitres canoniaux indépendants de fondation ou d’origine =
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;"><span style="font-size:larger;">''Chanoines''</span></p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Saint-Ulrich''' (canton de Hirsingue). Prévôté de chanoines réguliers de Saint-Augustin. Les origines semblent remonter au XII<sup>e</sup> siècle, car la première mention sûre date de 1208. Dotée probablement par les comtes de Ferrette. À la suite de la guerre des Paysans, elle fut abandonnée et donnée en commende. Passe en 1621 aux Jésuites de Fribourg-en-Brisgau.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">GRANDIDIER, ''Nouvelles oeuvres historiques'', t. 4, Colmar, 1899, p. 41-48.</p>
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<span style="font-size:medium">''Chanoines''</span>
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- '''Saint-Ulrich''' (canton de Hirsingue). Prévôté de chanoines réguliers de Saint-Augustin. Les origines semblent remonter au XII<sup>e</sup> siècle, car la première mention sûre date de 1208. Dotée probablement par les comtes de Ferrette. À la suite de la guerre des Paysans, elle fut abandonnée et donnée en commende. Passe en 1621 aux Jésuites de Fribourg-en-Brisgau.
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GRANDIDIER, ''Nouvelles oeuvres historiques'', t. 4, Colmar, 1899, p. 41-48.
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= VII. Chapitres canoniaux formant une congrégation ou un ordre canonial =
 
= VII. Chapitres canoniaux formant une congrégation ou un ordre canonial =
  
 
== 1. Congrégation de Marbach. ==
 
== 1. Congrégation de Marbach. ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;"><span style="font-size:larger;">''Chanoines''</span></p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Marbach'''. Fondé en 1090 par Burcard de Gueberschwihr († 1120), vassal de l’évêché de Strasbourg. Illustré par Manegold de Lautenbach († 1103 ou 1104). Incorporé en 1462 à la congrégation de Windesheim. Prévôté jusqu’en 1214. Abbaye de 1216 à 1462. Prévôté avec rang de prélature à partir de 1464. Supprimé en 1791.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Ittenwiller''' (annexe de la commune de Saint-Pierre, canton de Barr). Fondé par le chanoine Conrad de Strasbourg en 1115. Les chanoines réguliers de Marbach y introduisirent les coutumes de Marbach dès la fondation. La prévôté s’associa en 1454 avec la prévôté de Saint-Arbogast à Strasbourg, en 1463 avec celle de Truttenhausen. Érigée de nouveau en 1467 dans le cadre de la congrégation de Windesheim.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''OElenberg'''. Prévôté fondée au tournant du XI<sup>e</sup> et du XII<sup>e</sup> siècle par Helwige d’Eguisheim, épouse de Gérard de Vaudémont, sous la règle de saint Augustin et soumise immédiatement à l’Empire. Associée à Marbach entre 1122 et 1136. Un chapitre de chanoinesses jouxtait le chapitre des chanoines jusqu’en 1273. En 1531, l’archiduc d’Autriche confia la prévôté en commende à Jean Faber, évêque<br/> de Vienne. Donnée en 1626 au collège des jésuites de Fribourg-en-Brisgau, l’ancienne prévôté passe en 1773 à l’université de cette ville, qui conserve aujourd’hui les rares documents en provenant.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">STINZI (Paul), ''Oelenberg. 900 Jahre Geschichte der Abtei, 1046-1954'', Westmalle, 1962, p. 3-28. À corriger par LEGL (Frank), ''Studien zur Geschichte der Grafen von Dagsburg-Egisheim'', Saarbrücken, 1998, surtout p. 197, n. 246, 466.<br/> SCHADELBAUER (Karl), « Die Urkunden des Klosters OElenberg », in ''Innsbrucker Archiv-Notizen'', 5, 1966.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Goldbach''' : fondé en 1135 par l’abbaye de Murbach. Disparut en 1528 au profit de cette abbaye.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">DUBLED (Henri), « Bénédictins et Augustins. Note sur les chanoines réguliers de Saint Augustin de Goldbach en Haute- Alsace »,''Revue du Moyen Âge latin'' 8, 1852, p. 305-22.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Saint-Arbogast de Strasbourg''' : adopta les coutumes de Marbach en 1143. Disparut en 1530.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Truttenhausen''' : adopta les coutumes de Marbach en 1180/1181. Incorporée en 1454 à la congrégation de Windesheim. Pillée par les paysans en 1525, dévastée ensuite par un incendie, la prévôté fut définitivement abandonnée en 1555.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Sainte-Trinité de Strasbourg'''. Fondée vers 1226, la prévôté des chanoines releva de l’observance de Marbach jusqu’en 1250. Au milieu du XIII<sup>e</sup> s., elle devient un monastère épiscopal. De 1264 au milieu du XIV<sup>e</sup> s., elle est unie comme dépendance à l’abbaye bénédictine d’Altorf.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">''<span style="font-size:larger;">Chanoinesses</span>''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Schwarzenthann'''. La prévôté féminine fut fondée en 1090 par Marbach à Marbach même. Les chanoinesses déménagèrent vers 1124 à Schwarzenthann. La communauté canoniale s’éteignit en 1530.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Steinbach / Schoenensteinbach'''. Le prieuré fut rattaché à Marbach en 1154/1157. Il passa en 1396 aux dominicaines.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">WINNLEN (Jean-Claude), « Schönensteinbach. Une communauté religieuse féminine 1138-1792 », ''Société d’Histoire Sundgauvienne'', 1993.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Bibliographie sélective pour les chanoines de Marbach et les chanoinesses de Schwarzenthann :</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">HOFFMANN (Charles), « L’abbaye de Marbach. Le nécrologe de 1241-1731 », in ''BMHA'', 2e série, 20, 1902, p. 67-230.<br/> GOEHLINGER (François-Auguste), ''Histoire de l’abbaye de Marbach'', Colmar, 1954.<br/> SIEGWART (Joseph), ''Die Chorherren- und Chorfrauengemeinschaften in der deutschsprachigen Schweiz vom 6. Jh. bis 1160. Mit einem Überblick über die deutsche Kanonikerreform des 10. und 11. Jh.'', Fribourg, 1962 (''Studia Friburgensia'', NF 10).<br/> SIEGWART (Joseph), ''Die Consuetudines des Augustiner-Chorherrenstiftes Marbach im Elsass (XII. Jh.)'', Fribourg, 1965 (''Spicilegium Friburgense'', 10).<br/> ''Le codex Guta-Sintram. Manuscrit 37 de la Bibliothèque du Grand Séminaire de Strasbourg'', éd. Béatrice WEIS, Lucerne-Strasbourg, t. I, Édition en fac-similé, 1983 ; t. 2, Études.<br/> PARISSE (Michel), « 1. Le « monachisme » féminin en Alsace des origines au XII<sup>e</sup> s. », « 2. Schwarzenthann et les chanoinesses régulières en Haute-Alsace », in ''Le codex Guta-Sintram'', t. 2, p. 31-40.</p>
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<span style="font-size:medium">''Chanoines''</span>
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- '''Marbach'''. Fondé en 1090 par Burcard de Gueberschwihr († 1120), vassal de l’évêché de Strasbourg. Illustré par Manegold de Lautenbach († 1103 ou 1104). Incorporé en 1462 à la congrégation de Windesheim. Prévôté jusqu’en 1214. Abbaye de 1216 à 1462. Prévôté avec rang de prélature à partir de 1464. Supprimé en 1791.
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- '''Ittenwiller''' (annexe de la commune de Saint-Pierre, canton de Barr). Fondé par le chanoine Conrad de Strasbourg en 1115. Les chanoines réguliers de Marbach y introduisirent les coutumes de Marbach dès la fondation. La prévôté s’associa en 1454 avec la prévôté de Saint-Arbogast à Strasbourg, en 1463 avec celle de Truttenhausen. Érigée de nouveau en 1467 dans le cadre de la congrégation de Windesheim.
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- '''OElenberg'''. Prévôté fondée au tournant du XI<sup>e</sup> et du XII<sup>e</sup> siècle par Helwige d’Eguisheim, épouse de Gérard de Vaudémont, sous la règle de saint Augustin et soumise immédiatement à l’Empire. Associée à Marbach entre 1122 et 1136. Un chapitre de chanoinesses jouxtait le chapitre des chanoines jusqu’en 1273. En 1531, l’archiduc d’Autriche confia la prévôté en commende à Jean Faber, évêque<br/> de Vienne. Donnée en 1626 au collège des jésuites de Fribourg-en-Brisgau, l’ancienne prévôté passe en 1773 à l’université de cette ville, qui conserve aujourd’hui les rares documents en provenant.
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STINZI (Paul), ''Oelenberg. 900 Jahre Geschichte der Abtei, 1046-1954'', Westmalle, 1962, p. 3-28. À corriger par LEGL (Frank), ''Studien zur Geschichte der Grafen von Dagsburg-Egisheim'', Saarbrücken, 1998, surtout p. 197, n. 246, 466.<br/> SCHADELBAUER (Karl), «&nbsp;Die Urkunden des Klosters OElenberg&nbsp;», in ''Innsbrucker Archiv-Notizen'', 5, 1966.
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- '''Goldbach'''&nbsp;: fondé en 1135 par l’abbaye de Murbach. Disparut en 1528 au profit de cette abbaye.
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DUBLED (Henri), «&nbsp;Bénédictins et Augustins. Note sur les chanoines réguliers de Saint Augustin de Goldbach en Haute- Alsace&nbsp;»,''Revue du Moyen Âge latin'' 8, 1852, p. 305-22.
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- '''Saint-Arbogast de Strasbourg'''&nbsp;: adopta les coutumes de Marbach en 1143. Disparut en 1530.
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- '''Truttenhausen'''&nbsp;: adopta les coutumes de Marbach en 1180/1181. Incorporée en 1454 à la congrégation de Windesheim. Pillée par les paysans en 1525, dévastée ensuite par un incendie, la prévôté fut définitivement abandonnée en 1555.
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- '''Sainte-Trinité de Strasbourg'''. Fondée vers 1226, la prévôté des chanoines releva de l’observance de Marbach jusqu’en 1250. Au milieu du XIII<sup>e</sup> s., elle devient un monastère épiscopal. De 1264 au milieu du XIV<sup>e</sup> s., elle est unie comme dépendance à l’abbaye bénédictine d’Altorf.
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<span style="font-size:medium">''Chanoinesses''</span>
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- '''Schwarzenthann'''. La prévôté féminine fut fondée en 1090 par Marbach à Marbach même. Les chanoinesses déménagèrent vers 1124 à Schwarzenthann. La communauté canoniale s’éteignit en 1530.
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- '''Steinbach / Schoenensteinbach'''. Le prieuré fut rattaché à Marbach en 1154/1157. Il passa en 1396 aux dominicaines.
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WINNLEN (Jean-Claude), «&nbsp;Schönensteinbach. Une communauté religieuse féminine 1138-1792&nbsp;», ''Société d’Histoire Sundgauvienne'', 1993.
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Bibliographie sélective pour les chanoines de Marbach et les chanoinesses de Schwarzenthann&nbsp;:
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HOFFMANN (Charles), «&nbsp;L’abbaye de Marbach. Le nécrologe de 1241-1731&nbsp;», in ''BMHA'', 2e série, 20, 1902, p. 67-230.<br/> GOEHLINGER (François-Auguste), ''Histoire de l’abbaye de Marbach'', Colmar, 1954.<br/> SIEGWART (Joseph), ''Die Chorherren- und Chorfrauengemeinschaften in der deutschsprachigen Schweiz vom 6. Jh. bis 1160. Mit einem Überblick über die deutsche Kanonikerreform des 10. und 11. Jh.'', Fribourg, 1962 (''Studia Friburgensia'', NF 10).<br/> SIEGWART (Joseph), ''Die Consuetudines des Augustiner-Chorherrenstiftes Marbach im Elsass (XII. Jh.)'', Fribourg, 1965 (''Spicilegium Friburgense'', 10).<br/> ''Le codex Guta-Sintram. Manuscrit 37 de la Bibliothèque du Grand Séminaire de Strasbourg'', éd. Béatrice WEIS, Lucerne-Strasbourg, t. I, Édition en fac-similé, 1983&nbsp;; t. 2, Études.<br/> PARISSE (Michel), «&nbsp;1. Le «&nbsp;monachisme&nbsp;» féminin en Alsace des origines au XII<sup>e</sup> s.&nbsp;», «&nbsp;2. Schwarzenthann et les chanoinesses régulières en Haute-Alsace&nbsp;», in ''Le codex Guta-Sintram'', t. 2, p. 31-40.
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== 2. Congrégation de Windesheim. ==
 
== 2. Congrégation de Windesheim. ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Plusieurs chapitres canoniaux de l’observance de Marbach entrèrent dans la Congrégation de Windesheim, fondée en 1387 par les Frères de la vie commune, approuvée en 1395 par le pape Boniface IX et porteuse de la « dévotion moderne » (''devotio moderna''). C’est le cas de Truttenhausen, incorporé à la congrégation de Windesheim en 1454, abandonné en 1555 ; de Marbach, incorporé à la congrégation de Windesheim en 1462 ; enfin d’Ittenwiller, associé en 1467 à la congrégation de Windesheim. Dévasté durant la guerre des Paysans en 1525, puis incorporé à la mense épiscopale.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">BURG (André Marcel), art. « Ittenweiler », « Marbach », « Truttenhausen », in Monasticon Windeshemense, hg. v. KOHL (W.), PERSOONS (E.), WEILER (A.G.), SCHOLZ (K.), Teil 2 : Deutsches Sprachgebiet, Bruxelles, 1977, p. 245-248, 268-277, 423-427.<br/> Regula sancti Augustini. Normative Grundlage differenter Verbände im Mittelalter. Tagung der Akademie der Augustiner- Chorherren von Windesheim und des Sonderforschungsbereichs 537, Projekt C « Institutionnelle Strukturen religiöser Orden im Mittelalter », 14.-16. Dezember 2000 in Dresden. Hg.<br/> MELVILLE (Gert von), Paring, 2002 (Publikationen der Akademie der Augustiner-Chorherren von Windesheim).</p>
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Plusieurs chapitres canoniaux de l’observance de Marbach entrèrent dans la Congrégation de Windesheim, fondée en 1387 par les Frères de la vie commune, approuvée en 1395 par le pape Boniface IX et porteuse de la «&nbsp;dévotion moderne&nbsp;» (''devotio moderna''). C’est le cas de Truttenhausen, incorporé à la congrégation de Windesheim en 1454, abandonné en 1555&nbsp;; de Marbach, incorporé à la congrégation de Windesheim en 1462&nbsp;; enfin d’Ittenwiller, associé en 1467 à la congrégation de Windesheim. Dévasté durant la guerre des Paysans en 1525, puis incorporé à la mense épiscopale.
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BURG (André Marcel), art. «&nbsp;Ittenweiler&nbsp;», «&nbsp;Marbach&nbsp;», «&nbsp;Truttenhausen&nbsp;», in Monasticon Windeshemense, hg. v. KOHL (W.), PERSOONS (E.), WEILER (A.G.), SCHOLZ (K.), Teil 2&nbsp;: Deutsches Sprachgebiet, Bruxelles, 1977, p. 245-248, 268-277, 423-427.<br/> Regula sancti Augustini. Normative Grundlage differenter Verbände im Mittelalter. Tagung der Akademie der Augustiner- Chorherren von Windesheim und des Sonderforschungsbereichs 537, Projekt C «&nbsp;Institutionnelle Strukturen religiöser Orden im Mittelalter&nbsp;», 14.-16. Dezember 2000 in Dresden. Hg.<br/> MELVILLE (Gert von), Paring, 2002 (Publikationen der Akademie der Augustiner-Chorherren von Windesheim).
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== 3. Ordre de(s) Prémontré(s). ==
 
== 3. Ordre de(s) Prémontré(s). ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Fondé par saint Norbert de Xanten à Prémontré (département de l’Aisne) en 1121, l’ordre des chanoines prémontrés ou « norbertins » se répandit surtout en Allemagne à la suite de la nomination de leur fondateur à l’archevêché de Magdebourg en 1126.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">L’Ordre des Prémontrés fut présent en Alsace par trois prévôtés ou établissements.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Haguenau''' (Circarie ou Province de Wadgassen) : fondée avant 1164 par l’empereur Frédéric Ier Barberousse dans un hospice près de l’église Saint-Nicolas, cette prévôté se maintint jusqu’à la Réforme protestante en 1535, puis, après une interruption de 1535 à 1643, jusqu’à la Révolution française.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Saint-Gorgon - Mont Sainte-Odile''' : établis par l’abbesse Herrade en 1178 aux pieds du Mont Sainte-Odile, les prémontrés d’Étival y restèrent un certain temps. Revenus en 1651 au monastère d’en haut, ils y cédèrent, en 1661, la place aux prémontrés de l’Antique Rigueur. Ceux-ci reconstruisirent l’église et les bâtiments claustraux et animèrent le pèlerinage en l’honneur de sainte Odile jusqu’à la Révolution française.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Strasbourg, La Toussaint''' (Circarie ou Province de Souabe) : acquise en 1275 par l’abbaye prémontrée d’Allerheiligen en Forêt-Noire dans l’Ortenau, qui relevait alors du diocèse de Strasbourg, la fondation n’eut qu’une brève existence. En 1320, elle fut rachetée par Henri de Mullenheim, qui y instaura un oratoire doté de cinq prébendes pour des prêtres séculiers.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Bibliographie sélective sur les prémontrés</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">BACKMUND (Norbert), ''Monasticon Praemonstratense'', Straubing, 1949-1956, 2e éd. Berlin, 1983.<br/> BACKMUND (Norbert), ''Geschichte des Prämonstratenserordens'', Grafenau, 1986.<br/> BURG (André Marcel), « Les prémontrés à Saint-Nicolas : essor et déclin du Vieil Hôpital du XII<sup>e</sup> au XVI<sup>e</sup> siècle », in ''Etudes haguenoviennes'', NS, 15, 1989, p. 24-52.<br/> BURG (André Marcel), « Saint-Nicolas de 1535 à 1789 : départ et retour des prémontrés », in ''Etudes haguenoviennes'', NS, 15, 1989, p. 53-82.<br/> MULLER (Claude), « Les prémontrés de Saint-Nicolas dans la tourmente révolutionnaire (1789-1802) », in ''Etudes haguenoviennes'', NS, 15, 1989, p. 151-162.<br/> ARDURA (Bernard), « Abbayes, prieurés et monastères de l’Ordre de Prémontré en France des origines à nos jours », ''Dictionnaire historique et bibliographique'', Nancy, 1993.<br/> FISCHER (Marie-Thérèse), ''Treize siècles d’histoire au Mont Sainte-Odile'', Strasbourg, 2006.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Bibliographie générale sur les chanoines réguliers de Saint-Augustin :</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">GILOMEN-SCHENKEL (Elsanne), BEGRICH (Ursula), ''Die Augustiner-Chorherren und die Chorfrauen-Gemeinschaften in der Schweiz'', Bâle, 2004 (Helvetia sacra, 4/2).</p>
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Fondé par saint Norbert de Xanten à Prémontré (département de l’Aisne) en 1121, l’ordre des chanoines prémontrés ou «&nbsp;norbertins&nbsp;» se répandit surtout en Allemagne à la suite de la nomination de leur fondateur à l’archevêché de Magdebourg en 1126.
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L’Ordre des Prémontrés fut présent en Alsace par trois prévôtés ou établissements.
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- '''Haguenau''' (Circarie ou Province de Wadgassen)&nbsp;: fondée avant 1164 par l’empereur Frédéric Ier Barberousse dans un hospice près de l’église Saint-Nicolas, cette prévôté se maintint jusqu’à la Réforme protestante en 1535, puis, après une interruption de 1535 à 1643, jusqu’à la Révolution française.
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- '''Saint-Gorgon - Mont Sainte-Odile'''&nbsp;: établis par l’abbesse Herrade en 1178 aux pieds du Mont Sainte-Odile, les prémontrés d’Étival y restèrent un certain temps. Revenus en 1651 au monastère d’en haut, ils y cédèrent, en 1661, la place aux prémontrés de l’Antique Rigueur. Ceux-ci reconstruisirent l’église et les bâtiments claustraux et animèrent le pèlerinage en l’honneur de sainte Odile jusqu’à la Révolution française.
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- '''Strasbourg, La Toussaint''' (Circarie ou Province de Souabe)&nbsp;: acquise en 1275 par l’abbaye prémontrée d’Allerheiligen en Forêt-Noire dans l’Ortenau, qui relevait alors du diocèse de Strasbourg, la fondation n’eut qu’une brève existence. En 1320, elle fut rachetée par Henri de Mullenheim, qui y instaura un oratoire doté de cinq prébendes pour des prêtres séculiers.
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Bibliographie sélective sur les prémontrés :
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BACKMUND (Norbert), ''Monasticon Praemonstratense'', Straubing, 1949-1956, 2e éd. Berlin, 1983.<br/> BACKMUND (Norbert), ''Geschichte des Prämonstratenserordens'', Grafenau, 1986.<br/> BURG (André Marcel), «&nbsp;Les prémontrés à Saint-Nicolas&nbsp;: essor et déclin du Vieil Hôpital du XII<sup>e</sup> au XVI<sup>e</sup> siècle&nbsp;», in ''Etudes haguenoviennes'', NS, 15, 1989, p. 24-52.<br/> BURG (André Marcel), «&nbsp;Saint-Nicolas de 1535 à 1789&nbsp;: départ et retour des prémontrés&nbsp;», in ''Etudes haguenoviennes'', NS, 15, 1989, p. 53-82.<br/> MULLER (Claude), «&nbsp;Les prémontrés de Saint-Nicolas dans la tourmente révolutionnaire (1789-1802)&nbsp;», in ''Etudes haguenoviennes'', NS, 15, 1989, p. 151-162.<br/> ARDURA (Bernard), «&nbsp;Abbayes, prieurés et monastères de l’Ordre de Prémontré en France des origines à nos jours&nbsp;», ''Dictionnaire historique et bibliographique'', Nancy, 1993.<br/> FISCHER (Marie-Thérèse), ''Treize siècles d’histoire au Mont Sainte-Odile'', Strasbourg, 2006.
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Bibliographie générale sur les chanoines réguliers de Saint-Augustin&nbsp;:
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GILOMEN-SCHENKEL (Elsanne), BEGRICH (Ursula), ''Die Augustiner-Chorherren und die Chorfrauen-Gemeinschaften in der Schweiz'', Bâle, 2004 (Helvetia sacra, 4/2).
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== 4. Ordre de [Ober] Steigen. ==
 
== 4. Ordre de [Ober] Steigen. ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">'''Chapitre Saint-Michel de [Ober] Steigen-Saverne.'''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Fondé en 1213 sur une terre appartenant à l’abbaye d’Andlau, le chapitre de Steigen devait servir d’hospice sur la route escarpée qui menait de la région de Wasselonne à celle de Sarrebourg. Vivant sous la Règle de saint Augustin et célébrant la liturgie selon le rite dominicain, les Steiger formèrent rapidement un ordre canonial autonome, avec des dépendances à Lahr (1259), Landau (1276), Beerenberg près de Winterthur (Canton Zurich) avant 1399, Durrenstein (ancien château, près de Walscheid, Moselle, 1289) et Dachstein (1371, vite disparu). En 1303, l’administration générale et la maison-mère furent transférées à Saverne. En 1483, l’ordre fut sécularisé, chaque succursale devant former un chapitre séculier. L’ancienne maison-mère d’Obersteigen fut ensuite occupée par des dominicaines chassées de Bâle (1487-1507), des chanoines de Saint-Augustin&nbsp;d’Ittenwiller de la congrégation de Windesheim (1508-1512), puis unie en 1541 à la mense épiscopale. Le chapitre collégial de Saverne se maintint jusqu’à la Révolution française.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">FISCHER (Dagobert), ''Das Kloster und das Dorf Obersteigen, im Unter-Elsass, historisch und topographisch beschrieben'', Colmar, 1875.<br/> DUBLED (Henri), « Les chanoines d’Obersteigen », ''Pays d’Alsace'', 40, 1962/4, p. 21-26.<br/> DUBLED (Henri), « Recherches sur les chanoines réguliers de Saint-Augustin au diocèse de Strasbourg », in ''AEA'', 32, 1967-1968, p. 5-52 et 34, 1970, p. 55-116.<br/> DAVID (Marie-Hélène), DAVID (Laurent), « Le monastère d’Obersteigen au 13e siècle », in ''Pays d’Alsace'', 157, 1991/4, p. 1-7.<br/> DAVID (Marie-Hélène), ''Das Augustinerchorherrenstift Obersteigen und Friedrich II''., V. HERZNER KRÜGER (J.) (éd.), ''Oben und unten - Hierarchisierung in Idee und Wirklichkeit der Stauferzeit. Akten der 3. Landauer Staufertagung'', 2001 (Veröff. der Pfälzischen Gesellschaft zur Förderung der Wissenschaften, 98), 2005, p. 109-115.</p>
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'''Chapitre Saint-Michel de [Ober] Steigen-Saverne.'''
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Fondé en 1213 sur une terre appartenant à l’abbaye d’Andlau, le chapitre de Steigen devait servir d’hospice sur la route escarpée qui menait de la région de Wasselonne à celle de Sarrebourg. Vivant sous la Règle de saint Augustin et célébrant la liturgie selon le rite dominicain, les Steiger formèrent rapidement un ordre canonial autonome, avec des dépendances à Lahr (1259), Landau (1276), Beerenberg près de Winterthur (Canton Zurich) avant 1399, Durrenstein (ancien château, près de Walscheid, Moselle, 1289) et Dachstein (1371, vite disparu). En 1303, l’administration générale et la maison-mère furent transférées à Saverne. En 1483, l’ordre fut sécularisé, chaque succursale devant former un chapitre séculier. L’ancienne maison-mère d’Obersteigen fut ensuite occupée par des dominicaines chassées de Bâle (1487-1507), des chanoines de Saint-Augustin&nbsp;d’Ittenwiller de la congrégation de Windesheim (1508-1512), puis unie en 1541 à la mense épiscopale. Le chapitre collégial de Saverne se maintint jusqu’à la Révolution française.
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FISCHER (Dagobert), ''Das Kloster und das Dorf Obersteigen, im Unter-Elsass, historisch und topographisch beschrieben'', Colmar, 1875.<br/> DUBLED (Henri), «&nbsp;Les chanoines d’Obersteigen&nbsp;», ''Pays d’Alsace'', 40, 1962/4, p. 21-26.<br/> DUBLED (Henri), «&nbsp;Recherches sur les chanoines réguliers de Saint-Augustin au diocèse de Strasbourg&nbsp;», in ''AEA'', 32, 1967-1968, p. 5-52 et 34, 1970, p. 55-116.<br/> DAVID (Marie-Hélène), DAVID (Laurent), «&nbsp;Le monastère d’Obersteigen au 13e siècle&nbsp;», in ''Pays d’Alsace'', 157, 1991/4, p. 1-7.<br/> DAVID (Marie-Hélène), ''Das Augustinerchorherrenstift Obersteigen und Friedrich II''., V. HERZNER KRÜGER (J.) (éd.), ''Oben und unten - Hierarchisierung in Idee und Wirklichkeit der Stauferzeit. Akten der 3. Landauer Staufertagung'', 2001 (Veröff. der Pfälzischen Gesellschaft zur Förderung der Wissenschaften, 98), 2005, p. 109-115.
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== 5. Congrégation des Chanoines du Grand Saint-Bernard. ==
 
== 5. Congrégation des Chanoines du Grand Saint-Bernard. ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Prévôté de Saint-Bernard à Ferrette. Fondée vers 1255. Incorporée en 1450 à l’abbaye de Lucelle.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">ANAGLIA (Chanoine -), « Le Grand Saint-Bernard et Ferrette », in ''ASHS'', 1957, p. 116-118.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">''Helvetia Sacra'' IV/1, « Les ordres suivant la Règle de saint Augustin », 1997, p. 230.</p>
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Prévôté de Saint-Bernard à Ferrette. Fondée vers 1255. Incorporée en 1450 à l’abbaye de Lucelle.
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ANAGLIA (Chanoine -), «&nbsp;Le Grand Saint-Bernard et Ferrette&nbsp;», in ''ASHS'', 1957, p. 116-118.
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''Helvetia Sacra'' IV/1, «&nbsp;Les ordres suivant la Règle de saint Augustin&nbsp;», 1997, p. 230.
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== 6. Chanoinesses Régulières de Saint-Augustin de la congrégation de Notre-Dame. ==
 
== 6. Chanoinesses Régulières de Saint-Augustin de la congrégation de Notre-Dame. ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Fondées par saint Pierre Fourrier et la bienheureuse Alix Lecler en 1597, les chanoinesses de Saint-Augustin s’établirent en 1692 à Strasbourg, où elles subsistent encore de nos jours, et à Saverne de 1621 à 1790.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">GRANDIDIER, ''Nouvelles oeuvres historiques'', t. 4, Colmar, 1899, p. 49-57.</p>
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Fondées par saint Pierre Fourrier et la bienheureuse Alix Lecler en 1597, les chanoinesses de Saint-Augustin s’établirent en 1692 à Strasbourg, où elles subsistent encore de nos jours, et à Saverne de 1621 à 1790.
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GRANDIDIER, ''Nouvelles oeuvres historiques'', t. 4, Colmar, 1899, p. 49-57.
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= VIII. La règle de saint Augustin et l’institution canoniale =
 
= VIII. La règle de saint Augustin et l’institution canoniale =
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Philippe Fleck, « Les chanoines réguliers de Saint-Augustin. L’ordre en Alsace du XI<sup>e</sup> au XVIII<sup>e</sup> siècle », in ''Almanach Sainte-Odile'', 65, 1990, p. 59-68, cite parmi les chanoines réguliers de Saint-Augustin la congrégation du Saint-Esprit et les Antonins. L’amalgame est assez fréquent, même chez les religieux qui ont été soumis à la règle de saint Augustin. L’on peut constater au cours de leur histoire et selon les époques, des flottements et des variations dans la manière de comprendre et d’affirmer leur identité. Tantôt, ils affirment leur statut canonial – ce qui les rapproche des chanoines augustins et des chapitres réguliers de Saint-Augustin ; tantôt, ils insistent sur leur fonction particulière et leur mission spécifique – ce qui les assimile aux ordres mendiants, hospitaliers ou prêcheurs.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Pour éviter toute confusion, il faut rappeler que l’observance de la règle de saint Augustin ne crée pas automatiquement ni des chanoines « augustins », ni un chapitre régulier de Saint-Augustin. Le 4<sup>e</sup> concile de Latran (1215) prescrivit aux nouveaux ordres de choisir une des quatre règles religieuses déjà approuvées, soit celle de saint Basile, celle de saint Augustin, celle de saint Benoît ou celle de saint François d’Assise. A la suite de cette décision, des papes ont imposé la Règle de saint Augustin à plusieurs ordres récents, sans pour autant assimiler ces ordres aux chanoines de Saint-Augustin.</p>
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Philippe Fleck, «&nbsp;Les chanoines réguliers de Saint-Augustin. L’ordre en Alsace du XI<sup>e</sup> au XVIII<sup>e</sup> siècle&nbsp;», in ''Almanach Sainte-Odile'', 65, 1990, p. 59-68, cite parmi les chanoines réguliers de Saint-Augustin la congrégation du Saint-Esprit et les Antonins. L’amalgame est assez fréquent, même chez les religieux qui ont été soumis à la règle de saint Augustin. L’on peut constater au cours de leur histoire et selon les époques, des flottements et des variations dans la manière de comprendre et d’affirmer leur identité. Tantôt, ils affirment leur statut canonial – ce qui les rapproche des chanoines augustins et des chapitres réguliers de Saint-Augustin&nbsp;; tantôt, ils insistent sur leur fonction particulière et leur mission spécifique – ce qui les assimile aux ordres mendiants, hospitaliers ou prêcheurs.
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Pour éviter toute confusion, il faut rappeler que l’observance de la règle de saint Augustin ne crée pas automatiquement ni des chanoines «&nbsp;augustins&nbsp;», ni un chapitre régulier de Saint-Augustin. Le 4<sup>e</sup> concile de Latran (1215) prescrivit aux nouveaux ordres de choisir une des quatre règles religieuses déjà approuvées, soit celle de saint Basile, celle de saint Augustin, celle de saint Benoît ou celle de saint François d’Assise. A la suite de cette décision, des papes ont imposé la Règle de saint Augustin à plusieurs ordres récents, sans pour autant assimiler ces ordres aux chanoines de Saint-Augustin.
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== 1. Les dominicains (Frères prêcheurs) ==
 
== 1. Les dominicains (Frères prêcheurs) ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Fondé en 1215 par saint Dominique de Guzman, chanoine de la cathédrale d’Osma, sous la règle de saint Augustin, approuvé en 1216 par le pape Honorius III, l’ordre des Dominicains, tout en gardant une certaine parenté avec les chanoines réguliers, en particulier les Prémontrés, fut reconnu en 1568 par le pape Pie V comme le premier de rang parmi les ordres mendiants.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">GRANDIDIER, Nouvelles oeuvres historiques, t. 4, Colmar, 1899, p. 153-230.<br/> BURG (André Marcel), « Dominicains », in Encyclopédie de l’Alsace, t. 4, 1983, col. 2419-2421.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">V. [[Couvent|Couvent]], [[Dominicains|Dominicains]],&nbsp;[[Ordres_mendiants|Ordres mendiants]].</p>
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Fondé en 1215 par saint Dominique de Guzman, chanoine de la cathédrale d’Osma, sous la règle de saint Augustin, approuvé en 1216 par le pape Honorius III, l’ordre des Dominicains, tout en gardant une certaine parenté avec les chanoines réguliers, en particulier les Prémontrés, fut reconnu en 1568 par le pape Pie V comme le premier de rang parmi les ordres mendiants.
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GRANDIDIER, Nouvelles oeuvres historiques, t. 4, Colmar, 1899, p. 153-230.<br/> BURG (André Marcel), «&nbsp;Dominicains&nbsp;», in Encyclopédie de l’Alsace, t. 4, 1983, col. 2419-2421.
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V. [[Couvent|Couvent]], [[Dominicains|Dominicains]],&nbsp;[[Ordres_mendiants|Ordres mendiants]].
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== 2. Ermites de Saint-Augustin ==
 
== 2. Ermites de Saint-Augustin ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Réunis à partir de différents groupements d’ermites par le pape Alexandre IV en 1256 et soumis à la règle de saint Augustin, les Ermites de Saint-Augustin ont été approuvés par le 2<sup>e</sup> concile de Lyon en 1274. Le pape Boniface VIII les associa en 1298 aux ordres mendiants.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">En Alsace, les Ermites de Saint-Augustin avaient des couvents à Strasbourg (1265-1534), Haguenau (1268-1790), Mulhouse (1268-1523), Wissembourg (1279-1526, 1684-1790), Ribeauvillé (1297-1527, 1657-1790), Colmar (1316-1790).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">GRANDIDIER, ''Nouvelles oeuvres historiques'', t. 4, Colmar, 1899, p. 59-81.<br/> BURG (André Marcel), « Ermites de Saint-Augustin », in ''Encyclopédie de l’Alsace'', t. 5, 1983, col. 2835-2836.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">V. [[Couvent|Couvent]], [[Ermites_de_Saint-Augustin|Ermites de Saint-Augustin]], [[Ordres_mendiants|Ordres mendiants]].</p>
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Réunis à partir de différents groupements d’ermites par le pape Alexandre IV en 1256 et soumis à la règle de saint Augustin, les Ermites de Saint-Augustin ont été approuvés par le 2<sup>e</sup> concile de Lyon en 1274. Le pape Boniface VIII les associa en 1298 aux ordres mendiants.
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En Alsace, les Ermites de Saint-Augustin avaient des couvents à Strasbourg (1265-1534), Haguenau (1268-1790), Mulhouse (1268-1523), Wissembourg (1279-1526, 1684-1790), Ribeauvillé (1297-1527, 1657-1790), Colmar (1316-1790).
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GRANDIDIER, ''Nouvelles oeuvres historiques'', t. 4, Colmar, 1899, p. 59-81.<br/> BURG (André Marcel), «&nbsp;Ermites de Saint-Augustin&nbsp;», in ''Encyclopédie de l’Alsace'', t. 5, 1983, col. 2835-2836.
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V. [[Couvent|Couvent]], [[Ermites_de_Saint-Augustin|Ermites de Saint-Augustin]], [[Ordres_mendiants|Ordres mendiants]].
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== 3. Les Guillelmites (Guillemites) ==
 
== 3. Les Guillelmites (Guillemites) ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Fondés par Guillaume de Maleval (Malavalle) († 1157) en Toscane, les ermites qui se réclamèrent de son nom se virent d’abord imposer la Règle de saint Benoît vers 1223, en application des prescriptions du 4<sup>e</sup> concile de Latran. Après une&nbsp;période de confusion de 1243 à 1266, pendant laquelle certaines maisons se soumirent à la règle de saint Augustin sous la pression des papes, les Guillelmites adoptèrent définitivement la Règle de saint Benoît à partir de 1266. Il en fut ainsi à Marienthal, fondée en 1256. Après une courte appartenance à un ordre mendiant (1256-1266), la communauté des Guillelmites de Marienthal retrouva ses caractéristiques érémitiques et monastiques sous la Règle de saint Benoît, tout en gardant une certaine proximité avec les ordres mendiants par l’engagement dans la pastorale populaire et paroissiale. La communauté-mère de Marienthal légua cette orientation spécifique à ses fondations, d’abord à Saint-Guillaume de Strasbourg (1298), puis à l’intérieur de la ville de Haguenau (1311).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Sur les Guillelmites en Alsace, cf. BORNERT (René), Les monastères d’Alsace, t. 1 et 6.</p>
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Fondés par Guillaume de Maleval (Malavalle) († 1157) en Toscane, les ermites qui se réclamèrent de son nom se virent d’abord imposer la Règle de saint Benoît vers 1223, en application des prescriptions du 4<sup>e</sup> concile de Latran. Après une&nbsp;période de confusion de 1243 à 1266, pendant laquelle certaines maisons se soumirent à la règle de saint Augustin sous la pression des papes, les Guillelmites adoptèrent définitivement la Règle de saint Benoît à partir de 1266. Il en fut ainsi à Marienthal, fondée en 1256. Après une courte appartenance à un ordre mendiant (1256-1266), la communauté des Guillelmites de Marienthal retrouva ses caractéristiques érémitiques et monastiques sous la Règle de saint Benoît, tout en gardant une certaine proximité avec les ordres mendiants par l’engagement dans la pastorale populaire et paroissiale. La communauté-mère de Marienthal légua cette orientation spécifique à ses fondations, d’abord à Saint-Guillaume de Strasbourg (1298), puis à l’intérieur de la ville de Haguenau (1311).
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Sur les Guillelmites en Alsace, cf. BORNERT (René), Les monastères d’Alsace, t. 1 et 6.
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== 4. Ordre du Saint-Esprit ==
 
== 4. Ordre du Saint-Esprit ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Fondé vers 1170 près de l’Hôpital du Saint-Esprit à Montpellier, les hospitaliers du Saint-Esprit se virent imposer la règle de saint Augustin par le pape Grégoire XI en 1372, sans cesser pour autant de former un ordre hospitalier, dont la règle particulière est proche de celle des Johannites. En Alsace, les hospitaliers du Saint-Esprit tinrent des hospices à Stephansfeld (fondé vers 1211/1216, supprimé en 1773) et à Rouffach (1270) (''Helvetia sacra'' IV/4, p. 175-203, p. 233-254).</p>
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Fondé vers 1170 près de l’Hôpital du Saint-Esprit à Montpellier, les hospitaliers du Saint-Esprit se virent imposer la règle de saint Augustin par le pape Grégoire XI en 1372, sans cesser pour autant de former un ordre hospitalier, dont la règle particulière est proche de celle des Johannites. En Alsace, les hospitaliers du Saint-Esprit tinrent des hospices à Stephansfeld (fondé vers 1211/1216, supprimé en 1773) et à Rouffach (1270) (''Helvetia sacra'' IV/4, p. 175-203, p. 233-254).
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== 5. Antonins ==
 
== 5. Antonins ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Les Antonins, fondés vers 1095-1100, suivent la règle de saint Augustin depuis 1247. Ils ne cessent cependant pas de former un ordre hospitalier. En Alsace, ils sont établis à Issenheim (vers 1277-1777), Strasbourg (1277-1529, 1681-1777), Trois Épis (1660-1777) ''Helvetia sacra'', IV/4.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">CLEMENTZ (Elisabeth), ''Les Antonins d’Issenheim. Essor et dérive d’une vocation hospitalière à la lumière du temporel'', Strasbourg, 1998.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">V. [[Antonins|Antonins]].</p>
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Les Antonins, fondés vers 1095-1100, suivent la règle de saint Augustin depuis 1247. Ils ne cessent cependant pas de former un ordre hospitalier. En Alsace, ils sont établis à Issenheim (vers 1277-1777), Strasbourg (1277-1529, 1681-1777), Trois Épis (1660-1777) ''Helvetia sacra'', IV/4.
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CLEMENTZ (Elisabeth), ''Les Antonins d’Issenheim. Essor et dérive d’une vocation hospitalière à la lumière du temporel'', Strasbourg, 1998.
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V. [[Antonins|Antonins]].
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= IX. Chapitres séculiers =
 
= IX. Chapitres séculiers =
  
 
== 1. Chapitres cathédraux ==
 
== 1. Chapitres cathédraux ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Organisée par saint Chrodegang, évêque de Metz (742-766), la vie commune fut adoptée vers 778 par les clercs desservant la cathédrale de Strasbourg et formant le conseil de l’évêque. Les termes de ''Münster'' (''monasterium'') pour la cathédrale et de ''Brüder'' pour les chanoines (''Bruderhof'', rue des Frères) en gardent le souvenir. Les synodes réformateurs d’Aix-la-Chapelle de 816, 817 et 818/819 distinguèrent clairement la vie canoniale de la vie monacale, sans que cette distinction fût effectivement traduite dans la pratique. Au cours du IX<sup>e</sup> et au début du X<sup>e</sup> siècle, l’ordre monastique se retira progressivement de la pastorale et de la mission, tandis que l’ordre canonial s’y engageait. Si les moines pratiquent la pastorale paroissiale, cela ne peut être qu’occasionnellement. En revanche, pour des chanoines, séculiers ou réguliers, la prise en charge de la pastorale fait partie intrinsèquement de leur vocation canoniale.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Grand chapitre cathédral de Strasbourg'''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Dès le X<sup>e</sup> siècle, le grand chapitre cathédral de Strasbourg forme une personnalité morale autonome, assurant sa gestion et possédant ses biens. Vers le milieu du XI<sup>e</sup> siècle, la vie commune est abandonnée ou réduite à des expressions très symboliques. Au cours du XII<sup>e</sup> siècle, le chapitre acquiert le droit de pourvoir lui-même aux canonicats : chaque chanoine, à tour de rôle, désigne seul le nouveau titulaire d’un canonicat vacant. Le pape nomme le prévôt, le chapitre élit le doyen, l’évêque désigne le custode et l’écolâtre. Le chapitre comptait statutairement 24 membres au début du XIII<sup>e </sup>siècle, 36 un peu plus tard. De fait, le nombre de chanoines variait entre 30 et 50 membres. À partir du XIII<sup>e</sup> siècle, les canonicats étaient exclusivement réservés à la haute noblesse, pouvant présenter seize quartiers. De ce fait, les patriciens strasbourgeois en étaient exclus et l’aristocratie alsacienne n’était que faiblement représentée. Seules des familles comme les Geroldseck, les Lichtenberg, les Ochsenstein ou les Horbourg, pouvaient y envoyer de rares délégués. L’Ancien Régime français dut respecter cet ordre des choses. Un règlement de 1687 réserva un tiers des canonicats, soit 8 sur 24, à des familles françaises : on ne leur réclama pas les seize quartiers, que nombre d’entre elles auraient été en peine de présenter. Probablement dès le XII<sup>e</sup> siècle, certainement à partir du XIII<sup>e</sup> siècle, le chapitre cathédral élisait l’évêque. Le gouvernement royal français lui conserva cette exclusivité, tout en faisant accéder ses propres favoris – les Furstenberg et les Rohan - à la dignité épiscopale, en recourant à trois reprises, à la nomination de coadjuteurs avec droit de succession.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">SCHULTE (Aloys), « Aus dem Leben des Straßburger Domkapitels », ''Elsaß-Lothringisches Jahrbuch'' 6, 1927, p. 1-46:<br/> VETULANI (A.), ''Le grand chapitre de Strasbourg'', Strasbourg, 1927.<br/> ROTT (Jean), ''Histoire du chapitre cathédral de Strasbourg au 14<sup>e</sup> et au 15<sup>e</sup> siècle'', Thèse de l’École des Chartes, 1933, 2 vol. Manuscrit intégral à la Bibliothèque Municipale de Haguenau.<br/> LEVRESSE (René Pierre), « Prosopographie du chapitre de l’église cathédrale de Strasbourg de 1092 à 1593 », ''AEA'' 34, 1970, p. 1-39.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Grand choeur de la cathédrale de Strasbourg'''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Contrairement aux affirmations d’un certain nombre d’historiens, le plus en vue étant Grandidier, le Grand Choeur n’est pas un chapitre.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">V. [[Choeur_(Grand)|Choeur (Grand)]].</p>
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Organisée par saint Chrodegang, évêque de Metz (742-766), la vie commune fut adoptée vers 778 par les clercs desservant la cathédrale de Strasbourg et formant le conseil de l’évêque. Les termes de ''Münster'' (''monasterium'') pour la cathédrale et de ''Brüder'' pour les chanoines (''Bruderhof'', rue des Frères) en gardent le souvenir. Les synodes réformateurs d’Aix-la-Chapelle de 816, 817 et 818/819 distinguèrent clairement la vie canoniale de la vie monacale, sans que cette distinction fût effectivement traduite dans la pratique. Au cours du IX<sup>e</sup> et au début du X<sup>e</sup> siècle, l’ordre monastique se retira progressivement de la pastorale et de la mission, tandis que l’ordre canonial s’y engageait. Si les moines pratiquent la pastorale paroissiale, cela ne peut être qu’occasionnellement. En revanche, pour des chanoines, séculiers ou réguliers, la prise en charge de la pastorale fait partie intrinsèquement de leur vocation canoniale.
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- '''Grand chapitre cathédral de Strasbourg'''
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Dès le X<sup>e</sup> siècle, le grand chapitre cathédral de Strasbourg forme une personnalité morale autonome, assurant sa gestion et possédant ses biens. Vers le milieu du XI<sup>e</sup> siècle, la vie commune est abandonnée ou réduite à des expressions très symboliques. Au cours du XII<sup>e</sup> siècle, le chapitre acquiert le droit de pourvoir lui-même aux canonicats&nbsp;: chaque chanoine, à tour de rôle, désigne seul le nouveau titulaire d’un canonicat vacant. Le pape nomme le prévôt, le chapitre élit le doyen, l’évêque désigne le custode et l’écolâtre. Le chapitre comptait statutairement 24 membres au début du XIII<sup>e </sup>siècle, 36 un peu plus tard. De fait, le nombre de chanoines variait entre 30 et 50 membres. À partir du XIII<sup>e</sup> siècle, les canonicats étaient exclusivement réservés à la haute noblesse, pouvant présenter seize quartiers. De ce fait, les patriciens strasbourgeois en étaient exclus et l’aristocratie alsacienne n’était que faiblement représentée. Seules des familles comme les Geroldseck, les Lichtenberg, les Ochsenstein ou les Horbourg, pouvaient y envoyer de rares délégués. L’Ancien Régime français dut respecter cet ordre des choses. Un règlement de 1687 réserva un tiers des canonicats, soit 8 sur 24, à des familles françaises&nbsp;: on ne leur réclama pas les seize quartiers, que nombre d’entre elles auraient été en peine de présenter. Probablement dès le XII<sup>e</sup> siècle, certainement à partir du XIII<sup>e</sup> siècle, le chapitre cathédral élisait l’évêque. Le gouvernement royal français lui conserva cette exclusivité, tout en faisant accéder ses propres favoris – les Furstenberg et les Rohan - à la dignité épiscopale, en recourant à trois reprises, à la nomination de coadjuteurs avec droit de succession.
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SCHULTE (Aloys), «&nbsp;Aus dem Leben des Straßburger Domkapitels&nbsp;», ''Elsaß-Lothringisches Jahrbuch'' 6, 1927, p. 1-46:<br/> VETULANI (A.), ''Le grand chapitre de Strasbourg'', Strasbourg, 1927.<br/> ROTT (Jean), ''Histoire du chapitre cathédral de Strasbourg au 14<sup>e</sup> et au 15<sup>e</sup> siècle'', Thèse de l’École des Chartes, 1933, 2 vol. Manuscrit intégral à la Bibliothèque Municipale de Haguenau.<br/> LEVRESSE (René Pierre), «&nbsp;Prosopographie du chapitre de l’église cathédrale de Strasbourg de 1092 à 1593&nbsp;», ''AEA'' 34, 1970, p. 1-39.
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- '''Grand choeur de la cathédrale de Strasbourg'''
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Contrairement aux affirmations d’un certain nombre d’historiens, le plus en vue étant Grandidier, le Grand Choeur n’est pas un chapitre.
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V. [[Choeur_(Grand)|Choeur (Grand)]].
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== 2. Chapitres collégiaux ==
 
== 2. Chapitres collégiaux ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Chapitre de Saint-Thomas de Strasbourg'''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Probablement fondé sous l’évêque Adaloch (après 780-avant 816), le monastère de Saint-Thomas était d’abord régi par un abbé. Vers le milieu du X<sup>e</sup> siècle, l’organisation canoniale se manifeste progressivement dans les textes. La communauté des frères (''fratres'') ou des chanoines (''canonici'') est régie par un prévôt (''praepositus''). En 1163, les chanoines habitent déjà des maisons individuelles. En 1359, la vie conventuelle fut totalement abandonnée. Le chapitre de Saint-Thomas se recrutait essentiellement dans le patriciat urbain. Au début de la Réforme protestante, vers 1524, « la fille aînée de la<br/> cathédrale » adopta très vite le « Nouvel Évangile » sous l’influence des réformateurs Martin Bucer et Wolfgang Capiton.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">SCHMIDT (Charles), ''Histoire du chapitre de Saint-Thomas de Strasbourg pendant le Moyen Âge suivie d’un recueil de chartes'', Strasbourg, 1860.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Chapitre de Saint-Pierre-le-Jeune de Strasbourg'''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">En 1031, l’évêque Guillaume fonda le monastère de Saint-Pierre pour la vie commune de 8 chanoines. Le texte de la fondation révèle la terminologie flottante entre les institutions monastiques et les établissements canoniaux. L’évêque Hermann ou Hetzel augmenta le nombre des canonicats jusqu’à 14. En 1683, il comptait 6 canonicats, et 15 en 1709. Ce chapitre fut appelé « le Jeune », pour le distinguer de son homonyme, dit le « Vieux ». En réalité, ce sont les deux églises Saint-Pierre de Strasbourg qui sont appelées ''Alt- und Jung-Sankt Peter'', bien avant que la première ne devienne le siège d’un chapitre.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">STEIN (Edmund Ludwig), ''Die Geschichte des Kollegiastifts Jung-Sankt Peter zu Strassburg i. E. von seiner Gründung bis zum Ausbruch der Reformation'', 1920.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Chapitre de Saint-Pierre-le-Vieux de Strasbourg'''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">L’église paroissiale de Saint-Pierre-le-Vieux devint le siège d’un chapitre collégial par le transfert en 1398 du chapitre Saint-Michel de Rhinau, qui se trouvait jusqu’en 1290 à Honau. Le chapitre porta désormais le nom de « Saint-Michel et Saint-Pierre-le-Vieux ». Le chapitre comptait dix-huit canonicats. Comme son homonyme dit « le Jeune », il devint un centre de résistance à la Réforme protestante.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Chapitre Saint-Martin de Colmar'''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Primitivement chapelle de la cour de l’abbaye de Munster au Val Saint-Grégoire, l’église Saint-Martin fut érigée en collégiale en 1234 et reçut ses statuts en 1237. L’abbé de Munster garde le droit de patronage et de préséance. Le collège des chanoines séculiers (''canonici saeculares'') élit le prévôt (''praepositus''), qui est ensuite introduit dans ses fonctions par l’abbé de Munster. Celui-ci nomme directement le doyen, sans que les chanoines ne soient consultés par un vote. Les chanoines cooptent les nouveaux membres, qui, après serment, sont investis par le doyen. Au XIII<sup>e</sup> siècle, les chanoines<br/> sont au nombre de 16, les chapelains au nombre de 6. En 1440, 4 canonicats sont supprimés en raison de la diminution des revenus. En 1791, la collégiale Saint-Martin est érigée en cathédrale du nouveau diocèse constitutionnel du Haut-Rhin.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">GOEHLINGER (François Auguste), ''Histoire du chapitre de l’église collégiale Saint-Martin de Colmar'', Colmar, 1952.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- '''Chapitre Notre-Dame de Saverne'''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Érigé en 1485. Il s’agit du chapitre sécularisé des Steigerherren. Voir plus haut, Obersteigen.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">BARTH (Médard), Handbuch, 1980, c. 1815.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Bibliographie générale sur les chapitres :</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">METZ (René), ''La monarchie française et la provision des bénéfices ecclésiastiques en Alsace de la paix de Westphalie à la fin de l’ancien Régime (1648-1789)'', Strasbourg-Paris, 1947.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">''Untersuchungen zu Kloster und Stift. Hg. v. Max-Planck-Institut für Geschichte'', Göttingen, 1980 (Studien zur Germania Sacra, 14).</p>
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- '''Chapitre de Saint-Thomas de Strasbourg'''
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Probablement fondé sous l’évêque Adaloch (après 780-avant 816), le monastère de Saint-Thomas était d’abord régi par un abbé. Vers le milieu du X<sup>e</sup> siècle, l’organisation canoniale se manifeste progressivement dans les textes. La communauté des frères (''fratres'') ou des chanoines (''canonici'') est régie par un prévôt (''praepositus''). En 1163, les chanoines habitent déjà des maisons individuelles. En 1359, la vie conventuelle fut totalement abandonnée. Le chapitre de Saint-Thomas se recrutait essentiellement dans le patriciat urbain. Au début de la Réforme protestante, vers 1524, «&nbsp;la fille aînée de la<br/> cathédrale&nbsp;» adopta très vite le «&nbsp;Nouvel Évangile&nbsp;» sous l’influence des réformateurs Martin Bucer et Wolfgang Capiton.
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SCHMIDT (Charles), ''Histoire du chapitre de Saint-Thomas de Strasbourg pendant le Moyen Âge suivie d’un recueil de chartes'', Strasbourg, 1860.
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- '''Chapitre de Saint-Pierre-le-Jeune de Strasbourg'''
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En 1031, l’évêque Guillaume fonda le monastère de Saint-Pierre pour la vie commune de 8 chanoines. Le texte de la fondation révèle la terminologie flottante entre les institutions monastiques et les établissements canoniaux. L’évêque Hermann ou Hetzel augmenta le nombre des canonicats jusqu’à 14. En 1683, il comptait 6 canonicats, et 15 en 1709. Ce chapitre fut appelé «&nbsp;le Jeune&nbsp;», pour le distinguer de son homonyme, dit le «&nbsp;Vieux&nbsp;». En réalité, ce sont les deux églises Saint-Pierre de Strasbourg qui sont appelées ''Alt- und Jung-Sankt Peter'', bien avant que la première ne devienne le siège d’un chapitre.
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STEIN (Edmund Ludwig), ''Die Geschichte des Kollegiastifts Jung-Sankt Peter zu Strassburg i. E. von seiner Gründung bis zum Ausbruch der Reformation'', 1920.
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- '''Chapitre de Saint-Pierre-le-Vieux de Strasbourg'''
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L’église paroissiale de Saint-Pierre-le-Vieux devint le siège d’un chapitre collégial par le transfert en 1398 du chapitre Saint-Michel de Rhinau, qui se trouvait jusqu’en 1290 à Honau. Le chapitre porta désormais le nom de «&nbsp;Saint-Michel et Saint-Pierre-le-Vieux&nbsp;». Le chapitre comptait dix-huit canonicats. Comme son homonyme dit «&nbsp;le Jeune&nbsp;», il devint un centre de résistance à la Réforme protestante.
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- '''Chapitre Saint-Martin de Colmar'''
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Primitivement chapelle de la cour de l’abbaye de Munster au Val Saint-Grégoire, l’église Saint-Martin fut érigée en collégiale en 1234 et reçut ses statuts en 1237. L’abbé de Munster garde le droit de patronage et de préséance. Le collège des chanoines séculiers (''canonici saeculares'') élit le prévôt (''praepositus''), qui est ensuite introduit dans ses fonctions par l’abbé de Munster. Celui-ci nomme directement le doyen, sans que les chanoines ne soient consultés par un vote. Les chanoines cooptent les nouveaux membres, qui, après serment, sont investis par le doyen. Au XIII<sup>e</sup> siècle, les chanoines<br/> sont au nombre de 16, les chapelains au nombre de 6. En 1440, 4 canonicats sont supprimés en raison de la diminution des revenus. En 1791, la collégiale Saint-Martin est érigée en cathédrale du nouveau diocèse constitutionnel du Haut-Rhin.
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GOEHLINGER (François Auguste), ''Histoire du chapitre de l’église collégiale Saint-Martin de Colmar'', Colmar, 1952.
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- '''Chapitre Notre-Dame de Saverne'''
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Érigé en 1485. Il s’agit du chapitre sécularisé des Steigerherren. Voir plus haut, Obersteigen.
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BARTH (Médard), Handbuch, 1980, c. 1815.
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Bibliographie générale sur les chapitres&nbsp;:
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METZ (René), ''La monarchie française et la provision des bénéfices ecclésiastiques en Alsace de la paix de Westphalie à la fin de l’ancien Régime (1648-1789)'', Strasbourg-Paris, 1947.
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''Untersuchungen zu Kloster und Stift. Hg. v. Max-Planck-Institut für Geschichte'', Göttingen, 1980 (Studien zur Germania Sacra, 14).
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= Notices connexes =
 
= Notices connexes =
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">[[Canonicat]]</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">''[[Cantor]]''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">[[Capitulation_électorale]]</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">[[Cathédrale_(de_Strasbourg)]]</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">[[Chanoine]]</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">[[Chapitre_rural|Chapitre rural]]</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: right;">René Bornert</p>
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Version actuelle datée du 22 septembre 2020 à 09:34

Capitulum, Kapitel, Stift

I. Définitions générales

Le mot chapitre dérive de capitulum qui servait à désigner le passage de la règle soumis à la méditation d’une réunion d’ecclésiastiques.

Au sens primitif et général, le chapitre désigne le texte d’un chapitre d’une Règle religieuse, lu en réunion capitulaire de religieux ou de religieuses. Ce sens littéral primitif a donné naissance par dérivation, d’une part, à une signification locale et architecturale et, d’autre part, à une signification sociale et institutionnelle. Les religieux écoutent l’extrait de la Règle (ou d’un autre écrit) dans la salle de chapitre ou au chapitre. L’assemblée qu’ils forment constitue un chapitre plus ou moins étendu : local, s’il groupe seulement les membres d’une communauté locale ; provincial ou général, s’il réunit des délégué(e)s d’une province ou de tout l’ordre (ou de toute la congrégation).

Selon la personnalité canonique de ses membres, pouvant faire partie du clergé séculier ou du clergé régulier, un chapitre – en tant que réunion capitulaire – est dit régulier ou séculier. À son tour, un chapitre régulier peut être monacal, canonial ou conventuel, selon que ses adhérents relèvent de l’ordre monastique, de l’ordre canonial ou d’une congrégation faisant « convent » (conventus). Ce dernier terme, qui a donné « couvent » en français, signifie primitivement « une communauté religieuse « conventuellement » organisée ». Un chapitre séculier peut être cathédral, collégial ou rural, selon qu’il se rattache à une église cathédrale ou à une église collégiale ou qu’il groupe des prêtres desservant des paroisses rurales ou urbaines.

René Bornet

Le terme « chapitre » a fini par revêtir des acceptions diverses :

1. Assemblée de chanoines, de religieux ou de membres d’une même communauté (chapitre rural, par exemple) réunis pour délibérer de leurs affaires, établir ou modifier des règlements, … (BURCKLE (Jean), Les chapitres ruraux des anciens évêchés de Strasbourg et de Bâle, Colmar, 1935, p. 132-151).

2. Réunion des membres d’un ordre religieux ou militaire, sous la direction du supérieur (général, abbé, prieur ...), au cours de laquelle sont prises les grandes décisions (élection, affaires économiques...) ou transmises les informations. Il en existe de trois niveaux :
- le chapitre général, au cours duquel se traitent les affaires de tout l’Ordre, notamment pour élire le Supérieur général. Ainsi, les prieurs chartreux se retrouvent périodiquement à la Grande Chartreuse,
- le chapitre provincial au cours duquel se traitent les affaires de la Province,
- le chapitre conventuel au cours duquel ne sont réglées que les affaires propres à la maison (NAZ,Dictionnaire droit canonique (1935), t. III, col. 595-610).

3. Lieu où s’assemblent les chanoines (salle du chapitre, salle capitulaire).

4. Réunion des maçons d’une loge (DENISART, Collection de décisions (1768), t. I, p. 68 ; DURAND de MAILLANE, Dictionnaire (1787), t. I, p. 751-792).

Louis Schlaefli

II. Chapitres canoniaux

L’institution que constitue un ensemble de chanoines qui desservent une cathédrale (canonicus, Domherr) ou une église collégiale (canonicus, Stiftsherr) (NAZ, Dictionnaire droit canonique (1935), t. III, col. 530-595) paraît la plus courante. A noter qu’au Moyen Âge on dit régulièrement tumherr, dumherr aussi pour le chanoine d’une collégiale, alors que l’allemand contemporain distingue soigneusement Domherr et Chorherr/Stiftsherr.

Du point de vue canonique, le terme de chapitre est réservé de façon préférentielle aux groupements de chanoines et de chanoinesses, pouvant être les uns comme les autres réguliers (régulières) ou séculiers (séculières), suivant qu’ils (elles) relèvent ou non d’un ordre ou d’une congrégation de religieux (de religieuses) au sens canonique du terme, aujourd’hui on dit de « consacré(e)s ».

En Alsace, comme ailleurs, les chapitres canoniaux sont nés de double façon : par dégénérescence et par renaissance. Du IXe au XIe siècle, des monastères primitifs se sont transformés en chapitres canoniaux. De la fin du XVe au milieu du XVIIe siècle, d’anciennes abbayes bénédictines se sont sécularisées de même en chapitres canoniaux. « En échangeant la coule de moine contre l’aumusse de chanoine, les religieux quittaient une religion supérieure contre une religion inférieure », affirmaient les canonistes, qui par métonymie entendaient par « religion » simplement l’état de « religieux » ou de « consacré ». Plus prosaïque, un dicton populaire ironisait : « De mauvais moines, ils sont devenus de piètres chanoines ». Cette décadence ne doit pas cacher la renaissance d’une authentique vie canoniale, surtout à l’intérieur de congrégations de chanoines ou de chanoinesses.

 

III. Chapitres dérivés d’établissements monastiques, monastères ou abbayes - chanoines - chanoinesses

Monastères primitifs (Frühklöster) ayant évolué vers le statut canonial, à la suite des synodes d’Aix-la-Chapelle de 816/817, qui apportèrent une claire distinction entre le statut canonial et le régime monacal. Les premiers textes ne parlent encore ni d’un chapitre (capitulum), ni d’une Règle de saint Augustin.

Chanoines

- Saint-Amarin - Thann : fondé vers 623-627 par saint Amarin, qui lui légua son nom, la fondation du monastère de Duroangus bénéficia de l’appui du maire du palais burgonde Warnéchaire et de l’évêque Projectus (Prix) de Clermont-Ferrand, propagateurs tous les deux du monachisme provençal sous l’influence du monastère de Lérins contre la prépondérance du monachisme irlandais en Austrasie. Nous perdons sa trace entre cette date et 1192, ce qui incite certains historiens à penser que le chapitre a été une nouvelle fondation quelque temps avant 1192. Le chapitre (capitulum 1254, 1255) est présidé par un praepositus (prévôt). Au début du XIIIe siècle, il passe sous la juridiction de l’abbé de Murbach, qui doit consentir à son transfert, en 1441, à Thann, où il subsiste sous le titre de Saint-Thiébaut jusqu’à la Révolution française.

SCHOLLY (Karl), Die Geschichte und Verwaltung des Chorherrenstifts Thann, Strasbourg, 1907.

- Honau, Rhinau, Strasbourg, Saint-Pierre-le-Vieux : monastère irlandais ou iro-mérovingien, fondé vers 720 par la famille des Etichonides, adopta à une date indéterminée le statut canonial. En 1102, les chanoines (canonici) sont présidés par un praepositus (prévôt), secondé par un decanus (doyen), un edituus (plus tard custos : trésorier) et un cellerarius (cellérier). En raison des inondations du Rhin, ce chapitre fut transféré en 1290 à Rhinau, puis, de là, uni en 1398 à l’église de Saint-Pierre-le-Vieux à Strasbourg.

- Lautenbach : probablement une fondation irlandaise ou iro-mérovingienne de Honau, dès le début du VIIIe siècle, la communauté de Lautenbach opta pour le statut canonial avant 1183. À cette date, les chanoines de Lautenbach sont régis par un prévôt (praepositus) et un doyen (decanus).

HAABY (Charles), Stift Lautenbach, 1959.

- (Nieder-) Haslach : monastère épiscopal, fondé à la fin du VIIIe ou au début du IXe siècle, pour desservir le pèlerinage en l’honneur de saint Florent ; la communauté adopta le statut canonial avant 1096. Elle fut très liée au chapitre cathédral de Strasbourg et subsista jusqu’à la Révolution française. En 1096, les chanoines (canonici) sont présidés par un praepositus (prévôt), assisté d’un decanus (doyen) et d’un edituus ou custos (trésorier).

- Surbourg, Haguenau : de fondation inconnue (VIIe - début VIIIe s.?, certainement avant 749), le monastère est présidé par un abbé vers 824. Le statut canonial est attesté en 1183. En 1493, le chapitre est désigné comme « l’église collégiale (ecclesia collegiata) de Saint-Martin et de Saint-Arbogast ». Le chapitre fut transféré à l’intérieur de la ville de Haguenau en 1738.

- Saint-Léonard (Boersch) : de fondation plus tardive, le « monastère » de Saint-Léonard suivit une semblable évolution. Issu d’une expérience érémitique, menée par un certain Erkenbald à la fin du XIe ou au début du XIIe siècle, le monastère (monasterium) ou la communauté (caenobium) dépendait étroitement du Grand chapitre de Strasbourg. La nomination et l’institution de l’« abbé » revenait jusqu’en 1214 au doyen, puis à partir de cette date au prévôt de ce chapitre cathédral. En 1236, le monastère des « moines noirs » – cette expression désignait officiellement des bénédictins – fut transformé en un chapitre de chanoines séculiers (saeculari canonici). Malgré les dispersions temporaires à la suite de la guerre des Paysans et durant la guerre de Trente Ans, ce chapitre séculier se maintint jusqu’à la Révolution française.

BARTH (Médard), Das Kollegiatstift Sankt Leonhard, Strasbourg, 1929.

 

Chanoinesses

- Hohenbourg (Mont Sainte-Odile). Le statut canonial, proposé aux monastères comme option par les synodes d’Aix-la-Chapelle de 816 et de 817, a été introduit, au témoignage de la Vie de sainte Odile, avant la fin du IXe ou au plus tard au début du Xe s. Sous la protection des Hohenstaufen, les grandes abbesses Relinde (vers 1162-1176) et Herrade (vers 1176-1196), célèbre par son Hortus deliciarum, conduisent le chapitre à son apogée et y introduisent la règle de saint Augustin, qui sera suivie jusqu’au XVIe siècle. La vie canoniale s’éteignit en 1546. Les chanoines prémontrés prirent le relais de 1605 à 1790.

BÜTTNER (Heinrich), « Studien zur Geschichte des Stiftes Hohenburg im Elsass während des Hochmittelalters », ZGO 91, NF 52, 1939, p. 103-138. Reproduit dans BÜTTNER (Heinrich), Geschichte des Elsass und ausgewählte Beiträge zur Geschichte des Elsass im Früh- und Hochmittelalter, Sigmaringen, 1991, p. 205-227.

PETRY (François), WILL (Robert), Le Mont Sainte-Odile (Bas-Rhin), Paris, 1988 (Guides archéologiques de la France).

FISCHER (Marie-Thérèse), Treize siècles d’histoire au Mont Sainte-Odile, Strasbourg, 2006.

- Niedermunster. Fondé au début du VIIIe siècle, du temps de sainte Odile, le monastère d’en bas connut une évolution semblable à celui d’en haut. Il adopta le statut de chapitre canonial entre la fin du VIIIe et le début du IXe siècle et la règle de saint Augustin au XIIe siècle. Par la suite, il acquit progressivement son indépendance vis-à-vis de son chapitre de tutelle, avec la première mention d’une abbesse en 1016. La vie canoniale cessa en 1544.

- Saint-Étienne de Strasbourg. De fondation contemporaine à celles de Hohenbourg et de Niedermunster, le monastère de Saint-Étienne glissa vers l’observance canoniale à la même époque (fin VIIIe/début IXe s.). Les références explicites à la Règle de saint Augustin apparaissent au milieu du XIIIe siècle. Après une longue période de décadence au XVe siècle, le chapitre des chanoinesses se rallia à la Réforme protestante en 1536.

SCHMITT (Sigrid), Geistliche Frauen und städtische Welt. Kanonissen-Nonnen-Beginen und ihre Umwelt am Beispiel der Stadt Straßburg im Spätmittelalter (1250-1525), Habilitationsschrift, Mayence, 2001.

V. Chanoinesses protestantes de Saint Etienne.

- Eschau. Fondé par l’évêque Rémi de Strasbourg (778-780), le monastère épiscopal suivit une observance flottante entre la Règle bénédictine et le statut canonial. Ce dernier fut établi de fait dès la fin du XVe s. et sanctionné officiellement par le règlement épiscopal de 1521. Le chapitre s’éteignit en 1536.

GROSS (Joseph), L’histoire de l’abbaye Sainte-Sophie d’Eschau, 1986.
GROSS (Joseph), « L’histoire de l’abbaye Sainte-Sophie d’Eschau » Annuaire Soc. d’Histoire des 4 Cantons, t. 11, 1993, p. 7-23 ; t. 15, 1997, , t. 16, 1998.
GROSS (Joseph), « L’abbaye Sainte-Sophie d’Eschau entre 820 et 1065 » Annuaire Soc. d’Histoire des 4 Cantons, t. 15, 1997, p. 31-47.
GROSS (Joseph), « L’apogée de l’abbaye d’Eschau au XIIe siècle » Annuaire Soc. d’Histoire des 4 Cantons, t. 16, 1998, p. 21-42.

- Masevaux. Fondé au VIIIe siècle, [Bornert : le caenobium de Masevaux (780) (MGH Poetae latini, t. 1, 88, n° VI, p. 93-94) est appelé le « monastère de Maso » (Masonis monasterium) dans le traité de Meersen en 870 (MGH Leges, Sectio II, t. 2, p. 194).] Il ne porte le titre d’abbaye qu’à partir du XIIe siècle. En 1254, les soeurs de Masevaux sont encore qualifiées de bénédictines (MGH Epistulae saec. XIII, III 269 n° 301), et demandent pour abbesse une chanoinesse de Saeckingen ! Puis il semble avoir glissé vers l’observance canoniale. Après avoir connu une période de dépression au XVe et au début du XVIe siècle, le chapitre se releva à la fin du XVIe siècle et connut une période florissante jusqu’à sa suppression par la Révolution française.

EICHENLAUB (Jean-Luc), « Les grandes lignes de l’abbaye de Masevaux », Les chapitres des dames nobles entre France et Empire, Paris, 1998, p. 301-311.

- Erstein. Fondée vers 850 par l’impératrice sainte Irmingarde sur une terre d’empire. L’observance conventuelle resta flottante entre la Règle de saint Benoît et la Règle de saint Augustin. Le chapitre s’éteignit au début du XVe siècle.

FRIEDEL (René), Geschichte des Fleckens Erstein, Erstein, 1927.

- Andlau. L’abbaye d’Andlau, fondée vers 880 par sainte Richarde n’a pas, en ses débuts, de statut institutionnalisé bien ferme ; son appellation a varié au cours du temps. Le statut canonial ne se fixe qu’au courant du Moyen Âge. Ainsi, le chapitre des dames d’Andlau, « était moins un couvent qu’un home de vie pieuse pour filles et dames issues de l’aristocratie, sans règle monastique, ni appartenance à un ordre religieux déterminé ». Les statuts synodaux de 1345 reconnaissent que le monastère d’Andlau, comme celui d’Erstein, suit l’office selon la Règle de saint Benoît, mais a perdu la substance de l’ordre. Le chapitre des nobles dames d’Andlau subsista néanmoins jusqu’à la Révolution française.

BECOURT (Eugène), Andlau, son abbaye, son hôpital, ses bienfaiteurs, Strasbourg, 2 vol., 1914-1921.
MARTINY (Albert), Sainte Richarde, son abbaye, n° 3. La grande galerie des abbesses. Éléments historiques. Polycopié. Andlau, 1982, p. 7.
Sur la vie de Sainte Richarde (? - † avant 909), cf. FOLZ (Robert), Les saintes reines du moyen âge en occident (VIe – XIIIe s.), Bruxelles, 1992, (Subsidia hagiographica, 76), p. 44-66.

À côté des chapitres de chanoinesses existait en règle générale un chapitre réduit de quelques chanoines pour le service liturgique et sacramentel.

 

IV. Chapitres canoniaux, jouxtant une abbaye de bénédictins

Chanoines

- Neuwiller, Chapitre Saint-Adelphe. Ce chapitre canonial fut fondé vraisemblablement vers le milieu du XIe siècle, sous l’influence de l’abbaye messine de Gorze. Il dépendait directement de l’abbé de Saints-Pierre-et-Paul, qui en était le véritable supérieur. Pour diminuer le pouvoir du responsable du chapitre, les statuts ne lui accordaient pas le titre de praepositus, comme dans les autres chapitres canoniaux, mais seulement celui d’« administrateur des prébendes ». Comme tel, il n’avait aucun pouvoir sur les chanoines et devait céder la primauté d’honneur à l’abbé dans les fonctions liturgiques communes. Le chapitre ne détenait pas non plus des biens propres, mais il dépendait matériellement de l’abbé. Primitivement au nombre de huit, les canonicats furent augmentés d’une prébende et complétés par trois chapellenies. Le chapitre avait pour fonction principale, comme son prototype de Gorze, d’assurer la pastorale paroissiale sur place et d’accueillir les pèlerins. Il fut supprimé, comme l’abbaye dont il dépendait, en 1496.

- Murbach, Chapitre Sainte-Marie. Ce chapitre devait exister dès le XIe-XIIe siècle. Il est clairement attesté en 1214. Il fut supprimé en 1513. Il était régi par un prévôt (praepositus). Il comprenait en moyenne quatre chanoines (canonici), un écolâtre (scolasticus) et un pléban (plebanus). Aux XIe-XIIe siècles, l’abbaye bénédictine de Gorze y envoya non pas un abbé, comme le prétend le Nécrologe de Gorze, mais un prévôt, du nom de Bruno. Cette relation avec l’abbaye et le chapitre de Gorze, la similitude avec le chapitre de Saint-Adelphe à Neuwiller permettent d’induire que ce chapitre canonial était chargé de la pastorale paroissiale des environs et de l’accueil des pèlerins à l’abbaye même.

Murbacher Annalen (631-1400) : composées au XVe siècle par Sigismund Meisterlin. Ed. Th. von Liebenau, Anzeiger für schweizerische Geschichte, 4, 1883, p. 167-176.
GATRIO (Andreas), Die Abtei Murbach, 1895, passim.
GRANDIDIER, Nouvelles oeuvres historiques, t. 3, Colmar, 1899, p. 115-116.
LEGIN (Philippe), L’abbaye de Murbach en Haute-Alsace, Saint-Ouen, 2003, p. 81.

- Wissembourg, Chapitre Saint-Étienne. Situé en dehors de l’enceinte urbaine et au nord de la ville, ce chapitre collégial se composait en moyenne d’un prévôt, de 11 chanoines et de 15 vicaires. Il semble avoir été fondé par l’abbé Folmar (après 1032-1043), d’abord moine de Saint-Maximin de Trèves. Toutes les fonctions étaient à la nomination de l’abbé et du chapitre des Saints-Pierre-et-Paul. En plus de l’office choral, les chanoines devaient assurer le service pastoral dans les paroisses qui dépendaient directement de ce chapitre. Il fut sécularisé en même temps que l’abbaye bénédictine en 1524. Par sa constitution, sa fonction et son évolution, ce chapitre était donc assez proche des chapitres canoniaux de Neuwiller et de Murbach.

DOLL (Anton), Palatia sacra I/2, Der Landdekanat Weissenburg (mit Kloster St. Peter in Weissenburg), Mayence, 1999, p. 262-288.

 

V. Abbayes bénédictines sécularisées

Masculines : du XVIe au XVIIIe siècle (avant la Révolution française) :

- Neuwiller. Fondée vers 741, l’abbaye des Saints-Pierre-et-Paul céda la place en 1496, avec l’ancien chapitre canonial de Saint-Adelphe, à un nouveau chapitre, comprenant un collège d’une douzaine de canonicats, établi à l’église des Saints-Pierre-et-Paul, sous la direction d’un prévôt et d’un doyen. Ce chapitre subsista jusqu’à la Révolution française.

- Seltz. Fondée par l’impératrice Adélaïde vers 987/991 sous l’influence de Cluny, l’abbaye de Seltz fut officiellement intégrée à l’Ordre de Cluny en 1418, avant d’être transformée en un chapitre séculier en 1480/1481. Celui-ci fut supprimé à son tour en 1692 et ses revenus affectés au collège des jésuites de Strasbourg.

- Wissembourg. Fondée vers le milieu du VIIe siècle, l’abbaye bénédictine des Saints-Pierre-et-Paul fut sécularisée en 1524. Le chapitre local de Saint-Étienne lui fut incorporé et changea de statut en même temps. Les deux furent unis au chapitre cathédral de Spire en 1528. L’abbaye de Walbourg les rejoignit en 1546 comme filiale à la fois du chapitre canonial de Wissembourg et du chapitre cathédral de Spire.

- Murbach. Refusant d’entrer dans une congrégation bénédictine – celle de Souabe, de Suisse ou de Strasbourg – l’antique abbaye de Murbach se transféra en 1759 à Guebwiller et adopta en 1764 le statut d’un « chapitre équestre séculier de Saint-Léger et de Saint-Louis », avant de sombrer en 1790 dans la tourmente révolutionnaire.

Abbaye de moniales bénédictines sécularisée au XVIe siècle :

- Ottmarsheim. Fondée vers 1030/1040 par Rudolf von Altenburg, d’une famille dont sortiront les Habsbourg, avec une rotonde consacrée par le pape Léon IX vers 1049, l’abbaye de moniales, qui ne sont qualifiées de bénédictines qu’au début du XIVe siècle, fut transformée en chapitre canonial (Stift) en 1584. Comme tel, il subsista jusqu’à la Révolution française. À côté des moniales, puis des chanoinesses, existait un petit chapitre de chanoines pour le service liturgique.

 


VI. Chapitres canoniaux indépendants de fondation ou d’origine

Chanoines

- Saint-Ulrich (canton de Hirsingue). Prévôté de chanoines réguliers de Saint-Augustin. Les origines semblent remonter au XIIe siècle, car la première mention sûre date de 1208. Dotée probablement par les comtes de Ferrette. À la suite de la guerre des Paysans, elle fut abandonnée et donnée en commende. Passe en 1621 aux Jésuites de Fribourg-en-Brisgau.

GRANDIDIER, Nouvelles oeuvres historiques, t. 4, Colmar, 1899, p. 41-48.

 

VII. Chapitres canoniaux formant une congrégation ou un ordre canonial

1. Congrégation de Marbach.

Chanoines

- Marbach. Fondé en 1090 par Burcard de Gueberschwihr († 1120), vassal de l’évêché de Strasbourg. Illustré par Manegold de Lautenbach († 1103 ou 1104). Incorporé en 1462 à la congrégation de Windesheim. Prévôté jusqu’en 1214. Abbaye de 1216 à 1462. Prévôté avec rang de prélature à partir de 1464. Supprimé en 1791.

- Ittenwiller (annexe de la commune de Saint-Pierre, canton de Barr). Fondé par le chanoine Conrad de Strasbourg en 1115. Les chanoines réguliers de Marbach y introduisirent les coutumes de Marbach dès la fondation. La prévôté s’associa en 1454 avec la prévôté de Saint-Arbogast à Strasbourg, en 1463 avec celle de Truttenhausen. Érigée de nouveau en 1467 dans le cadre de la congrégation de Windesheim.

- OElenberg. Prévôté fondée au tournant du XIe et du XIIe siècle par Helwige d’Eguisheim, épouse de Gérard de Vaudémont, sous la règle de saint Augustin et soumise immédiatement à l’Empire. Associée à Marbach entre 1122 et 1136. Un chapitre de chanoinesses jouxtait le chapitre des chanoines jusqu’en 1273. En 1531, l’archiduc d’Autriche confia la prévôté en commende à Jean Faber, évêque
de Vienne. Donnée en 1626 au collège des jésuites de Fribourg-en-Brisgau, l’ancienne prévôté passe en 1773 à l’université de cette ville, qui conserve aujourd’hui les rares documents en provenant.

STINZI (Paul), Oelenberg. 900 Jahre Geschichte der Abtei, 1046-1954, Westmalle, 1962, p. 3-28. À corriger par LEGL (Frank), Studien zur Geschichte der Grafen von Dagsburg-Egisheim, Saarbrücken, 1998, surtout p. 197, n. 246, 466.
SCHADELBAUER (Karl), « Die Urkunden des Klosters OElenberg », in Innsbrucker Archiv-Notizen, 5, 1966.

- Goldbach : fondé en 1135 par l’abbaye de Murbach. Disparut en 1528 au profit de cette abbaye.

DUBLED (Henri), « Bénédictins et Augustins. Note sur les chanoines réguliers de Saint Augustin de Goldbach en Haute- Alsace »,Revue du Moyen Âge latin 8, 1852, p. 305-22.

- Saint-Arbogast de Strasbourg : adopta les coutumes de Marbach en 1143. Disparut en 1530.

- Truttenhausen : adopta les coutumes de Marbach en 1180/1181. Incorporée en 1454 à la congrégation de Windesheim. Pillée par les paysans en 1525, dévastée ensuite par un incendie, la prévôté fut définitivement abandonnée en 1555.

- Sainte-Trinité de Strasbourg. Fondée vers 1226, la prévôté des chanoines releva de l’observance de Marbach jusqu’en 1250. Au milieu du XIIIe s., elle devient un monastère épiscopal. De 1264 au milieu du XIVe s., elle est unie comme dépendance à l’abbaye bénédictine d’Altorf.

 

Chanoinesses

- Schwarzenthann. La prévôté féminine fut fondée en 1090 par Marbach à Marbach même. Les chanoinesses déménagèrent vers 1124 à Schwarzenthann. La communauté canoniale s’éteignit en 1530.

- Steinbach / Schoenensteinbach. Le prieuré fut rattaché à Marbach en 1154/1157. Il passa en 1396 aux dominicaines.

WINNLEN (Jean-Claude), « Schönensteinbach. Une communauté religieuse féminine 1138-1792 », Société d’Histoire Sundgauvienne, 1993.

Bibliographie sélective pour les chanoines de Marbach et les chanoinesses de Schwarzenthann :

HOFFMANN (Charles), « L’abbaye de Marbach. Le nécrologe de 1241-1731 », in BMHA, 2e série, 20, 1902, p. 67-230.
GOEHLINGER (François-Auguste), Histoire de l’abbaye de Marbach, Colmar, 1954.
SIEGWART (Joseph), Die Chorherren- und Chorfrauengemeinschaften in der deutschsprachigen Schweiz vom 6. Jh. bis 1160. Mit einem Überblick über die deutsche Kanonikerreform des 10. und 11. Jh., Fribourg, 1962 (Studia Friburgensia, NF 10).
SIEGWART (Joseph), Die Consuetudines des Augustiner-Chorherrenstiftes Marbach im Elsass (XII. Jh.), Fribourg, 1965 (Spicilegium Friburgense, 10).
Le codex Guta-Sintram. Manuscrit 37 de la Bibliothèque du Grand Séminaire de Strasbourg, éd. Béatrice WEIS, Lucerne-Strasbourg, t. I, Édition en fac-similé, 1983 ; t. 2, Études.
PARISSE (Michel), « 1. Le « monachisme » féminin en Alsace des origines au XIIe s. », « 2. Schwarzenthann et les chanoinesses régulières en Haute-Alsace », in Le codex Guta-Sintram, t. 2, p. 31-40.

 

2. Congrégation de Windesheim.

Plusieurs chapitres canoniaux de l’observance de Marbach entrèrent dans la Congrégation de Windesheim, fondée en 1387 par les Frères de la vie commune, approuvée en 1395 par le pape Boniface IX et porteuse de la « dévotion moderne » (devotio moderna). C’est le cas de Truttenhausen, incorporé à la congrégation de Windesheim en 1454, abandonné en 1555 ; de Marbach, incorporé à la congrégation de Windesheim en 1462 ; enfin d’Ittenwiller, associé en 1467 à la congrégation de Windesheim. Dévasté durant la guerre des Paysans en 1525, puis incorporé à la mense épiscopale.

BURG (André Marcel), art. « Ittenweiler », « Marbach », « Truttenhausen », in Monasticon Windeshemense, hg. v. KOHL (W.), PERSOONS (E.), WEILER (A.G.), SCHOLZ (K.), Teil 2 : Deutsches Sprachgebiet, Bruxelles, 1977, p. 245-248, 268-277, 423-427.
Regula sancti Augustini. Normative Grundlage differenter Verbände im Mittelalter. Tagung der Akademie der Augustiner- Chorherren von Windesheim und des Sonderforschungsbereichs 537, Projekt C « Institutionnelle Strukturen religiöser Orden im Mittelalter », 14.-16. Dezember 2000 in Dresden. Hg.
MELVILLE (Gert von), Paring, 2002 (Publikationen der Akademie der Augustiner-Chorherren von Windesheim).

 

3. Ordre de(s) Prémontré(s).

Fondé par saint Norbert de Xanten à Prémontré (département de l’Aisne) en 1121, l’ordre des chanoines prémontrés ou « norbertins » se répandit surtout en Allemagne à la suite de la nomination de leur fondateur à l’archevêché de Magdebourg en 1126.

L’Ordre des Prémontrés fut présent en Alsace par trois prévôtés ou établissements.

- Haguenau (Circarie ou Province de Wadgassen) : fondée avant 1164 par l’empereur Frédéric Ier Barberousse dans un hospice près de l’église Saint-Nicolas, cette prévôté se maintint jusqu’à la Réforme protestante en 1535, puis, après une interruption de 1535 à 1643, jusqu’à la Révolution française.

- Saint-Gorgon - Mont Sainte-Odile : établis par l’abbesse Herrade en 1178 aux pieds du Mont Sainte-Odile, les prémontrés d’Étival y restèrent un certain temps. Revenus en 1651 au monastère d’en haut, ils y cédèrent, en 1661, la place aux prémontrés de l’Antique Rigueur. Ceux-ci reconstruisirent l’église et les bâtiments claustraux et animèrent le pèlerinage en l’honneur de sainte Odile jusqu’à la Révolution française.

- Strasbourg, La Toussaint (Circarie ou Province de Souabe) : acquise en 1275 par l’abbaye prémontrée d’Allerheiligen en Forêt-Noire dans l’Ortenau, qui relevait alors du diocèse de Strasbourg, la fondation n’eut qu’une brève existence. En 1320, elle fut rachetée par Henri de Mullenheim, qui y instaura un oratoire doté de cinq prébendes pour des prêtres séculiers.

Bibliographie sélective sur les prémontrés :

BACKMUND (Norbert), Monasticon Praemonstratense, Straubing, 1949-1956, 2e éd. Berlin, 1983.
BACKMUND (Norbert), Geschichte des Prämonstratenserordens, Grafenau, 1986.
BURG (André Marcel), « Les prémontrés à Saint-Nicolas : essor et déclin du Vieil Hôpital du XIIe au XVIe siècle », in Etudes haguenoviennes, NS, 15, 1989, p. 24-52.
BURG (André Marcel), « Saint-Nicolas de 1535 à 1789 : départ et retour des prémontrés », in Etudes haguenoviennes, NS, 15, 1989, p. 53-82.
MULLER (Claude), « Les prémontrés de Saint-Nicolas dans la tourmente révolutionnaire (1789-1802) », in Etudes haguenoviennes, NS, 15, 1989, p. 151-162.
ARDURA (Bernard), « Abbayes, prieurés et monastères de l’Ordre de Prémontré en France des origines à nos jours », Dictionnaire historique et bibliographique, Nancy, 1993.
FISCHER (Marie-Thérèse), Treize siècles d’histoire au Mont Sainte-Odile, Strasbourg, 2006.

Bibliographie générale sur les chanoines réguliers de Saint-Augustin :

GILOMEN-SCHENKEL (Elsanne), BEGRICH (Ursula), Die Augustiner-Chorherren und die Chorfrauen-Gemeinschaften in der Schweiz, Bâle, 2004 (Helvetia sacra, 4/2).

 

4. Ordre de [Ober] Steigen.

Chapitre Saint-Michel de [Ober] Steigen-Saverne.

Fondé en 1213 sur une terre appartenant à l’abbaye d’Andlau, le chapitre de Steigen devait servir d’hospice sur la route escarpée qui menait de la région de Wasselonne à celle de Sarrebourg. Vivant sous la Règle de saint Augustin et célébrant la liturgie selon le rite dominicain, les Steiger formèrent rapidement un ordre canonial autonome, avec des dépendances à Lahr (1259), Landau (1276), Beerenberg près de Winterthur (Canton Zurich) avant 1399, Durrenstein (ancien château, près de Walscheid, Moselle, 1289) et Dachstein (1371, vite disparu). En 1303, l’administration générale et la maison-mère furent transférées à Saverne. En 1483, l’ordre fut sécularisé, chaque succursale devant former un chapitre séculier. L’ancienne maison-mère d’Obersteigen fut ensuite occupée par des dominicaines chassées de Bâle (1487-1507), des chanoines de Saint-Augustin d’Ittenwiller de la congrégation de Windesheim (1508-1512), puis unie en 1541 à la mense épiscopale. Le chapitre collégial de Saverne se maintint jusqu’à la Révolution française.

FISCHER (Dagobert), Das Kloster und das Dorf Obersteigen, im Unter-Elsass, historisch und topographisch beschrieben, Colmar, 1875.
DUBLED (Henri), « Les chanoines d’Obersteigen », Pays d’Alsace, 40, 1962/4, p. 21-26.
DUBLED (Henri), « Recherches sur les chanoines réguliers de Saint-Augustin au diocèse de Strasbourg », in AEA, 32, 1967-1968, p. 5-52 et 34, 1970, p. 55-116.
DAVID (Marie-Hélène), DAVID (Laurent), « Le monastère d’Obersteigen au 13e siècle », in Pays d’Alsace, 157, 1991/4, p. 1-7.
DAVID (Marie-Hélène), Das Augustinerchorherrenstift Obersteigen und Friedrich II., V. HERZNER KRÜGER (J.) (éd.), Oben und unten - Hierarchisierung in Idee und Wirklichkeit der Stauferzeit. Akten der 3. Landauer Staufertagung, 2001 (Veröff. der Pfälzischen Gesellschaft zur Förderung der Wissenschaften, 98), 2005, p. 109-115.

 

5. Congrégation des Chanoines du Grand Saint-Bernard.

Prévôté de Saint-Bernard à Ferrette. Fondée vers 1255. Incorporée en 1450 à l’abbaye de Lucelle.

ANAGLIA (Chanoine -), « Le Grand Saint-Bernard et Ferrette », in ASHS, 1957, p. 116-118.

Helvetia Sacra IV/1, « Les ordres suivant la Règle de saint Augustin », 1997, p. 230.

 

6. Chanoinesses Régulières de Saint-Augustin de la congrégation de Notre-Dame.

Fondées par saint Pierre Fourrier et la bienheureuse Alix Lecler en 1597, les chanoinesses de Saint-Augustin s’établirent en 1692 à Strasbourg, où elles subsistent encore de nos jours, et à Saverne de 1621 à 1790.

GRANDIDIER, Nouvelles oeuvres historiques, t. 4, Colmar, 1899, p. 49-57.

 

VIII. La règle de saint Augustin et l’institution canoniale

Philippe Fleck, « Les chanoines réguliers de Saint-Augustin. L’ordre en Alsace du XIe au XVIIIe siècle », in Almanach Sainte-Odile, 65, 1990, p. 59-68, cite parmi les chanoines réguliers de Saint-Augustin la congrégation du Saint-Esprit et les Antonins. L’amalgame est assez fréquent, même chez les religieux qui ont été soumis à la règle de saint Augustin. L’on peut constater au cours de leur histoire et selon les époques, des flottements et des variations dans la manière de comprendre et d’affirmer leur identité. Tantôt, ils affirment leur statut canonial – ce qui les rapproche des chanoines augustins et des chapitres réguliers de Saint-Augustin ; tantôt, ils insistent sur leur fonction particulière et leur mission spécifique – ce qui les assimile aux ordres mendiants, hospitaliers ou prêcheurs.

Pour éviter toute confusion, il faut rappeler que l’observance de la règle de saint Augustin ne crée pas automatiquement ni des chanoines « augustins », ni un chapitre régulier de Saint-Augustin. Le 4e concile de Latran (1215) prescrivit aux nouveaux ordres de choisir une des quatre règles religieuses déjà approuvées, soit celle de saint Basile, celle de saint Augustin, celle de saint Benoît ou celle de saint François d’Assise. A la suite de cette décision, des papes ont imposé la Règle de saint Augustin à plusieurs ordres récents, sans pour autant assimiler ces ordres aux chanoines de Saint-Augustin.

 

1. Les dominicains (Frères prêcheurs)

Fondé en 1215 par saint Dominique de Guzman, chanoine de la cathédrale d’Osma, sous la règle de saint Augustin, approuvé en 1216 par le pape Honorius III, l’ordre des Dominicains, tout en gardant une certaine parenté avec les chanoines réguliers, en particulier les Prémontrés, fut reconnu en 1568 par le pape Pie V comme le premier de rang parmi les ordres mendiants.

GRANDIDIER, Nouvelles oeuvres historiques, t. 4, Colmar, 1899, p. 153-230.
BURG (André Marcel), « Dominicains », in Encyclopédie de l’Alsace, t. 4, 1983, col. 2419-2421.

V. Couvent, DominicainsOrdres mendiants.

 

2. Ermites de Saint-Augustin

Réunis à partir de différents groupements d’ermites par le pape Alexandre IV en 1256 et soumis à la règle de saint Augustin, les Ermites de Saint-Augustin ont été approuvés par le 2e concile de Lyon en 1274. Le pape Boniface VIII les associa en 1298 aux ordres mendiants.

En Alsace, les Ermites de Saint-Augustin avaient des couvents à Strasbourg (1265-1534), Haguenau (1268-1790), Mulhouse (1268-1523), Wissembourg (1279-1526, 1684-1790), Ribeauvillé (1297-1527, 1657-1790), Colmar (1316-1790).

GRANDIDIER, Nouvelles oeuvres historiques, t. 4, Colmar, 1899, p. 59-81.
BURG (André Marcel), « Ermites de Saint-Augustin », in Encyclopédie de l’Alsace, t. 5, 1983, col. 2835-2836.

V. Couvent, Ermites de Saint-Augustin, Ordres mendiants.

 

3. Les Guillelmites (Guillemites)

Fondés par Guillaume de Maleval (Malavalle) († 1157) en Toscane, les ermites qui se réclamèrent de son nom se virent d’abord imposer la Règle de saint Benoît vers 1223, en application des prescriptions du 4e concile de Latran. Après une période de confusion de 1243 à 1266, pendant laquelle certaines maisons se soumirent à la règle de saint Augustin sous la pression des papes, les Guillelmites adoptèrent définitivement la Règle de saint Benoît à partir de 1266. Il en fut ainsi à Marienthal, fondée en 1256. Après une courte appartenance à un ordre mendiant (1256-1266), la communauté des Guillelmites de Marienthal retrouva ses caractéristiques érémitiques et monastiques sous la Règle de saint Benoît, tout en gardant une certaine proximité avec les ordres mendiants par l’engagement dans la pastorale populaire et paroissiale. La communauté-mère de Marienthal légua cette orientation spécifique à ses fondations, d’abord à Saint-Guillaume de Strasbourg (1298), puis à l’intérieur de la ville de Haguenau (1311).

Sur les Guillelmites en Alsace, cf. BORNERT (René), Les monastères d’Alsace, t. 1 et 6.

 

4. Ordre du Saint-Esprit

Fondé vers 1170 près de l’Hôpital du Saint-Esprit à Montpellier, les hospitaliers du Saint-Esprit se virent imposer la règle de saint Augustin par le pape Grégoire XI en 1372, sans cesser pour autant de former un ordre hospitalier, dont la règle particulière est proche de celle des Johannites. En Alsace, les hospitaliers du Saint-Esprit tinrent des hospices à Stephansfeld (fondé vers 1211/1216, supprimé en 1773) et à Rouffach (1270) (Helvetia sacra IV/4, p. 175-203, p. 233-254).

 

5. Antonins

Les Antonins, fondés vers 1095-1100, suivent la règle de saint Augustin depuis 1247. Ils ne cessent cependant pas de former un ordre hospitalier. En Alsace, ils sont établis à Issenheim (vers 1277-1777), Strasbourg (1277-1529, 1681-1777), Trois Épis (1660-1777) Helvetia sacra, IV/4.

CLEMENTZ (Elisabeth), Les Antonins d’Issenheim. Essor et dérive d’une vocation hospitalière à la lumière du temporel, Strasbourg, 1998.

V. Antonins.

 

IX. Chapitres séculiers

1. Chapitres cathédraux

Organisée par saint Chrodegang, évêque de Metz (742-766), la vie commune fut adoptée vers 778 par les clercs desservant la cathédrale de Strasbourg et formant le conseil de l’évêque. Les termes de Münster (monasterium) pour la cathédrale et de Brüder pour les chanoines (Bruderhof, rue des Frères) en gardent le souvenir. Les synodes réformateurs d’Aix-la-Chapelle de 816, 817 et 818/819 distinguèrent clairement la vie canoniale de la vie monacale, sans que cette distinction fût effectivement traduite dans la pratique. Au cours du IXe et au début du Xe siècle, l’ordre monastique se retira progressivement de la pastorale et de la mission, tandis que l’ordre canonial s’y engageait. Si les moines pratiquent la pastorale paroissiale, cela ne peut être qu’occasionnellement. En revanche, pour des chanoines, séculiers ou réguliers, la prise en charge de la pastorale fait partie intrinsèquement de leur vocation canoniale.

- Grand chapitre cathédral de Strasbourg

Dès le Xe siècle, le grand chapitre cathédral de Strasbourg forme une personnalité morale autonome, assurant sa gestion et possédant ses biens. Vers le milieu du XIe siècle, la vie commune est abandonnée ou réduite à des expressions très symboliques. Au cours du XIIe siècle, le chapitre acquiert le droit de pourvoir lui-même aux canonicats : chaque chanoine, à tour de rôle, désigne seul le nouveau titulaire d’un canonicat vacant. Le pape nomme le prévôt, le chapitre élit le doyen, l’évêque désigne le custode et l’écolâtre. Le chapitre comptait statutairement 24 membres au début du XIIIe siècle, 36 un peu plus tard. De fait, le nombre de chanoines variait entre 30 et 50 membres. À partir du XIIIe siècle, les canonicats étaient exclusivement réservés à la haute noblesse, pouvant présenter seize quartiers. De ce fait, les patriciens strasbourgeois en étaient exclus et l’aristocratie alsacienne n’était que faiblement représentée. Seules des familles comme les Geroldseck, les Lichtenberg, les Ochsenstein ou les Horbourg, pouvaient y envoyer de rares délégués. L’Ancien Régime français dut respecter cet ordre des choses. Un règlement de 1687 réserva un tiers des canonicats, soit 8 sur 24, à des familles françaises : on ne leur réclama pas les seize quartiers, que nombre d’entre elles auraient été en peine de présenter. Probablement dès le XIIe siècle, certainement à partir du XIIIe siècle, le chapitre cathédral élisait l’évêque. Le gouvernement royal français lui conserva cette exclusivité, tout en faisant accéder ses propres favoris – les Furstenberg et les Rohan - à la dignité épiscopale, en recourant à trois reprises, à la nomination de coadjuteurs avec droit de succession.

SCHULTE (Aloys), « Aus dem Leben des Straßburger Domkapitels », Elsaß-Lothringisches Jahrbuch 6, 1927, p. 1-46:
VETULANI (A.), Le grand chapitre de Strasbourg, Strasbourg, 1927.
ROTT (Jean), Histoire du chapitre cathédral de Strasbourg au 14e et au 15e siècle, Thèse de l’École des Chartes, 1933, 2 vol. Manuscrit intégral à la Bibliothèque Municipale de Haguenau.
LEVRESSE (René Pierre), « Prosopographie du chapitre de l’église cathédrale de Strasbourg de 1092 à 1593 », AEA 34, 1970, p. 1-39.

 

- Grand choeur de la cathédrale de Strasbourg

Contrairement aux affirmations d’un certain nombre d’historiens, le plus en vue étant Grandidier, le Grand Choeur n’est pas un chapitre.

V. Choeur (Grand).

 

2. Chapitres collégiaux

- Chapitre de Saint-Thomas de Strasbourg

Probablement fondé sous l’évêque Adaloch (après 780-avant 816), le monastère de Saint-Thomas était d’abord régi par un abbé. Vers le milieu du Xe siècle, l’organisation canoniale se manifeste progressivement dans les textes. La communauté des frères (fratres) ou des chanoines (canonici) est régie par un prévôt (praepositus). En 1163, les chanoines habitent déjà des maisons individuelles. En 1359, la vie conventuelle fut totalement abandonnée. Le chapitre de Saint-Thomas se recrutait essentiellement dans le patriciat urbain. Au début de la Réforme protestante, vers 1524, « la fille aînée de la
cathédrale » adopta très vite le « Nouvel Évangile » sous l’influence des réformateurs Martin Bucer et Wolfgang Capiton.

SCHMIDT (Charles), Histoire du chapitre de Saint-Thomas de Strasbourg pendant le Moyen Âge suivie d’un recueil de chartes, Strasbourg, 1860.

- Chapitre de Saint-Pierre-le-Jeune de Strasbourg

En 1031, l’évêque Guillaume fonda le monastère de Saint-Pierre pour la vie commune de 8 chanoines. Le texte de la fondation révèle la terminologie flottante entre les institutions monastiques et les établissements canoniaux. L’évêque Hermann ou Hetzel augmenta le nombre des canonicats jusqu’à 14. En 1683, il comptait 6 canonicats, et 15 en 1709. Ce chapitre fut appelé « le Jeune », pour le distinguer de son homonyme, dit le « Vieux ». En réalité, ce sont les deux églises Saint-Pierre de Strasbourg qui sont appelées Alt- und Jung-Sankt Peter, bien avant que la première ne devienne le siège d’un chapitre.

STEIN (Edmund Ludwig), Die Geschichte des Kollegiastifts Jung-Sankt Peter zu Strassburg i. E. von seiner Gründung bis zum Ausbruch der Reformation, 1920.

- Chapitre de Saint-Pierre-le-Vieux de Strasbourg

L’église paroissiale de Saint-Pierre-le-Vieux devint le siège d’un chapitre collégial par le transfert en 1398 du chapitre Saint-Michel de Rhinau, qui se trouvait jusqu’en 1290 à Honau. Le chapitre porta désormais le nom de « Saint-Michel et Saint-Pierre-le-Vieux ». Le chapitre comptait dix-huit canonicats. Comme son homonyme dit « le Jeune », il devint un centre de résistance à la Réforme protestante.

- Chapitre Saint-Martin de Colmar

Primitivement chapelle de la cour de l’abbaye de Munster au Val Saint-Grégoire, l’église Saint-Martin fut érigée en collégiale en 1234 et reçut ses statuts en 1237. L’abbé de Munster garde le droit de patronage et de préséance. Le collège des chanoines séculiers (canonici saeculares) élit le prévôt (praepositus), qui est ensuite introduit dans ses fonctions par l’abbé de Munster. Celui-ci nomme directement le doyen, sans que les chanoines ne soient consultés par un vote. Les chanoines cooptent les nouveaux membres, qui, après serment, sont investis par le doyen. Au XIIIe siècle, les chanoines
sont au nombre de 16, les chapelains au nombre de 6. En 1440, 4 canonicats sont supprimés en raison de la diminution des revenus. En 1791, la collégiale Saint-Martin est érigée en cathédrale du nouveau diocèse constitutionnel du Haut-Rhin.

GOEHLINGER (François Auguste), Histoire du chapitre de l’église collégiale Saint-Martin de Colmar, Colmar, 1952.

- Chapitre Notre-Dame de Saverne

Érigé en 1485. Il s’agit du chapitre sécularisé des Steigerherren. Voir plus haut, Obersteigen.

BARTH (Médard), Handbuch, 1980, c. 1815.

Bibliographie générale sur les chapitres :

METZ (René), La monarchie française et la provision des bénéfices ecclésiastiques en Alsace de la paix de Westphalie à la fin de l’ancien Régime (1648-1789), Strasbourg-Paris, 1947.

Untersuchungen zu Kloster und Stift. Hg. v. Max-Planck-Institut für Geschichte, Göttingen, 1980 (Studien zur Germania Sacra, 14).

 

Notices connexes

Canonicat

Cantor

Capitulation électorale

Cathédrale (de Strasbourg)

Chanoine

Chapitre rural

René Bornert