Borne

De DHIALSACE
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Bannstein, Grenzstein, Markstein, Scheidstein, pierre-borne

Pierre, brute ou taillée, servant à matérialiser un point remarquable du terrain. Ainsi, implantée sur la limite entre deux bans (Bannscheide), la borne matérialise la ligne de jonction entre ceux-ci en ce point. Parfois des lignes directrices, ou sillons directionnels, gravées sur la tête de la borne précisent la forme de la limite au point d’implantation. La limite est réputée rectiligne entre deux bornes consécutives. Les bornes jalonnant une limite sont plantées au-moins à chaque changement de direction de la limite. Sur leurs flancs, les bornes portent habituellement les marques (blasons, initiales, Dorfzeichen, Hofzeichen) propres aux communautés ou aux propriétaires des terres dont elle délimite le territoire. Afin de marquer sans ambiguïté l’emplacement d’une borne et de pouvoir constater le cas échéant de tout déplacement mal veillant ou accidentel de celle-ci, des témoins (Zeugen) sont enterrés sous ou autour de la pierre. Il s’agit généralement de tessons de briques ou de tuiles ou des morceaux de charbon qui résistent à la dégradation. L’utilisation en guise de témoins de petits disques en terre cuite estampillés des signes distinctifs de l’un ou l’autre des propriétaires des terres limitrophes est, semble-t-il, assez rare en Alsace.

Toute pose, ou intervention sur une borne, ne peut se faire que d’un commun accord entre toutes les parties concernées. L’opération donne toujours lieu à un procès verbal.

De nos jours, les bornes encore en place en Alsace ne remontent guère au-delà du XVIe siècle. Parmi les plus anciennes relevons une borne de parcelle datée de 1522 (carrière de l’OEuvre Notre Dame à Hermolsheim) et une borne de 1525 implantée sur la limite Gresswiller-Mutzig. Au-delà, quelques rares exemplaires d’abornement médiévaux ou antiques nous sont parvenus. Deux pierres dressées, le Sattelfelsen (limite Reinhardsmunster /Wangenbourg / Dabo) et le Martinstein (limite Reinhardsmunster / Dabo) semblent être des marques de limites médiévales ; elles délimitaient les terres de l’abbaye de Marmoutier. Dans la région de Saverne – Schlosserhöhe, Wagnerberg et Heidenstadt – trois bornes romaines ont été découvertes. D’après leurs inscriptions, elles marquaient la limite entre des terres privées et le domaine public. Enfin le Breitenstein ou Pierre des Douze Apôtres, entre Wingen-sur-Moder et Meisenthal, et, non loin de lui, le Spitzstein, sont deux pierres dressées souvent considérées comme ayant fait partie d’un bornage peut-être déjà antérieur à la période romaine, puis intégrées dans le tracé de la frontière entre la Gaule Belgique et la Germanie Supérieure.

Bibliographie

KOLLNIG (Karl Rudolf), Elsässische Weistümer. Untersuchungen über bäuerliche Volksüberlieferung am Oberrhein, Frankfurt-am-Main, 1941, p. 140‑144.

KARLESKIND (Eugène), « Vom Lochen und von alten Grenzsteinen im Rheingebiet », in : Elsassland-Lothringerheimat, t. 15, 1935, p. 337.

SCHÖNHAUPT (Ludwig), Wappenbuch der Gemeinden des Elsaß, Straßburg, 1900.

PETRY (François), « Abornement antique », in : EA, t. I, p. 22‑23.

HOLDERBACH (Jean-Marie), Notice « Sattelfesen », in : Carte archéologique de la Gaule : Bas-Rhin (67/1), Paris, p. 526.

Notices connexes

Bannscheid

Brabant (route du)

Limite

Jean-Marie Holderbach