Électeur palatin

De DHIALSACE
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Kurfürst der Pfalz und Pfalzgraf bei Rhein

Dynastie princière (puis royale) possessionnée en Alsace.

Les territoires de ces princes électeurs se trouvent sur les deux rives du Rhin avec Heidelberg, puis Mannheim comme capitale. Leurs territoires sont très morcelés. La famille des électeurs est la branche aînée des Wittelsbach ; l’autre règne en Bavière. Leurs possessions débordent sur l’extrémité nord de l’Alsace à proximité de Wissembourg, ainsi que sur la bourgade de Seltz depuis 1418 jusqu’à la Révolution et sur le comté de la Petite‑Pierre de 1452 à 1553. Ils se sont aussi intéressés en Alsace à la ville de Wissembourg, membre de la Décapole, qu’ils ont menacée entre 1469 et 1472. Ils ont enfin été Grands Baillis (Landvögte) de la préfecture impériale d’Alsace et des dix villes de la Décapole (Landvogtei) que l’empereur leur a confiée en gage de 1408 à 1504 avec le titre de Grands Baillis (Landvogt), puis à nouveau de 1530 à 1558, date à laquelle elle passe aux Habsbourg jusqu’en 1648. Cette fonction leur confère une position dominante en Alsace aux XVe et XVIe siècles d’autant que l’électeur Robert a été empereur de 1400 à 1410.

Le Palatinat est entré en conflit avec la Bavière et les Habsbourg en 1619 parce qu’il voulait profiter de la vacance du trône de Bohême pour s’y installer, ce qui est à l’origine de la guerre de Trente Ans. Un de ses généraux, le comte de Mansfeld, saccage la Basse-Alsace pendant plusieurs mois en 1621-1622, ce qui a incité la Ville de Strasbourg à quitter l’Union Evangélique. Mais en Bohême, en 1620, l’armée du prince électeur a été battue à la Montagne Blanche près de Prague par celle de la Sainte Ligue constituée par les troupes de l’empereur Ferdinand II et du duc de Bavière Maximilien Ier. Les vainqueurs attribuent au duc de Bavière le haut Palatinat (Oberpfalz) situé au nord du Danube ; le duc va obliger l’ensemble des habitants de ce territoire protestant à se convertir au catholicisme ou à émigrer. En 1623, l’empereur Ferdinand II retire au prince palatin Frédéric V sa dignité d’électeur pour la transférer à son rival, le duc de Bavière. Désormais ni lui, ni ses successeurs ne jouent plus aucun rôle en Alsace, d’autant plus que, jusqu’en 1648, leurs territoires sont occupés par les Espagnols et les Bavarois. Ce n’est qu’aux traités de Westphalie en 1648 que les Palatins récupèrent leurs territoires rhénans et se voient restituer leur titre d’électeur par la création d’une huitième chapeau d’électeur. Mais, à partir de 1680, ils se voient imposer une « protection » du roi de France, qui se traduit de 1689 à 1693 par une politique de la terre brûlée dans l’ensemble du Palatinat. La destruction de Heidelberg et le saccage de la ville libre de Spire en sont devenus le symbole et la raison d’une hostilité durable contre la France.

Désormais, chacune des deux branches des Wittelsbach mène son évolution propre jusqu’en 1777. La branche palatine s’éteint en 1685, remplacée par une branche cadette catholique, les Neuburg, qui impose la célébration du culte catholique à côté des deux confessions protestantes, la réformée, exclusive de 1584 à 1684, et la luthérienne, autorisée en 1684.

En Bavière, Maximilien II Emmanuel avait des ambitions territoriales considérables, qui lui ont permis de devenir pour un temps lieutenant général des Pays-Bas du Sud (1692-1706), puis duc du Luxembourg (1712-1714). Son successeur Charles a été, au début de la guerre de Succession d’Autriche, roi de Bohême (1741-1743), avant d’être chassé de ce trône, et Empereur du Saint Empire de 1742 à sa mort en 1745.

La branche bavaroise s’éteint en 1777 à la mort de Maximilien III Joseph. La branche palatine, où les Sulzbach ont remplacé les Neuburg avec Charles-Théodore, détient désormais les deux électorats. Théodore déménage de Mannheim à Munich. À sa mort en 1799, c’est la dernière lignée, celle des ducs de Deux-Ponts-Birkenfeld-Bischwiller, qui avait reçu en legs le comté de Ribeaupierre en 1673, qui
hérite à son tour des terres des Wittelsbach et donc de l’ensemble des deux électorats, avec Maximilien-Joseph. Ce dernier avait été, avant 1789, colonel du Royal-Deux-Ponts au service du roi de France à Strasbourg ; par la grâce de Napoléon, il devient, en 1806, roi de Bavière et fondateur de la dynastie royale bavaroise. Par le traité de Rastatt qui a dédommagé les princes allemands possessionnés sur la rive gauche du Rhin avant 1797, ils ont été largement indemnisés par la sécularisation des biens ecclésiastiques situés dans la Bavière actuelle.

Notices connexes

Décapole

Députation

Empire

Évangélique (Union)

Fürsten_(princes_possessionnés_d'Alsace)

Bernard Vogler