Gallicanisme

De DHIALSACE
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Doctrine théologique et ecclésiologique cherchant à promouvoir l’Église catholique de France de façon très autonome par rapport au pape. Elle réduit l’intervention du Saint-Père au seul pouvoir spirituel, tout en la limitant au bénéfice des conciles généraux dans l’Église. Surtout, elle ne lui reconnaît pas de rôle dans le domaine temporel. Le plus illustre représentant de ce courant, au XVIIe siècle, est Jacques Bénigne Bossuet, évêque de Meaux, qui rédige les quatre articles gallicans de 1682, signés par l’Assemblée des évêques de France. Le clergé alsacien, jusqu’en 1648, n’est pas concerné par le gallicanisme. Toutefois, lorsque s’ouvre l’Assemblée du clergé de France, le 16 octobre 1713, le prince-évêque de Strasbourg, Gaston de Rohan, intronisé par Louis XIV chef de file pour appliquer la bulle Unigenitus, condamnant le jansénisme, déclare : « Étranger par mon siège, qui ne partage avec vous depuis peu d’années le bonheur d’être sous la domination du roi et qui par cette raison n’a jamais eu part à vos délibérations, je ne pouvais presque me flatter de me voir jamais dans ces augustes assemblées qui représentent si dignement la majesté de l’Église gallicane, ni de pouvoir admirer de si près votre sagesse, votre zèle, votre érudition. » Mais ces propos sont des paroles de circonstances, car Rohan s’oriente vers un ultramontanisme de plus en plus prononcé, après les conclaves de 1721, 1724, 1730 et 1740.

Le gallicanisme, peu influent dans l’Alsace du XVIIIe siècle, apparaît tout d’un coup au grand jour pendant la Révolution qui, sous l’influence du clergé français gallican, adopte la Constitution Civile du clergé. Si les prêtres constitutionnels sont rarissimes en Basse Alsace – le synode de Sélestat n’en rassemble que dix (!) contre plus de cent au synode d’Aspach – en revanche, ils sont nombreux autour d’Altkirch et surtout de Belfort. Tant Colnet à Sélestat que les frères Hagé à Folgensbourg se réclament du gallicanisme auprès de l’abbé Grégoire (Bibliothèque de Port Royal à Paris, fonds Grégoire, dossiers Bas-Rhin et Haut-Rhin), car l’Église constitutionnelle en place jusqu’en 1801 se considère comme une Église gallicane, c’est-à-dire catholique romaine, les évêques reconnaissant la primauté spirituelle du pape à qui ils adressent une lettre de communion, même si elle a ses libertés. En aucun cas, elle ne se considère schismatique.

Le premier évêque concordataire de Strasbourg, Jean-Pierre Saurine, en fonction de 1802 à 1813, est aussi gallican. Ses convictions ont toujours été relevées dans l’historiographie alsacienne (Fritz, L’Huillier, Leuilliot, Epp) pour aussitôt les mettre en contradiction avec celles, ultramontaines, du clergé régional. Louis Kammerer en propose un portrait bien plus nuancé.

Bibliographie

EPP (René), Le mouvement ultramontain dans l’Église catholique en Alsace au XIXe siècle (1802-1870), Lille, 1975, 2 volumes.

KAMMERER (Louis), « La réorganisation concordataire dans le diocèse de Strasbourg principalement d’après la correspondance de Saurine avec le préfet du Haut-Rhin (1802- 1804) », AEA, 49, 1990-1991, p. 21-63.

VARRY (Dominique) et MULLER (Claude),Hommes de Dieu et Révolution en Alsace, Tournai, 1993.

SCHLAEFLI (Louis), « Un portrait peu flatteur de l’évêque Saurine », AEA, 52, 1995-1997, p. 291-304.

MULLER (Claude), « Gaston de Rohan, un évêque de Strasbourg dans la querelle janséniste (1713-1718) », Revue des Sciences religieuses, no 323, 2010, p. 61-72.

MULLER (Claude), « Introduire le gallicanisme. Mgr Jean‑Pierre Saurine et Thiébaut Lienhart (1802-1813) », Kocherschbari, no 64, 2011, p. 35-40.

Notices connexes

Articles organiques catholiques

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Claude Muller