Queich

De DHIALSACE
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Cette petite rivière, longue à peine d’une cinquantaine de kilomètres, prend sa source à Hauenstein dans le Palatinat. Passant par Anweiler et Landau, elle se jette dans le Rhin, partagée par deux branches, à Germersheim.

Le cours d’eau formait la frontière septentrionale de l’Alsace de 1648 à 1815. Formait-elle la frontière de l’Alsace comme l’affirmait Schœpflin (qui n’y plaçait pas moins la frontière entre diocèse de Strasbourg et de Spire, et par conséquent celle du landgraviat de Basse-Alsace au Seltzbach ?). Mais Horrer dans son Dictionnaire reste prudent et se contente de citer la thèse de C.-Hubert Pfeffel (Commentarii de limite Galliae, Strasbourg, 1785), qui place la frontière de l’Alsace à la Queich, ouvrage que citeront les partisans révolutionnaires de l’annexion à la France qui se fondent sur cet argument pour soutenir leur demande (ABR 1 L 733), thèse contestée après le congrès de Vienne par les éditeurs du traité de Koch († 1813), publié en 1823. L’origine de cette frontière se trouve, dans l’article 74 du traité de Münster en Westphalie, de 1648, qui stipule que l’Empereur en son nom et « au nom de la Maison d’Autriche et au nom de l’Empire », cède au roi de France ses droits, entre autres, sur les « dix villes impériales situées en Alsace » parmi elles Haguenau, Colmar, Wissembourg et Landau, laquelle avait rejoint la Ligue des Dix Villes impériales en 1521, peu après que Mulhouse l’a quittée en 1515. Landau se trouvait, selon cette formulation, en Alsace.

Le traité d’Osnabruck effectue en outre un partage entre les branches de la famille Wittelsbach : conférant à la branche du duc de Bavière, le Haut-Palatinat au nord du Danube, et restituant à la branche du fils de l’ancien électeur Fréderic V, vaincu à la Montagne-Blanche, ses territoires du Palatinat Rhénan sur les deux rives du Rhin et lui attribuant un huitième chapeau d’électeur. Lors de la guerre de la succession de Hollande, Turenne porte la guerre au Palatinat rhénan, qu’il ravage (v. Électeur Palatin). Louis XIV inaugure la politique des réunions (v. Réunions).

L’arrêt de réunion du 22 mars 1680 a ordonné que le roi serait mis en possession de toute « la basse-Alsace, et autres qui dépendent de la Préfecture royale de Haguenau et du mundat de Wissembourg ». De ce nombre font partie « les bailliages de Kutzenhausen, Bergzabern, Anweiler, Landeck, Berckheim, Madenbourg, Gutenberg, Gossersweiler, Guermersheim, Hagenbach, Lauterbourg Jockenheim, Seltz, Berbenstein, Schlettenbach, Wegelnburg, Remwich, Klebourg, Falkenbourg, Dahn, Saint-Rémy, Schœneck etc. [21 villages] ... dont la plupart ont appartenu originairement à l’abbaye royale de Weissenbourg, fondée ... par le roi Dagobert en l’an 623... Par cette fondation royale, le territoire de l’abbaye est marqué et désigné, il s’étend jusqu’au village de Gossersweiler à la rivière de la Queich... » (Ordonnances d’Alsace, Édition Corberon 1738, I, p.110 à 118).

Ils sont restitués à l’électeur palatin par l’article VIII du traité de Ryswick (1697). Avec l’accord du roi de France, les deux bailliages de Seltz et de Hagenbach font l’objet d’un échange entre l’électeur Palatin et le duc de Deux-Ponts : le bailliage de Seltz passe dans la souveraineté non contestée du roi (accords de 1768).

« Ainsi la souveraineté du roi s’étend sur une partie des terres comprises entre les rivières de la Lauter et de la Queich » à l’exception des bailliages de Neucastel, de Barbelroth, de Clebourg, de Wegelnbourg et d’Anweiler, appartenant à la maison de Deux-Ponts ; le duc de Deux-Ponts en jouit en toute souveraineté, tout comme l’électeur Palatin jouit du grand bailliage de Guermersheim ». Le bailliage de Cleebourg est à son tour rattaché au bailliage et à la régence des Deux-Ponts-Birkenfeld de Bischwiller (1788) (ABR A 6 / 13 mars 1788).

La notice « Bergzabern » du Dictionnaire de Horrer s’étend sur l’historique du chef-lieu du bailliage bipontin entre Queich et Lauter, à majorité réformée, avec un simultaneum réformé-catholique introduit par le duc à la suite de l’incendie de l’église du aux campagnes françaises dès 1686 et un temple luthérien construit vers 1700. Bergzabern est le chef lieu des bailliages de Barbelroth, Cleebourg, Neucastel, Wegelnburg, où le roi n’exerce aucun droit de souveraineté (Horrer, p. 298).

Ce qui amène l’éditeur de la carte de l’Alsace de 1771 à écrire : « Les villes de Lauterbourg et de Wissembourg sont sur la frontière de l’Alsace & du Palatinat. La rivière de Lutter sert ici de limite, & sépare l’Alsace, tant du Palatinat que du Duché de Deux Ponts. La ville de Landau, dans le Palatinat, appartient à la France ... et est une de nos meilleures places-fortes » (Gouvernement de la Généralité d’Alsace, avec les grandes-routes).