Police
Institutions et corps de la force publique, chargés de prévenir la commission d’infractions à l’ordre public et de réprimer les infractions commises.
Sommaire
Ancien Régime
Strasbourg
La police des voies publiques
À Strasbourg, les Oberherren des tribus (Zünfte) doivent désigner des gardes de jour (Taghüter) et les gardes de nuit (Scharwacht) soit de 20 à 30 hommes, qui patrouillent dans les rues (v. Nacht). Cette obligation apparaît trop pesante vers la fin du XVe siècle et la patrouille est confiée à des mercenaires. Mais l’un des Ammeisterknecht se tient prêt avec quelques hommes pour faire face aux urgences.
Les habitants sont tenus de prêter main forte à la patrouille poursuivant un suspect. Et en cas de trouble, par exemple due à une bande armée ne se décidant pas à quitter la ville (1492), le veilleur de la tour hisse un drapeau rouge et blanc ou, la nuit venue, allume une fusée et l’on fait sonner la cloche Mordglocke, et la milice – près de mille hommes – rejoint ses postes, aux portes et sur les tours et les remparts (Hatt, XVe, p. 118-125), prête à intervenir.
La police judiciaire
Elle est confiée à des hommes embauchés par les officiers municipaux chargés de la police et de
la justice, l’Ammeister et les Ameisterknechte, les Siebenerknechte du tribunal des Sept, les gardiens des portes (Torhüter, v. Gardien), et des prisons (Turmhüter), les agents de la ville, Knechte employés par les différents chefs de service de la ville.
Pour appliquer la Polizeiordnung de 1628, il a été créé un tribunal correctionnel, le Zuchtgericht. Le Frevelvogt, appelé aussi « procureur fiscal » à partir de 1681, assure l’accusation au tribunal des Sept ou au tribunal correctionnel et est, de fait, le chef de la police de la ville (Ulrich Crämer). Moscherosch a été Frevelvogt de Strasbourg et a eu assez de loisirs pour écrire un traité d’éducation et d’édification luthérienne, et une satire contre la bourgeoisie de Strasbourg, peu respectueuse de la Polizeiordnung de 1628 (Adouri). Les Knechte, qui relèvent du Frevelvogt, sont appelés aussi Fausthammer (v. Fausthammer) ou Bettelvogte (v. Bettelvogt). Ce dernier emploie en outre quelques agents secrets (en civil), les geheime Rüger.
Ce sont les tribus et leurs inspecteurs (Schauer) qui assurent la police des marchés, de la production et du commerce, avec poursuites devant le Zunftgericht (production) ou, à partir de la fin du XVIIe siècle, le Corps des marchands.
En 1790, la police de la ville est placée sous la direction d’un directeur (l’ancien procureur fiscal) et de ses bureaux : dix-huit gardes, dix agents chargés des portes, douze sergents de patrouille et six bangards. Organisation et effectifs – une cinquantaine – sont proches de ceux du XVIIIe siècle (E. Biret, « La police municipale sous la Révolution », RA 116, 1989-1990, p. 210).