Pfennigsturm (Die Dreier vom Pfennigturm)

De DHIALSACE
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Les Trois du Pfennigsturm

Jusqu’à la fin du XIVe siècle, la gestion des finances de la Ville est assurée par le Conseil. Il fait appel pour cela à deux officiers, l’Amtmann ou Amann ou Ammeister-officiator (v. Ammeister) et le Lohnherr ou appreciator. L’Ammeister entre au Conseil à partir de 1332. Le Rentmeister ou Trésorier général de la Ville est l’interlocuteur de l’Ammeister. Au tournant des XIVe-XVe siècles, la supervision des affaires financières de la ville passe des mains des familles patriciennes d’Ammeister aux familles des tribus marchandes.

Le troisième fonctionnaire des finances, issu lui aussi du patriciat, est le Lohnherr, qui a la charge de l’ensemble des immeubles – construction, entretien – et des taxes afférentes. Avec la domination progressive des tribus et la chute de fonctionnaires convaincus de corruption, les Allmende sont retirées à cet office et remis à une commission de Cinq, puis à un nouvel office, celui du Zinsmeister ou percepteur (collector censum civitatis Argentinensis) chargé des immeubles et revenus de la Ville.

Au début du XIVe siècle, la gestion de la Monnaie et de son atelier est retirée des missions du Rentmeister. À ce moment-là, les fonctionnaires financiers de la ville sont : le Rentmeister, le Lohnherr, le Zinsmeister, le Kaufhausherr, maître de la douane, l’Œstrichmeister, chargé de la voierie et du nettoyage urbain, les deux chefs de travaux de la ville, le percepteur de l’Ungelt, et le Visierer (contrôleur), et quelques adjoints, ainsi que les employés de la Chancellerie.

En 1393, on impose au Rentmeister une vérification des comptes hebdomadaire par une commission des finances toute puissante, dont l’appellation définitive est fixée vers 1430 : les Trois du Pfennigturm (officiati). Ils ne sont pas membres du Conseil en activité mais appartiennent au monde fermé de l’oligarchie de la banque et de la finance strasbourgeoise. La commission est composée d’un noble (constofler), remplacé tous les ans à l’origine, et de deux conseillers issus des tribus marchandes, remplacés tous les deux ans. Puis, le mandat de tous est étendu à trois ans, l’un des sortants prolongeant son mandat d’un an. D’abord organe de contrôle financier en dernière instance, la commission devient l’organe de décision financière de la Ville, dont les services, à commencer par le Rentmeister, consistent à exécuter les instructions. Ce sont les Trois du Pfennigturm qui abondent toutes les semaines les crédits des travaux et dépenses de la ville. À tel point que l’on a pu associer étroitement les fonctions des Bauherren et de Dreier von der Pfennigturm (Petrazoller, p. 57-64). À la fin du XVIe siècle, une vérification générale des comptes a lieu tous les ans, suivie, comme partout de coutume dans ces occasions, d’un banquet, donné sur la plateforme de la Tour. Statuts et règlement des Trois du Pfennigturm ont été précisés en 1558 (Eheberg, p. 592-595). Au XVIIIe siècle, la Trésorerie (Pfennigsturm), dont les archives ont été transférées à l’Hôtel de Ville, place du Marché aux Herbes, compte 8 fonctionnaires. En 1508, la Ville a acquis le privilège de monnaie (v. Monnaie) et la Monnaie de Strasbourg a pratiqué des opérations de banque et prêts sur gages, en liaison avec le Trésor de la Ville (Pfennigturm), mais a fermé dès 1612. Le Pfennigturm a continué de recevoir les dépôts, legs et fondations des bourgeois et des institutions et d’en servir les rentes. Les affaires sont gérées dans le plus grand secret. Une chambre économique de 7 membres, présidée par le Prêteur royal est créée en 1721, qui délibère sur les orientations de la gestion financière de la Ville (v. Œkonomie Kammer).

Sources - Bibliographie

DRW.

EHEBERG, Verfassung (1899).

CRÄMER (Ulrich), Verfassung (1931), p. 123-142.

DOLLLINGER, « La Ville libre à la fin du Moyen-Age (1350-1482) », LIVET-RAPP, Histoire de Strasbourg (1980-82), II, p. 80, p. 114-115.

LIVET (Georges), « Magistrat et Patriciat : l’esprit républicain », III, p. 263 ; « Les prêteurs royaux », III, p. 284-290, LIVET-RAPP, Histoire de Strasbourg (1980-82).

ALIOTH, Gruppen an der Macht (1988), p. 151-163.

MARIOTTE ( Jean-Yves), Les sources manuscrites de l’Histoire de Strasbourg, Strasbourg, 2000.

PETRAZOLLER (François), L’urbanisme à Strasbourg au XVIe siècle, Strasbourg, 2002 (liste des titulaires des postes de Trois du Pfennigturm au XVIe siècle, p. 63).

KINTZ ( Jean-Pierre), L’Alsace au XVIe siècle, Strasbourg, 2018.

Notices connexes

Finances

Fiscalité

Rente

Trésor.

François Igersheim