Purin (Fosse à) : Différence entre versions
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Version du 15 juillet 2026 à 12:23
Mistwasser ou Mistlach (grube)
Il serait aventureux de vouloir dater l’apparition ou la fréquence de ces fosses, le purin, constitué de l’urine des bêtes et des hommes, étant soit mélangé au fumier, soit déversé dans la nature, tant l’intérêt qu’il suscite auprès des paysans est faible. Nous apprenons qu’à Molsheim les Chartreux utilisent, en 1700, le purin extrait de leurs lieux d’aisance (ADBR H 1340), sans doute moyennant le recours à des cuves spécifiques (Bütten). Les indices d’une récupération systématique résident dans la présence de tonnes à purin en bois (Mistlachkasten) puis en métal (Mistlachfass), mais elles datent en général de la fin du XIXe et du XXe siècle. C’est
de façon fortuite que la fosse à purin est évoquée, lorsqu’un enfant vient à s’y noyer accidentellement ou quand le contenu de la fosse à aisance s’infiltre malencontreusement dans la cave du voisin.
Ce sont les agronomes, qui, soucieux du rendement des céréales, attirent l’attention sur la valeur des précieuses « eaux brunes » qui nourrissent le grain tout en le préservant des parasites : c’est ainsi que s’exprime, en 1747, Christian Haenlé, préposé au grenier à grains de la Ville de Strasbourg (BNUS Ms. 630, Kurtze doch wahrhaffte und gründliche Beschraibung derer Früchten und Getraidt ..., p. 106) et, en Haute-Alsace dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, le bailli de Hell, considéré comme l’un des promoteurs de la « révolution agricole », souhaite « que chaque paysan ait un bassin près de son manoir (sic) dans lequel couleraient les eaux des écuries, du fumier, de l’évié (sic) et de la buanderie, et dans lequel on porterait toutes les eaux savonneuses et... l’urine de la masure » (ADHR 2 E 70).