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Au milieu du XIVe siècle, se produit dans les villes d’Alsace la prise du pouvoir par les corporations de métiers. « Chaque tribu avait un local ou Stube. C’était un lieu de réunion et de plaisir, où l’on buvait ferme, mangeait de même et jouait quelquefois, lorsque l’œil indiscret du Magistrat n’y mettait pas obstacle ; c’était enfin et avant tout le lieu d’assemblée en cas d’élection, d’alerte ou d’incendie, celui, en résumé, où se traitaient toutes les affaires particulières de la tribu. La gestion de ces établissements est confiée à des ''Stubenknechte'' avec à leur tête un ''Hauptkann'' ou échanson (v. ''[[Hauptkann]]'', le règlement de l’intendant de la ''Herrenstube'' de Sélestat). Dans les villes, les tribus ont désormais toutes leurs ''Zunftstuben'' et les notables leurs ''Herrenstuben'' (v. ''[[Herrenstube|Herrenstuben]]''), sises fort souvent à l’Hôtel de Ville, comme le ''Wagkeller'' de Colmar.
 
Au milieu du XIVe siècle, se produit dans les villes d’Alsace la prise du pouvoir par les corporations de métiers. « Chaque tribu avait un local ou Stube. C’était un lieu de réunion et de plaisir, où l’on buvait ferme, mangeait de même et jouait quelquefois, lorsque l’œil indiscret du Magistrat n’y mettait pas obstacle ; c’était enfin et avant tout le lieu d’assemblée en cas d’élection, d’alerte ou d’incendie, celui, en résumé, où se traitaient toutes les affaires particulières de la tribu. La gestion de ces établissements est confiée à des ''Stubenknechte'' avec à leur tête un ''Hauptkann'' ou échanson (v. ''[[Hauptkann]]'', le règlement de l’intendant de la ''Herrenstube'' de Sélestat). Dans les villes, les tribus ont désormais toutes leurs ''Zunftstuben'' et les notables leurs ''Herrenstuben'' (v. ''[[Herrenstube|Herrenstuben]]''), sises fort souvent à l’Hôtel de Ville, comme le ''Wagkeller'' de Colmar.
Dans son étude synthétique sur les Herrenstuben
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Dans son étude synthétique sur les ''Herrenstuben'' d’Alsace (''Revue d’Alsace'', 1984), Lucien Sittler estime qu’elles ont disparu progressivement à partir de la guerre de Trente Ans. Elles se prolongent néanmoins dans les « cercles » et « casinos » des villes et petites villes des XVIIIe et XIXe siècles.
d’Alsace (Revue d’Alsace, 1984), Lucien Sittler
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Claude Betzinger (v. ''[[Herrenstube|Herrenstuben]]'' de Strasbourg) rappelle que jusqu’au 27 février 1790 les séances de la Société des Amis de la Constitution de Strasbourg (fondée le 15 janvier 1790) se tinrent à la ''Herrenstube'', avant d’occuper la salle du poêle des Cordonniers.<br>
estime qu’elles ont disparu progressivement à partir
 
de la guerre de Trente Ans. Elles se prolongent
 
néanmoins dans les « cercles » et « casinos » des
 
villes et petites villes des XVIIIe et XIXe siècles.
 
Claude Betzinger (v. Herrenstuben de Strasbourg)
 
rappelle que jusqu’au 27 février 1790 les séances
 
de la Société des Amis de la Constitution de
 
Strasbourg (fondée le 15 janvier 1790) se tinrent
 
à la Herrenstube, avant d’occuper la salle du poêle
 
des Cordonniers.<br>
 
  
 
== Sources - Bibliographie ==
 
== Sources - Bibliographie ==
DRW.
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''DRW''.<br>
SEYBOTH (Adolph), Das alte Strassburg vom 13.
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Jahrhundert bis zum Jahre 1870. Geschichtliche Topographie
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SEYBOTH (Adolph), ''Das alte Strassburg vom 13. Jahrhundert bis zum Jahre 1870. Geschichtliche Topographie nach den Urkunden und Chroniken bearbeitet'', Strasbourg, 1890, p. 55, 73.<br>
nach den Urkunden und Chroniken bearbeitet, Strasbourg, 1890,
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p. 55, 73.
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DORLAN (Alexandre), « Sélestat au XIVe siècle », ''RA'', 1911, p. 5-34, 171-195.<br>
DORLAN (Alexandre), « Sélestat au XIVe siècle », RA,
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1911, p. 5-34, 171-195.
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PFLEGER (Alfred), « Die Schlettstadter Herrenstuben und die Stubengesellschaften », ''JGSL'', 1917, p. 38-70.<br>
PFLEGER (Alfred), « Die Schlettstadter Herrenstuben
+
 
und die Stubengesellschaften », JGSL, 1917, p. 38-70.
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SCHNEIDER (Camille), Der Weihnachtsbaum und seine Heimat, ''das Elsass'', Stuttgart, 1929.<br>
SCHNEIDER (Camille), Der Weihnachtsbaum und seine
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Heimat, das Elsass, Stuttgart, 1929.
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KOLLNIG, ''Elsässische Weistümer'', 1941, p. 155.<br>
KOLLNIG, Elsässische Weistümer, 1941, p. 155.
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MOEDER (Marcel), Les Institutions de Mulhouse au Moyen
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MOEDER (Marcel), ''Les Institutions de Mulhouse au Moyen Âge'', Strasbourg, 1951.<br>
Âge, Strasbourg, 1951.
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DOLLINGER (Philippe), « L’émancipation de la ville et
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DOLLINGER (Philippe), « L’émancipation de la ville et la domination du patriciat (1200-1349) », LIVET-RAPP, ''Histoire de Strasbourg'', II, Strasbourg, 1981.<br>
la domination du patriciat (1200-1349) », LIVET-RAPP,
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Histoire de Strasbourg, II, Strasbourg, 1981.
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SITTLER (Lucien), « Les ''Herrenstuben'' en Alsace », ''RA'', 110, 1984, p. 5-96, avec importante bibliographie.<br>
SITTLER (Lucien), « Les Herrenstuben en Alsace », RA,
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110, 1984, p. 5-96, avec importante bibliographie.
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SCHLAEFLI (Louis), « Notes sur les ''Trinkstuben'' de Molsheim », ''SHAME'', 1985, p. 57-62.<br>
SCHLAEFLI (Louis), « Notes sur les Trinkstuben de
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Molsheim », SHAME, 1985, p. 57-62.
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ALIOTH (Martin), ''Gruppen an der Macht'', Bâle - Francfort-sur-le-Main, 1988.<br>
ALIOTH (Martin), Gruppen an der Macht, Bâle - Francfort-
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sur-le-Main, 1988.
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SCHLAEFLI (Louis), « La ''Herrenstube'' de Molsheim au XVIe siècle », ''SHAME'', 1992, p. 37-49.<br>
SCHLAEFLI (Louis), « La Herrenstube de Molsheim au
 
XVIe siècle », SHAME, 1992, p. 37-49.<br>
 
  
 
== Notices connexes ==
 
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Asile<br>
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[[Asile]]<br>
  
Artisanat<br>
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Auberge<br>
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Herrenstube<br>
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Patriciat
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Version actuelle datée du 13 mai 2026 à 10:59

1. Appareil de chauffage (v. Feuer).

2. Chambre chauffée : « Je demeurais tout le jour seul, enfermé dans un poêle, où j’avais tout loisir de m’entretenir de mes pensées » (René Descartes, Discours de la méthode (1637). V.Haus.

3. Local de réunion, de repas, de banquet. Débit de boissons, auberge. Siège d’une association ou société, le plus généralement d’une corporation ou tribu.

4. Le terme Stube peut également signifier association ou assemblée ou chambre au sens d’instance délibérative. Ainsi, le terme sert à désigner à Strasbourg les Conseils des XIII, XV, XXI (haben sich die drey geheimen stuben zusammengethan und deliberirt quod faciendum, 1677, R. Reuss, Strassb. Chronik 1667-1710 (éd. 1877), p. 68.

L’occurrence la plus fréquente est celle de débit de boissons, ou auberge, où se réunit une société ou association, et à partir du XIIIe siècle une corporation ou tribu.

La Stube est un lieu de sociabilité urbaine. Alioth (Gruppen an der Macht, p. 166-217) a relevé l’ancrage des réseaux de sociabilité et de pouvoir des Stuben de Strasbourg, tout particulièrement des Stuben des constofeler et des patriciens, et noté qu’elles sont liées à la géographie des paroisses, elle-même liée à la géographie sociale de la ville. Ce n’est pas pour rien qu’après la révolution de 1332, quatre Trinkstuben patriciennes sont démolies, dont on découvre qu’elles étaient édifiées sur le terrain communal (Allmend) (Alioth p. 178, carte des Trinkstuben patriciennes).

Au milieu du XIVe siècle, se produit dans les villes d’Alsace la prise du pouvoir par les corporations de métiers. « Chaque tribu avait un local ou Stube. C’était un lieu de réunion et de plaisir, où l’on buvait ferme, mangeait de même et jouait quelquefois, lorsque l’œil indiscret du Magistrat n’y mettait pas obstacle ; c’était enfin et avant tout le lieu d’assemblée en cas d’élection, d’alerte ou d’incendie, celui, en résumé, où se traitaient toutes les affaires particulières de la tribu. La gestion de ces établissements est confiée à des Stubenknechte avec à leur tête un Hauptkann ou échanson (v. Hauptkann, le règlement de l’intendant de la Herrenstube de Sélestat). Dans les villes, les tribus ont désormais toutes leurs Zunftstuben et les notables leurs Herrenstuben (v. Herrenstuben), sises fort souvent à l’Hôtel de Ville, comme le Wagkeller de Colmar. Dans son étude synthétique sur les Herrenstuben d’Alsace (Revue d’Alsace, 1984), Lucien Sittler estime qu’elles ont disparu progressivement à partir de la guerre de Trente Ans. Elles se prolongent néanmoins dans les « cercles » et « casinos » des villes et petites villes des XVIIIe et XIXe siècles. Claude Betzinger (v. Herrenstuben de Strasbourg) rappelle que jusqu’au 27 février 1790 les séances de la Société des Amis de la Constitution de Strasbourg (fondée le 15 janvier 1790) se tinrent à la Herrenstube, avant d’occuper la salle du poêle des Cordonniers.

Sources - Bibliographie

DRW.

SEYBOTH (Adolph), Das alte Strassburg vom 13. Jahrhundert bis zum Jahre 1870. Geschichtliche Topographie nach den Urkunden und Chroniken bearbeitet, Strasbourg, 1890, p. 55, 73.

DORLAN (Alexandre), « Sélestat au XIVe siècle », RA, 1911, p. 5-34, 171-195.

PFLEGER (Alfred), « Die Schlettstadter Herrenstuben und die Stubengesellschaften », JGSL, 1917, p. 38-70.

SCHNEIDER (Camille), Der Weihnachtsbaum und seine Heimat, das Elsass, Stuttgart, 1929.

KOLLNIG, Elsässische Weistümer, 1941, p. 155.

MOEDER (Marcel), Les Institutions de Mulhouse au Moyen Âge, Strasbourg, 1951.

DOLLINGER (Philippe), « L’émancipation de la ville et la domination du patriciat (1200-1349) », LIVET-RAPP, Histoire de Strasbourg, II, Strasbourg, 1981.

SITTLER (Lucien), « Les Herrenstuben en Alsace », RA, 110, 1984, p. 5-96, avec importante bibliographie.

SCHLAEFLI (Louis), « Notes sur les Trinkstuben de Molsheim », SHAME, 1985, p. 57-62.

ALIOTH (Martin), Gruppen an der Macht, Bâle - Francfort-sur-le-Main, 1988.

SCHLAEFLI (Louis), « La Herrenstube de Molsheim au XVIe siècle », SHAME, 1992, p. 37-49.

Notices connexes

Asile

Artisanat

Auberge

Bains

Haus

Hauptkann

Herrenstube

Patriciat

François Igersheim