Quartiers de Strasbourg : Différence entre versions

De DHIALSACE
Aller à : navigation, rechercher
(Page créée avec « ''Circonscription militaire'' Comme dans de nombreuses villes médiévales, le quartier désigne la circonscription militaire de recrutement et de la mobilisation de la mi... »)
 
 
(7 révisions intermédiaires par le même utilisateur non affichées)
Ligne 1 : Ligne 1 :
''Circonscription militaire''
+
== Circonscription militaire ==
 +
 
 
Comme dans de nombreuses villes médiévales, le quartier désigne la circonscription militaire de
 
Comme dans de nombreuses villes médiévales, le quartier désigne la circonscription militaire de
 
recrutement et de la mobilisation de la milice urbaine.<br>
 
recrutement et de la mobilisation de la milice urbaine.<br>
Ligne 7 : Ligne 8 :
 
Le mot quartier peut désigner également la circonscription d’assistance et de bienfaisance (v. [[Aumône|Aumone]], [[Bienfaisance (bureau de)|Bienfaisance]], [[Charité (organisation de la)|Charité]], ''[[Hausarme]]'', [[Mendicité]]).<br>
 
Le mot quartier peut désigner également la circonscription d’assistance et de bienfaisance (v. [[Aumône|Aumone]], [[Bienfaisance (bureau de)|Bienfaisance]], [[Charité (organisation de la)|Charité]], ''[[Hausarme]]'', [[Mendicité]]).<br>
  
Dans son ouvrage Les sources manuscrites de l’his-
+
Dans son ouvrage ''Les sources manuscrites de l’histoire de Strasbourg'' (2000), Jean-Yves Mariotte écrit au sujet de l’Aumonerie : « Instituée sous l’influence de Geiler en 1523, administrée par quatre administrateurs (''Pfleger'') et une commission de 9 membres représentant les quartiers de la ville... ».<br>
toire de Strasbourg (2000), Jean-Yves Mariotte écrit
+
 
au sujet de l’Aumonerie : « Instituée sous l’influence
+
== Quartiers et topographie sociale ==
de Geiler en 1523, administrée par quatre adminis-
+
 
trateurs (Pfleger) et une commission de 9 membres
+
Mais comme le souligne Simone Herry (« Une géographie urbaine recomposée, les nouveaux lieux de l’habiter français » ; ''Amis du Vieux Strasbourg'') ce sont des critères topographiques qui sont utilisés par Jacques Hatt pour la description des quartiers de la ville tant au XVe siècle qu’au XVIIe siècle !
représentant les quartiers de la ville... ».<br>
+
Les travaux importants de géographie et d’archéologie urbaine (Th. Hatt) utilisent le mot « quartier » comme ensemble d’immeubles sélectionnés par le chercheur contemporain.<br>
 +
 
 +
C’est la circonscription paroissiale qui retient l’attention de J.‐P. Kintz (Société strasbourgeoise), tout comme le fait ultérieurement Alioth, qui a cependant tenté de reconstituer les « quartiers » des poêles et tribus (v. [[Paroisses de Strasbourg|Paroisses strasbourgeoises]]).<br>
 +
 
 +
<small>''DHS. Art. topographie sociale'', Auteure/Auteur : Hans-Jörg Gilomen, Traduction : Pierre-G. Martin – et répartition des fortunes dans la ville de Berne.</small><br>
 +
 
 +
== Quartiers et cantons ==
 +
 
 +
À la fin du XVe siècle, le mot canton, d’origine latine et française, est de plus en plus employé
 +
pour désigner le quartier de la ville. Comme le mot quartier avant lui, le mot canton peut désigner une circonscription militaire, politique (les cantons suisses et ultérieurement les cantons comme subdivisions des départements français), ou les quartiers d’une ville (DRW ; DHS).<br>
 +
 
 +
Coincidant avec la réalisation du cadastre de l’Intendant Lucé (v. [[Cadastre]]), Blondel, chargé
 +
de l’élaboration d’un plan d’embellissement de Strasbourg (v. Polaczek, « Der Strassburger Stadtregulierungsplan des Pariser Architekten Blondel (1765) », ''ZGO'' 1915-69, p. 410 à 426), procède à la réalisation d’un cadastre complet de Strasbourg, divisé en dix cantons. L’opération a fait l’objet d’une étude fouillée due à Thierry Hatt (Hatt (Thierry), « Un nouveau regard sur J.-F. Blondel et le plan « cadastral » de 1764 : équipes, financements, réseaux », ''CAAAH'', 2015, p. 145-162).<br>
 +
 
 +
Le plan devait entraîner l’alignement des façades de la majorité des rues et des percées reliant les casernes à la place d’armes, dont seule la façade nord (Aubette) fut remaniée. Mais les quartiers de la ville sont répartis en 10 cantons. Les plans de chacun des dix cantons et des propriétaires des maisons sont conservés aux Archives de Strasbourg. Ces relevés allaient de pair avec la numérotation des rues, achevée en 1786.<br>
 +
 
 +
I. Entre la Porte Blanche, le Faubourg de Saverne et le Fossé étroit<sup>1</sup>.<br>
 +
 
 +
II. Contenant la partie depuis le Faubourg de Saverne jusqu’à la Finckmatt et au Fossé étroit<sup>1</sup>.<br>
 +
 
 +
III. Contenant la partie qui commence à la Fausse Porte Blanche<sup>2</sup> et s’étend jusqu’à la fausse Porte des Juifs<sup>2</sup>, entre le Faux-rempart<sup>3</sup> la rue Kinderspiel Gass<sup>4</sup> et le Fossé des Tanneurs.<br>
 +
 
 +
IV. Contenant la partie depuis l’église de Saint-Pierre-le-Vieux jusqu’à l’Hôtel de Ville entre la Grand’Rue et les Petites Boucheries.<br>
 +
 
 +
V. Contenant la partie entre les Grandes Arcades, le Fossé derrière l’Intendance, le Fossé du Broglie et la rue des Juifs.<br>
 +
 
 +
VI. Contenant la partie depuis le Marché-aux-Poissons jusqu’au fossé derrière les Récollets, entre la rue des Juifs et la Bruche.<br>
 +
 
 +
VII. Contenant la partie depuis la Grande écluse jusqu’au Marché aux Poissons, entre la Grand’Rue
 +
et la Bruche.<br>
 +
 
 +
VIII. Contenant la partie depuis la prison Royale jusqu’à l’Hôpital Bourgeois, entre la Bruche et le Fossé des Orphelins.<br>
 +
 
 +
IX. Contenant la partie depuis le Pont-aux-Chats jusqu’à la Porte de l’Hôpital entre le fossé des
 +
Orphelins et la Rivière de la Bruche.<br>
 +
 
 +
X. Contenant la partie depuis la Porte des Bouchers jusqu’à l’Esplanade entre la Porte des Pêcheurs et l’Hôpital Royal et Militaire.<br>
 +
 
 +
<small>Notes : 1) Faux-rempart. Le Faux-rempart comprenait deux fossés de part et d’autre d’une fausse-braie : vers l’intérieur ''der weite Graben'' et vers l’extérieur ''der enge Graben''. 2) Les entrées de la ville par-dessus le fossé du Faux-rempart passaient par deux portes, dont une dans la fausse-braie. Je suppose que ce sont ces portes que Blondel désigne de ”Fausses-portes”. 3) ''Sic''. 4) Rue du Jeux-des-Enfants.</small><br>
 +
 
 +
== Sources - Bibliographie ==
 +
AVetEM Strasbourg. Plans d’urbanisme 1 Pl 1 à 1 PL21.<br>
 +
 
 +
2000. http://thierry.hatt.gps.free.fr/01-site-acad-tous-pdf/Hatt-1765-blondel-werner.pdf<br>
 +
 
 +
Hatt (Thierry), « Un système d’information géographique, du XVIe au XXIe siècle », RA, 2005, p.365-377.<br>
 +
 
 +
HATT ( Jacques), Strasbourg, il y a 300 ans, Strasbourg, 1947.<br>
 +
 
 +
HATT ( Jacques), Strasbourg au XVe siècle, Strasbourg 1929.<br>
 +
 
 +
2015, « Strasbourg, enquête Villot de 1829, État des maisons et propriétés, systèmes d’information géographique comparés », publication Metacult, Juin 2015, 31 p.<br>
 +
 
 +
http://thierry.hatt.gps.free.fr/01-site-acad-tous-pdf/Hatt-Villot-1829-Metacult-4.pdf<br>
 +
 
 +
2020, Strasbourg, plan Morant de 1548, exemple de SIG historique, mars 2020, 106 p.<br>
 +
 
 +
Quels modèles de bâti pour Strasbourg à la fin du XVIe siècle, l’Allmendbuch de 1587, mars 2020, 413 p.<br>
  
''Quartiers et topographie sociale''
+
2021 Etude de l’Allmendbuch de 1587 à Strasbourg, méthodes et outils, mars 2021<br>
Mais comme le souligne Simone Herry (« Une
 
géographie urbaine recomposée, les nouveaux lieux
 
de l’habiter français » ; Amis du Vieux Strasbourg)
 
ce sont des critères topographiques qui sont utilisés
 
par Jacques Hatt pour la description des quartiers
 
de la ville tant au XVe siècle qu’au XVIIe siècle !
 
Les travaux importants de géographie et d’archéo-
 
logie urbaine (Th. Hatt) utilisent le mot « quar-
 
tier » comme ensemble d’immeubles sélectionnés
 
par le chercheur contemporain.
 
C’est la circonscription paroissiale qui retient
 
l’attention de J.‐P. Kintz (Société strasbourgeosie),
 
tout comme le fait ultérieurement Alioth, qui a ce-
 
pendant tenté de reconstituer les « quartiers » des
 
poêles et tribus (v. Paroisses strasbougeoises).
 
DHS. Art. topographie sociale, Auteure/Auteur : Hans-Jörg
 
Gilomen, Traduction : Pierre-G. Martin – et répartition des
 
fortunes dans la ville de Berne.
 
  
''Quartiers et cantons''
+
Allmendbuch, 1587, enrichir les sens des mots par la statistique, mars 2021, 28 p.<br>
À la fin du XVe siècle, le mot canton, d’origine
 
latine et française, est de plus en plus employé
 
pour désigner le quartier de la ville. Comme le
 
mot quartier avant lui, le mot canton peut désigner
 
une circonscription militaire, politique (les cantons
 
suisses et ultérieurement les cantons comme sub-
 
divisions des départements français), ou les quar-
 
tiers d’une ville (DRW ; DHS).
 
Coincidant avec la réalisation du cadastre de
 
l’Intendant Lucé (v. Cadastre), Blondel, chargé
 
de l’élaboration d’un plan d’embellissement de
 
Strasbourg (v. Polaczek, « Der Strassburger
 
Stadtregulierungsplan des Pariser Architekten
 
Blondel (1765) », ZGO 1915-69, p. 410 à 426),
 
procède à la réalisation d’un cadastre complet de
 
Strasbourg, divisé en dix cantons. L’opération a
 
fait l’objet d’une étude fouillée due à Thierry Hatt
 
(Hatt (Thierry), « Un nouveau regard sur J.-F.
 
Blondel et le plan « cadastral » de 1764 : équipes,
 
financements, réseaux », CAAAH, 2015, p. 145-
 
162).
 
Le plan devait entraîner l’alignement des façades
 
de la majorité des rues et des percées reliant les ca-
 
sernes à la place d’armes, dont seule la façade nord
 
(Aubette) fut remaniée. Mais les quartiers de la ville
 
sont répartis en 10 cantons. Les plans de chacun
 
des dix cantons et des propriétaires des maisons
 
sont conservés aux Archives de Strasbourg. Ces relevés allaient de pair avec la numérotation des
 
rues, achevée en 1786.
 
I. Entre la Porte Blanche, le Faubourg de Saverne et le
 
Fossé étroit 1.
 
II. Contenant la partie depuis le Faubourg de Saverne
 
jusqu’à la Finckmatt et au Fossé étroit 1.
 
III. Contenant la partie qui commence à la Fausse Porte
 
Blanche 2 et s’étend jusqu’à la fausse Porte des Juifs 2,
 
entre le Fauxrempart 3 la rue Kinderspiel Gass 4 et le
 
Fossé des Tanneurs.
 
IV. Contenant la partie depuis l’église de Saint-Pierre-
 
le-Vieux jusqu’à l’Hôtel de Ville entre la Grand’Rue
 
et les Petites Boucheries.
 
V. Contenant la partie entre les Grandes Arcades, le
 
Fossé derrière l’Intendance, le Fossé du Broglie et la
 
rue des Juifs.
 
VI. Contenant la partie depuis le Marché-aux-Poissons
 
jusqu’au fossé derrière les Récollets, entre la rue des
 
Juifs et la Bruche.
 
VII. Contenant la partie depuis la Grande écluse
 
jusqu’au Marché aux Poissons, entre la Grand’Rue
 
et la Bruche.
 
VIII. Contenant la partie depuis la prison Royale jusqu’à
 
l’Hôpital Bourgeois, entre la Bruche et le Fossé des
 
Orphelins.
 
IX. Contenant la partie depuis le Pont-aux-Chats
 
jusqu’à la Porte de l’Hôpital entre le fossé des
 
Orphelins et la Rivière de la Bruche.
 
X. Contenant la partie depuis la Porte des Bouchers
 
jusqu’à l’Esplanade entre la Porte des Pêcheurs et
 
l’Hôpital Royal et Militaire.
 
Notes : 1) Faux-rempart. Le Faux-rempart comprenait deux
 
fossés de part et d’autre d’une fausse-braie : vers l’intérieur der
 
weite Graben et vers l’extérieur der enge Graben. 2) Les entrées
 
de la ville par-dessus le fossé du Faux-rempart passaient par
 
deux portes, dont une dans la fausse-braie. Je suppose que
 
ce sont ces portes que Blondel désigne de ”Fausses-portes”.
 
3) Sic. 4) Rue du Jeux-des-Enfants.
 
AVetEM Strasbourg. Plans d’urbanisme 1 Pl 1 à 1 PL21.
 
2000. http://thierry.hatt.gps.free.fr/01-site-acad-tous-pdf
 
-site-acad-tous-pdf/Hatt-1765-blondel-werner.pdf.
 
Hatt (Thierry), « Un système d’information géogra-
 
phique, du XVIe au XXIe siècle », RA, 2005, p. 365-377.
 
HATT ( Jacques), Strasbourg, il y a 300 ans, Strasbourg, 1947.
 
HATT ( Jacques), Strasbourg au XVe siècle, Strasbourg 1929.
 
2015, « Strasbourg, enquête Villot de 1829, État des mai-
 
sons et propriétés, systèmes d’information géographique
 
comparés », publication Metacult, Juin 2015, 31 p.
 
http://thierry.hatt.gps.free.fr/01-site-acad-tous-pdf/Hatt-
 
Villot-1829-Metacult-4.pdf.
 
2020, Strasbourg, plan Morant de 1548, exemple de SIG
 
historique, mars 2020, 106 p.
 
http://2020-03-03-Etude-critique--plan-Mo-
 
rant-1548.
 
Quels modèles de bâti pour Strasbourg à la fin du XVIe siècle,
 
l’Allmendbuch de 1587, mars 2020, 413 p. https://2021-08-02-CONF-ALLMENDBUCH-HATT.
 
2021 Etude de l’Allmendbuch de 1587 à Strasbourg, mé-
 
thodes et outils, mars 2021
 
https://2021-02-08-Allmendbuch-1587-ME-
 
THODES-ET-OUTILS
 
Allmendbuch, 1587, enrichir les sens des mots par la statis-
 
tique, mars 2021, 28 p.
 
http://1587-ALLMENDBUCH-ENRI-
 
CHIR-SENS-MOTS.
 
 
<div align="right">'''Jean-Marie Holderbach, François Igersheim'''</div align>
 
<div align="right">'''Jean-Marie Holderbach, François Igersheim'''</div align>
 +
[[Category : Q]]

Version actuelle datée du 16 juillet 2026 à 10:32

Circonscription militaire

Comme dans de nombreuses villes médiévales, le quartier désigne la circonscription militaire de recrutement et de la mobilisation de la milice urbaine.

Jacques Hatt relève à Strasbourg des « quartierherren » (Strasbourg, il y a 300 ans, p. 9), qui désigne les chefs des contingents à fournir par les tribus pour la garde – fort négligente – des portes en 1653. Les effectifs permanents sont levés par les tribus, mais au cours du XVe siècle, ils sont renforcés par des auxiliaires, habitants du quartier des portes ; le contingent est commandé par les quartierherren (Hatt, Strasbourg au XVe siècle, p.123-124). Ainsi aux portes : Porte de l’Hôpital, Porte Sainte-Élisabeth, Porte du Péage, Porte de Spire, Porte Saint-Étienne, Porte des Repenties (Sainte‐Madeleine), Porte des Juifs, Porte Blanche, Porte de Cronenbourg, Porte Saint-Jean, Porte Sainte-Catherine, Porte des Pêcheurs, Ponts Couverts. Cette réglementation est encore appliquée au XVIIe siècle, où le Quartier est employé comme synonyme de poste de garde. Le poste est placé sous la responsabilité d’un Quartier-Meister, nommé par les XXI (XXI, 1639, fo 108). Les bourgeois sont tenus de venir à l’heure au poste et de ne pas le quitter avant la cloche du matin (XXI, 1620, fo 235). Chacun des postes de garde (Quartieren), devrait avoir 3 pelotons ou Rotten (XXI, 1620, fo 79 et 80).

Le mot quartier peut désigner également la circonscription d’assistance et de bienfaisance (v. Aumone, Bienfaisance, Charité, Hausarme, Mendicité).

Dans son ouvrage Les sources manuscrites de l’histoire de Strasbourg (2000), Jean-Yves Mariotte écrit au sujet de l’Aumonerie : « Instituée sous l’influence de Geiler en 1523, administrée par quatre administrateurs (Pfleger) et une commission de 9 membres représentant les quartiers de la ville... ».

Quartiers et topographie sociale

Mais comme le souligne Simone Herry (« Une géographie urbaine recomposée, les nouveaux lieux de l’habiter français » ; Amis du Vieux Strasbourg) ce sont des critères topographiques qui sont utilisés par Jacques Hatt pour la description des quartiers de la ville tant au XVe siècle qu’au XVIIe siècle ! Les travaux importants de géographie et d’archéologie urbaine (Th. Hatt) utilisent le mot « quartier » comme ensemble d’immeubles sélectionnés par le chercheur contemporain.

C’est la circonscription paroissiale qui retient l’attention de J.‐P. Kintz (Société strasbourgeoise), tout comme le fait ultérieurement Alioth, qui a cependant tenté de reconstituer les « quartiers » des poêles et tribus (v. Paroisses strasbourgeoises).

DHS. Art. topographie sociale, Auteure/Auteur : Hans-Jörg Gilomen, Traduction : Pierre-G. Martin – et répartition des fortunes dans la ville de Berne.

Quartiers et cantons

À la fin du XVe siècle, le mot canton, d’origine latine et française, est de plus en plus employé pour désigner le quartier de la ville. Comme le mot quartier avant lui, le mot canton peut désigner une circonscription militaire, politique (les cantons suisses et ultérieurement les cantons comme subdivisions des départements français), ou les quartiers d’une ville (DRW ; DHS).

Coincidant avec la réalisation du cadastre de l’Intendant Lucé (v. Cadastre), Blondel, chargé de l’élaboration d’un plan d’embellissement de Strasbourg (v. Polaczek, « Der Strassburger Stadtregulierungsplan des Pariser Architekten Blondel (1765) », ZGO 1915-69, p. 410 à 426), procède à la réalisation d’un cadastre complet de Strasbourg, divisé en dix cantons. L’opération a fait l’objet d’une étude fouillée due à Thierry Hatt (Hatt (Thierry), « Un nouveau regard sur J.-F. Blondel et le plan « cadastral » de 1764 : équipes, financements, réseaux », CAAAH, 2015, p. 145-162).

Le plan devait entraîner l’alignement des façades de la majorité des rues et des percées reliant les casernes à la place d’armes, dont seule la façade nord (Aubette) fut remaniée. Mais les quartiers de la ville sont répartis en 10 cantons. Les plans de chacun des dix cantons et des propriétaires des maisons sont conservés aux Archives de Strasbourg. Ces relevés allaient de pair avec la numérotation des rues, achevée en 1786.

I. Entre la Porte Blanche, le Faubourg de Saverne et le Fossé étroit1.

II. Contenant la partie depuis le Faubourg de Saverne jusqu’à la Finckmatt et au Fossé étroit1.

III. Contenant la partie qui commence à la Fausse Porte Blanche2 et s’étend jusqu’à la fausse Porte des Juifs2, entre le Faux-rempart3 la rue Kinderspiel Gass4 et le Fossé des Tanneurs.

IV. Contenant la partie depuis l’église de Saint-Pierre-le-Vieux jusqu’à l’Hôtel de Ville entre la Grand’Rue et les Petites Boucheries.

V. Contenant la partie entre les Grandes Arcades, le Fossé derrière l’Intendance, le Fossé du Broglie et la rue des Juifs.

VI. Contenant la partie depuis le Marché-aux-Poissons jusqu’au fossé derrière les Récollets, entre la rue des Juifs et la Bruche.

VII. Contenant la partie depuis la Grande écluse jusqu’au Marché aux Poissons, entre la Grand’Rue et la Bruche.

VIII. Contenant la partie depuis la prison Royale jusqu’à l’Hôpital Bourgeois, entre la Bruche et le Fossé des Orphelins.

IX. Contenant la partie depuis le Pont-aux-Chats jusqu’à la Porte de l’Hôpital entre le fossé des Orphelins et la Rivière de la Bruche.

X. Contenant la partie depuis la Porte des Bouchers jusqu’à l’Esplanade entre la Porte des Pêcheurs et l’Hôpital Royal et Militaire.

Notes : 1) Faux-rempart. Le Faux-rempart comprenait deux fossés de part et d’autre d’une fausse-braie : vers l’intérieur der weite Graben et vers l’extérieur der enge Graben. 2) Les entrées de la ville par-dessus le fossé du Faux-rempart passaient par deux portes, dont une dans la fausse-braie. Je suppose que ce sont ces portes que Blondel désigne de ”Fausses-portes”. 3) Sic. 4) Rue du Jeux-des-Enfants.

Sources - Bibliographie

AVetEM Strasbourg. Plans d’urbanisme 1 Pl 1 à 1 PL21.

2000. http://thierry.hatt.gps.free.fr/01-site-acad-tous-pdf/Hatt-1765-blondel-werner.pdf

Hatt (Thierry), « Un système d’information géographique, du XVIe au XXIe siècle », RA, 2005, p.365-377.

HATT ( Jacques), Strasbourg, il y a 300 ans, Strasbourg, 1947.

HATT ( Jacques), Strasbourg au XVe siècle, Strasbourg 1929.

2015, « Strasbourg, enquête Villot de 1829, État des maisons et propriétés, systèmes d’information géographique comparés », publication Metacult, Juin 2015, 31 p.

http://thierry.hatt.gps.free.fr/01-site-acad-tous-pdf/Hatt-Villot-1829-Metacult-4.pdf

2020, Strasbourg, plan Morant de 1548, exemple de SIG historique, mars 2020, 106 p.

Quels modèles de bâti pour Strasbourg à la fin du XVIe siècle, l’Allmendbuch de 1587, mars 2020, 413 p.

2021 Etude de l’Allmendbuch de 1587 à Strasbourg, méthodes et outils, mars 2021

Allmendbuch, 1587, enrichir les sens des mots par la statistique, mars 2021, 28 p.

Jean-Marie Holderbach, François Igersheim