Banquet

De DHIALSACE
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Brass, Irte, Urte, Gelag

Repas offert par une communauté (village, ville, corporation, société ou par des familles), dans des circonstances particulières.

De nombreux coutumiers alsaciens mentionnent les repas copieusement arrosés offerts obligatoirement aux collègues, administratifs ou judiciaires, aux membres de la corporation. Dans certains cas, les frais étaient supportés par la caisse commune alimentée par le produit des amendes et des taxes. Les banquets étaient le mode traditionnel d’utiliser les bénéfices de l’exercice qui, semble-t-il, n’étaient pas reportés d’une année sur l’autre. Dans d’autres cas, le repas était la récompense ou mieux la rémunération du service rendu.

Au Moyen Âge et au XVIe siècle, après les exécutions capitales, un festin était organisé par les autorités et offert aux juges, aux défenseurs de l’accusé et au procureur, aux frais des condamnés. Ces repas dégénéraient parfois en réjouissances et furent abolis en 1619 ( D. Fischer).

Au XVIIIe siècle, les repas dus en indemnités s’appelaient « les dépenses de bouche ». L’intendant Poncet de la Rivière dénonce en 1672 les dépenses de bouche continuelles et excessives (Hoffmann). Pourtant une réglementation importante est édictée pour tenter de réprimer les abus et dépenses excessives entraînées par les banquets. Les premiers statuts de Strasbourg (XIIe siècle) contiennent des dispositions concernant les banquets : interdiction d’inviter plus de 16 personnes au repas de noces, sous peine de bannissement.

Dans la Polizeiordnung de 1628 de Strasbourg et selon un décret pour les banquets de mariage de 1646, une prière devait être dite au début et à la fin du banquet  (Moscherosch, publié par Beinert).

En 1646, le Règlement de Strasbourg détermine le luxe des banquets de mariage : il n’y aurait pas plus de 200 invités.

Au XVIe et au XVIIe siècles, lors des banquets de mariage et de baptême, le Hirschessen qui avait lieu le samedi avant le mariage est souvent dénoncé comme lieu d’excès en tous genres par les curés et les Schultheissen. Lors du baptême, des banquets appelés Taufsuppe ou Kinderschenke duraient trois jours entiers et donnaient lieu aux mêmes plaintes.

Dans les comptes communaux de Molsheim, il est fait état de frais de bouche et de repas à de multiples occasions ; la chose était d’autant plus aisée que la Ratstube comportait une cuisine bien équipée.

Ainsi, en 1525/26, il est fait état de dépenses de ce type lors de la reddition des comptes, lors de l’embauche de nouveaux employés, lors de la prestation de serment (« Montags nach Michaelis »), lors de la passation des pouvoirs entre les Stättmeister régents, lors des séances du conseil, à l’occasion du choix d’une nouvelle sage-femme, lors de la collecte de la taille, de la location des bancs de bouchers, lors du « Meßtag uff Peter und Pauli… » (AM Molsheim CC 53). On boit aussi, en 1544, à l’occasion de la fixation du prix du vin (Weinschlag) (AMM CC 55) ou encore, en 1582, « am montag nach Galli », lors de la location des places du marché (AMM CC 58).

Un Imbiss est servi à ces Messieurs après l’office pour l’empereur récemment décédé, en décembre 1576 (AMM CC 57). En 1589, « uff Montag Peter und Pauli », les officiels vont boire, « als die Kriegs ordnung widerumb ernewert und die Neüwe Burger und die Rotten Ingetheilt worden ». Au jour de la prestation du serment (scheürtag), en 1607, 20 tables (scheuben) étaient occupées à la Ratstube (AMM CC 62) ; en 1613, il est question de « 25 Scheiben Personen » (AMM CC 64).

Au Nouvel An de 1685, la ville sert en outre un rôti aux officiels : elle verse 7l b 15 s. 2 d. à Adam Hirchenhan, bawmeister, pour divers débours : « waß er, altem gebrauch nach, vor die H. Weÿnacht Meÿen (sapins), und Newe Jahrs Braten, und denen Stattbedienten, und zu der Schulkinder Königreich angewendet » (AMM CC 152a, 39 vo).

À la suite de l’exécution de sept sorcières, un festin réunit à la Ratstube de Molsheim, le 19 mars 1599, 37 convives, dont le prévôt et les membres du Gericht. Tout comme les frais de justice, d’incarcération et d’exécution, les frais de ce repas seront prélevés sur les successions confisquées des victimes (ABR 2 B 370/32).

Sources - Bibliographie

Archives municipales de Molsheim.

FISCHER (Dagobert), RA, 1872, p. 427.

HOFFMANN (Charles), La Haute Alsace durant l’administration provinciale, I, 1899, p. 45 et II, 1903, p. 113).

BEINERT (Johannes), Moscherosch Jahrbuch für Geschichte Els. Lothringen, 23, 1907, p. 138 à 146.

Notices connexes

Exécution

Gericht

Imbiss

Procès

Ratstube

Serment

Weinschlag

Marcel Thomann, Louis Schlaefli