Hut

De DHIALSACE
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Garde, Chapeau   

1. Garde, protection, garantie, supervision (au féminin, die Hut, die Obhut)
Le terme désigne toute autorité chargée de maintenir en paix ou d’arbitrer les conflits au sein d’une
communauté (une corporation, p. ex), une institution (un accord de paix du type landfrieden) ou un lieu (un château, des terres…).


2. Chapeau (au masculin, der Hut)
Pièce de vêtement portée par la quasi-totalité des hommes adultes (à l’exception des moines) – les femmes ayant leurs propres coiffes –, le chapeau rend compte des modes et exprime un statut. Les conventions sociales déterminent son usage public : on se découvre dans un lieu sacré (église, cimetière, devant un oratoire) ou devant un supérieur, ces usages étant attestés du Moyen Âge à l’époque moderne.
Le couvre-chef contribue à l’identité de son porteur : la forme (hut désigne un chapeau à rebords, kappen, keppel, un bonnet, hauben un bonnet rabattu), le matériau plus ou moins riche (feutre, fourrure, tissu, cuir), la couleur (qui peut être celle de la livrée d’un grand personnage ou d’une communauté, ainsi : « chapel de livrée » pour les 41 compagnons
envoyés par la ville d’Épinal à Marmoutier en 1470), les ornements (bijoux, médailles, enseignes de pèlerinage, plumes, aigrettes) en sont les marqueurs habituels. Ainsi, le chapeau de Gessler fiché sur un mât dans le bourg d’Altdorf peut-il être considéré comme un symbole du pouvoir défié par Guillaume Tell, identifié du même coup comme un rebelle (et, d’ailleurs, souvent figuré tête nue). Le bailli Pierre de Hagenbach est, quant à lui, toujours représenté coiffé.
Ce rôle de distinction donne lieu à des conflits : en 1506, à la Kilbe de Lutterbach, le châtelain de Pfastatt se jette sur un Mulhousien dont la barrette était ornée d’une plume de paon, sous prétexte que cet accessoire était l’apanage des nobles et de leurs serviteurs.
Du fait de la fragilité des matières textiles employées, il n’existe pas d’exemplaires de chapeaux conservés antérieurs au XVIIIe siècle dans les collections publiques alsaciennes, mais de nombreux inventaires de succession et une iconographie abondante permettent de se faire une idée des couvre-chefs utilisés. Les chapeliers (hutmacher, baretmacher) ne forment pas leur propre corporation, mais, peuvent constituer une section (handwerck) d’une tribu (zunft) à l’instar de celle du Miroir de Strasbourg (PV conservés de 1748 à 1788). Ils se concertent à l’échelle régionale, puisqu’il existe un landmeister dans chacun des deux landgraviats et que leur concurrence fait l’objet d’arbitrages, certaines localités (Wasselonne, Barr) ayant, semble-t-il, une zone de chalandise assez large.
La réglementation prise par les autorités urbaines dans le domaine reste à étudier : elle se décompose en ordonnances somptuaires (les polizey ordnungen de Strasbourg de 1628 et 1708) et en prescriptions techniques. En 1662, la Chambre des XXI de Strasbourg publie un décret (renouvelé en 1669 et en 1680) fixant la dimension légale des chapeaux appelés bauernhüte d’un diamètre de 4 ½ viertel (vraisemblablement le quart d’une aune, soit 11 cm, c.-à-d. 49,5 cm).  

Bibliographie

AM Strasbourg, Série XI, 285.
HANAUER, p. 44-45.

Notices connexes

Costume


Georges Bischoff