Génie

De DHIALSACE
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Formation militaire chargée de construire des fortifications, de s’emparer d’une place forte, la poliorcétique, ou d’effectuer les travaux relatifs aux voies de communication pour les troupes.

Dès la Renaissance, des architectes militaires tels Daniel Specklin à Strasbourg, se consacrent à doter les villes de fortifications. Jusqu’au XVIIe siècle, l’armée française ne dispose pas d’un corps de génie spécifique, mais des spécialistes nommés « ingénieurs du roi » (v. Ingénieur du roi). Les ingénieurs dessinent les nouvelles fortifications bastionnées, choisissent les matériaux offrant le plus de résistance au choc des boulets. Ils participent à la défense et à l’attaque des places de terre ou de mer. Ils dirigent le creusement des tranchées en direction des villes ennemies. Ils ne disposent pas de troupes affectées à leur disposition, mais de sapeurs pour les tranchées et de mineurs pour les travaux souterrains. Ces hommes continuent à relever de l’artillerie. À la demande des ingénieurs, les généraux peuvent les astreindre aux corvées effectuées par des fantassins ou des paysans.

En 1691, Louis XIV décide de réunir tous les services et le personnel affectés aux places fortes de son royaume en un département des fortifications des places de terre et de mer. La reconnaissance officielle d’un corps des ingénieurs du roi est l’oeuvre de Vauban. Il intègre les anciens officiers d’infanterie devenus ingénieurs de tranchées qui mènent de front une carrière dans les troupes réglées. Les ingénieurs des places, eux, ne sont pas intégrés à l’armée. Ces officiers du génie ne sont guère appréciés des commandants d’armée et de place souvent ignorants de la poliorcétique, qui supportent mal les lenteurs des travaux de tranchées et de mines, ni par les officiers d’artillerie qui jalousent leurs connaissances scientifiques. Malgré les efforts de Vauban, les ingénieurs restèrent sans troupe. Le corps de génie ne se compose que d’officiers, les hommes de troupe sont empruntés à l’infanterie ou à l’artillerie.

À la fin du règne de Louis XIV, le corps du génie se compose d’environ trois cents ingénieurs. Il connaît plusieurs réformes au cours du XVIIIe siècle. À partir de 1748, l’école de Mézières assure la formation initiale des ingénieurs du roi qui, après deux ans d’études, sont nommés aspirants au corps royal du génie. Après une brève fusion de 1755 à 1758, les ingénieurs des places chargés du service des fortifications sont séparés du corps de l’artillerie pour faire un seul corps, celui des ingénieurs. L’année suivante, les sapeurs et les compagnies de mineurs sont détachés de l’artillerie pour être rattachés au corps des ingénieurs. L’ordonnance du 31 décembre 1776 prévoit que le corps des ingénieurs militaires porte à l’avenir le titre de corps royal du génie.

Au début de la Révolution, ce corps disparaît du fait de la volonté de l’armée de récupérer le génie en son sein et du désir des ingénieurs d’être mis sur un pied d’égalité avec les autres officiers. Avec la reprise de la guerre de mouvement, les missions du génie s’étendent aux communications avec l’aménagement de routes et le franchissement des cours d’eau. Le 15 décembre 1793, la Convention consolide le corps du génie en lui confiant définitivement des troupes composées de mineurs et de sapeurs. Les douze bataillons de sapeurs comprennent chacun huit compagnies de deux cents hommes, dirigés par un état-major de quatre cents officiers. Pourtant, dans cette nouvelle organisation, le transport des ponts de bateaux reste sous la responsabilité de l’artillerie.

Sous le Premier Empire, le génie devient un corps important occupé aux innombrables travaux de guerre et de fortification. Son effectif dépasse souvent les 20 000 hommes. En 1805, il est organisé en cinq bataillons de sapeurs et neuf compagnies de mineurs. En 1806, un bataillon du train du génie lui est adjoint. En 1812, le génie est engagé dans la campagne de Russie et s’illustre notamment par la création de deux ponts sur la Bérézina. En 1814, la Restauration abandonne la répartition des compagnies entre bataillons spéciaux de mineurs et de sapeurs. Le corps du génie comprend alors trois régiments de sapeurs-mineurs.

Bibliographie

BLANCHARD (Anne), Les ingénieurs du Roy de Louis XIV à Louis XVI, Montpellier, 1979.

Notices connexes

Canaux

Chaussées

Fortifications

Ingénieur du roi

Pioniere

Philippe Jéhin