Dispense canonique : Différence entre versions

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<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">''dispensatio'', ''Dispenz''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Acte de juridiction par lequel un supérieur compétent suspend, dans un cas spécial, l’obligation d’une loi canonique. Le plus souvent, les dispenses sont accordées, aux clercs ou aux laïcs, par l’évêque du lieu, mais certaines relèvent du pape, donc des Congrégations romaines ; d’autres peuvent être attribuées par des religieux ou de simples prêtres.</p>  
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<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">''dispensatio'', ''Dispenz''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Acte de juridiction par lequel un supérieur compétent suspend, dans un cas spécial, l’obligation d’une loi canonique. Le plus souvent, les dispenses sont accordées, aux clercs ou aux laïcs, par l’évêque du lieu, mais certaines relèvent du pape, donc des Congrégations romaines&nbsp;; d’autres peuvent être attribuées par des religieux ou de simples prêtres.</p>  
 
= Dispenses pour ordination =
 
= Dispenses pour ordination =
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">1. Sauf dispense spéciale de Rome « ''super defectu natalium'' », nul ne peut entrer dans le clergé diocésain s’il n’est pas né d’un mariage légitime (« ''e thoro legitimo'' »). Ainsi Pierre Muller, fils de Nicolas Muller, curé de Rumersheim (67), exhiba,&nbsp;outre son dimissoire, pareille dispense pour se faire ordonner acolyte à Bâle en 1601 : « ''ex presbytero et soluta, sed dispensationem obtinuit à Philippo Spirello Archiepisc. Collossen. ad ordinarium suum, à quo di-missorium obtinuit ''» (AAEB A 46/1, f° 85). Mathias Burckhard, de Strasbourg, paya un florin en 1515/16 « ''pro dispensatione ap(osto)lica super defectu Natalium'' » (G 1434/2).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">RAPP (Francis), « Klerus und Illegitimität in der Diözese Strassburg (1449-1523) », SCHMUGGE (Ludwig, dir.), ''Illegitimität im Spätmittelalter, Schriften des Historischen Kollegs Kolloquien'', 29, München, 1994, p. 227-2238.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Adam Füchslein, d’Ensisheim, 30 ans, borgne, a été ordonné sous-diacre à Pâques 1614, après avoir obtenu dispense « ''super defectu oculi dextri ''» (AAEB A 46/1, 173) ; ce fut le cas aussi pour Jean Georges Gorre, futur official de Strasbourg (AAEB A 46/1, 165). Simon Des Praix fut ordonné sous-diacre le Samedi Saint 1613, avec dispense « ''super claudicatione'' » (AAEB A 46/1, 164). Thiébaud Sutor, de Thann, a obtenu dispense « ''super irregularitate quam quondam ex casuali homicidio contraxerat'' » avant de recevoir les ordres mineurs et le sous-diaconat en 1617 (AAEB A 46/1, 216).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">2. D’autre part, pour certaines dignités, l’impétrant devait, sauf dispense, être au moins diacre. Henri de Pfettisheim, chanoine (1247-1294†), prévôt (1262) de Saint-Thomas, obtint dispense du pape, malgré le serment prêté, de se faire ordonner diacre avant d’entrer en fonction (1247) (RBS N° 1228). Heinrich de Dicke, chanoine à Strasbourg et à Spire, détenait en 1363 les rectorats de Benfeld et d’Offenburg, sans dispense, alors qu’il n’était pas prêtre. Laurent Kron, official de Bâle, avait été nommé chanoine de Saint-Pierre à Bâle en 1460 ; il obtint une dispense papale des ordres majeurs pour cinq ans, mais devait se faire ordonner sous-diacre dans l’année (1461) ; il résigna en 1462 et se maria. WIRZ (Caspar), ''Regesten zur Schweizergeschichte aus den päpstlichen Archiven'', 1447-1513, Bern, 1911, t. II, N° 214.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Citons le cas limite de Johann Küsterlin, qui a bravé toutes les difficultés. Né à Fribourg-en-Brisgau d’un sous-diacre et d’une célibataire, il était déjà bénéficier du Grand choeur de Strasbourg en 1309 comme simple tonsuré, à l’âge de dix ans. Acolyte, il devint recteur de Saessolsheim et de Bischoffsheim en 1322, du Gloeckelsberg et de Sélestat en 1325, comme sous-diacre. Nous présumons qu’il avait une dispense. Une fois ordonné prêtre, il continua à cumuler les postes : Roi du Choeur, recteur à Sélestat et à Saint-Martin à Strasbourg, prébendier à Molsheim, prévôt à Rhinau. Il encourra finalement les foudres de Rome pour raison de cumul, mais sera relevé de son irrégularité moyennant paiement de 200 florins''in subsidium fidelium contra Turchos'' et retrouva certains de ses postes.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">3. Cas spéciaux</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- Rodolphe d’Ochsentein, qui avait été forcé, à l’âge de 11 ans, par son frère Otto, de recevoir le sous-diaconat, fut dispensé par le pape de se faire ordonner et autorisé à se marier (1330) (HAUVILLER (Ernst), Analecta Argentinensia. Vatikanische Akten und Regesten zur Geschichte des Bistums Strassburg im XIV. Jahrhundert. (Johann XXII, 1316-1334)..., Strassburg, 1900, p. 208 N° 248).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- Nicolas Loehelin, greffier de Haguenau (1399-1403), séparé de son épouse, avait obtenu une dispense spéciale (« ''super inhab(ilitate) ab uxore separatus et ad sacros ordines promotus&nbsp;''») pour se faire ordonner prêtre ; il devint chanoine à Surbourg, mais reprit son épouse.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- Dispense pour irrégularité : Jean Bendit, de Roppentzwiller, fut refusé au sous-diaconat pour une irrégularité pour laquelle il devait obtenir dispense ; celle d’avoir été soldat « ''cum per multos annos apud Holamdos militem egerit&nbsp;''» (1624) (AAEB A 46/2, 8).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- Frédéric de Zollern, chanoine du Grand Chapitre, obtint dispense « ''super irregul. et habil.&nbsp;''» pour avoir capturé Guillaume de Diest (1417) (''Repertorium Germanicum'', t. IV, p. 762, 1483).</p>  
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<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">1. Sauf dispense spéciale de Rome «&nbsp;''super defectu natalium''&nbsp;», nul ne peut entrer dans le clergé diocésain s’il n’est pas né d’un mariage légitime («&nbsp;''e thoro legitimo''&nbsp;»). Ainsi Pierre Muller, fils de Nicolas Muller, curé de Rumersheim (67), exhiba,&nbsp;outre son dimissoire, pareille dispense pour se faire ordonner acolyte à Bâle en 1601&nbsp;: «&nbsp;''ex presbytero et soluta, sed dispensationem obtinuit à Philippo Spirello Archiepisc. Collossen. ad ordinarium suum, à quo di-missorium obtinuit ''» (AAEB A 46/1, f° 85). Mathias Burckhard, de Strasbourg, paya un florin en 1515/16 «&nbsp;''pro dispensatione ap(osto)lica super defectu Natalium''&nbsp;» (G 1434/2).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">RAPP (Francis), «&nbsp;Klerus und Illegitimität in der Diözese Strassburg (1449-1523)&nbsp;», SCHMUGGE (Ludwig, dir.), ''Illegitimität im Spätmittelalter, Schriften des Historischen Kollegs Kolloquien'', 29, München, 1994, p. 227-2238.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Adam Füchslein, d’Ensisheim, 30 ans, borgne, a été ordonné sous-diacre à Pâques 1614, après avoir obtenu dispense «&nbsp;''super defectu oculi dextri ''» (AAEB A 46/1, 173)&nbsp;; ce fut le cas aussi pour Jean Georges Gorre, futur official de Strasbourg (AAEB A 46/1, 165). Simon Des Praix fut ordonné sous-diacre le Samedi Saint 1613, avec dispense «&nbsp;''super claudicatione''&nbsp;» (AAEB A 46/1, 164). Thiébaud Sutor, de Thann, a obtenu dispense «&nbsp;''super irregularitate quam quondam ex casuali homicidio contraxerat''&nbsp;» avant de recevoir les ordres mineurs et le sous-diaconat en 1617 (AAEB A 46/1, 216).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">2. D’autre part, pour certaines dignités, l’impétrant devait, sauf dispense, être au moins diacre. Henri de Pfettisheim, chanoine (1247-1294†), prévôt (1262) de Saint-Thomas, obtint dispense du pape, malgré le serment prêté, de se faire ordonner diacre avant d’entrer en fonction (1247) (RBS N° 1228). Heinrich de Dicke, chanoine à Strasbourg et à Spire, détenait en 1363 les rectorats de Benfeld et d’Offenburg, sans dispense, alors qu’il n’était pas prêtre. Laurent Kron, official de Bâle, avait été nommé chanoine de Saint-Pierre à Bâle en 1460&nbsp;; il obtint une dispense papale des ordres majeurs pour cinq ans, mais devait se faire ordonner sous-diacre dans l’année (1461)&nbsp;; il résigna en 1462 et se maria. WIRZ (Caspar), ''Regesten zur Schweizergeschichte aus den päpstlichen Archiven'', 1447-1513, Bern, 1911, t. II, N° 214.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Citons le cas limite de Johann Küsterlin, qui a bravé toutes les difficultés. Né à Fribourg-en-Brisgau d’un sous-diacre et d’une célibataire, il était déjà bénéficier du Grand choeur de Strasbourg en 1309 comme simple tonsuré, à l’âge de dix ans. Acolyte, il devint recteur de Saessolsheim et de Bischoffsheim en 1322, du Gloeckelsberg et de Sélestat en 1325, comme sous-diacre. Nous présumons qu’il avait une dispense. Une fois ordonné prêtre, il continua à cumuler les postes&nbsp;: Roi du Choeur, recteur à Sélestat et à Saint-Martin à Strasbourg, prébendier à Molsheim, prévôt à Rhinau. Il encourra finalement les foudres de Rome pour raison de cumul, mais sera relevé de son irrégularité moyennant paiement de 200 florins''in subsidium fidelium contra Turchos'' et retrouva certains de ses postes.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">3. Cas spéciaux</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- Rodolphe d’Ochsentein, qui avait été forcé, à l’âge de 11 ans, par son frère Otto, de recevoir le sous-diaconat, fut dispensé par le pape de se faire ordonner et autorisé à se marier (1330) (HAUVILLER (Ernst), Analecta Argentinensia. Vatikanische Akten und Regesten zur Geschichte des Bistums Strassburg im XIV. Jahrhundert. (Johann XXII, 1316-1334)..., Strassburg, 1900, p. 208 N° 248).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- Nicolas Loehelin, greffier de Haguenau (1399-1403), séparé de son épouse, avait obtenu une dispense spéciale («&nbsp;''super inhab(ilitate) ab uxore separatus et ad sacros ordines promotus&nbsp;''») pour se faire ordonner prêtre&nbsp;; il devint chanoine à Surbourg, mais reprit son épouse.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- Dispense pour irrégularité&nbsp;: Jean Bendit, de Roppentzwiller, fut refusé au sous-diaconat pour une irrégularité pour laquelle il devait obtenir dispense&nbsp;; celle d’avoir été soldat «&nbsp;''cum per multos annos apud Holamdos militem egerit&nbsp;''» (1624) (AAEB A 46/2, 8).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- Frédéric de Zollern, chanoine du Grand Chapitre, obtint dispense «&nbsp;''super irregul. et habil.&nbsp;''» pour avoir capturé Guillaume de Diest (1417) (''Repertorium Germanicum'', t. IV, p. 762, 1483).</p>  
 
= Dispense d’âge =
 
= Dispense d’âge =
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">En 1371, Henri, comte de Montfort, était déjà chanoine au Grand chapitre de Strasbourg lorsqu’on lui conféra un autre canonicat à Constance ; on passa sur le cumul et on lui accorda une dispense d’âge puisqu’il n’avait que 15 (ou 11 ?) ans. En 1463, Pantaléon de Flachslanden, âgé de 7 ans, obtint dispense papale pour détenir des bénéfices dans des collégiales dès l’âge de 8 ans et dans des chapitres à l’âge de 12 ans (1463) (WIRZ, ''Regesten'', II, N° 295). Jean Bernard d’Angeloch, évêque-suffragant de Bâle, fut nommé en 1613, évêque de Chrysopolis à 27 ans, avec dispense d’âge.</p>  
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<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">En 1371, Henri, comte de Montfort, était déjà chanoine au Grand chapitre de Strasbourg lorsqu’on lui conféra un autre canonicat à Constance&nbsp;; on passa sur le cumul et on lui accorda une dispense d’âge puisqu’il n’avait que 15 (ou 11&nbsp;?) ans. En 1463, Pantaléon de Flachslanden, âgé de 7 ans, obtint dispense papale pour détenir des bénéfices dans des collégiales dès l’âge de 8 ans et dans des chapitres à l’âge de 12 ans (1463) (WIRZ, ''Regesten'', II, N° 295). Jean Bernard d’Angeloch, évêque-suffragant de Bâle, fut nommé en 1613, évêque de Chrysopolis à 27 ans, avec dispense d’âge.</p>  
 
= Dispense pour administrer une paroisse =
 
= Dispense pour administrer une paroisse =
 
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Normalement les paroisses sont réservées au clergé diocésain, qui, à certaines époques, était pléthorique. Mais tel n’était pas toujours le cas. En 1564, Joannes Meyer, prêtre du diocèse de Constance, bénédictin, obtint dispense pour obtenir un bénéfice ecclésiastique à cause de la pénurie de prêtres (15 juin 1564) (G 1425, f. 232). Un rectorat est normalement conféré à un prêtre, mais Arbogast Ellenhart, sous-diacre, recteur de Mutzig depuis 1427, obtint en 1431 dispense d’ordination pour 5 ans, pour raison d’études (1431) (''Repertorium Germanicum'', t. I, p. 175).</p>  
 
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Normalement les paroisses sont réservées au clergé diocésain, qui, à certaines époques, était pléthorique. Mais tel n’était pas toujours le cas. En 1564, Joannes Meyer, prêtre du diocèse de Constance, bénédictin, obtint dispense pour obtenir un bénéfice ecclésiastique à cause de la pénurie de prêtres (15 juin 1564) (G 1425, f. 232). Un rectorat est normalement conféré à un prêtre, mais Arbogast Ellenhart, sous-diacre, recteur de Mutzig depuis 1427, obtint en 1431 dispense d’ordination pour 5 ans, pour raison d’études (1431) (''Repertorium Germanicum'', t. I, p. 175).</p>  
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<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Pour éviter ou du moins limiter l’endogamie, l’église a rangé la consanguinité au rang des empêchements de mariage. Des dispenses permettent, dans certains cas, de passer outre, non sans frais et dans des délais parfois dissuasifs. Grégoire XIII accorda une pareille dispense à Gall Acker et à Brigitte N., de Weyersheim, en 1581 (AMS CH 471/9701).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">FERRIERE, ''Dictionnaire'' (1762), p. 700.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">VELT (Ludwig Andreas), ''Volksfrommes Brauchtum und Kirche im deutschen Mittelalter'', Freiburg i. Br., 1936, p. 142, 149.</p>  
 
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Pour éviter ou du moins limiter l’endogamie, l’église a rangé la consanguinité au rang des empêchements de mariage. Des dispenses permettent, dans certains cas, de passer outre, non sans frais et dans des délais parfois dissuasifs. Grégoire XIII accorda une pareille dispense à Gall Acker et à Brigitte N., de Weyersheim, en 1581 (AMS CH 471/9701).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">FERRIERE, ''Dictionnaire'' (1762), p. 700.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">VELT (Ludwig Andreas), ''Volksfrommes Brauchtum und Kirche im deutschen Mittelalter'', Freiburg i. Br., 1936, p. 142, 149.</p>  
 
== Dispense de bans ==
 
== Dispense de bans ==
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Normalement le curé doit procéder à trois publications de bans, mais des dispenses peuvent être accordées pour la seconde et la troisième publication, pour « une cause très urgente ».</p>  
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<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Normalement le curé doit procéder à trois publications de bans, mais des dispenses peuvent être accordées pour la seconde et la troisième publication, pour «&nbsp;une cause très urgente&nbsp;».</p>  
 
== Dispense pour mariage en temps clos ==
 
== Dispense pour mariage en temps clos ==
 
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Elle était exigée de ceux qui voulaient se marier en temps clos (Avent, Carême). Il y en eut 621 en 1517/18 (Rapp).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">DURAND de MAILLANE, ''Dictionnaire'' (1787), t. I, p. 424.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">RAPP (Francis), ''Réformes et Réformation à Strasbourg. église et société dans le diocèse de Strasbourg (1450-1525)'', Paris, 1974, p. 192.</p>  
 
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Elle était exigée de ceux qui voulaient se marier en temps clos (Avent, Carême). Il y en eut 621 en 1517/18 (Rapp).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">DURAND de MAILLANE, ''Dictionnaire'' (1787), t. I, p. 424.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">RAPP (Francis), ''Réformes et Réformation à Strasbourg. église et société dans le diocèse de Strasbourg (1450-1525)'', Paris, 1974, p. 192.</p>  
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<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Cette dispense est parfois accordée aux malades et aux soldats. En 1650, le curé Woelfflin, de Molsheim, est cité à comparaître pour avoir accordé pareille dispense à un prince protestant de Mecklemburg, alors que le vicaire général se trouvait à Molsheim (G 6308, f° 302 v°, 307).</p>  
 
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Cette dispense est parfois accordée aux malades et aux soldats. En 1650, le curé Woelfflin, de Molsheim, est cité à comparaître pour avoir accordé pareille dispense à un prince protestant de Mecklemburg, alors que le vicaire général se trouvait à Molsheim (G 6308, f° 302 v°, 307).</p>  
 
= Dispense de l’interdiction de consommer du beurre en Carême =
 
= Dispense de l’interdiction de consommer du beurre en Carême =
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">VELT (Ludwig Andreas), ''Volksfrommes Brauchtum und Kirche im deutschen Mittelalter'', Freiburg i. Br., 1936, p. 135</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">NAZ, ''Dictionnaire droit canonique'', t. IV, col. 1284-1295.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">V. [[Butterbrief]].</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: right;">'''Louis Schlaefli'''</p>
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<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">VELT (Ludwig Andreas), ''Volksfrommes Brauchtum und Kirche im deutschen Mittelalter'', Freiburg i. Br., 1936, p. 135</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">NAZ, ''Dictionnaire droit canonique'', t. IV, col. 1284-1295.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">V. [[Butterbrief|Butterbrief]].</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: right;">'''Louis Schlaefli'''</p>
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[[Category:D]][[Category:Eglise catholique]][[Category:Droit canonique]]

Version actuelle datée du 26 mars 2020 à 16:32

dispensatio, Dispenz

Acte de juridiction par lequel un supérieur compétent suspend, dans un cas spécial, l’obligation d’une loi canonique. Le plus souvent, les dispenses sont accordées, aux clercs ou aux laïcs, par l’évêque du lieu, mais certaines relèvent du pape, donc des Congrégations romaines ; d’autres peuvent être attribuées par des religieux ou de simples prêtres.

Dispenses pour ordination

1. Sauf dispense spéciale de Rome « super defectu natalium », nul ne peut entrer dans le clergé diocésain s’il n’est pas né d’un mariage légitime (« e thoro legitimo »). Ainsi Pierre Muller, fils de Nicolas Muller, curé de Rumersheim (67), exhiba, outre son dimissoire, pareille dispense pour se faire ordonner acolyte à Bâle en 1601 : « ex presbytero et soluta, sed dispensationem obtinuit à Philippo Spirello Archiepisc. Collossen. ad ordinarium suum, à quo di-missorium obtinuit » (AAEB A 46/1, f° 85). Mathias Burckhard, de Strasbourg, paya un florin en 1515/16 « pro dispensatione ap(osto)lica super defectu Natalium » (G 1434/2).

RAPP (Francis), « Klerus und Illegitimität in der Diözese Strassburg (1449-1523) », SCHMUGGE (Ludwig, dir.), Illegitimität im Spätmittelalter, Schriften des Historischen Kollegs Kolloquien, 29, München, 1994, p. 227-2238.

Adam Füchslein, d’Ensisheim, 30 ans, borgne, a été ordonné sous-diacre à Pâques 1614, après avoir obtenu dispense « super defectu oculi dextri » (AAEB A 46/1, 173) ; ce fut le cas aussi pour Jean Georges Gorre, futur official de Strasbourg (AAEB A 46/1, 165). Simon Des Praix fut ordonné sous-diacre le Samedi Saint 1613, avec dispense « super claudicatione » (AAEB A 46/1, 164). Thiébaud Sutor, de Thann, a obtenu dispense « super irregularitate quam quondam ex casuali homicidio contraxerat » avant de recevoir les ordres mineurs et le sous-diaconat en 1617 (AAEB A 46/1, 216).

2. D’autre part, pour certaines dignités, l’impétrant devait, sauf dispense, être au moins diacre. Henri de Pfettisheim, chanoine (1247-1294†), prévôt (1262) de Saint-Thomas, obtint dispense du pape, malgré le serment prêté, de se faire ordonner diacre avant d’entrer en fonction (1247) (RBS N° 1228). Heinrich de Dicke, chanoine à Strasbourg et à Spire, détenait en 1363 les rectorats de Benfeld et d’Offenburg, sans dispense, alors qu’il n’était pas prêtre. Laurent Kron, official de Bâle, avait été nommé chanoine de Saint-Pierre à Bâle en 1460 ; il obtint une dispense papale des ordres majeurs pour cinq ans, mais devait se faire ordonner sous-diacre dans l’année (1461) ; il résigna en 1462 et se maria. WIRZ (Caspar), Regesten zur Schweizergeschichte aus den päpstlichen Archiven, 1447-1513, Bern, 1911, t. II, N° 214.

Citons le cas limite de Johann Küsterlin, qui a bravé toutes les difficultés. Né à Fribourg-en-Brisgau d’un sous-diacre et d’une célibataire, il était déjà bénéficier du Grand choeur de Strasbourg en 1309 comme simple tonsuré, à l’âge de dix ans. Acolyte, il devint recteur de Saessolsheim et de Bischoffsheim en 1322, du Gloeckelsberg et de Sélestat en 1325, comme sous-diacre. Nous présumons qu’il avait une dispense. Une fois ordonné prêtre, il continua à cumuler les postes : Roi du Choeur, recteur à Sélestat et à Saint-Martin à Strasbourg, prébendier à Molsheim, prévôt à Rhinau. Il encourra finalement les foudres de Rome pour raison de cumul, mais sera relevé de son irrégularité moyennant paiement de 200 florinsin subsidium fidelium contra Turchos et retrouva certains de ses postes.

3. Cas spéciaux

- Rodolphe d’Ochsentein, qui avait été forcé, à l’âge de 11 ans, par son frère Otto, de recevoir le sous-diaconat, fut dispensé par le pape de se faire ordonner et autorisé à se marier (1330) (HAUVILLER (Ernst), Analecta Argentinensia. Vatikanische Akten und Regesten zur Geschichte des Bistums Strassburg im XIV. Jahrhundert. (Johann XXII, 1316-1334)..., Strassburg, 1900, p. 208 N° 248).

- Nicolas Loehelin, greffier de Haguenau (1399-1403), séparé de son épouse, avait obtenu une dispense spéciale (« super inhab(ilitate) ab uxore separatus et ad sacros ordines promotus ») pour se faire ordonner prêtre ; il devint chanoine à Surbourg, mais reprit son épouse.

- Dispense pour irrégularité : Jean Bendit, de Roppentzwiller, fut refusé au sous-diaconat pour une irrégularité pour laquelle il devait obtenir dispense ; celle d’avoir été soldat « cum per multos annos apud Holamdos militem egerit » (1624) (AAEB A 46/2, 8).

- Frédéric de Zollern, chanoine du Grand Chapitre, obtint dispense « super irregul. et habil. » pour avoir capturé Guillaume de Diest (1417) (Repertorium Germanicum, t. IV, p. 762, 1483).

Dispense d’âge

En 1371, Henri, comte de Montfort, était déjà chanoine au Grand chapitre de Strasbourg lorsqu’on lui conféra un autre canonicat à Constance ; on passa sur le cumul et on lui accorda une dispense d’âge puisqu’il n’avait que 15 (ou 11 ?) ans. En 1463, Pantaléon de Flachslanden, âgé de 7 ans, obtint dispense papale pour détenir des bénéfices dans des collégiales dès l’âge de 8 ans et dans des chapitres à l’âge de 12 ans (1463) (WIRZ, Regesten, II, N° 295). Jean Bernard d’Angeloch, évêque-suffragant de Bâle, fut nommé en 1613, évêque de Chrysopolis à 27 ans, avec dispense d’âge.

Dispense pour administrer une paroisse

Normalement les paroisses sont réservées au clergé diocésain, qui, à certaines époques, était pléthorique. Mais tel n’était pas toujours le cas. En 1564, Joannes Meyer, prêtre du diocèse de Constance, bénédictin, obtint dispense pour obtenir un bénéfice ecclésiastique à cause de la pénurie de prêtres (15 juin 1564) (G 1425, f. 232). Un rectorat est normalement conféré à un prêtre, mais Arbogast Ellenhart, sous-diacre, recteur de Mutzig depuis 1427, obtint en 1431 dispense d’ordination pour 5 ans, pour raison d’études (1431) (Repertorium Germanicum, t. I, p. 175).

Dispense pour cumuler des bénéfices ecclésiastiques

Un prêtre n’était pas autorisé à cumuler des paroisses, mais, en 1410, Jean Kirrwiller obtint dispense pour en desservir deux. Frédéric de Fleckenstein, chanoine à Worms, Surbourg, Saint-Pierre-le-Jeune, Bâle, obtint de Nicolas V la dispense pour jouir de deux bénéfices nouveaux (outre le décanat à Bâle et une paroisse dans le diocèse d’Augsbourg) (1452) (WIRZ, Regesten, t. I, N° 76).

Dispense de résider

Peter Drach, vicaire perpétuel à Spire, nommé chapelain à Saint-Thomas à Strasbourg vers 1522, fut dispensé de résidence par le pape (1 AST/19, Cart. 14 N° 1). Jean Noertinger, chanoine à Saint-Pierre-le-Jeune, demanda en 1616 à être dispensé de résider à Molsheim, où le chapitre s’était replié (G 4908, 98 vo).

Dispenses de mariage

Dispense pour consanguinité

Pour éviter ou du moins limiter l’endogamie, l’église a rangé la consanguinité au rang des empêchements de mariage. Des dispenses permettent, dans certains cas, de passer outre, non sans frais et dans des délais parfois dissuasifs. Grégoire XIII accorda une pareille dispense à Gall Acker et à Brigitte N., de Weyersheim, en 1581 (AMS CH 471/9701).

FERRIERE, Dictionnaire (1762), p. 700.

VELT (Ludwig Andreas), Volksfrommes Brauchtum und Kirche im deutschen Mittelalter, Freiburg i. Br., 1936, p. 142, 149.

Dispense de bans

Normalement le curé doit procéder à trois publications de bans, mais des dispenses peuvent être accordées pour la seconde et la troisième publication, pour « une cause très urgente ».

Dispense pour mariage en temps clos

Elle était exigée de ceux qui voulaient se marier en temps clos (Avent, Carême). Il y en eut 621 en 1517/18 (Rapp).

DURAND de MAILLANE, Dictionnaire (1787), t. I, p. 424.

RAPP (Francis), Réformes et Réformation à Strasbourg. église et société dans le diocèse de Strasbourg (1450-1525), Paris, 1974, p. 192.

Dispense pour consommer de la viande le vendredi ou en Carême

Cette dispense est parfois accordée aux malades et aux soldats. En 1650, le curé Woelfflin, de Molsheim, est cité à comparaître pour avoir accordé pareille dispense à un prince protestant de Mecklemburg, alors que le vicaire général se trouvait à Molsheim (G 6308, f° 302 v°, 307).

Dispense de l’interdiction de consommer du beurre en Carême

VELT (Ludwig Andreas), Volksfrommes Brauchtum und Kirche im deutschen Mittelalter, Freiburg i. Br., 1936, p. 135

NAZ, Dictionnaire droit canonique, t. IV, col. 1284-1295.

V. Butterbrief.

Louis Schlaefli