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<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">''Kapelle'', ''capella''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">1. Le mot vient de ''Cappa S. Martini'', chape ou manteau de saint Martin, que les rois de France emportaient avec eux quand ils partaient en guerre et gardaient dans des tentes particulières appelées chapelles.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- Oratoire, qui n’a pas le rang d’église, érigé dans l’enceinte d’une église ou accolé à une église, dans une maison particulière (chapelle domestique) ou isolé dans ou hors d’une agglomération ; le titre s’applique aussi au lieu de culte particulier d’une communauté (couvent, château, collège, hospice...). Il peut s’agir parfois d’une ancienne église qui a perdu son titre comme l’église Saint-Etienne de Strasbourg. Inversement, d’autres ont été transformées en églises paroissiales (Oberhaslach).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- Bénéfice fondé ou attaché à un autel ou à une chapelle, qu’on qualifiera plutôt de chapellenie.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- On appelle aussi chapelle tous les ornements particuliers d’un évêque.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">- Orchestre et choeur d’une église.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">'''<span style="font-size:larger;">Bibliographie</span>'''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">DENISART (Jean-Baptiste), ''Collection de décisions nouvelles et de notions relatives à la jurisprudence actuelle'', 6e éd., Paris, 1768., p. 68.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">DURAND de MAILLANE (Pierre-Toussaint), ''Dictionnaire de droit canonique et de pratique bénéficiale..''., Lyon, 1787., I,&nbsp;p. 742-746.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: right;">'''Louis Schlaefli'''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">2. La piété populaire sans cesse renouvelée, le développement des pèlerinages, la multiplication des communautés religieuses et la munificence de nombreux donateurs ont couvert l’Alsace de plusieurs milliers de chapelles et oratoires. La grande majorité a disparu. Théodore Rieger a fait une analyse approfondie de leurs localisations, leurs types et leurs styles. Il distingue cinq types selon la localisation : chapelles indépendantes, isolées au milieu des champs ou des cimetières, ou contiguës à un autre édifice, ou encore encloses dans un bâtiment plus vaste. S’y adjoignent les chapelles ajoutées ultérieurement à une église, et les chapelles qui font partie du plan primitif d’un édifice religieux, comme les chapelles à étages du choeur de la cathédrale de Strasbourg. On retiendra sa classification typologique selon les plans : chapelles à espace unique, plan carré, rectangulaire, polygonal et circulaire, ou encore chapelles où nef et choeur se différencient. Il relève enfin que, parmi les chapelles subsistantes, les chapelles romanes sont les plus nombreuses (chapelle tétraconque Saint-Ulrich d’Avolsheim du XI<sup>e</sup>-XII<sup>e</sup> siècle, chapelle cruciforme Sainte-Marguerite d’Epfig, chapelle Saint-Nicolas d’Ottrott). Parmi elles, on retient les chapelles castrales, dont il ne reste souvent que des ruines : oriel de l’oratoire roman du château du Landsberg. Les sources témoignent de la forte poussée dans la construction des chapelles, à la fin du Moyen Âge, et donc en style gothique, dues à de nombreuses initiatives, celles de confréries ou de personnes privées. Les chapelles gothiques ont, en règle générale, une nef unique à choeur plat ou polygonal ; citons la chapelle Sainte-Barbe de Kuttolsheim (début XIII<sup>e</sup> siècle), la chapelle Saint-Wendelin de Hochfelden (1435). Les chapelles du XVII<sup>e</sup> siècle se situent dans le prolongement du gothique alors qu’à partir du milieu du XVII<sup>e</sup>, le baroque fait son apparition, ainsi dans la chapelle Notre-Dame de Lorette de Mutzig-Hermolsheim (1666), élevée par le suffragant de Strasbourg Gabriel Haug. Il s’épanouit au XVIII<sup>e</sup>, par exemple à la chapelle Saint-Michel de Saint-Jean-Saverne. A la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle, l’arrivée du néo-classicisme muselle le baroque, par exemple à la chapelle Notre-Dame des Sept-Douleurs, édifiée non loin de Mutzig (1780). Il s’épanouit au début du XIX<sup>e</sup> siècle : chapelle des Zorn à Osthouse (1818), chapelle du cimetière de Hegenheim (1825). Avec le réveil religieux et la redécouverte des styles médiévaux, on assiste à une multiplication de chapelles néo-romanes ou néo-gothiques, intégrées dans les maisons religieuses des nouvelles congrégations ou dans les « châteaux » des grands industriels (Rieger).</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">'''<span style="font-size:larger;">Bibliographie</span>'''</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">RIEGER (Théodore), ''Chapelles d’Alsace'', Strasbourg, 2001.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">RIEGER (Théodore), « Chapelles », ''EA'', Strasbourg, 1983, p. 1563-1568.</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">Ministère de la culture, Architecture et patrimoine, Base Mérimée, Alsace, type « Chapelle ».</p>
 
  
== <span style="font-size:x-large;">Notices connexes</span> ==
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''Kapelle'', ''capella''
<p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">[[Bénéfice_ecclésiastique|Bénéfice ecclésiastique]]</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: justify;">[[Chapellenie|Chapellenie]]</p> <p class="mw-parser-output" style="text-align: right;">'''François Igersheim'''</p>
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1. Le mot vient de ''Cappa S. Martini'', chape ou manteau de saint Martin, que les rois de France emportaient avec eux quand ils partaient en guerre et gardaient dans des tentes particulières appelées chapelles.
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- Oratoire, qui n’a pas le rang d’église, érigé dans l’enceinte d’une église ou accolé à une église, dans une maison particulière (chapelle domestique) ou isolé dans ou hors d’une agglomération&nbsp;; le titre s’applique aussi au lieu de culte particulier d’une communauté (couvent, château, collège, hospice...). Il peut s’agir parfois d’une ancienne église qui a perdu son titre comme l’église Saint-Etienne de Strasbourg. Inversement, d’autres ont été transformées en églises paroissiales (Oberhaslach).
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- Bénéfice fondé ou attaché à un autel ou à une chapelle, qu’on qualifiera plutôt de chapellenie.
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- On appelle aussi chapelle tous les ornements particuliers d’un évêque.
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- Orchestre et choeur d’une église.
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DURAND de MAILLANE (Pierre-Toussaint), ''Dictionnaire de droit canonique et de pratique bénéficiale..''., Lyon, 1787., I,&nbsp;p. 742-746.
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<p class="mw-parser-output" style="text-align: right">'''Louis Schlaefli'''</p>  
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2. La piété populaire sans cesse renouvelée, le développement des pèlerinages, la multiplication des communautés religieuses et la munificence de nombreux donateurs ont couvert l’Alsace de plusieurs milliers de chapelles et oratoires. La grande majorité a disparu. Théodore Rieger a fait une analyse approfondie de leurs localisations, leurs types et leurs styles. Il distingue cinq types selon la localisation&nbsp;: chapelles indépendantes, isolées au milieu des champs ou des cimetières, ou contiguës à un autre édifice, ou encore encloses dans un bâtiment plus vaste. S’y adjoignent les chapelles ajoutées ultérieurement à une église, et les chapelles qui font partie du plan primitif d’un édifice religieux, comme les chapelles à étages du choeur de la cathédrale de Strasbourg. On retiendra sa classification typologique selon les plans&nbsp;: chapelles à espace unique, plan carré, rectangulaire, polygonal et circulaire, ou encore chapelles où nef et choeur se différencient. Il relève enfin que, parmi les chapelles subsistantes, les chapelles romanes sont les plus nombreuses (chapelle tétraconque Saint-Ulrich d’Avolsheim du XI<sup>e</sup>-XII<sup>e</sup> siècle, chapelle cruciforme Sainte-Marguerite d’Epfig, chapelle Saint-Nicolas d’Ottrott). Parmi elles, on retient les chapelles castrales, dont il ne reste souvent que des ruines&nbsp;: oriel de l’oratoire roman du château du Landsberg. Les sources témoignent de la forte poussée dans la construction des chapelles, à la fin du Moyen Âge, et donc en style gothique, dues à de nombreuses initiatives, celles de confréries ou de personnes privées. Les chapelles gothiques ont, en règle générale, une nef unique à choeur plat ou polygonal&nbsp;; citons la chapelle Sainte-Barbe de Kuttolsheim (début XIII<sup>e</sup> siècle), la chapelle Saint-Wendelin de Hochfelden (1435). Les chapelles du XVII<sup>e</sup> siècle se situent dans le prolongement du gothique alors qu’à partir du milieu du XVII<sup>e</sup>, le baroque fait son apparition, ainsi dans la chapelle Notre-Dame de Lorette de Mutzig-Hermolsheim (1666), élevée par le suffragant de Strasbourg Gabriel Haug. Il s’épanouit au XVIII<sup>e</sup>, par exemple à la chapelle Saint-Michel de Saint-Jean-Saverne. A la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle, l’arrivée du néo-classicisme muselle le baroque, par exemple à la chapelle Notre-Dame des Sept-Douleurs, édifiée non loin de Mutzig (1780). Il s’épanouit au début du XIX<sup>e</sup> siècle&nbsp;: chapelle des Zorn à Osthouse (1818), chapelle du cimetière de Hegenheim (1825). Avec le réveil religieux et la redécouverte des styles médiévaux, on assiste à une multiplication de chapelles néo-romanes ou néo-gothiques, intégrées dans les maisons religieuses des nouvelles congrégations ou dans les «&nbsp;châteaux&nbsp;» des grands industriels (Rieger).
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<span style="font-size:medium">'''Bibliographie'''</span>
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RIEGER (Théodore), ''Chapelles d’Alsace'', Strasbourg, 2001.
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RIEGER (Théodore), «&nbsp;Chapelles&nbsp;», ''EA'', Strasbourg, 1983, p. 1563-1568.
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Ministère de la culture, Architecture et patrimoine, Base Mérimée, Alsace, type «&nbsp;Chapelle&nbsp;».
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<p style="text-align: right">'''François Igersheim'''</p>  
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== Notices connexes ==
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Version actuelle datée du 22 septembre 2020 à 10:26

Kapelle, capella

1. Le mot vient de Cappa S. Martini, chape ou manteau de saint Martin, que les rois de France emportaient avec eux quand ils partaient en guerre et gardaient dans des tentes particulières appelées chapelles.

- Oratoire, qui n’a pas le rang d’église, érigé dans l’enceinte d’une église ou accolé à une église, dans une maison particulière (chapelle domestique) ou isolé dans ou hors d’une agglomération ; le titre s’applique aussi au lieu de culte particulier d’une communauté (couvent, château, collège, hospice...). Il peut s’agir parfois d’une ancienne église qui a perdu son titre comme l’église Saint-Etienne de Strasbourg. Inversement, d’autres ont été transformées en églises paroissiales (Oberhaslach).

- Bénéfice fondé ou attaché à un autel ou à une chapelle, qu’on qualifiera plutôt de chapellenie.

- On appelle aussi chapelle tous les ornements particuliers d’un évêque.

- Orchestre et choeur d’une église.

Bibliographie

DENISART (Jean-Baptiste), Collection de décisions nouvelles et de notions relatives à la jurisprudence actuelle, 6e éd., Paris, 1768., p. 68.

DURAND de MAILLANE (Pierre-Toussaint), Dictionnaire de droit canonique et de pratique bénéficiale..., Lyon, 1787., I, p. 742-746.

Louis Schlaefli

 

2. La piété populaire sans cesse renouvelée, le développement des pèlerinages, la multiplication des communautés religieuses et la munificence de nombreux donateurs ont couvert l’Alsace de plusieurs milliers de chapelles et oratoires. La grande majorité a disparu. Théodore Rieger a fait une analyse approfondie de leurs localisations, leurs types et leurs styles. Il distingue cinq types selon la localisation : chapelles indépendantes, isolées au milieu des champs ou des cimetières, ou contiguës à un autre édifice, ou encore encloses dans un bâtiment plus vaste. S’y adjoignent les chapelles ajoutées ultérieurement à une église, et les chapelles qui font partie du plan primitif d’un édifice religieux, comme les chapelles à étages du choeur de la cathédrale de Strasbourg. On retiendra sa classification typologique selon les plans : chapelles à espace unique, plan carré, rectangulaire, polygonal et circulaire, ou encore chapelles où nef et choeur se différencient. Il relève enfin que, parmi les chapelles subsistantes, les chapelles romanes sont les plus nombreuses (chapelle tétraconque Saint-Ulrich d’Avolsheim du XIe-XIIe siècle, chapelle cruciforme Sainte-Marguerite d’Epfig, chapelle Saint-Nicolas d’Ottrott). Parmi elles, on retient les chapelles castrales, dont il ne reste souvent que des ruines : oriel de l’oratoire roman du château du Landsberg. Les sources témoignent de la forte poussée dans la construction des chapelles, à la fin du Moyen Âge, et donc en style gothique, dues à de nombreuses initiatives, celles de confréries ou de personnes privées. Les chapelles gothiques ont, en règle générale, une nef unique à choeur plat ou polygonal ; citons la chapelle Sainte-Barbe de Kuttolsheim (début XIIIe siècle), la chapelle Saint-Wendelin de Hochfelden (1435). Les chapelles du XVIIe siècle se situent dans le prolongement du gothique alors qu’à partir du milieu du XVIIe, le baroque fait son apparition, ainsi dans la chapelle Notre-Dame de Lorette de Mutzig-Hermolsheim (1666), élevée par le suffragant de Strasbourg Gabriel Haug. Il s’épanouit au XVIIIe, par exemple à la chapelle Saint-Michel de Saint-Jean-Saverne. A la fin du XVIIIe siècle, l’arrivée du néo-classicisme muselle le baroque, par exemple à la chapelle Notre-Dame des Sept-Douleurs, édifiée non loin de Mutzig (1780). Il s’épanouit au début du XIXe siècle : chapelle des Zorn à Osthouse (1818), chapelle du cimetière de Hegenheim (1825). Avec le réveil religieux et la redécouverte des styles médiévaux, on assiste à une multiplication de chapelles néo-romanes ou néo-gothiques, intégrées dans les maisons religieuses des nouvelles congrégations ou dans les « châteaux » des grands industriels (Rieger).

Bibliographie

RIEGER (Théodore), Chapelles d’Alsace, Strasbourg, 2001.

RIEGER (Théodore), « Chapelles », EA, Strasbourg, 1983, p. 1563-1568.

Ministère de la culture, Architecture et patrimoine, Base Mérimée, Alsace, type « Chapelle ».

François Igersheim

Notices connexes

Bénéfice ecclésiastique

Chapellenie