Burgbann : Différence entre versions

De DHIALSACE
Aller à : navigation, rechercher
m (correction du style)
m (espaces)
 
Ligne 9 : Ligne 9 :
  
 
D’après Himly, ''Burgbann'' désigne la puissance judiciaire dans l’enceinte d’un château, ou le territoire où s’exerce cette puissance.
 
D’après Himly, ''Burgbann'' désigne la puissance judiciaire dans l’enceinte d’un château, ou le territoire où s’exerce cette puissance.
 
 
 
  
 
== Bibliographie ==
 
== Bibliographie ==
Ligne 23 : Ligne 21 :
  
 
HIMLY (François-Jacques), ''Dictionnaire ancien alsacien-français. XIII<sup>e</sup>-XVIII<sup>e</sup> siècles'', Strasbourg, 1983, «&nbsp;Burgbann&nbsp;», p. 35‑36.
 
HIMLY (François-Jacques), ''Dictionnaire ancien alsacien-français. XIII<sup>e</sup>-XVIII<sup>e</sup> siècles'', Strasbourg, 1983, «&nbsp;Burgbann&nbsp;», p. 35‑36.
 
&nbsp;
 
  
 
== Notices connexes ==
 
== Notices connexes ==

Version actuelle datée du 13 octobre 2020 à 14:30

Le sens primitif de burg étant « ville » et non « château », le Burgbann est le ban d’une ville. Dans le cas des villes fortifiées, sont ainsi dénommées les terres situées extra-muros, entre l’enceinte et les limites du finage. En Alsace, le terme est attesté à Erstein, Haguenau, Sélestat et Strasbourg.

À Strasbourg, la notion de Burgbann n’est pas toujours très évidente. Le terme semble désigner un territoire qui peut dépasser, même assez largement, les limites du ban. Beyerle y voit la survivance d’une organisation ancienne dans laquelle certains villages des environs bénéficiaient d’un droit de refuge en ville ainsi que de quelques avantages économiques, moyennant une obligation de participer à la défense de celle-ci et à l’entretien de ses fortifications. Il se fonde d’une part sur un Zollweistum du XIVe siècle (UBS IV/2, 227 § 6), dans lequel apparaît une liste de villages des environs de Strasbourg, qui ne payent pas de péage à l’entrée de la ville (Eckbolsheim, Schaeffolsheim, les trois Hausbergen, [Pful]Griesheim, Griesheim-sur-Souffel, Vendenheim, Dingsheim, Mundolsheim, Souffelweyersheim, Reichstett, Hoenheim, Bischheim, Schiltigheim, Honau (Pays de Bade), Koenigshofen, Saint-Arbogast (vd), Adelshofen (vd) près de Schiltigheim, Wolfisheim, Lingolsheim, Ittenheim, Lampertheim, Holzheim et Nieffern (vd) entre Berstett et Vendenheim). D’autre part, il fait un parallèle avec Spire et Worms où une telle ceinture de villages assujettis aux mêmes obligations et bénéficiant du même privilège est désignée par le terme Burgbann. Médard Barth (« Quellen… », AEA, 1947-1948, p. 76‑77), en se fondant sur la même liste et sur un pouillé de 1371, relève que, dans ces documents, figurent les quinze villages formant l’ancien archiprêtré de Saint-Laurent. Celui-ci était formé, outre des paroisses de la ville épiscopale, de celles de la campagne environnante de la rive gauche du Rhin, dans un rayon d’environ dix kilomètres autour de Strasbourg. Il en déduit que les limites du chapitre rural Saint-Laurent coïncident avec celles du Burgbann.

La grande étendue du ban strasbourgeois, où se sont développées de petites agglomérations, mais aussi la continuité territoriale avec le baillage d’Illkirch, auquel furent rattachés Schiltigheim (1501) et Adelshofen (1502), semblent être une des causes du flou qui entourait la notion de Burgbann. En 1638, les XXI estiment nécessaire d’en préciser le sens. Ils définissent le Burgbann comme étant toute la région (Bezirck) autour de Strasbourg dans laquelle la Ville peut imposer des décisions sur tout ce qui n’est pas de la compétence des communes qui s’y trouvent (daß ùnder dem namen deß bùrg banns der gantze bezirkh ùm die stadt u. waz nicht gemeinden zùständig, begriffen seÿe – AMS 1R121, f° 49v°). Un mémoire, lu devant le Conseil des XXI, en précise l’étendue géographique « … nemblich nicht nùr aùff die ienigen orth, welche nächst beÿ der stadt sitùirt seindt, sondern aùch aùff die Rùprechtsaw, Illkirch, Gravenstaden, Illwickhersheim [Ostwald], die Ganßaw, Carthaùs, Molkhenbrùnn ùnd andere in der selben gegend ligende höv, deßgleichen aùff Eckhboltzheim ùnd Schiltigheim vermög eines alten mandats de anno 1541 » (AMS 1R121, f° 59v°).

Ces deux définitions officielles semblent montrer que le terme Burgbann pouvait désigner, outre l’étendue traditionnelle du ban d’une ville, une zone d’influence économique (Nutzungsgebieth) et juridique autour de celle-ci.

D’après Himly, Burgbann désigne la puissance judiciaire dans l’enceinte d’un château, ou le territoire où s’exerce cette puissance.

Bibliographie

SCHERZ (Johann Georg), Glossarium germanicum medii aevi, Strasbourg, 1781-1784, « Burgbann », col. 199.

BEYERLE (Franz), « Der Anteil des Elsass am Sieg der deutschen Stadtfreiheit », Oberrheinische Heimat - Das Elsass, t. 27, Freiburg i. Br., 2. Aufl., 1940, p. 291‑293 (carte).

BARTH (Médard), « Quellen und Untersuchungen zur Geschichte der Pfarreien des Bistums Strassburg im Mittelalter », AEA, 1947-1948, p. 63‑172.

WUNDER (Gerhard), Das Straßburger Gebiet. Ein Beitrag zur rechtlichen und politischen Geschichte des gesamten städtischen Territoriums vom 10. bis zum 20. Jahrhundert, Berlin, 1965, p. 23.

HIMLY (François-Jacques), Dictionnaire ancien alsacien-français. XIIIe-XVIIIe siècles, Strasbourg, 1983, « Burgbann », p. 35‑36.

Notices connexes

Archiprêtré

Bannmeile

Ban

Ban - Banlieue

Burgdienst

 

Jean-Marie Holderbach