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Fähre

Bateau à fond plat, servant à faire passer un cours d’eau à des personnes ou des véhicules, ainsi que les équipements afférents.

Le passage du Rhin

Les bacs utilisaient autrefois la force du courant pour se propulser d’un bord à l’autre d’une rivière. À l’époque romaine il y avait déjà des passages sur le Rhin et même des ponts. À Strasbourg, dès l’époque romaine, il existait sans doute un bac au sud de la ville, vers Kehl-Hundsfeld, combiné peut-être avec un pont au nord (J.‑J. Hatt, Alsace romaine, Hornung). Le passage de Rhinau date également de l’Antiquité.

Au haut Moyen Âge, les premiers bacs étaient sans doute de simples radeaux, faits à partir de troncs d’arbre provenant de flottage. À partir du VIe siècle on a utilisé des embarcations légères (Schnieke), en guise de petits bacs ou pour des passages individuels. À partir des XIIIe‑XIVe siècles, les textes mentionnent l’existence de nombreux bacs entre Bâle et Lauterbourg. Au XIIe siècle on en relève à Buttenheim, lieu où le Rhin est le plus étroit, et Nambsheim près de Brisach. En 1380, les « Itinéraires de Bruges » [Zundel] indiquent qu’à Marckolsheim, venant de Strasbourg et se rendant à Bâle, il fallait, non pas continuer sur Biesheim et Ottmarsheim, mais traverser le Rhin et gagner la rive droite par Brisach et Neuenbourg. Un bac a existé à Rhinau, au moins dès le XIVe siècle, époque à laquelle l’évêque de Strasbourg décide de reconstruire la localité engloutie par une crue, en utilisant le revenu du péage de l’endroit (Elsassland 17 1937, p. 299 ; Eickhoff F., Heimatkunde des Kreises Erstein, 1889). Vers 1350, l’évêque y possédait un bac (AEA 1947/1948) ; on cite en outre une convention de 1494 entre l’évêque et la localité actuellement badoise de Nonnenweier, à propos d’un bac entre les deux rives ; ce texte ne fait que confirmer un premier accord intervenu un siècle plus tôt. Le Statutenbuch de la ville de Rhinau contient, à la date de 1504, un tarif de péage, le paiement des pilotes – Fergen ou Feirgen et des réglementations concernant le tarif du bac, ainsi que les conditions de la navigation et du passage lui-même. Entre Strasbourg et Kehl, avant 1388, date de la construction du pont du Rhin, il n’existe qu’un système de bacs remontant sans doute au VIe siècle et probablement resté inchangé jusqu’à la construction du pont, mais sur lequel on n’est renseigné qu’à partir du XIIe siècle. Le plus important, « zu den Hunden » part de Saint-Jean-aux-Ondes, emprunte le Rheingiessen et aboutit à Kehl près de l’embouchure de la Kinzig. Le bac de Hundsfeld relie Graffenstaden à Hundsfeld, village de la rive droite aujourd’hui disparu. Un troisième bac est créé à la fin du XIIIe siècle à la hauteur de la Robertsau, la « Niederfähr ». Une sorte de société par actions, divisée en seize parts, au capital de 1 120 livres est constituée pour exploiter cet ensemble de bacs. Y participaient notamment les Mullenheim et les seigneurs de Lichtenberg. À la fin du XIVe siècle, l’entreprise périclite en raison de la construction du pont sur le Rhin. La ville indemnise les sociétaires grâce au produit du Bruckenzoll (F. Eyer). L’exploitation des bacs présentait des obstacles, en raison des nombreux bancs de sable, et des déplacements incessants du lit du fleuve, obligeant les exploitants à déplacer les embarcadères. Les Lichtenberg possèdent également au XVe siècle, un bac à Grauelsbaum, près de Lichtenau-Greffern-Herrlisheim, face à l’ancienne embouchure de la Moder et perçoivent un péage à Greffern. Vers 1500, le margrave de Bade exploite celui de Beinheim-Iffezheim, le comte palatin celui de Seltz, et l’évêque de Spire celui de Lauterbourg (Krüger).

 

Le bac de Rhinau, fonctionnement

Le fonctionnement du bac de Rhinau est décrit par Karleskind (Elsassland 17, 1937, p. 299). La convention de 1494 est confirmée en 1733. Les pilotes-exploitants, Fergen, prêtent serment devant le conseil de la ville de Rhinau ; ils doivent être disponibles avec bateau et valet, depuis le leverjusqu’au coucher du soleil. Ils sont responsables de l’entretien de l’embarcation et des chemins d’accès et consignent chaque passage sur un livre de bord. Les habitants de Rhinau bénéficient du passage gratuit, les commerçants et autres riverains des localités environnantes paient une redevance réduite. À partir de 1658, la collecte de la redevance, encaissée traditionnellement par les Stettmeister de la localité est donnée à ferme. Cette décision soulève le mécontentement des habitants des localités environnantes, ceux de Daubensand en particulier, qui ne supportent pas de devoir emprunter le bac de Rhinau et de payer une redevance pour passer sur la rive droite où ils possèdent des terres ou exercent une activité commerciale. Une ordonnance de l’intendant du 30 mai 1783 leur donne gain de cause, ordonnance confirmée par le Conseil souverain.

 

Les bacs et le contrôle de l'Etat

Par un arrêt du 20 novembre 1725, le Conseil d’État prescrit aux propriétaires et droits de bacs, de présenter leurs titres au greffe d’une commission de justice créée l’année précédente, afin de recenser et vérifier la base légale de ces privilèges. Par lettres patentes du 2 juin 1756, le prince-évêque de Spire voit confirmer son droit de tenir un bac près de Lauterbourg ; un arrêt du 2 septembre 1759 du conseil d’État reconnaît ce droit à la ville de Rhinau ; une décision du 14 février 1774 est rendue au profit du Landgrave de Hesse-Darmstadt à propos d’un bac à Offendorf. Des lettres patentes de mai 1774 accordent au duc de Deux-Ponts l’exploitation de tous les bacs et péages dans les bailliages de Seltz et Hagenbach. À Biesheim, près de Neuf-Brisach, le droit de péage est perçu au profit du roi, d’après un tarif de 1738. Horrer cite encore des bacs à Artzenheim, Fort-Louis, Beinheim-Iffezheim, Munchhausen et Neuenburg. En 1787, on passait encore le Rhin en bac à Ottmarsheim (en aval), Neuf-Brisach, Artolsheim (en aval), Rhinau en amont d’Erstein, à Gambsheim-Offendorf, Drusenheim, Seltz. Les bacs ont servi au passage des armées : en 1744, pendant la guerre de succession d’Autriche, les Impériaux passent le Rhin à Beinheim. Le recours aux bacs pour le passage des troupes royales, de leurs matériels et munitions sur la rive droite est attesté également (Werner).

 

Sources - Bibliographie

UBS, VI, Droits de bacs sur le Rhin, voir index, p. 904.

De BOUG, Tarif des droits à percevoir au passage du Bac sur le Rhin de l’Ile Saint-Louis, de l’autre bord vis à vis l’ancienne ville de Brisac, le 4 novembre 1738, Recueil, II, 201.

De BOUG, Lettres patentes du 2 juin 1756 - Bac de Lauterbourg, Recueil, II, 475.

GEIGER (Franz Christoph), De regali fluminis, thèse Droit, Strasbourg, 1734.

HORRER (Philippe Xavier), Dictionnaire géographique, historique et politique de l’Alsace, Strasbourg, 1787, p. 208‑209.

MONE (Franz), Urgeschichte des badischen Landes, Bd. 1: Die Römer im oberheinischen Grenzland. Urgeschichte des badischen Landes, Bd. 2: Die Gallier am Oberrhein bis zu Ende der römischen Herrschaft, Karlsruhe, 1845.

WERNER (Robert), Les ponts et chaussées d’Alsace au XVIIIe siècle, Strasbourg, 1929.

HENTZ (F.), « Die Badische Ortsnamenforschung », in : Zeitschrift für Ortsnamenforschung, VI, 1930, p. 95.

KARLESKIND (Eugène), « Zur Geschichte der Rheinüberfahrt bei Rheinau », in : Elsassland, 17, 1937, p. 299 et ss.

EYER (Fritz), Das Territorium der Herren von Lichtenberg. 1202-1480, Strasbourg, 1938.

KRÜGER (Herbert), « Brücke, Fähre und Zoll im Rheinstromgebiet um 1500 », in : Elsass-Lothringisches Jahrbuch, 1943, 127-157.

BARTH (Médard),  « Quellen und Untersuchungen zur Geschichte der Pfarreien der Bistums Strassburgs im Mittelalter, Aus dem Urbar des Bistums Strassburgs », in : AEA, 1947-1948, p. 126.

ZUNDEL (Anne), Les routes en Haute-Alsace à la fin du Moyen Âge, Thèse Chartes, 1960.

WUNDER (Gerhard), Das Strassburger Landgebiet: Territorialgeschichte der einzelnen Teile des städtischen Herrschaftsbereiches vom 13. bis 18. Jahrhundert, Berlin, 1967.

MECHLER (Wilhelm), « Die Rheinbrücken Strassburg-Kehl seit 1388 », in : MASCHKE (Erich) & SYDOW (Jürgen) éd., Stadt in der Geschichte, Bd. 4: Die Stadt am Fluss, Sigmaringen, 1978.

HATT (Jean-Jacques), L’Alsace celtique et romaine 2200 av. J.‑C. à 450 ap. J.-C., Wettolsheim, 1978.

KAMMERER-SCHWEYER (Odile), Entre Vosges et Rhin, pouvoirs, terroirs et villes de l’Oberrhein 1250-1350, Paris, 2001.

 

Notices connexes

Barrières

Batellerie

Brücken

Brückenzoll

Ferge-Pilote

Flottage

Kehl (bacs strasbourgeois)

Moder

Péage

Ponts

Pont du Rhin

Routes

Wasserzoll

Zoll

Marcel Thomann