Ancre (corporation de l'-) : Différence entre versions

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<p class="1-Entr" style="margin-top: 19.85pt; text-align: justify;">''<span style="font-family:"><span style="font-weight:normal">Anker&nbsp;</span></span>''<span style="font-family:"><span style="font-weight:normal">(''Zunft zum -'')</span></span></p> <p class="2-Paragraphe" style="margin-top: 2.85pt; text-align: justify;">La corporation de l’Ancre est l’organisme professionnel qui, à Strasbourg, réunit les membres de la batellerie, et, à partir du XV<sup>e</sup> siècle, les constructeurs de bateaux.</p> <p class="2-Paragraphe" style="margin-top: 2.85pt; text-align: justify;">La première tribu de bateliers à Strasbourg est créée en 1331. En 1417, elle est élevée au rang de première corporation de la ville ; elle compte 262 membres en 1444. Les premiers statuts datent de 1350 et seront complétés en 1446. En 1463, bateliers et constructeurs de bateaux s’unissent en une même organisation, qui s’appelle désormais ''Zunft zum Anker.''</p> <p class="2-Paragraphe" style="margin-top: 2.85pt; text-align: justify;">La corporation dépend du collège des échevins, avec à sa tête, un président (''Oberherr''), un conseiller (''Ratsherr'') et un assesseur-trésorier (''Zumann''). La direction effective est assurée par le ''Zunftmeister'' assisté d’un ou de deux ''Handwerkmeister''. Par ailleurs, il existe un tribunal corporatif. La corporation, financée par les cotisations de ses membres, possède deux caisses, l’une pour le service religieux, messes et funérailles, l’autre pour les secours aux veuves, orphelins et infirmes.</p> <p class="2-Paragraphe" style="text-align: justify;">Comme toutes les corporations, elle a également le caractère d’une association religieuse, avec son saint patron. Au XV<sup>e</sup> siècle, elle se double d’une confrérie et possède une chapelle à Saint-Guillaume. Mais la corporation se réclame du patronage de la Vierge Marie (jusqu’à la Réforme).</p> <p class="2-Paragraphe" style="margin-top: 2.85pt; text-align: justify;">Les principales dispositions des statuts sont les suivantes :</p> <p class="2-Paragraphe" style="text-align: justify;">- le monopole du transport par eau des voyageurs et marchandises appartient aux membres de la corporation, règle assortie de peines d’amendes et de confiscation des bateaux pour les contrevenants ;</p> <p class="2-Paragraphe" style="text-align: justify;">- l’entrée dans la tribu se fait par une prestation de serment et le versement d’un droit. Elle est distincte de l’entrée dans la profession.</p> <p class="2-Paragraphe" style="text-align: justify;">Les statuts règlent également les rapports entre le maître et ses valets (''Gabelknechte''), entre le batelier et ses associés et avec les marchands. S’y trouvent incluses des dispositions relatives à la navigation sur le Rhin et les autres rivières, comme l’Ill. Enfin les bateliers sont tenus de contribuer à l’entretien et au nettoyage du lit du fleuve et des chemins de halage.</p> <p class="2-Paragraphe" style="text-align: justify;">Les intérêts de la profession sont également protégés par le droit d’étape et d’entrepôt dont bénéficie la Ville de Strasbourg, de même que par le monopole d’embarquement dont ils disposent sur une partie du fleuve.</p> <p class="2-Paragraphe" style="text-align: justify;">Le poêle (''Stube'') de l’Ancre, situé quai des Bateliers, est à la fois siège de la tribu, où se déroulent les séances administratives et judiciaires, taverne, lieu de réunion et lieu d’embauche des valets.</p> <p class="2-Paragraphe" style="text-align: justify;">A partir du rattachement de l’Alsace à la France, la tribu de l’Ancre, comme la profession en général, souffre de la concurrence commerciale opposant la France aux souverains allemands riverains du Rhin. Ceux-ci tentent notamment de remettre en cause les privilèges de navigation (les monopoles d’embarquement) des bateliers strasbourgeois et encouragent l’activité des bateliers – souvent des paysans – de la rive droite qui pratiquent des tarifs plus avantageux que les Alsaciens. Devant cette situation, la corporation strasbourgeoise révise à deux reprises ses statuts, en 1717 et 1752. Néanmoins dans la seconde moitié du siècle, elle continue de péricliter. Par son budget, elle ne se situe plus qu’au douzième rang des corporations de la ville.</p> <p class="2-Paragraphe" style="text-align: justify;">La loi Le Chapelier supprime toutes les corporations en France. Les protocoles de la Tribu se terminent à la date du 20 juillet 1791 et le poêle est vendu comme bien national.</p>
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== <span style="font-size:x-large;">Bibliographie</span> ==
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''Anker&nbsp; (Zunft zum -)''
<p class="8-Sourcespremire" style="text-align: justify;">LOEPER (Carl), ''Die Rheinschiffahrt Strassburgs und die Strassburger Schiffleutzunft'', Strassburg, 1877, p. 181 et suiv.</p> <p class="8-Sources" style="text-align: justify;">REUSS (Rodolphe), ''L’ Alsace au XVII<sup>e</sup> siècle'', Paris, 1898, t. I, p. 678 et 683-686.</p> <p class="8-Sources" style="text-align: justify;">HOFFMANN (Charles), ''L’Alsace au XVIII<sup>e</sup> siècle'',1906, t. 1, p. 383.</p> <p class="8-Sources" style="text-align: justify;">LIVET (Georges), RAPP (Francis) (dir.), ''Histoire de Strasbourg des origines à nos jour''s, Strasbourg, 1980-82, t. II, p. 134-140, t. 3, II p. 208-209.</p> <p class="8-Sources" style="text-align: justify;">KOENIG (Claude). « Techniques et habitudes de navigation des bateliers strasbourgeois au XVIII<sup>e</sup> », ''Annuaire des Amis du Vieux Strasbourg'', t. V, 1975, p. 78-92.</p> <p class="8-Sources" style="text-align: justify;">KOENIG (Claude), « Batellerie strasbourgeoise et navigation rhénane », ''Saisons d’Alsace'', 16, automne, 1965, p. 483-492.</p> <p class="8-Sources" style="text-align: justify;">KOENIG (Claude), « Navigation et traités concernant la navigation sur le Rhin au XVIII<sup>e</sup> siècle », ''RA'', 107, 1979, p. 95-116.</p>  
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La corporation de l’Ancre est l’organisme professionnel qui, à Strasbourg, réunit les membres de la batellerie, et, à partir du XV<sup>e</sup> siècle, les constructeurs de bateaux.
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La première tribu de bateliers à Strasbourg est créée en 1331. En 1417, elle est élevée au rang de première corporation de la ville ; elle compte 262 membres en 1444. Les premiers statuts datent de 1350 et seront complétés en 1446. En 1463, bateliers et constructeurs de bateaux s’unissent en une même organisation, qui s’appelle désormais ''Zunft zum Anker.''
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La corporation dépend du collège des échevins, avec à sa tête, un président (''Oberherr''), un conseiller (''Ratsherr'') et un assesseur-trésorier (''Zumann''). La direction effective est assurée par le ''Zunftmeister'' assisté d’un ou de deux ''Handwerkmeister''. Par ailleurs, il existe un tribunal corporatif. La corporation, financée par les cotisations de ses membres, possède deux caisses, l’une pour le service religieux, messes et funérailles, l’autre pour les secours aux veuves, orphelins et infirmes.
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Comme toutes les corporations, elle a également le caractère d’une association religieuse, avec son saint patron. Au XV<sup>e</sup> siècle, elle se double d’une confrérie et possède une chapelle à Saint-Guillaume. Mais la corporation se réclame du patronage de la Vierge Marie (jusqu’à la Réforme).
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Les principales dispositions des statuts sont les suivantes :
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*le monopole du transport par eau des voyageurs et marchandises appartient aux membres de la corporation, règle assortie de peines d’amendes et de confiscation des bateaux pour les contrevenants ;  
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*l’entrée dans la tribu se fait par une prestation de serment et le versement d’un droit. Elle est distincte de l’entrée dans la profession.  
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Les statuts règlent également les rapports entre le maître et ses valets (''Gabelknechte''), entre le batelier et ses associés et avec les marchands. S’y trouvent incluses des dispositions relatives à la navigation sur le Rhin et les autres rivières, comme l’Ill. Enfin les bateliers sont tenus de contribuer à l’entretien et au nettoyage du lit du fleuve et des chemins de halage.
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Les intérêts de la profession sont également protégés par le droit d’étape et d’entrepôt dont bénéficie la Ville de Strasbourg, de même que par le monopole d’embarquement dont ils disposent sur une partie du fleuve.
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Le poêle (''Stube'') de l’Ancre, situé quai des Bateliers, est à la fois siège de la tribu, où se déroulent les séances administratives et judiciaires, taverne, lieu de réunion et lieu d’embauche des valets.
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A partir du rattachement de l’Alsace à la France, la tribu de l’Ancre, comme la profession en général, souffre de la concurrence commerciale opposant la France aux souverains allemands riverains du Rhin. Ceux-ci tentent notamment de remettre en cause les privilèges de navigation (les monopoles d’embarquement) des bateliers strasbourgeois et encouragent l’activité des bateliers – souvent des paysans – de la rive droite qui pratiquent des tarifs plus avantageux que les Alsaciens. Devant cette situation, la corporation strasbourgeoise révise à deux reprises ses statuts, en 1717 et 1752. Néanmoins dans la seconde moitié du siècle, elle continue de péricliter. Par son budget, elle ne se situe plus qu’au douzième rang des corporations de la ville.
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La loi Le Chapelier supprime toutes les corporations en France. Les protocoles de la Tribu se terminent à la date du 20 juillet 1791 et le poêle est vendu comme bien national.
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== Bibliographie ==
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LOEPER (Carl), ''Die Rheinschiffahrt Strassburgs und die Strassburger Schiffleutzunft'', Strassburg, 1877, p. 181 et suiv.
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REUSS (Rodolphe), ''L’ Alsace au XVII<sup>e</sup> siècle'', Paris, 1898, t. I, p. 678 et 683-686.
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HOFFMANN (Charles), ''L’Alsace au XVIII<sup>e</sup> siècle'',1906, t. 1, p. 383.
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LIVET (Georges), RAPP (Francis) (dir.), ''Histoire de Strasbourg des origines à nos jour''s, Strasbourg, 1980-82, t. II, p. 134-140, t. 3, II p. 208-209
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KOENIG (Claude). « Techniques et habitudes de navigation des bateliers strasbourgeois au XVIII<sup>e</sup> », ''Annuaire des Amis du Vieux Strasbourg'', t. V, 1975, p. 78-92.
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KOENIG (Claude), « Batellerie strasbourgeoise et navigation rhénane », ''Saisons d’Alsace'', 16, automne, 1965, p. 483-492.
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KOENIG (Claude), « Navigation et traités concernant la navigation sur le Rhin au XVIII<sup>e</sup> siècle », ''RA'', 107, 1979, p. 95-116.
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== Notices connexes ==
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[[Bateliers|Bateliers]] de Strasbourg
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[[Navigation_sur_le_Rhin|Navigation sur le Rhin]]
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<p style="text-align: right">'''Marcel Thomann'''</p>  
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== <span style="font-size:x-large;">Notices connexes</span> ==
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[[Category:A]]
 

Version actuelle datée du 21 mars 2021 à 19:19

Anker  (Zunft zum -)

La corporation de l’Ancre est l’organisme professionnel qui, à Strasbourg, réunit les membres de la batellerie, et, à partir du XVe siècle, les constructeurs de bateaux.

La première tribu de bateliers à Strasbourg est créée en 1331. En 1417, elle est élevée au rang de première corporation de la ville ; elle compte 262 membres en 1444. Les premiers statuts datent de 1350 et seront complétés en 1446. En 1463, bateliers et constructeurs de bateaux s’unissent en une même organisation, qui s’appelle désormais Zunft zum Anker.

La corporation dépend du collège des échevins, avec à sa tête, un président (Oberherr), un conseiller (Ratsherr) et un assesseur-trésorier (Zumann). La direction effective est assurée par le Zunftmeister assisté d’un ou de deux Handwerkmeister. Par ailleurs, il existe un tribunal corporatif. La corporation, financée par les cotisations de ses membres, possède deux caisses, l’une pour le service religieux, messes et funérailles, l’autre pour les secours aux veuves, orphelins et infirmes.

Comme toutes les corporations, elle a également le caractère d’une association religieuse, avec son saint patron. Au XVe siècle, elle se double d’une confrérie et possède une chapelle à Saint-Guillaume. Mais la corporation se réclame du patronage de la Vierge Marie (jusqu’à la Réforme).

Les principales dispositions des statuts sont les suivantes :

  • le monopole du transport par eau des voyageurs et marchandises appartient aux membres de la corporation, règle assortie de peines d’amendes et de confiscation des bateaux pour les contrevenants ;
  • l’entrée dans la tribu se fait par une prestation de serment et le versement d’un droit. Elle est distincte de l’entrée dans la profession.

Les statuts règlent également les rapports entre le maître et ses valets (Gabelknechte), entre le batelier et ses associés et avec les marchands. S’y trouvent incluses des dispositions relatives à la navigation sur le Rhin et les autres rivières, comme l’Ill. Enfin les bateliers sont tenus de contribuer à l’entretien et au nettoyage du lit du fleuve et des chemins de halage.

Les intérêts de la profession sont également protégés par le droit d’étape et d’entrepôt dont bénéficie la Ville de Strasbourg, de même que par le monopole d’embarquement dont ils disposent sur une partie du fleuve.

Le poêle (Stube) de l’Ancre, situé quai des Bateliers, est à la fois siège de la tribu, où se déroulent les séances administratives et judiciaires, taverne, lieu de réunion et lieu d’embauche des valets.

A partir du rattachement de l’Alsace à la France, la tribu de l’Ancre, comme la profession en général, souffre de la concurrence commerciale opposant la France aux souverains allemands riverains du Rhin. Ceux-ci tentent notamment de remettre en cause les privilèges de navigation (les monopoles d’embarquement) des bateliers strasbourgeois et encouragent l’activité des bateliers – souvent des paysans – de la rive droite qui pratiquent des tarifs plus avantageux que les Alsaciens. Devant cette situation, la corporation strasbourgeoise révise à deux reprises ses statuts, en 1717 et 1752. Néanmoins dans la seconde moitié du siècle, elle continue de péricliter. Par son budget, elle ne se situe plus qu’au douzième rang des corporations de la ville.

La loi Le Chapelier supprime toutes les corporations en France. Les protocoles de la Tribu se terminent à la date du 20 juillet 1791 et le poêle est vendu comme bien national.

Bibliographie

LOEPER (Carl), Die Rheinschiffahrt Strassburgs und die Strassburger Schiffleutzunft, Strassburg, 1877, p. 181 et suiv.

REUSS (Rodolphe), L’ Alsace au XVIIe siècle, Paris, 1898, t. I, p. 678 et 683-686.

HOFFMANN (Charles), L’Alsace au XVIIIe siècle,1906, t. 1, p. 383.

LIVET (Georges), RAPP (Francis) (dir.), Histoire de Strasbourg des origines à nos jours, Strasbourg, 1980-82, t. II, p. 134-140, t. 3, II p. 208-209

KOENIG (Claude). « Techniques et habitudes de navigation des bateliers strasbourgeois au XVIIIe », Annuaire des Amis du Vieux Strasbourg, t. V, 1975, p. 78-92.

KOENIG (Claude), « Batellerie strasbourgeoise et navigation rhénane », Saisons d’Alsace, 16, automne, 1965, p. 483-492.

KOENIG (Claude), « Navigation et traités concernant la navigation sur le Rhin au XVIIIe siècle », RA, 107, 1979, p. 95-116.


Notices connexes

Bateliers de Strasbourg

Confrérie

Corporation

Douane

Entrepôt

Etape

Halage

Ill

Leinpfad

Navigation sur le Rhin

Péages

Tribu

Zunft zum Anker

Marcel Thomann