Poteau indicateur, plaque indicatrice
La réglementation des poteaux indicateurs ou poteaux-guides, appelés aussi « mains » (v. Hand), pourtant fort répandus est très diverse jusqu’au début du XIXe siècle.
Dans le royaume de France, certains intendants recommandent leur pose, et les gouvernements la recommandent. Les villes y recourent volontiers mais, dans les campagnes, les villages préfèrent
les croix ou calvaires, qui sont surchargés d’indications. Des décrets de 1809 et 1812 prescrivent l’apposition d’un panneau signalant la limite d’une zone d’octroi d’une ville, et considèrent l’existence de poteaux indicateurs comme une mesure d’ordre public. Avec le développement du trafic postal, la pose d’un poteau indicateur devient indispensable.
Les autorités provinciales des États allemands édictent des instructions sur les plaques et poteaux indicateurs à partir de 1820 (Prusse). Les Ponts et chaussées bavaroises édictent une instruction fort longue et précise en mai 1830, portant sur les bornes routières, les plaques indicatrices (Ortschild) et les poteaux indicateurs (Wegweiser), placés à la croisée des chemins. Ils sont en bois, à dix pieds du sol, et protégés d’un petit auvent. Ils ne doivent afficher que le nom du lieu, sans autre mention. La police doit veiller à l’exactitude du toponyme et poursuivre ceux qui les endommageraient.
En 1833, le ministère des travaux publics français édicte à son tour une instruction sur les plaques et poteaux indicateurs. Il en fait une obligation pour les communes, et les départements doivent participer au financement, et en indique le dessin, blanc sur fond bleu foncé. En 1850, des géographes allemands relevaient plaques et poteaux indicateurs, numérotations des maisons, boîtes aux lettres : tous signes des avancées récentes de la civilisation. Leur connaissance est nourrie par la recherche des historiens et géographes sérieux ou militants sur la toponymie, ils nous renseignent sur les conflits nationaux sur les toponymes officiels, allemands et italiens, allemands et slaves... allemands et français. Dès novembre 1870, en Alsace et Lorraine, la poste allemande remplace les plaques et poteaux indicateurs français par la signalétique allemande.
Sources - Bibliographie
[Bayerisches] Monatsblatt für Bauwesen und Landesverschönerung. « Instruction für Errichtung von Stundensaülen... », May 1830, p. 1 – 2. Munchener Digitalbibliothek.
DEBAUVE (Alphonse), Art. « Poteaux indicateurs », Dictionnaire administratif des Travaux publics, Paris, 1880.
OBERREINER (Camille), « Pose d’une plaque indicatrice à l’entrée de Cernay en 1687 », RA, 1930, p. 688.