Piquette
« Tout le monde sait que presque tous les vignerons font de la piquette pour leur propre consommation. Sur le restant des marcs déjà pressés, ils mettent de l’eau et le liquide qui en sort forme ce qu’on appelle la piquette » (Benoit, Revue d’Alsace, 1897).
Benoit cite aussi les vers d’un professeur du collège royal de Colmar chantant la piquette : « Pour l’obtenir il faut quand la grappe écrasée, A sous le lourd pressoir dégorgé sa rosée, Émietter avec soin ce lourd et sec gâteau, Verser 1 plein broc l’eau d’un clair ruisseau, Puis, laissant reposer le tout dans la feuillette, Soutirer à loisir... et voila la piquette.
Et tous ces ouvriers aux champs et dans leurs chambres, Quand le vin leur manquait, adoraient la piquette. Pour la bourse indigente et le pauvre gosier, Pour l’enfant plébéien qu’on berce dans l’osier, Il est une boisson légère et piquante Qui ne parut jamais sur la table opulente. Mais qui, chez l’ouvrier rustique et citadin, Chez le vigneron même a remplacé le vin. »
Mais on peut faire de la « piquette » avec d’autres fruits, en particulier les prunelles.
Il est appelé Leuer en alsacien ou encore Traberlur, Lappelür (M. Barth, Der Rebbau im Elsass).
Sources - Bibliographie
BENOIT (Arthur), « Colmar en 1832 et 1833, L’émeute de la piquette », Revue d’Alsace, 1897, 11, p. 459-478.
BARTH (Médard), Der Rebbau im Elsass, Strasbourg, 1958, p. 278.