Pépinières

De DHIALSACE
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royales, seigneuriales, départementales,privées

Les besoins en arbres durant le XVIIIe siècle ont mené à la création de différents types de pépinières à différents niveaux : royales ou seigneuriales mais aussi d’une pépinière privée pionnière en la matière.

Pépinières royales

La pépinière de Kientzheim, aménagée sur ses propres terres, dans les jardins du château par le baron de Montclar (1625-1690), commandant militaire d’Alsace à partir de 1680 (Schoepflin Jean-Daniel) est un point de départ à la création de pépinières en Alsace. Le baron de Montclar encourage également la création d’une pépinière à Harthouse (Gérard Charles) près de Haguenau sur les terres du marquis d’Uxelles (1652-1730). La politique de réfection et d’aménagement des routes durant le XVIIIe siècle entraîne dans son sillage la création de pépinières royales en Alsace. Les arbres destinés à border les routes y sont cultivés. Il s’agit aussi d’approvisionner l’artillerie ou de replanter les forêts. Les deux premières pépinières créées en Alsace sont celles de Krautergesheim et de Saverne en 1737 (Chappuis). À la même époque naît le projet d’en aménager une à Colmar, aux Erlen, transférée en 1742 route de Horbourg (Lichtlé), complétée par celle de Belfort en 1743 et de Dachstein en 1744, qui remplace celle de Krautergersheim. L’Alsace, du Nord au Sud, peut s’approvisionner. Lors de la création des pépinières, les premiers arbres sont obtenus de noix et de graines. Les plus récentes pépinières bénéficient au départ d’un approvisionnement en arbres des plus anciennes. Ce fut le cas à Belfort. À Dachstein, la pépinière est établie en 1744 à l’emplacement d’un ancien château visible sur le plan de Mérian en 1644. Son statut est celui de pépinière royale. La pépinière en elle-même est établie sur des terrains de l’évêché de Strasbourg et est exploitée par Noël Régémorte. L’objectif de départ est de replanter les forêts alsaciennes en ormes. Puis, la culture des muriers (v. Mûrier) visibles sur le plan de 1749, conservé à la bibliothèque du comité technique du Génie, se développe en lien avec la nouvelle activité du château : la magnanerie, installée par Joseph de Massol. Cette magnanerie est vendue dès 1752 à Noël Régémorte. « Elle renfermait toutes sortes d’arbres fruitiers tirés des pays du midi de la Touraine et de la Moselle objet qui n’était point à cette époque en grande culture en Alsace. Pour encourager les propriétaires et les fermiers on les leur vendait deux tiers au-dessous du prix ordinaire et on leur donnait les instructions nécessaires pour les faire réussir. On fit venir aussi des jardiniers français dont plusieurs ont depuis établi des pépinières considérables à Strasbourg, à Haguenau et ailleurs. » (Peuchet). Les pépinières sont le plus souvent organisées avec une surface divisée en carrés de culture. Des étangs permettent une accumulation d’eau. À Belfort, une rivière traverse la pépinière. Elles comprennent la plupart du temps aussi un jardin potager (Dachstein, Belfort). Le fonctionnement et la gestion de ces lieux s’organise progressivement. Alors qu’au départ la pépinière de Belfort fonctionnait grâce à des corvées, un jardinier est embauché en 1750. Le contrat est ensuite transformé afin que le traitement fixe du jardinier baisse et que celui-ci touche une part des ventes. Il est question de supprimer les pépinières royales de la province dès 1787. Celle de Belfort ferme en 1789. Celle de Colmar est transformée en 1803 en pépinière départementale par l’Empire. Félix Desportes, préfet du Haut-Rhin, menant une politique active en matière de plantations d’arbres fruitiers afin de transformer l’Alsace en un vaste verger, permet un important développement de cette pépinière, par l’achat de nouvelles espèces. Des végétaux d’ornement complétaient le tout, destinés à arborer les parcs publics. En 1818, elle est adjugée à un particulier, un certain Guyot.