Préteur royal : Différence entre versions
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La charge a été créée par le secrétaire d’État à la guerre Louvois pour Ulrich Obrecht, qui est l’inventeur de la fonction et de la terminologie. Alors que l’intendant voulait nommer un « prévôt » à Strasbourg, Obrecht impose le terme « préteur », plus respectueux des termes de la capitulation. Il le fait dériver du ''praetor regius'', ''schultheiss'' ou stett-meistre royal, nommé par les rois et empereurs mérovingiens et carolingiens, décrit dans son traité ''Prodrome de l’histoire de l’Alsace'' (''Prodromus alsaticarum rerum'' (1681). Le roi de France exerce donc | La charge a été créée par le secrétaire d’État à la guerre Louvois pour Ulrich Obrecht, qui est l’inventeur de la fonction et de la terminologie. Alors que l’intendant voulait nommer un « prévôt » à Strasbourg, Obrecht impose le terme « préteur », plus respectueux des termes de la capitulation. Il le fait dériver du ''praetor regius'', ''schultheiss'' ou stett-meistre royal, nommé par les rois et empereurs mérovingiens et carolingiens, décrit dans son traité ''Prodrome de l’histoire de l’Alsace'' (''Prodromus alsaticarum rerum'' (1681). Le roi de France exerce donc | ||
| − | un droit historique, fondé sur la souveraineté royale acquise par les traités de Westphalie (v. ''Jus supremi dominii'').<br> | + | un droit historique, fondé sur la souveraineté royale acquise par les traités de Westphalie (v. ''[[Jus supremi dominii]]'').<br> |
Devenu le premier personnage du Magistrat de Strasbourg, le préteur occupe la première place en la maison commune, la Pfalz, il assiste à toutes les assemblées et conseils tant pour la police que pour les finances, où il parle le premier, et il prend part aux audiences judiciaires. Il est l’intermédiaire obligé des rapports de la Ville et de la Cour (1685). | Devenu le premier personnage du Magistrat de Strasbourg, le préteur occupe la première place en la maison commune, la Pfalz, il assiste à toutes les assemblées et conseils tant pour la police que pour les finances, où il parle le premier, et il prend part aux audiences judiciaires. Il est l’intermédiaire obligé des rapports de la Ville et de la Cour (1685). | ||
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== Sources - Bibliographie == | == Sources - Bibliographie == | ||
| − | CORBERON (Nicolas), Recueil d’ordonnances du Roy et | + | CORBERON (Nicolas), Recueil d’ordonnances du Roy et reglemens du Conseil souverain d’Alsace, depuis sa création jusqu’à présent. Imprimé par ordre de Monsieur le Premier président, I, Colmar, 1657-1707.<br> |
| − | reglemens du Conseil souverain d’Alsace, depuis sa création | + | |
| − | jusqu’à présent. Imprimé par ordre de Monsieur le Premier | + | De BOUG, ''Ordonnances... du Conseil d’État et du Conseil souverain d’Alsace'', Colmar, 1774.<br> |
| − | président, I, Colmar, 1657-1707. | + | |
| − | De BOUG, Ordonnances... du Conseil d’État et du Conseil | + | MULLER (Eugène), ''Le Magistrat de la ville de Strasbourg, les Stettmeistres et Ammeistres de 1674 à 1790, les Préteurs royaux de 1685 à 1790'', Strasbourg, 1862.<br> |
| − | souverain d’Alsace, Colmar, 1774. | + | |
| − | MULLER (Eugène), Le Magistrat de la ville de Strasbourg, les | + | KRUG-BASSE ( Jules), ''L’Alsace avant 1789'', Colmar, 1862.<br> |
| − | Stettmeistres et Ammeistres de 1674 à 1790, les Préteurs royaux | + | |
| − | de 1685 à 1790, Strasbourg, 1862. | + | FORD (Franklin L.), ''Strasbourg in Transition. 1648-1789'', Cambridge, 1958.<br> |
| − | KRUG-BASSE ( Jules), L’Alsace avant 1789, Colmar, 1862. | + | |
| − | FORD (Franklin L.), Strasbourg in Transition. 1648-1789, | + | STREITBERGER (Ingeborg), ''Der Königliche Prätor von Strassburg (1685-1789), Freie Stadt im Absoluten Staat'', Wiesbaden, 1961. http://tudigit.ulb.tu-darmstadt.de/show/NR-824-S915/0041.<br> |
| − | Cambridge, 1958. | + | |
| − | STREITBERGER (Ingeborg), Der Königliche Prätor | + | LIVET (Georges), RAPP (Francis), « Les préteurs royaux, hommes du Roi, hommes de la ville ? », ''Histoire de Strasbourg'', Strasbourg, 1981, t. III, p. 280-303.<br> |
| − | von Strassburg (1685-1789), Freie Stadt im Absoluten Staat, | + | |
| − | Wiesbaden, 1961. http://tudigit.ulb.tu-darmstadt.de/show/ | + | GREISSLER (Paul), ''La classe politique à Strasbourg 1650-1750'', Strasbourg, 1986.<br> |
| − | NR-824-S915/0041. | + | |
| − | LIVET (Georges), RAPP (Francis), « Les préteurs royaux, | + | LIVET (Georges), ''L’intendance d’Alsace sous Louis XIV. 1648-1715'', 2e édition, Strasbourg, 1991. |
| − | hommes du Roi, hommes de la ville ? », Histoire de Strasbourg, | ||
| − | Strasbourg, 1981, t. III, p. 280-303. | ||
| − | GREISSLER (Paul), La classe politique à Strasbourg 1650- | ||
| − | 1750, Strasbourg, 1986. | ||
| − | LIVET (Georges), L’intendance d’Alsace sous Louis XIV. | ||
| − | 1648-1715, 2e édition, Strasbourg, 1991. | ||
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Version actuelle datée du 13 juin 2026 à 09:45
Charge de prévôt ou Schultheiss pour la surveillance et le contrôle auprès du Magistrat des villes d’Alsace, en particulier Strasbourg, et étendue à d’autres villes.
La charge a été créée par le secrétaire d’État à la guerre Louvois pour Ulrich Obrecht, qui est l’inventeur de la fonction et de la terminologie. Alors que l’intendant voulait nommer un « prévôt » à Strasbourg, Obrecht impose le terme « préteur », plus respectueux des termes de la capitulation. Il le fait dériver du praetor regius, schultheiss ou stett-meistre royal, nommé par les rois et empereurs mérovingiens et carolingiens, décrit dans son traité Prodrome de l’histoire de l’Alsace (Prodromus alsaticarum rerum (1681). Le roi de France exerce donc
un droit historique, fondé sur la souveraineté royale acquise par les traités de Westphalie (v. Jus supremi dominii).
Devenu le premier personnage du Magistrat de Strasbourg, le préteur occupe la première place en la maison commune, la Pfalz, il assiste à toutes les assemblées et conseils tant pour la police que pour les finances, où il parle le premier, et il prend part aux audiences judiciaires. Il est l’intermédiaire obligé des rapports de la Ville et de la Cour (1685).
Alors que tous les conseils, commissions et offices sont maintenus, le préteur royal est, en fait, le chef du Magistrat (Livet, p. 719). Klinglin le reconnait cyniquement : « Le préteur n’a qu’une voix. Les membres du magistrat trouvant son exposé conforme à la vérité, y joignent leurs suffrages. »
L’institution est étendue aux autres villes libres d’Alsace. À Haguenau, elle prolonge et remplace celle d’Oberschultheiss nommé par le Landvogt ou Grand bailli. À Colmar, c’est un avocat du Conseil qui en est chargé (1686). En 1695, c’est pour Rosheim et Obernai qu’est créée la charge.
La monarchie est cependant réticente à la création de ces offices. Les villes, Sélestat, Wissembourg, Landau, Turckheim, Munster, Neuf-Brisach, n’en sont dotées qu’après 1730.
À Strasbourg, ce sont de fortes personnalités qui en assument la fonction pendant plus d’un siècle. Dans son Histoire de Strasbourg (t. III, p. 280-304) Georges Livet dresse un brillant tableau de l’institution, des hommes et de la société. Les préteurs, aux cotés des intendants, qui n’interviennent que peu dans la ville, des gouverneurs militaires, qui sont de plus en plus, les hommes de la ville, banques, négoce, artisans. Le premier préteur était strasbourgeois, converti à la religion du roi et anobli.
Les suivants, nécessairement catholiques aussi, sont de familles nobles ou anoblies, alsaciennes ou d’officiers implantés en Alsace, formés au collège des Jésuites de Strasbourg (ou de Colmar), puis à l’Université luthérienne, passés par les offices de la magistrature et du Conseil souverain, ceux du commissariat aux guerres ou les agences des ingénieurs du roi, ou encore des bureaux des affaires étrangères. Ils sont les piliers du système oligarchique strasbourgeois, avec ses privilèges, qui va tomber en 1789 avec le sac de l’Hôtel de Ville.
Le préteur qui a négocié le traité d’amitié entre la vieille monarchie française et la jeune république américaine lancée dans sa guerre d’indépendance (1779), Gérard, est aussi celui qui écrit « Les droits, lois et privilèges [de Strasbourg] sont particuliers et confirmés par une Capitulation qui doit être respectée. » Le libéral Fréderic de Dietrich, nommé en juin 1789, n’occupe les fonctions que quelques semaines et est balayé par l’émeute de l’Hôtel de ville puis la constitution d’une municipalité provisoire en août 1789. Il sera cependant élu maire de Strasbourg en février 1790.
1. Ulrich Obrecht : 1685-1701 ;
2. Jean-Henri Obrecht (fils de 1) : 1701-1706 ;
3. Jean-Baptiste de Klinglin : 1706-1725 ;
4. François-Joseph de Klinglin (fils de 3) : 1725-1752 ;
5. François-Christophe-Honoré de Klinglin (fils de 4) : 1752 ;
6. Jean-Baptiste-Denis de Régemorte : 1752-1761 ;
7. François-Marie de Gayot : 1761(63)-1769 ;
8. Félix de Gayot (fils de 7) : 1768-1769 ;
9. François Baron d’Autigny : 1769-1781 ;
10. Conrad Alexandre de Gérard : 1781-1789 ;
11. Frédéric de Dietrich (juin 1789-août 1789 ; élu, en février 1790, maire de Strasbourg).
Sources - Bibliographie
CORBERON (Nicolas), Recueil d’ordonnances du Roy et reglemens du Conseil souverain d’Alsace, depuis sa création jusqu’à présent. Imprimé par ordre de Monsieur le Premier président, I, Colmar, 1657-1707.
De BOUG, Ordonnances... du Conseil d’État et du Conseil souverain d’Alsace, Colmar, 1774.
MULLER (Eugène), Le Magistrat de la ville de Strasbourg, les Stettmeistres et Ammeistres de 1674 à 1790, les Préteurs royaux de 1685 à 1790, Strasbourg, 1862.
KRUG-BASSE ( Jules), L’Alsace avant 1789, Colmar, 1862.
FORD (Franklin L.), Strasbourg in Transition. 1648-1789, Cambridge, 1958.
STREITBERGER (Ingeborg), Der Königliche Prätor von Strassburg (1685-1789), Freie Stadt im Absoluten Staat, Wiesbaden, 1961. http://tudigit.ulb.tu-darmstadt.de/show/NR-824-S915/0041.
LIVET (Georges), RAPP (Francis), « Les préteurs royaux, hommes du Roi, hommes de la ville ? », Histoire de Strasbourg, Strasbourg, 1981, t. III, p. 280-303.
GREISSLER (Paul), La classe politique à Strasbourg 1650-1750, Strasbourg, 1986.
LIVET (Georges), L’intendance d’Alsace sous Louis XIV. 1648-1715, 2e édition, Strasbourg, 1991.