Pferd : Différence entre versions
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| − | 4 1⁄2 schillings (''Zehrungen'', ''Pferderlohn'') (Eheberg, p. 371, § 43). Le « sommier » est le seul moyen de transport rapide de marchandises avant le Xe siècle, les routes ne permettant pas toujours le passage d’attelages. Le (la) ''saumata'' (''Saum'') est la charge que peut porter un sommier. (Le terme désigne aussi un coffre, une malle ou un bahut placé sur les chevaux de bât.) ''Saum'' est devenu unité de mesure (22 ''tuch'' de 32 ''elen'' pour les tissus, [[Poids et mesures]], p. 48 et 105). | + | 4 1⁄2 schillings (''Zehrungen'', ''Pferderlohn'') (Eheberg, p. 371, § 43). Le « sommier » est le seul moyen de transport rapide de marchandises avant le Xe siècle, les routes ne permettant pas toujours le passage d’attelages. Le (la) ''saumata'' (''Saum'') est la charge que peut porter un sommier. (Le terme désigne aussi un coffre, une malle ou un bahut placé sur les chevaux de bât.) ''Saum'' est devenu unité de mesure (22 ''tuch'' de 32 ''elen'' pour les tissus, [[Poids et mesures]], p. 48 et 105).<br> |
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| + | === Les haras seigneuriaux === | ||
| + | Les haras royaux ou seigneuriaux sont mentionnés très tôt, par exemple dans la ''Lex Alamannorum'', dans le chapitre relatif à la protection des troupeaux de juments (''Stute'') (Schilter, p. 687-688) ou le rôle du ''stabularius'', ou ''Marschalk'' (sénéchal) responsable de tout ce qui a trait aux chevaux dans les cours, les abbayes ou les évêchés. L’élevage se déroule souvent dans les forêts où les chevaux sont laissés à l’état quasi sauvage. | ||
| + | Sont recommandés les sols rocailleux et les reliefs accidentés qui fortifient les sabots et la musculature. La toponymie rappelle ces endroits, comme les ''Rossberge'' (Christmann, p.196-199). Ainsi, les sires de Ribeaupierre avaient leurs propres élevages (XVIe siècle). Cependant, les mentions de pacages importants sont rares, comme la Stuttweide d’Ober-Guémar (Hanauer, p. 36) ou | ||
| + | de Bergheim (1369), propriété de Volmar von Reichenberg, qui permet de conclure à l’existence de poulinières (Stuothowe) (Grimm, IV, p. 244-247). L’élevage de chevaux avec ses poulinières se développe à Colmar dès le XIVe siècle (Sittler, p. 47-51). De nombreux villages bénéficient d’un étalon prêté par le seigneur pendant la saison de reproduction (mai-juin), selon le livre d’hippiatrie des Ribeaupierre (Bibliothèque des Dominicains de Colmar, Ms 65, fo 23) mais parfois aussi à l’année. Ainsi, à la fin du XIVe siècle, puis, en 1429, l’abbé de Murbach devait fournir | ||
| + | aux habitants d’Oberhergheim, au mois de mai, un étalon reproducteur (''schelhen'' – ''follen'', ''scheller'') (Weisthümer, IV, p. 138 et 139). Cet animal, sous la responsabilité du ''Meier'' ou du curé, bénéficie d’un large droit de pacage (''Atzrecht'') (bords des chemins et retours de charrue, ''Anwände'') ou est logé dans la cour et bénéficie de fourrage. Cette mise à disposition conduit à une amélioration du cheval rural, croisé avec des juments possédées par certains paysans. Le pacage est le plus souvent collectif sous la garde d’un pâtre (''Rossknabe''), par | ||
| + | exemple à Huningue, et à Colmar les gardiens de chevaux prêtent un serment (''Eid'') (Sittler, p. 50-51). La toponymie révèle ces pacages, comme ''Hengstweide'' (Holzheim), ''im Pferchel'' (Obernai) ou ''Nachtweide'' (pour les chevaux de trait actifs le jour). À Colmar, l’élevage se développe dans et grâce au ''Ried'' (Ibid. p. 63), à Strasbourg dans les îles et prés inondables (Wantzenau, Ittenheim) dans lesquels sont conduits les chevaux à certaines périodes de l’année (Lamboley, p. 63). Les chevaux font partie des ''Vaselviehe'' au même titre que les bœufs, bien qu’ils soient moins nombreux, animaux qui bénéficient du droit de pacage à charge de la communauté. | ||
== Le cheval dans l’économie agraire et la société rurale aux XVIIe et XVIIIe siècles == | == Le cheval dans l’économie agraire et la société rurale aux XVIIe et XVIIIe siècles == | ||
== Le cheval et sa reproduction, une préoccupation publique du XVIIe au début du XIXe siècle == | == Le cheval et sa reproduction, une préoccupation publique du XVIIe au début du XIXe siècle == | ||
== Pferde und Reiterakademien, chevaux, académies et écoles d’équitation == | == Pferde und Reiterakademien, chevaux, académies et écoles d’équitation == | ||
Version du 30 avril 2026 à 11:05
Ross, Gaul, Cheval
Sommaire
Le cheval, du Moyen Âge à l’époque moderne
Dans le domaine francique, cheval se dit pferd. Il existe de nombreux termes pour désigner un cheval selon sa destination : le cheval de guerre (Schlachtroß), de selle (Reitpferd), de bât (Lastpferd, Saumpferd), de trait (Karrenpferd ou Fuhrpferd ou Zugpferd), de prestige (auf ’s hohe Ross steigen) ; l’étalon (Hengst), l’étalon reproducteur (Schehler, Scheller ou Follen), ainsi que le destrier d’honneur (ere Hengst). On le nomme aussi canasson (Klepper), haquenée (Zelter, cheval de petite taille ou jument (Stute) montés par les femmes). Il existe aussi le cheval castré, hongre (Wallach, Maiden, Munch ou Munchpferd). En français, les appellations sont diverses, entre destrier, monture, haridelle, palefroi, roncin, cavale (jument), etc. À Sélestat, un cheval de petite taille (1,35 m au garrot) impropre à la guerre est nommé Rietpferd.
Les chevaux dans la guerre
Au Moyen Âge, le cheval est l’un des symboles d’une vie noble, de pouvoir et de richesse, en particulier au moment des guerres, prérogatives des chevaliers. La cavalerie est le seul emploi du cheval qui soit proprement médiéval. Le développement de l’usage du cheval s’accompagne de celui de la technique qui y est liée, soit l’étrier (apparu au VIIe siècle), la ferrure et les clous (fin IXe siècle), la selle « fauteuil » (avec le renforcement et la multiplication des sangles, tel que le présente l’Hortus Deliciarum) (Lamboley, p. 26 et 27 ; Lefebvre des Noëttes, p. 243). Au fil du temps, la relation entre l’homme et le cheval devient plus personnelle et se charge de connivence, que ce soit avec le cavalier ou le personnel qui s’en occupe. Une réelle tristesse est ressentie lorsqu’un cheval meurt au combat. Du reste, l’engagement de guerriers est suspendu à la garantie du remboursement des chevaux en cas de
perte, appelé « restor ». Lors des guerres, les chevaux sont indispensables en nombre. Ainsi, pour tirer le « Struss » (l’Autruche), le grand canon de Strasbourg (fin XVe siècle), il fallait un attelage de 18 chevaux, alors que d’ordinaire un attelage en demandait 6 à 8. Par ailleurs, il fallait 3 chevaux pour former une « lance » (Gleve), base de la cavalerie.
Nécessairement se développe toute une économie incluant les voitures à atteler, la ferronnerie,
la sellerie et surtout la nourriture. Vers le milieu du XIVe siècle, la tendance revient à tenir les chevaux éloignés des combats car ils ne disposent plus d’armure, alors que s’accroît le nombre de « gens à cheval », soit les arbalétriers montés (Lamboley, p. 32-34, 39-41). Le vocabulaire pour décrire un cheval est riche, en particulier s’agissant de la couleur de la robe (Alice Planche, p. 402-414) ; il apparaît dans des relations de montres (revues, Musterung), par exemple à Strasbourg. En 1372, une liste de montres indique la présence de 41 chevaux, et 17 termes qualifient leur robe (wisgraw, rotgraw, wis, walrot, swartz, graw, griselecht, etc.). On pensait que la couleur de la robe était significative du caractère et des capacités de l’animal : un cheval bai-clair est par nature paresseux (Lamboley, p. 118-119). Tous les chevaux, loin de là, ne sont pas magnifiques, il en est qui sont vieux, borgnes, atteints de maladies, de malformations, de blessures. Ceux-là ne peuvent participer aux montres
qu’avec une autorisation spéciale.
Le cheval de trait, de bât, de somme
Les chevaux servent aux déplacements de messagers, par exemple politiques, véhiculant nouvelles
et ordres, ou lors des expéditions militaires. Ils bénéficient d’un système de relais bien organisé.
Les messagers strasbourgeois ont droit à 3 chevaux et dressent des bordereaux de dépense pour
leurs repas, l’avoine des chevaux, la mise à l’écurie, la maréchalerie, la sellerie et ainsi de suite, le remboursement des frais se nommant Ritegelt.
Ainsi, un déplacement de 8 jours entre Colmar et Haguenau, en 1453, avec 3 chevaux, revient à
4 1⁄2 schillings (Zehrungen, Pferderlohn) (Eheberg, p. 371, § 43). Le « sommier » est le seul moyen de transport rapide de marchandises avant le Xe siècle, les routes ne permettant pas toujours le passage d’attelages. Le (la) saumata (Saum) est la charge que peut porter un sommier. (Le terme désigne aussi un coffre, une malle ou un bahut placé sur les chevaux de bât.) Saum est devenu unité de mesure (22 tuch de 32 elen pour les tissus, Poids et mesures, p. 48 et 105).
Les haras seigneuriaux
Les haras royaux ou seigneuriaux sont mentionnés très tôt, par exemple dans la Lex Alamannorum, dans le chapitre relatif à la protection des troupeaux de juments (Stute) (Schilter, p. 687-688) ou le rôle du stabularius, ou Marschalk (sénéchal) responsable de tout ce qui a trait aux chevaux dans les cours, les abbayes ou les évêchés. L’élevage se déroule souvent dans les forêts où les chevaux sont laissés à l’état quasi sauvage. Sont recommandés les sols rocailleux et les reliefs accidentés qui fortifient les sabots et la musculature. La toponymie rappelle ces endroits, comme les Rossberge (Christmann, p.196-199). Ainsi, les sires de Ribeaupierre avaient leurs propres élevages (XVIe siècle). Cependant, les mentions de pacages importants sont rares, comme la Stuttweide d’Ober-Guémar (Hanauer, p. 36) ou de Bergheim (1369), propriété de Volmar von Reichenberg, qui permet de conclure à l’existence de poulinières (Stuothowe) (Grimm, IV, p. 244-247). L’élevage de chevaux avec ses poulinières se développe à Colmar dès le XIVe siècle (Sittler, p. 47-51). De nombreux villages bénéficient d’un étalon prêté par le seigneur pendant la saison de reproduction (mai-juin), selon le livre d’hippiatrie des Ribeaupierre (Bibliothèque des Dominicains de Colmar, Ms 65, fo 23) mais parfois aussi à l’année. Ainsi, à la fin du XIVe siècle, puis, en 1429, l’abbé de Murbach devait fournir aux habitants d’Oberhergheim, au mois de mai, un étalon reproducteur (schelhen – follen, scheller) (Weisthümer, IV, p. 138 et 139). Cet animal, sous la responsabilité du Meier ou du curé, bénéficie d’un large droit de pacage (Atzrecht) (bords des chemins et retours de charrue, Anwände) ou est logé dans la cour et bénéficie de fourrage. Cette mise à disposition conduit à une amélioration du cheval rural, croisé avec des juments possédées par certains paysans. Le pacage est le plus souvent collectif sous la garde d’un pâtre (Rossknabe), par exemple à Huningue, et à Colmar les gardiens de chevaux prêtent un serment (Eid) (Sittler, p. 50-51). La toponymie révèle ces pacages, comme Hengstweide (Holzheim), im Pferchel (Obernai) ou Nachtweide (pour les chevaux de trait actifs le jour). À Colmar, l’élevage se développe dans et grâce au Ried (Ibid. p. 63), à Strasbourg dans les îles et prés inondables (Wantzenau, Ittenheim) dans lesquels sont conduits les chevaux à certaines périodes de l’année (Lamboley, p. 63). Les chevaux font partie des Vaselviehe au même titre que les bœufs, bien qu’ils soient moins nombreux, animaux qui bénéficient du droit de pacage à charge de la communauté.