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(La poste aux chevaux, le transport des voyageurs (XVIe-XIXe siècles))
(Sources - Bibliographie)
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LACOURT (Philippe), MUNCH (Paul-Bernard), ''Auberges et relais de poste, espaces de vie, fenêtres sur le monde'', Riedisheim, Société d’histoire du Sundgau, 2016.<br>
 
LACOURT (Philippe), MUNCH (Paul-Bernard), ''Auberges et relais de poste, espaces de vie, fenêtres sur le monde'', Riedisheim, Société d’histoire du Sundgau, 2016.<br>
 
V. Poste aux lettres, Poste (Maître de), Postillon.
 
  
 
== La poste aux lettres et les messagers (''Boten'') ==
 
== La poste aux lettres et les messagers (''Boten'') ==

Version du 9 juin 2026 à 10:52

La poste aux chevaux, le transport des voyageurs (XVIe-XIXe siècles)

La poste aux chevaux et la poste aux lettres sont deux services distincts, mais ils sont souvent confondus, car ce sont les mêmes personnes qui les assurent (Dupouy, 1963, p. 68).

La poste aux chevaux assure le transport des voyageurs entre deux destinations d’un réseau routier, par des voitures hippomobiles, Rollwagen. Depuis le règne de Louis XI, un service des « chevaucheurs de l’écurie du Roi » fonctionne dans le royaume de France. À partir du XVIe siècle, les autorités françaises tentent d’accaparer ce service et d’en obtenir le monopole. Depuis 1506, les postes royales sont mises à disposition du public et obtiennent le monopole du louage des chevaux. Le réseau des relais ne cesse de se développer avec des postes distantes de 15 à 20 km.

En Alsace, la mise en usage des chaises de poste, véhicules légers à deux roues inventés en 1664, accroît l’activité des maîtres de poste dans la seconde moitié du XVIIe siècle. À partir de l’annexion française, la poste aux chevaux constitue un monopole dans le cadre de la Ferme. La poste aux chevaux est officiellement la seule habilitée à transporter les voyageurs et les dépêches du roi ou du public.

Les maîtres de poste continuent de gérer leurs relais, dont ils sont souvent propriétaires. Ils demeurent des officiers royaux même si leur charge peut être commuée en commission accordée par brevet royal tout en devenant auxiliaire de la Ferme qui les contrôle. Leur occupation principale est de prêter leur concours au transport rapide des courriers chargés du service du roi et du public en leur procurant des chevaux de relais. Ils doivent tenir leurs écuries garnies d’un nombre de chevaux suffisant pour satisfaire aux besoins ordinaires du service. Les maîtres de poste doivent également fournir des montures à des personnages officiels en mission. À Strasbourg, la poste aux chevaux est établie en dehors de l’enceinte de la ville, devant la porte des Bouchers, sans doute pour pouvoir loger plus commodément les nombreux chevaux que réclame le service des voyageurs. Le monopole du transport des voyageurs est battu en brèche par l’existence de coches concurrents d’où de nombreux litiges.

Vers 1728 apparaissent les voitures postales découvertes, les « brouettes », simples caisses en osier. À la fin du XVIIIe siècle, Turgot opère une importante réforme : il retire à la Ferme la gestion des messageries pour constituer une administration générale des diligences, carrosses et messageries qui lance bientôt sur les routes du royaume les célères Turgotines. Une ultime réforme est entreprise en 1785 avec une nouvelle séparation de la poste aux lettres et aux chevaux avec la direction générale des postes aux chevaux, des relais et messageries.

En 1793, les premières malles-postes sont mises en service en Alsace. Elles disposent de la priorité de passage sur les routes. La grande malle-poste à quatre roues accepte jusqu’à quatre voyageurs pour les longs itinéraires. Le petit modèle à deux roues transporte deux voyageurs pour les petits trajets.

Le réseau des routes postales se développe sous la Restauration et la Monarchie de Juillet avant de connaître son déclin avec la construction des lignes de chemin de fer à partir de 1839. Le relais de la cour du Corbeau à Strasbourg est fermé en 1854, c’est de là que partaient les diligences vers Lyon, Bâle et Mannheim. Les autres relais sont démontés au fur et à mesure de l’ouverture de nouvelles voies ferrées. Tous les relais de poste sont supprimés le 1er mars 1870.

Sources - Bibliographie

REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle, tome 1, Paris, 1897, p. 648-658.

DUPOUY (Michel), La Poste en Alsace au temps jadis jusqu’à la Révolution, Strasbourg, 1963.

BRAUN ( Jean), « Les routes postales en Alsace de l’époque romaine au milieu du XIXe siècle », Diligence d’Alsace, numéro spécial, Strasbourg, 1982.

BLUCHE (François), Dictionnaire du Grand Siècle, Paris, 1990, p. 1237-1238.

LACOURT (Philippe), MUNCH (Paul-Bernard), Auberges et relais de poste, espaces de vie, fenêtres sur le monde, Riedisheim, Société d’histoire du Sundgau, 2016.

La poste aux lettres et les messagers (Boten)

Le Cursus publicus des Romains

Les messagers du Moyen Âge

Les États modernes et l’affermage des services de la poste aux lettres

Dans le Saint Empire : les Thurn und Taxis

Les postes de la monarchie française

L’extension de la Ferme royale des postes à l’Alsace (1636-1675)

Une poste des marchands à Mulhouse

L’essor de la poste au XVIIIe siècle

Poste de la République et de l’Empire

Sources - Bibliographie

Les métiers de la poste

Poste (Maître de) – Postmeister, Posthalter

Postillon – Postkutscher, Postillion

Notices connexes