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(Le cheval, du Moyen Âge à l’époque moderne)
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== Le cheval, du Moyen Âge à l’époque moderne ==
 
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Dans le domaine francique, cheval se dit ''pferd''. Il existe de nombreux termes pour désigner un
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cheval selon sa destination : le cheval de guerre (''Schlachtroß''), de selle (''Reitpferd''), de bât (''Lastpferd'', ''Saumpferd''), de trait (''Karrenpferd'' ou ''Fuhrpferd'' ou ''Zugpferd''), de prestige (''auf ’s hohe Ross steigen'') ; l’étalon (''Hengst''), l’étalon reproducteur (''Schehler'', ''Scheller'' ou ''Follen''), ainsi que le destrier d’honneur (''ere Hengst''). On le nomme aussi canasson (''Klepper''), haquenée (''Zelter'', cheval de petite taille ou jument (''Stute'') montés par les femmes). Il existe aussi le cheval castré, hongre (''Wallach'', ''Maiden'', ''Munch'' ou ''Munchpferd''). En français, les appellations sont diverses, entre destrier, monture, haridelle, palefroi, roncin, cavale (jument), etc. À Sélestat, un cheval de petite taille (1,35 m au garrot) impropre à la guerre est nommé ''Rietpferd''.
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=== Les chevaux dans la guerre ===
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Au Moyen Âge, le cheval est l’un des symboles d’une vie noble, de pouvoir et de richesse, en particulier au moment des guerres, prérogatives des chevaliers. La cavalerie est le seul emploi du cheval qui soit proprement médiéval. Le développement de l’usage du cheval s’accompagne de celui de la technique qui y est liée, soit l’étrier (apparu au VIIe siècle), la ferrure et les clous (fin IXe siècle), la selle « fauteuil » (avec le renforcement et la multiplication des sangles, tel que le présente l’''Hortus Deliciarum'') (Lamboley, p. 26 et 27 ; Lefebvre des Noëttes, p. 243). Au fil du temps, la relation entre l’homme et le cheval devient plus personnelle et se charge de connivence, que ce soit avec le cavalier ou le personnel qui s’en occupe. Une réelle tristesse est ressentie lorsqu’un cheval meurt au combat. Du reste, l’engagement de guerriers est suspendu à la garantie du remboursement des chevaux en cas de
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perte, appelé « restor ». Lors des guerres, les chevaux sont indispensables en nombre. Ainsi, pour tirer le « Struss » (l’Autruche), le grand canon de Strasbourg (fin XVe siècle), il fallait un attelage de 18 chevaux, alors que d’ordinaire un attelage en demandait 6 à 8. Par ailleurs, il fallait 3 chevaux pour former une « lance » (''Gleve''), base de la cavalerie.
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Nécessairement se développe toute une économie incluant les voitures à atteler, la ferronnerie,
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la sellerie et surtout la nourriture. Vers le milieu du XIVe siècle, la tendance revient à tenir les chevaux éloignés des combats car ils ne disposent plus d’armure, alors que s’accroît le nombre de « gens à cheval », soit les arbalétriers montés (Lamboley, p. 32-34, 39-41). Le vocabulaire pour décrire un cheval est riche, en particulier s’agissant de la couleur de la robe (Alice Planche, p. 402-414) ; il apparaît dans des relations de montres (revues, ''Musterung''), par exemple à Strasbourg. En 1372, une liste de montres indique la présence de 41 chevaux, et 17 termes qualifient leur robe (''wisgraw'', ''rotgraw'', ''wis'', ''walrot'', ''swartz'', ''graw'', ''griselecht'', etc.). On pensait que la couleur de la robe était significative du caractère et des capacités de l’animal : un cheval bai-clair est par nature paresseux (Lamboley, p. 118-119). Tous les chevaux, loin de là, ne sont pas magnifiques, il en est qui sont vieux, borgnes, atteints de maladies, de malformations, de blessures. Ceux-là ne peuvent participer aux montres
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qu’avec une autorisation spéciale.
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== Le cheval dans l’économie agraire et la société rurale aux XVIIe et XVIIIe siècles ==
 
== Le cheval dans l’économie agraire et la société rurale aux XVIIe et XVIIIe siècles ==
 
== Le cheval et sa reproduction, une préoccupation publique du XVIIe au début du XIXe siècle ==
 
== Le cheval et sa reproduction, une préoccupation publique du XVIIe au début du XIXe siècle ==
 
== Pferde und Reiterakademien, chevaux, académies et écoles d’équitation ==
 
== Pferde und Reiterakademien, chevaux, académies et écoles d’équitation ==

Version du 30 avril 2026 à 10:55

Ross, Gaul, Cheval

Le cheval, du Moyen Âge à l’époque moderne

Dans le domaine francique, cheval se dit pferd. Il existe de nombreux termes pour désigner un cheval selon sa destination : le cheval de guerre (Schlachtroß), de selle (Reitpferd), de bât (Lastpferd, Saumpferd), de trait (Karrenpferd ou Fuhrpferd ou Zugpferd), de prestige (auf ’s hohe Ross steigen) ; l’étalon (Hengst), l’étalon reproducteur (Schehler, Scheller ou Follen), ainsi que le destrier d’honneur (ere Hengst). On le nomme aussi canasson (Klepper), haquenée (Zelter, cheval de petite taille ou jument (Stute) montés par les femmes). Il existe aussi le cheval castré, hongre (Wallach, Maiden, Munch ou Munchpferd). En français, les appellations sont diverses, entre destrier, monture, haridelle, palefroi, roncin, cavale (jument), etc. À Sélestat, un cheval de petite taille (1,35 m au garrot) impropre à la guerre est nommé Rietpferd.

Les chevaux dans la guerre

Au Moyen Âge, le cheval est l’un des symboles d’une vie noble, de pouvoir et de richesse, en particulier au moment des guerres, prérogatives des chevaliers. La cavalerie est le seul emploi du cheval qui soit proprement médiéval. Le développement de l’usage du cheval s’accompagne de celui de la technique qui y est liée, soit l’étrier (apparu au VIIe siècle), la ferrure et les clous (fin IXe siècle), la selle « fauteuil » (avec le renforcement et la multiplication des sangles, tel que le présente l’Hortus Deliciarum) (Lamboley, p. 26 et 27 ; Lefebvre des Noëttes, p. 243). Au fil du temps, la relation entre l’homme et le cheval devient plus personnelle et se charge de connivence, que ce soit avec le cavalier ou le personnel qui s’en occupe. Une réelle tristesse est ressentie lorsqu’un cheval meurt au combat. Du reste, l’engagement de guerriers est suspendu à la garantie du remboursement des chevaux en cas de perte, appelé « restor ». Lors des guerres, les chevaux sont indispensables en nombre. Ainsi, pour tirer le « Struss » (l’Autruche), le grand canon de Strasbourg (fin XVe siècle), il fallait un attelage de 18 chevaux, alors que d’ordinaire un attelage en demandait 6 à 8. Par ailleurs, il fallait 3 chevaux pour former une « lance » (Gleve), base de la cavalerie. Nécessairement se développe toute une économie incluant les voitures à atteler, la ferronnerie, la sellerie et surtout la nourriture. Vers le milieu du XIVe siècle, la tendance revient à tenir les chevaux éloignés des combats car ils ne disposent plus d’armure, alors que s’accroît le nombre de « gens à cheval », soit les arbalétriers montés (Lamboley, p. 32-34, 39-41). Le vocabulaire pour décrire un cheval est riche, en particulier s’agissant de la couleur de la robe (Alice Planche, p. 402-414) ; il apparaît dans des relations de montres (revues, Musterung), par exemple à Strasbourg. En 1372, une liste de montres indique la présence de 41 chevaux, et 17 termes qualifient leur robe (wisgraw, rotgraw, wis, walrot, swartz, graw, griselecht, etc.). On pensait que la couleur de la robe était significative du caractère et des capacités de l’animal : un cheval bai-clair est par nature paresseux (Lamboley, p. 118-119). Tous les chevaux, loin de là, ne sont pas magnifiques, il en est qui sont vieux, borgnes, atteints de maladies, de malformations, de blessures. Ceux-là ne peuvent participer aux montres qu’avec une autorisation spéciale.

Le cheval dans l’économie agraire et la société rurale aux XVIIe et XVIIIe siècles

Le cheval et sa reproduction, une préoccupation publique du XVIIe au début du XIXe siècle

Pferde und Reiterakademien, chevaux, académies et écoles d’équitation