Pfleger : Différence entre versions

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(Pfleger, exceptionnellement bailli ou vogt)
(Landpflegeryen, Stiftspflegereien, Landpfleger, Stiftspfleger, Directeurs de fondation)
 
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== ''Pfleger – administrator, gubernator, curator'', administrateur ==
 
== ''Pfleger – administrator, gubernator, curator'', administrateur ==
 
=== Définition ===
 
=== Définition ===
L’administrateur (pfleger) est un membre du
+
L’administrateur (''pfleger'') est un membre du conseil d’une ville nommé par ce dernier pour superviser la gestion par l’économe (''schaffner'' ou ''procurator'') des biens d’une ou de plusieurs institutions urbaines, qu’il s’agisse de couvents, de chapelles, d’hôpitaux, de léproseries, de fabriques de paroisses, de béguinages ou de reclusoirs.<br>
conseil d’une ville nommé par ce dernier pour
 
superviser la gestion par l’économe (schaffner ou
 
procurator) des biens d’une ou de plusieurs insti-
 
tutions urbaines, qu’il s’agisse de couvents, de cha-
 
pelles, d’hôpitaux, de léproseries, de fabriques de
 
paroisses, de béguinages ou de reclusoirs.<br>
 
  
 
=== Vocabulaire ===
 
=== Vocabulaire ===
L’imprécision du vocabulaire pour désigner la
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L’imprécision du vocabulaire pour désigner la fonction de ''pfleger'' doit inciter à la prudence. Ainsi, à Strasbourg, du XIIIe siècle au milieu du XIVe, les fonctions d’administrateur (''administrator'', ''gubernator'') et d’économe (''procurator'') ne sont pas encore dissociées. En 1291, Conrad von Rangoldingen est dit procurator [''schaffner'', économe] ''seu administrator generalis leprosorum in Rotenkirche''. À Saverne, ville épiscopale beaucoup plus petite que Strasbourg, la même personne exerce la fonction d’administrateur et d’économe de la léproserie. Les sources citent parfois les deux fonctions ou l’une ou l’autre, sans faire de distinction. À Colmar, à la fin du XIVe siècle, le mot ''meister'' pouvait aussi désigner l’administrateur de la léproserie, que l’on trouve uniquement sous l’appellation de ''pfleger'' au XVe siècle. À Ingwiller, les deux administrateurs de la léproserie sont appelés ''gutleutmeister'' encore au XVIe siècle. À Neuwiller, à cinq années d’intervalle, les administrateurs sont appelés ''gutlùtpfleger'' et ''gutlùtmeister''. Le nom désignant l’administrateur a donc pu évoluer au fil du temps, comme le montre le cas de Colmar, il peut également être différent selon les endroits, alors qu’à Neuwiller, la fonction est désignée par deux noms différents à la même époque.<br>
fonction de pfleger doit inciter à la prudence. Ainsi,
 
à Strasbourg, du XIIIe siècle au milieu du XIVe, les
 
fonctions d’administrateur (administrator, guber-
 
nator) et d’économe (procurator) ne sont pas encore
 
dissociées. En 1291, Conrad von Rangoldingen est
 
dit procurator [schaffner, économe] seu administrator generalis leprosorum in Rotenkirche. À Saverne, ville
 
épiscopale beaucoup plus petite que Strasbourg,
 
la même personne exerce la fonction d’admi-
 
nistrateur et d’économe de la léproserie. Les
 
sources citent parfois les deux fonctions ou l’une
 
ou l’autre, sans faire de distinction. À Colmar, à
 
la fin du XIVe siècle, le mot meister pouvait aussi
 
désigner l’administrateur de la léproserie, que l’on
 
trouve uniquement sous l’appellation de pfleger au
 
XVe siècle. À Ingwiller, les deux administrateurs
 
de la léproserie sont appelés gutleutmeister encore
 
au XVIe siècle. À Neuwiller, à cinq années d’inter-
 
valle, les administrateurs sont appelés gutlùtpfleger
 
et gutlùtmeister. Le nom désignant l’administra-
 
teur a donc pu évoluer au fil du temps, comme le
 
montre le cas de Colmar, il peut également être
 
différent selon les endroits, alors qu’à Neuwiller, la
 
fonction est désignée par deux noms différents à la
 
même époque.<br>
 
  
=== La fonction et le rôle de l’administrateur (pfleger) ===
+
=== La fonction et le rôle de l’administrateur (''pfleger'') ===
Au départ, les administrateurs de l’hôpital de
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Au départ, les administrateurs de l’hôpital de Strasbourg sont responsables de la gestion des biens, comme en témoigne leur appellation, ''curatores et rectores bonorum et domus hospitalis''. À partir de 1315 apparaît une nouvelle fonction, celle d’économe (''schaffner''). Désormais, c’est lui qui prend en charge la gestion du patrimoine, le rôle des ''pfleger'' se limitant à la surveillance et au contrôle. L’économe, qui leur était soumis, devait rendre régulièrement des comptes aux administrateurs. Ils étaient également responsables de la conservation des archives.
Strasbourg sont responsables de la gestion des
+
En tant que membres du Conseil, les administrateurs avaient également un droit de visite à l’Hôpital. En cas de différends entre le personnel de l’hôpital et l’économe, les administrateurs étaient la dernière instance sollicitée pour régler le problème.<br>
biens, comme en témoigne leur appellation, cura-
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tores et rectores bonorum et domus hospitalis. À partir
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À la léproserie, les administrateurs disposent également d’un pouvoir disciplinaire sur l’ensemble du personnel et des habitants de la léproserie. Ils vérifient que le chapelain exerce correctement ses fonctions, de même que l’économe, qui leur doit obéissance. Si un lépreux, un valet ou une servante contrevient au règlement, ils le puniront en fonction de la gravité du cas. Ils ont également le pouvoir d’ordonner à toute personne déclarée lépreuse de quitter la ville à peine d’une amende dont ils peuvent fixer le montant sans possibilité d’appel.
de 1315 apparaît une nouvelle fonction, celle d’éco-
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Par contre, si l’économe ou le chapelain fait appel à eux et leur demande de venir à la léproserie, ils devront s’y rendre. Par ailleurs, ils jouent un rôle dans la détection de la maladie, car ils sont tenus de dénoncer aux inspecteurs ceux qui sont suspectés d’être atteints de la lèpre. Ainsi, grâce aux administrateurs, le Conseil de la ville a un droit de regard sur le fonctionnement de diverses institutions urbaines, qu’il s’agisse des hôpitaux, des léproseries, des fabriques d’églises ou encore des couvents.
nome (schaffner). Désormais, c’est lui qui prend en
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À Strasbourg, des administrateurs nommés par le Conseil pour les couvents de femmes sont attestés depuis les années 1330, alors qu’auparavant, des membres d’un ordre religieux ou des frères lais assistaient les religieuses pour les transactions concernant leurs biens. En 1367, le Conseil de Strasbourg décrète que les administrateurs nommés par la ville devront donner leur accord lors de la vente, l’achat ou la location de biens appartenant à des religieuses, ce qui ne fait qu’entériner une pratique existante. Par la surveillance exercée par les administrateurs, la ville voulait aussi éviter que les couvents n’accumulent trop de biens exemptés de taxes. En général, les administrateurs de couvents de femmes strasbourgeois sont d’anciens ''ammeister'' ou d’anciens ''stettmeister'', c’est-à-dire les hommes politiques les plus en vue de la ville. Comme ils avaient presque tous des parentes dans les couvents dont ils contrôlaient la gestion, ils veillaient également au bien-être des membres de leur famille.<br>
charge la gestion du patrimoine, le rôle des pfleger se
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limitant à la surveillance et au contrôle. L’économe,
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Pour les couvents masculins de Strasbourg, des ''pfleger'' sont attestés depuis 1348. En 1367, le
qui leur était soumis, devait rendre régulièrement
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Magistrat interdit aux couvents d’aliéner ou bailler leurs biens sans l’accord de ceux-ci, et en 1386, il décrète que la reddition des comptes des Dominicains devra désormais se faire en présence des trois ''pfleger'' nommés par lui. Les Franciscains ont réussi à se passer d’eux jusqu’au début du XVe siècle.<br>
des comptes aux administrateurs. Ils étaient égale-
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ment responsables de la conservation des archives.
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Au XVe siècle, la ville de Strasbourg nomme même un administrateur pour les mendiants (''giler'') [AMS 1MR 30, p. 140]. L’apparition d’un ou de plusieurs administrateurs dans les sources prouve que le processus de mise sous tutelle de l’institution, appelé parfois « communalisation », est achevé. Le nombre d’administrateurs pour une même institution augmente au fil du temps. La léproserie de Strasbourg semble n’avoir qu’un administrateur jusqu’en 1407. À cette date, deux ''pfleger'' sont nommés conjointement pour la première fois. Mais à partir de 1466, ils sont trois à exercer cette fonction ; désormais, il y aura un ''pfleger'' issu du patriciat, en plus des deux issus des corporations. Depuis le milieu du XVe siècle, l’un d’entre eux est régulièrement un ancien ''ammeister''. À partir de 1687, les ''pfleger'' des institutions subsistantes sont soumis à la règle de l’alternative.<br>
En tant que membres du Conseil, les administra-
 
teurs avaient également un droit de visite à l’Hô-
 
pital. En cas de différends entre le personnel de
 
l’hôpital et l’économe, les administrateurs étaient la
 
dernière instance sollicitée pour régler le problème.
 
À la léproserie, les administrateurs disposent éga-
 
lement d’un pouvoir disciplinaire sur l’ensemble
 
du personnel et des habitants de la léproserie. Ils
 
vérifient que le chapelain exerce correctement ses
 
fonctions, de même que l’économe, qui leur doit
 
obéissance. Si un lépreux, un valet ou une servante
 
contrevient au règlement, ils le puniront en fonc-
 
tion de la gravité du cas. Ils ont également le pou-
 
voir d’ordonner à toute personne déclarée lépreuse
 
de quitter la ville à peine d’une amende dont ils
 
peuvent fixer le montant sans possibilité d’appel.
 
Par contre, si l’économe ou le chapelain fait appel
 
à eux et leur demande de venir à la léproserie, ils
 
devront s’y rendre. Par ailleurs, ils jouent un rôle
 
dans la détection de la maladie, car ils sont tenus de
 
dénoncer aux inspecteurs ceux qui sont suspectés
 
d’être atteints de la lèpre. Ainsi, grâce aux adminis-
 
trateurs, le Conseil de la ville a un droit de regard
 
sur le fonctionnement de diverses institutions urbaines, qu’il s’agisse des hôpitaux, des léprose-
 
ries, des fabriques d’églises ou encore des couvents.
 
À Strasbourg, des administrateurs nommés par le
 
Conseil pour les couvents de femmes sont attestés
 
depuis les années 1330, alors qu’auparavant, des
 
membres d’un ordre religieux ou des frères lais as-
 
sistaient les religieuses pour les transactions concer-
 
nant leurs biens. En 1367, le Conseil de Strasbourg
 
décrète que les administrateurs nommés par la
 
ville devront donner leur accord lors de la vente,
 
l’achat ou la location de biens appartenant à des
 
religieuses, ce qui ne fait qu’entériner une pra-
 
tique existante. Par la surveillance exercée par les
 
administrateurs, la ville voulait aussi éviter que les
 
couvents n’accumulent trop de biens exemptés de
 
taxes. En général, les administrateurs de couvents
 
de femmes strasbourgeois sont d’anciens ammeister
 
ou d’anciens stettmeister, c’est-à-dire les hommes
 
politiques les plus en vue de la ville. Comme ils
 
avaient presque tous des parentes dans les couvents
 
dont ils contrôlaient la gestion, ils veillaient éga-
 
lement au bien-être des membres de leur famille.
 
Pour les couvents masculins de Strasbourg, des
 
pfleger sont attestés depuis 1348. En 1367, le
 
Magistrat interdit aux couvents d’aliéner ou bailler
 
leurs biens sans l’accord de ceux-ci, et en 1386, il dé-
 
crète que la reddition des comptes des Dominicains
 
devra désormais se faire en présence des trois pfle-
 
ger nommés par lui. Les Franciscains ont réussi à se
 
passer d’eux jusqu’au début du XVe siècle.
 
Au XVe siècle, la ville de Strasbourg nomme
 
même un administrateur pour les mendiants (giler)
 
[AMS 1MR 30, p. 140]. L’apparition d’un ou de
 
plusieurs administrateurs dans les sources prouve
 
que le processus de mise sous tutelle de l’insti-
 
tution, appelé parfois « communalisation », est
 
achevé. Le nombre d’administrateurs pour une
 
même institution augmente au fil du temps. La
 
léproserie de Strasbourg semble n’avoir qu’un ad-
 
ministrateur jusqu’en 1407. À cette date, deux pfle-
 
ger sont nommés conjointement pour la première
 
fois. Mais à partir de 1466, ils sont trois à exercer
 
cette fonction ; désormais, il y aura un pfleger issu
 
du patriciat, en plus des deux issus des corpora-
 
tions. Depuis le milieu du XVe siècle, l’un d’entre
 
eux est régulièrement un ancien ammeister. À partir
 
de 1687, les pfleger des institutions subsistantes
 
sont soumis à la règle de l’alternative.<br>
 
  
 
=== Salaire des administrateurs ===
 
=== Salaire des administrateurs ===
Comme l’administrateur, au départ, était pure-
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Comme l’administrateur, au départ, était purement bénévole, il avait droit à de menus cadeaux.
ment bénévole, il avait droit à de menus cadeaux.
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Néanmoins, au fil du temps, diverses rémunérations apparaissent : un repas lors de la reddition des comptes à l’Hôpital de Strasbourg, un agneau, cent œufs et deux fromages de vache à Pâques deux chapons et 4 pots (soit de 6 à 8 l) de vin à la Saint-Martin, un pain d’épices de taille respectable à Noël. À Haguenau, jusqu’en 1460, les administrateurs de la léproserie ne perçoivent aucune gratification pour leur fonction. Mais, petit à petit, leurs successeurs s’intéresseront plus à leur profit personnel et moins au bien-être des lépreux. De modestes au départ, leurs gratifications pèsent de plus en plus lourd dans la balance comptable de l’établissement. À ces versements en numéraire s’ajoutent à partir de 1484 des frais pour un repas pris en commun lors de la reddition des comptes et des cadeaux en nature : carpes, brochets, pains d’épices.<br>
Néanmoins, au fil du temps, diverses rémunéra-
 
tions apparaissent : un repas lors de la reddition
 
des comptes à l’Hôpital de Strasbourg, un agneau,
 
cent œufs et deux fromages de vache à Pâques deux chapons et 4 pots (soit de 6 à 8 l) de vin à
 
la Saint-Martin, un pain d’épices de taille respec-
 
table à Noël. À Haguenau, jusqu’en 1460, les ad-
 
ministrateurs de la léproserie ne perçoivent aucune
 
gratification pour leur fonction. Mais, petit à petit,
 
leurs successeurs s’intéresseront plus à leur profit
 
personnel et moins au bien-être des lépreux. De
 
modestes au départ, leurs gratifications pèsent de
 
plus en plus lourd dans la balance comptable de
 
l’établissement. À ces versements en numéraire
 
s’ajoutent à partir de 1484 des frais pour un repas
 
pris en commun lors de la reddition des comptes
 
et des cadeaux en nature : carpes, brochets, pains
 
d’épices.<br>
 
  
 
=== Une fonction honorifique ===
 
=== Une fonction honorifique ===
La fonction d’administrateur est aussi une fonc-
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La fonction d’administrateur est aussi une fonction honorifique, qui confère un certain prestige à celui qui l’exerce. Elle permet de marquer l’institution de son empreinte et de magnifier la famille.
tion honorifique, qui confère un certain prestige à
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C’est ainsi qu’en 1601, les trois administrateurs de la léproserie de Strasbourg font peindre leurs armoiries et celles de l’économe sur le poêle de la léproserie. Il existait une hiérarchie pour les ''pflegereien'' strasbourgeoises. Les quatre plus importantes étaient l’Œuvre Notre-Dame, l’Hôpital, la léproserie et l’''Ellendenherberge'' ou Auberge des pauvres passants. L’attractivité de la fonction est telle que certains n’hésitent pas à l’exercer dans sept institutions différentes de la ville. C’est le cas de Cune Nope, ancien ''Stettmeister'' et administrateur de la léproserie entre 1450 et 1455, mais aussi de l’Œuvre Notre-Dame, de la léproserie, des Dominicains, des Franciscains, des Dominicaines de Saint-Jean-aux-Ondes, des bégards du Marché-au-Vin et de la chapelle ''zum ellenden Kreuz'' extra-muros (AMS 1MR 30 p.140-142). La fonction d’administrateur est certes une fonction honorifique, mais elle exige néanmoins d’être en bonne santé, comme en témoigne la supplique adressée au Magistrat de Strasbourg en 1544 par Sebastian Erb, administrateur de l’hôpital pour syphilitiques, qui demande à être relevé de sa fonction, car, écrit-il, « j’ai 65 ans, ma raison, ma mémoire, mon ouïe et ma vue baissent, et je ne retiens plus rien, ou pas grand’chose » (''nemlich ich bin jetzt 65 jor alt und got mir an vernunft, an gedechtnüs, am gehore und am gesicht abe und kann nicht oder gar wenig in miner gedechtnüs behalten'' ; WINCKELMANN, p. 69).<br>
celui qui l’exerce. Elle permet de marquer l’insti-
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tution de son empreinte et de magnifier la famille.
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WINCKELMANN (Otto), ''Das Fürsorgewesen der Stadt Strassburg'', t. 2, Leipzig, 1922.<br>
C’est ainsi qu’en 1601, les trois administrateurs
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de la léproserie de Strasbourg font peindre leurs
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PFLEGER (Luzian), ''Kirchengeschichte der Stadt Straßburg im Mittelalter'', Colmar, 1941, p. 129.<br>
armoiries et celles de l’économe sur le poêle de la
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léproserie. Il existait une hiérarchie pour les pflege-
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GABLER ( Jakob), « Die Ordnungen der Verwaltungsorgane des Grossen Spitals zu Strassburg aus dem 15. Jahrhundert », ''AEKG'' 15, 1942, p. 25-72, pour les ''Pfleger'', voir p. 25-36.<br>
reien strasbourgeoises. Les quatre plus importantes
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étaient l’Œuvre Notre-Dame, l’Hôpital, la lépro-
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TURCK (Sandrine), ''Les Dominicains à Strasbourg entre prêche, prière et mendicité (1224-1420)'', 2002, p. 74.<br>
serie et l’Ellendenherberge ou Auberge des pauvres
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passants. L’attractivité de la fonction est telle que
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NOHLEN (Marie-José), « La construction de la cathédrale gothique XIIe-XVe siècles », DORE (Joseph), dir., ''La grâce d’une cathédrale'', Strasbourg, 2007, p. 31-55, ici p. 31-36.<br>
certains n’hésitent pas à l’exercer dans sept insti-
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tutions différentes de la ville. C’est le cas de Cune
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CLEMENTZ (Élisabeth), ''Les lépreux en Alsace : marginaux, exclus, intercesseurs ?'', vol. 1, Paris, 2023 (sous presse), p. 300-308 et vol. 2 p. 129-144.<br>
Nope, ancien Stettmeister et administrateur de la lé-
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proserie entre 1450 et 1455, mais aussi de l’Œuvre
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HIRBODIAN (Sigrid), ''Geistliche Frauen und städtische Welt. Kanonissen - Nonnen - Beginen und ihre Umwelt am Beispiel der Stadt Straßburg im Spätmittelalter (1250-1525)'', à paraître (avec liste des ''pfleger'' dans les couvents féminins de Strasbourg).
Notre-Dame, de la léproserie, des Dominicains,
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<div align="right">'''Élisabeth Clementz'''</div align>
des Franciscains, des Dominicaines de Saint-
 
Jean-aux-Ondes, des bégards du Marché-au-Vin
 
et de la chapelle zum ellenden Kreuz extra-muros
 
(AMS 1MR 30 p. 140-142). La fonction d’admi-
 
nistrateur est certes une fonction honorifique, mais
 
elle exige néanmoins d’être en bonne santé, comme
 
en témoigne la supplique adressée au Magistrat
 
de Strasbourg en 1544 par Sebastian Erb, admi-
 
nistrateur de l’hôpital pour syphilitiques, qui de-
 
mande à être relevé de sa fonction, car, écrit-il,
 
« j’ai 65 ans, ma raison, ma mémoire, mon ouïe et
 
ma vue baissent, et je ne retiens plus rien, ou pas
 
grand’chose » (nemlich ich bin jetzt 65 jor alt und got
 
mir an vernunft, an gedechtnüs, am gehore und am
 
gesicht abe und kann nicht oder gar wenig in miner
 
gedechtnüs behalten ; WINCKELMANN, p. 69).
 
WINCKELMANN (Otto), Das Fürsorgewesen der Stadt
 
Strassburg, t. 2, Leipzig, 1922.
 
PFLEGER (Luzian), Kirchengeschichte der Stadt Straßburg
 
im Mittelalter, Colmar, 1941, p. 129.
 
GABLER ( Jakob), « Die Ordnungen der Verwaltungsorgane
 
des Grossen Spitals zu Strassburg aus dem 15. Jahrhundert »,
 
AEKG 15, 1942, p. 25-72, pour les Pfleger, voir p. 25-36.
 
TURCK (Sandrine), Les Dominicains à Strasbourg entre
 
prêche, prière et mendicité (1224-1420), 2002, p. 74.
 
NOHLEN (Marie-José), « La construction de la cathédrale
 
gothique XIIe-XVe siècles », DORE ( Joseph), dir., La grâce
 
d’une cathédrale, Strasbourg, 2007, p. 31-55, ici p. 31-36.
 
CLEMENTZ (Élisabeth), Les lépreux en Alsace : marginaux,
 
exclus, intercesseurs ?, vol. 1, Paris, 2023 (sous presse), p. 300-
 
308 et vol. 2 p. 129-144.
 
HIRBODIAN (Sigrid), Geistliche Frauen und städtische Welt.
 
Kanonissen - Nonnen - Beginen und ihre Umwelt am Beispiel der
 
Stadt Straßburg im Spätmittelalter (1250-1525), à paraître (avec
 
liste des pfleger dans les couvents féminins de Strasbourg).
 
Élisabeth Clementz<br>
 
  
 
== ''Pfleger'', exceptionnellement bailli ou vogt ==
 
== ''Pfleger'', exceptionnellement bailli ou vogt ==
En Alsace médiévale, les fonctions de bailli
+
En Alsace médiévale, les fonctions de bailli sont désignées par les termes ''Vogt'' ou ''Amtmann''.
sont désignées par les termes Vogt ou Amtmann.
+
Dans d’autres régions, il peut être appelé ''Burggraf'' (v. ''[[Burggraf]]'') ou ''Pfleger'' ; en Alsace, ce n’est le cas que très exceptionnellement : le bailli de l’évêque de Bâle à Schwarzenberg est appelé ''pfleger'' en 1301 (UBS II, p. 190, no 233), de même que celui du comte de Ferrette à Ammerschwihr en 1324 (AHR 24H 13/3). En 1326, le bailli (''vogt'') de Hohlandsberg est en même temps ''pfleger'' du duc d’Autriche à Kientzheim (AHR 11H 4/2 &/ou 4/12).<br>
Dans d’autres régions, il peut être appelé Burggraf
+
 
(v. Burggraf) ou Pfleger ; en Alsace, ce n’est le cas
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On trouve parfois le titre de ''vogt und pfleger'', ainsi à Munster en 1339 (''Annuaire de la soc. d’hist. de Munster'', 2006, p. 20), à Ribeauvillé en 1376 (ALBRECHT, ''RUB'', II, p. 124 no 138), à Hirzenstein et Uffholtz en 1385 (GATRIO (André), ''Die Abtei Murbach'', 1895, I, p. 489).<br>
que très exceptionnellement : le bailli de l’évêque
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de Bâle à Schwarzenberg est appelé pfleger en 1301
+
<div align="right">'''Bernhard Metz'''</div align>
(UBS II, p. 190, no 233), de même que celui du
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comte de Ferrette à Ammerschwihr en 1324
+
== ''Landpflegeryen, Stiftspflegereien, Landpfleger, Stiftspfleger'', Directeurs de fondation ==
(AHR 24H 13/3). En 1326, le bailli (vogt) de
+
À Strasbourg, s’imposent au XVIIIe siècle les désignations de ''Landpfleger'' pour les chargés de la tutelle des baillis des bailliages ruraux tous pourvus d’un bailli (''Amtmänner'') – soit Barr, Wasselonne, Marlenheim, Illkirch – et de ''Stiftspfleger'' pour les ''Pfleger'' des institutions hospitalières et d’assistance : directeurs des fondations, qui ont toutes un receveur (''Schaffner'') : ''Hospital'' - Hopital Bourgeois, Œuvre Notre-Dame – ''Frauenhaus'', Fondation de Saint-Marc et Hopital des Vérolés, (''Sankt Marx und Blatterhaus''), Maison des Orphelins (''Waysenhaus''), enfants trouvés, ''Raspelhaus'' ou Maison de Force, Directeur de la Pharmacie et des Accouchements. Les traductions françaises en usage au XVIIIe siècle pour ces fonctions sont « Directeurs des Bailliages de la ville de Strasbourg » pour ''Landpfleger'' et « Directeur de la fondation... » pour les ''Pfleger'' des fondations. Ces fonctions sont assurées par un ''Stettmeistre'' ou un ''Ammeistre'' et des membres du Conseil (''Ratsherren''), désignés par le Conseil des XIII.<br>
Hohlandsberg est en même temps pfleger du duc
+
 
d’Autriche à Kientzheim (AHR 11H 4/2 &/ou
+
''Almanach d’Alsace pour l’année 1783'' (Jérémie Jacques Oberlin).<br>
4/12).
+
 
On trouve parfois le titre de vogt und pfle-
+
''Der Stadt Strassburg Regiments Verfassung'' (Johann Frank Le Roux), 1769.<br>
ger, ainsi à Munster en 1339 (Annuaire de la soc.
+
 
d’hist. de Munster, 2006, p. 20), à Ribeauvillé
+
LIVET (Georges), « Strasbourg, Institutions, Traditions, Sociétés, », LIVET-RAPP, ''Histoire de Strasbourg'' (1980-82), t. 3, p. 342-351.<br>
en 1376 (ALBRECHT, RUB, II, p. 124 no 138),
 
à Hirzenstein et Uffholtz en 1385 (GATRIO
 
(André), Die Abtei Murbach, 1895, I, p. 489).
 
Bernhard Metz<br>
 
  
== Landpflegeryen, Stiftspflegereien, Landpfleger, Stiftspfleger, Directeurs de fondation ==
+
<div align="right">'''François Igersheim'''</div align>
À Strasbourg, s’imposent au XVIIIe siècle les
 
désignations de Landpfleger pour les chargés de la
 
tutelle des baillis des bailliages ruraux tous pourvus
 
d’un bailli (Amtmänner) – soit Barr, Wasselonne,
 
Marlenheim, Illkirch – et de Stiftspfleger pour les
 
Pfleger des institutions hospitalières et d’assistan-
 
ce : directeurs des fondations, qui ont toutes un
 
receveur (Schaffner) : Hospital - Hopital Bourgeois,
 
Œuvre Notre-Dame – Frauenhaus, Fondation
 
de Saint-Marc et Hopital des Vérolés, (Sankt
 
Marx und Blatterhaus), Maison des Orphelins
 
(Waysenhaus), enfants trouvés, Raspelhaus ou
 
Maison de Force, Directeur de la Pharmacie et
 
des Accouchements. Les traductions françaises
 
en usage au XVIIIe siècle pour ces fonctions sont
 
« Directeurs des Bailliages de la ville de Strasbourg »
 
pour Landpfleger et « Directeur de la fondation... »
 
pour les Pfleger des fondations. Ces fonctions sont
 
assurées par un Stettmeistre ou un Ammeistre et des
 
membres du Conseil (Ratsherren), désignés par le
 
Conseil des XIII.
 
Almanach d’Alsace pour l’année 1783 ( Jérémie Jacques
 
Oberlin).
 
Der Stadt Strassburg Regiments Verfassung ( Johann Frank Le
 
Roux), 1769.
 
LIVET (Georges), « Strasbourg, Institutions, Traditions,
 
Sociétés, », LIVET-RAPP, Histoire de Strasbourg (1980-82),
 
t. 3, p. 342-351.
 
François Igersheim
 

Version actuelle datée du 3 mai 2026 à 13:11

Pfleger – administrator, gubernator, curator, administrateur

Définition

L’administrateur (pfleger) est un membre du conseil d’une ville nommé par ce dernier pour superviser la gestion par l’économe (schaffner ou procurator) des biens d’une ou de plusieurs institutions urbaines, qu’il s’agisse de couvents, de chapelles, d’hôpitaux, de léproseries, de fabriques de paroisses, de béguinages ou de reclusoirs.

Vocabulaire

L’imprécision du vocabulaire pour désigner la fonction de pfleger doit inciter à la prudence. Ainsi, à Strasbourg, du XIIIe siècle au milieu du XIVe, les fonctions d’administrateur (administrator, gubernator) et d’économe (procurator) ne sont pas encore dissociées. En 1291, Conrad von Rangoldingen est dit procurator [schaffner, économe] seu administrator generalis leprosorum in Rotenkirche. À Saverne, ville épiscopale beaucoup plus petite que Strasbourg, la même personne exerce la fonction d’administrateur et d’économe de la léproserie. Les sources citent parfois les deux fonctions ou l’une ou l’autre, sans faire de distinction. À Colmar, à la fin du XIVe siècle, le mot meister pouvait aussi désigner l’administrateur de la léproserie, que l’on trouve uniquement sous l’appellation de pfleger au XVe siècle. À Ingwiller, les deux administrateurs de la léproserie sont appelés gutleutmeister encore au XVIe siècle. À Neuwiller, à cinq années d’intervalle, les administrateurs sont appelés gutlùtpfleger et gutlùtmeister. Le nom désignant l’administrateur a donc pu évoluer au fil du temps, comme le montre le cas de Colmar, il peut également être différent selon les endroits, alors qu’à Neuwiller, la fonction est désignée par deux noms différents à la même époque.

La fonction et le rôle de l’administrateur (pfleger)

Au départ, les administrateurs de l’hôpital de Strasbourg sont responsables de la gestion des biens, comme en témoigne leur appellation, curatores et rectores bonorum et domus hospitalis. À partir de 1315 apparaît une nouvelle fonction, celle d’économe (schaffner). Désormais, c’est lui qui prend en charge la gestion du patrimoine, le rôle des pfleger se limitant à la surveillance et au contrôle. L’économe, qui leur était soumis, devait rendre régulièrement des comptes aux administrateurs. Ils étaient également responsables de la conservation des archives. En tant que membres du Conseil, les administrateurs avaient également un droit de visite à l’Hôpital. En cas de différends entre le personnel de l’hôpital et l’économe, les administrateurs étaient la dernière instance sollicitée pour régler le problème.

À la léproserie, les administrateurs disposent également d’un pouvoir disciplinaire sur l’ensemble du personnel et des habitants de la léproserie. Ils vérifient que le chapelain exerce correctement ses fonctions, de même que l’économe, qui leur doit obéissance. Si un lépreux, un valet ou une servante contrevient au règlement, ils le puniront en fonction de la gravité du cas. Ils ont également le pouvoir d’ordonner à toute personne déclarée lépreuse de quitter la ville à peine d’une amende dont ils peuvent fixer le montant sans possibilité d’appel. Par contre, si l’économe ou le chapelain fait appel à eux et leur demande de venir à la léproserie, ils devront s’y rendre. Par ailleurs, ils jouent un rôle dans la détection de la maladie, car ils sont tenus de dénoncer aux inspecteurs ceux qui sont suspectés d’être atteints de la lèpre. Ainsi, grâce aux administrateurs, le Conseil de la ville a un droit de regard sur le fonctionnement de diverses institutions urbaines, qu’il s’agisse des hôpitaux, des léproseries, des fabriques d’églises ou encore des couvents. À Strasbourg, des administrateurs nommés par le Conseil pour les couvents de femmes sont attestés depuis les années 1330, alors qu’auparavant, des membres d’un ordre religieux ou des frères lais assistaient les religieuses pour les transactions concernant leurs biens. En 1367, le Conseil de Strasbourg décrète que les administrateurs nommés par la ville devront donner leur accord lors de la vente, l’achat ou la location de biens appartenant à des religieuses, ce qui ne fait qu’entériner une pratique existante. Par la surveillance exercée par les administrateurs, la ville voulait aussi éviter que les couvents n’accumulent trop de biens exemptés de taxes. En général, les administrateurs de couvents de femmes strasbourgeois sont d’anciens ammeister ou d’anciens stettmeister, c’est-à-dire les hommes politiques les plus en vue de la ville. Comme ils avaient presque tous des parentes dans les couvents dont ils contrôlaient la gestion, ils veillaient également au bien-être des membres de leur famille.

Pour les couvents masculins de Strasbourg, des pfleger sont attestés depuis 1348. En 1367, le Magistrat interdit aux couvents d’aliéner ou bailler leurs biens sans l’accord de ceux-ci, et en 1386, il décrète que la reddition des comptes des Dominicains devra désormais se faire en présence des trois pfleger nommés par lui. Les Franciscains ont réussi à se passer d’eux jusqu’au début du XVe siècle.

Au XVe siècle, la ville de Strasbourg nomme même un administrateur pour les mendiants (giler) [AMS 1MR 30, p. 140]. L’apparition d’un ou de plusieurs administrateurs dans les sources prouve que le processus de mise sous tutelle de l’institution, appelé parfois « communalisation », est achevé. Le nombre d’administrateurs pour une même institution augmente au fil du temps. La léproserie de Strasbourg semble n’avoir qu’un administrateur jusqu’en 1407. À cette date, deux pfleger sont nommés conjointement pour la première fois. Mais à partir de 1466, ils sont trois à exercer cette fonction ; désormais, il y aura un pfleger issu du patriciat, en plus des deux issus des corporations. Depuis le milieu du XVe siècle, l’un d’entre eux est régulièrement un ancien ammeister. À partir de 1687, les pfleger des institutions subsistantes sont soumis à la règle de l’alternative.

Salaire des administrateurs

Comme l’administrateur, au départ, était purement bénévole, il avait droit à de menus cadeaux. Néanmoins, au fil du temps, diverses rémunérations apparaissent : un repas lors de la reddition des comptes à l’Hôpital de Strasbourg, un agneau, cent œufs et deux fromages de vache à Pâques deux chapons et 4 pots (soit de 6 à 8 l) de vin à la Saint-Martin, un pain d’épices de taille respectable à Noël. À Haguenau, jusqu’en 1460, les administrateurs de la léproserie ne perçoivent aucune gratification pour leur fonction. Mais, petit à petit, leurs successeurs s’intéresseront plus à leur profit personnel et moins au bien-être des lépreux. De modestes au départ, leurs gratifications pèsent de plus en plus lourd dans la balance comptable de l’établissement. À ces versements en numéraire s’ajoutent à partir de 1484 des frais pour un repas pris en commun lors de la reddition des comptes et des cadeaux en nature : carpes, brochets, pains d’épices.

Une fonction honorifique

La fonction d’administrateur est aussi une fonction honorifique, qui confère un certain prestige à celui qui l’exerce. Elle permet de marquer l’institution de son empreinte et de magnifier la famille. C’est ainsi qu’en 1601, les trois administrateurs de la léproserie de Strasbourg font peindre leurs armoiries et celles de l’économe sur le poêle de la léproserie. Il existait une hiérarchie pour les pflegereien strasbourgeoises. Les quatre plus importantes étaient l’Œuvre Notre-Dame, l’Hôpital, la léproserie et l’Ellendenherberge ou Auberge des pauvres passants. L’attractivité de la fonction est telle que certains n’hésitent pas à l’exercer dans sept institutions différentes de la ville. C’est le cas de Cune Nope, ancien Stettmeister et administrateur de la léproserie entre 1450 et 1455, mais aussi de l’Œuvre Notre-Dame, de la léproserie, des Dominicains, des Franciscains, des Dominicaines de Saint-Jean-aux-Ondes, des bégards du Marché-au-Vin et de la chapelle zum ellenden Kreuz extra-muros (AMS 1MR 30 p.140-142). La fonction d’administrateur est certes une fonction honorifique, mais elle exige néanmoins d’être en bonne santé, comme en témoigne la supplique adressée au Magistrat de Strasbourg en 1544 par Sebastian Erb, administrateur de l’hôpital pour syphilitiques, qui demande à être relevé de sa fonction, car, écrit-il, « j’ai 65 ans, ma raison, ma mémoire, mon ouïe et ma vue baissent, et je ne retiens plus rien, ou pas grand’chose » (nemlich ich bin jetzt 65 jor alt und got mir an vernunft, an gedechtnüs, am gehore und am gesicht abe und kann nicht oder gar wenig in miner gedechtnüs behalten ; WINCKELMANN, p. 69).

WINCKELMANN (Otto), Das Fürsorgewesen der Stadt Strassburg, t. 2, Leipzig, 1922.

PFLEGER (Luzian), Kirchengeschichte der Stadt Straßburg im Mittelalter, Colmar, 1941, p. 129.

GABLER ( Jakob), « Die Ordnungen der Verwaltungsorgane des Grossen Spitals zu Strassburg aus dem 15. Jahrhundert », AEKG 15, 1942, p. 25-72, pour les Pfleger, voir p. 25-36.

TURCK (Sandrine), Les Dominicains à Strasbourg entre prêche, prière et mendicité (1224-1420), 2002, p. 74.

NOHLEN (Marie-José), « La construction de la cathédrale gothique XIIe-XVe siècles », DORE (Joseph), dir., La grâce d’une cathédrale, Strasbourg, 2007, p. 31-55, ici p. 31-36.

CLEMENTZ (Élisabeth), Les lépreux en Alsace : marginaux, exclus, intercesseurs ?, vol. 1, Paris, 2023 (sous presse), p. 300-308 et vol. 2 p. 129-144.

HIRBODIAN (Sigrid), Geistliche Frauen und städtische Welt. Kanonissen - Nonnen - Beginen und ihre Umwelt am Beispiel der Stadt Straßburg im Spätmittelalter (1250-1525), à paraître (avec liste des pfleger dans les couvents féminins de Strasbourg).

Élisabeth Clementz

Pfleger, exceptionnellement bailli ou vogt

En Alsace médiévale, les fonctions de bailli sont désignées par les termes Vogt ou Amtmann. Dans d’autres régions, il peut être appelé Burggraf (v. Burggraf) ou Pfleger ; en Alsace, ce n’est le cas que très exceptionnellement : le bailli de l’évêque de Bâle à Schwarzenberg est appelé pfleger en 1301 (UBS II, p. 190, no 233), de même que celui du comte de Ferrette à Ammerschwihr en 1324 (AHR 24H 13/3). En 1326, le bailli (vogt) de Hohlandsberg est en même temps pfleger du duc d’Autriche à Kientzheim (AHR 11H 4/2 &/ou 4/12).

On trouve parfois le titre de vogt und pfleger, ainsi à Munster en 1339 (Annuaire de la soc. d’hist. de Munster, 2006, p. 20), à Ribeauvillé en 1376 (ALBRECHT, RUB, II, p. 124 no 138), à Hirzenstein et Uffholtz en 1385 (GATRIO (André), Die Abtei Murbach, 1895, I, p. 489).

Bernhard Metz

Landpflegeryen, Stiftspflegereien, Landpfleger, Stiftspfleger, Directeurs de fondation

À Strasbourg, s’imposent au XVIIIe siècle les désignations de Landpfleger pour les chargés de la tutelle des baillis des bailliages ruraux tous pourvus d’un bailli (Amtmänner) – soit Barr, Wasselonne, Marlenheim, Illkirch – et de Stiftspfleger pour les Pfleger des institutions hospitalières et d’assistance : directeurs des fondations, qui ont toutes un receveur (Schaffner) : Hospital - Hopital Bourgeois, Œuvre Notre-Dame – Frauenhaus, Fondation de Saint-Marc et Hopital des Vérolés, (Sankt Marx und Blatterhaus), Maison des Orphelins (Waysenhaus), enfants trouvés, Raspelhaus ou Maison de Force, Directeur de la Pharmacie et des Accouchements. Les traductions françaises en usage au XVIIIe siècle pour ces fonctions sont « Directeurs des Bailliages de la ville de Strasbourg » pour Landpfleger et « Directeur de la fondation... » pour les Pfleger des fondations. Ces fonctions sont assurées par un Stettmeistre ou un Ammeistre et des membres du Conseil (Ratsherren), désignés par le Conseil des XIII.

Almanach d’Alsace pour l’année 1783 (Jérémie Jacques Oberlin).

Der Stadt Strassburg Regiments Verfassung (Johann Frank Le Roux), 1769.

LIVET (Georges), « Strasbourg, Institutions, Traditions, Sociétés, », LIVET-RAPP, Histoire de Strasbourg (1980-82), t. 3, p. 342-351.

François Igersheim