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Charge de prévôt ou Schultheiss pour la surveil-
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Charge de prévôt ou ''Schultheiss'' pour la surveillance et le contrôle auprès du Magistrat des villes d’Alsace, en particulier Strasbourg, et étendue à d’autres villes.<br>
lance et le contrôle auprès du Magistrat des villes
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d’Alsace, en particulier Strasbourg, et étendue à
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La charge a été créée par le secrétaire d’État à la guerre Louvois pour Ulrich Obrecht, qui est l’inventeur de la fonction et de la terminologie. Alors que l’intendant voulait nommer un « prévôt » à Strasbourg, Obrecht impose le terme « préteur », plus respectueux des termes de la capitulation. Il le fait dériver du ''praetor regius'', ''schultheiss'' ou stett-meistre royal, nommé par les rois et empereurs mérovingiens et carolingiens, décrit dans son traité ''Prodrome de l’histoire de l’Alsace'' (''Prodromus alsaticarum rerum'' (1681). Le roi de France exerce donc
d’autres villes.
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un droit historique, fondé sur la souveraineté royale acquise par les traités de Westphalie (v. ''[[Jus supremi dominii]]'').<br>
La charge a été créée par le secrétaire d’État à la
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guerre Louvois pour Ulrich Obrecht, qui est l’in-
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Devenu le premier personnage du Magistrat de Strasbourg, le préteur occupe la première place en la maison commune, la Pfalz, il assiste à toutes les assemblées et conseils tant pour la police que pour les finances, où il parle le premier, et il prend part aux audiences judiciaires. Il est l’intermédiaire obligé des rapports de la Ville et de la Cour (1685).
venteur de la fonction et de la terminologie. Alors
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Alors que tous les conseils, commissions et offices sont maintenus, le préteur royal est, en fait, le chef du Magistrat (Livet, p. 719). Klinglin le reconnait cyniquement : « Le préteur n’a qu’une voix. Les membres du magistrat trouvant son exposé conforme à la vérité, y joignent leurs suffrages. »<br>
que l’intendant voulait nommer un « prévôt » à
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Strasbourg, Obrecht impose le terme « préteur »,
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L’institution est étendue aux autres villes libres d’Alsace. À Haguenau, elle prolonge et remplace celle d’''Oberschultheiss'' nommé par le ''Landvogt'' ou Grand bailli. À Colmar, c’est un avocat du Conseil qui en est chargé (1686). En 1695, c’est pour Rosheim et Obernai qu’est créée la charge.
plus respectueux des termes de la capitulation. Il
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La monarchie est cependant réticente à la création de ces offices. Les villes, Sélestat, Wissembourg, Landau, Turckheim, Munster, Neuf-Brisach, n’en sont dotées qu’après 1730.<br>
le fait dériver du praetor regius, schultheiss ou stett-
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meistre royal, nommé par les rois et empereurs
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À Strasbourg, ce sont de fortes personnalités qui en assument la fonction pendant plus d’un siècle. Dans son ''Histoire de Strasbourg'' (t. III, p. 280-304) Georges Livet dresse un brillant tableau de l’institution, des hommes et de la société. Les préteurs, aux cotés des intendants, qui n’interviennent que peu dans la ville, des gouverneurs militaires, qui sont de plus en plus, les hommes de la ville, banques, négoce, artisans. Le premier préteur était strasbourgeois, converti à la religion du roi et anobli.  
mérovingiens et carolingiens, décrit dans son traité
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Les suivants, nécessairement catholiques aussi, sont de familles nobles ou anoblies, alsaciennes ou d’officiers implantés en Alsace, formés au collège des Jésuites de Strasbourg (ou de Colmar), puis à l’Université luthérienne, passés par les offices de la magistrature et du Conseil souverain, ceux du commissariat aux guerres ou les agences des ingénieurs du roi, ou encore des bureaux des affaires étrangères. Ils sont les piliers du système oligarchique strasbourgeois, avec ses privilèges, qui va tomber en 1789 avec le sac de l’Hôtel de Ville.<br>
Prodrome de l’histoire de l’Alsace (Prodromus alsati-
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carum rerum (1681). Le roi de France exerce donc
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Le préteur qui a négocié le traité d’amitié entre la vieille monarchie française et la jeune république américaine lancée dans sa guerre d’indépendance (1779), Gérard, est aussi celui qui écrit « Les droits, lois et privilèges [de Strasbourg] sont particuliers et confirmés par une Capitulation qui doit être respectée. » Le libéral Fréderic de Dietrich, nommé en juin 1789, n’occupe les fonctions que quelques semaines et est balayé par l’émeute de l’Hôtel de ville puis la constitution d’une municipalité provisoire en août 1789. Il sera cependant élu maire de Strasbourg en février 1790.<br>
un droit historique, fondé sur la souveraineté royale
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1. Ulrich Obrecht : 1685-1701 ;<br>
acquise par les traités de Westphalie (v. Jus supremi
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2. Jean-Henri Obrecht (fils de 1) : 1701-1706 ;<br>
dominii).
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3. Jean-Baptiste de Klinglin : 1706-1725 ;<br>
Devenu le premier personnage du Magistrat de
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4. François-Joseph de Klinglin (fils de 3) : 1725-1752 ;<br>
Strasbourg, le préteur occupe la première place en
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5. François-Christophe-Honoré de Klinglin (fils de 4) : 1752 ;<br>
la maison commune, la Pfalz, il assiste à toutes
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6. Jean-Baptiste-Denis de Régemorte : 1752-1761 ;<br>
les assemblées et conseils tant pour la police que
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7. François-Marie de Gayot : 1761(63)-1769 ;<br>
pour les finances, où il parle le premier, et il prend
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8. Félix de Gayot (fils de 7) : 1768-1769 ;<br>
part aux audiences judiciaires. Il est l’intermédiaire
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9. François Baron d’Autigny : 1769-1781 ;<br>
obligé des rapports de la Ville et de la Cour (1685).
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10. Conrad Alexandre de Gérard : 1781-1789 ;<br>
Alors que tous les conseils, commissions et offices
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11. Frédéric de Dietrich (juin 1789-août 1789 ; élu, en février 1790, maire de Strasbourg).<br>
sont maintenus, le préteur royal est, en fait, le chef
 
du Magistrat (Livet, p. 719). Klinglin le recon-
 
nait cyniquement : « Le préteur n’a qu’une voix.
 
Les membres du magistrat trouvant son exposé
 
conforme à la vérité, y joignent leurs suffrages. »
 
L’institution est étendue aux autres villes libres
 
d’Alsace. À Haguenau, elle prolonge et remplace
 
celle d’Oberschultheiss nommé par le Landvogt
 
ou Grand bailli. À Colmar, c’est un avocat du
 
Conseil qui en est chargé (1686). En 1695, c’est
 
pour Rosheim et Obernai qu’est créée la charge.
 
La monarchie est cependant réticente à la création
 
de ces offices. Les villes, Sélestat, Wissembourg,
 
Landau, Turckheim, Munster, Neuf-Brisach, n’en
 
sont dotées qu’après 1730.
 
À Strasbourg, ce sont de fortes personnalités qui
 
en assument la fonction pendant plus d’un siècle.
 
Dans son Histoire de Strasbourg (t. III, p. 280-
 
304) Georges Livet dresse un brillant tableau de
 
l’institution, des hommes et de la société. Les pré-
 
teurs, aux cotés des intendants, qui n’interviennent
 
que peu dans la ville, des gouverneurs militaires,
 
qui sont de plus en plus, les hommes de la ville,
 
banques, négoce, artisans. Le premier préteur était
 
strasbourgeois, converti à la religion du roi et anobli.
 
Les suivants, nécessairement catholiques aussi,
 
sont de familles nobles ou anoblies, alsaciennes ou
 
d’officiers implantés en Alsace, formés au collège
 
des Jésuites de Strasbourg (ou de Colmar), puis à
 
l’Université luthérienne, passés par les offices de
 
la magistrature et du Conseil souverain, ceux du
 
commissariat aux guerres ou les agences des ingé-
 
nieurs du roi, ou encore des bureaux des affaires
 
étrangères. Ils sont les piliers du système oligar-
 
chique strasbourgeois, avec ses privilèges, qui va
 
tomber en 1789 avec le sac de l’Hôtel de Ville.
 
Le préteur qui a négocié le traité d’amitié entre la
 
vieille monarchie française et la jeune république
 
américaine lancée dans sa guerre d’indépendance
 
(1779), Gérard, est aussi celui qui écrit « Les droits,
 
lois et privilèges [de Strasbourg] sont particuliers
 
et confirmés par une Capitulation qui doit être res-
 
pectée. » Le libéral Fréderic de Dietrich, nommé
 
en juin 1789, n’occupe les fonctions que quelques
 
semaines et est balayé par l’émeute de l’Hôtel de
 
ville puis la constitution d’une municipalité provi-
 
soire en août 1789. Il sera cependant élu maire de
 
Strasbourg en février 1790.
 
1. Ulrich Obrecht : 1685-1701 ;
 
2. Jean-Henri Obrecht (fils de 1) : 1701-1706 ;
 
3. Jean-Baptiste de Klinglin : 1706-1725 ;
 
4. François-Joseph de Klinglin (fils de 3) : 1725-
 
1752 ;
 
5. François-Christophe-Honoré de Klinglin (fils
 
de 4) : 1752 ;
 
6. Jean-Baptiste-Denis de Régemorte : 1752-
 
1761 ;
 
7. François-Marie de Gayot : 1761(63)-1769 ;
 
8. Félix de Gayot (fils de 7) : 1768-1769 ;
 
9. François Baron d’Autigny : 1769-1781 ;
 
10. Conrad Alexandre de Gérard : 1781-1789 ;
 
11. Frédéric de Dietrich (juin 1789-août 1789 ;
 
élu, en février 1790, maire de Strasbourg).
 
  
 
== Sources - Bibliographie ==
 
== Sources - Bibliographie ==
CORBERON (Nicolas), Recueil d’ordonnances du Roy et
+
CORBERON (Nicolas), Recueil d’ordonnances du Roy et reglemens du Conseil souverain d’Alsace, depuis sa création jusqu’à présent. Imprimé par ordre de Monsieur le Premier président, I, Colmar, 1657-1707.<br>
reglemens du Conseil souverain d’Alsace, depuis sa création
+
 
jusqu’à présent. Imprimé par ordre de Monsieur le Premier
+
De BOUG, ''Ordonnances... du Conseil d’État et du Conseil souverain d’Alsace'', Colmar, 1774.<br>
président, I, Colmar, 1657-1707.
+
 
De BOUG, Ordonnances... du Conseil d’État et du Conseil
+
MULLER (Eugène), ''Le Magistrat de la ville de Strasbourg, les Stettmeistres et Ammeistres de 1674 à 1790, les Préteurs royaux de 1685 à 1790'', Strasbourg, 1862.<br>
souverain d’Alsace, Colmar, 1774.
+
 
MULLER (Eugène), Le Magistrat de la ville de Strasbourg, les
+
KRUG-BASSE ( Jules), ''L’Alsace avant 1789'', Colmar, 1862.<br>
Stettmeistres et Ammeistres de 1674 à 1790, les Préteurs royaux
+
 
de 1685 à 1790, Strasbourg, 1862.
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FORD (Franklin L.), ''Strasbourg in Transition. 1648-1789'', Cambridge, 1958.<br>
KRUG-BASSE ( Jules), L’Alsace avant 1789, Colmar, 1862.
+
 
FORD (Franklin L.), Strasbourg in Transition. 1648-1789,
+
STREITBERGER (Ingeborg), ''Der Königliche Prätor von Strassburg (1685-1789), Freie Stadt im Absoluten Staat'', Wiesbaden, 1961. http://tudigit.ulb.tu-darmstadt.de/show/NR-824-S915/0041.<br>
Cambridge, 1958.
+
 
STREITBERGER (Ingeborg), Der Königliche Prätor
+
LIVET (Georges), RAPP (Francis), « Les préteurs royaux, hommes du Roi, hommes de la ville ? », ''Histoire de Strasbourg'', Strasbourg, 1981, t. III, p. 280-303.<br>
von Strassburg (1685-1789), Freie Stadt im Absoluten Staat,
+
 
Wiesbaden, 1961. http://tudigit.ulb.tu-darmstadt.de/show/
+
GREISSLER (Paul), ''La classe politique à Strasbourg 1650-1750'', Strasbourg, 1986.<br>
NR-824-S915/0041.
+
 
LIVET (Georges), RAPP (Francis), « Les préteurs royaux,
+
LIVET (Georges), ''L’intendance d’Alsace sous Louis XIV. 1648-1715'', 2e édition, Strasbourg, 1991.
hommes du Roi, hommes de la ville ? », Histoire de Strasbourg,
 
Strasbourg, 1981, t. III, p. 280-303.
 
GREISSLER (Paul), La classe politique à Strasbourg 1650-
 
1750, Strasbourg, 1986.
 
LIVET (Georges), L’intendance d’Alsace sous Louis XIV.
 
1648-1715, 2e édition, Strasbourg, 1991.
 
  
 
<div align="right">'''François Igersheim'''</div align>
 
<div align="right">'''François Igersheim'''</div align>
 
[[Category : P]]
 
[[Category : P]]

Version actuelle datée du 13 juin 2026 à 09:45

Charge de prévôt ou Schultheiss pour la surveillance et le contrôle auprès du Magistrat des villes d’Alsace, en particulier Strasbourg, et étendue à d’autres villes.

La charge a été créée par le secrétaire d’État à la guerre Louvois pour Ulrich Obrecht, qui est l’inventeur de la fonction et de la terminologie. Alors que l’intendant voulait nommer un « prévôt » à Strasbourg, Obrecht impose le terme « préteur », plus respectueux des termes de la capitulation. Il le fait dériver du praetor regius, schultheiss ou stett-meistre royal, nommé par les rois et empereurs mérovingiens et carolingiens, décrit dans son traité Prodrome de l’histoire de l’Alsace (Prodromus alsaticarum rerum (1681). Le roi de France exerce donc un droit historique, fondé sur la souveraineté royale acquise par les traités de Westphalie (v. Jus supremi dominii).

Devenu le premier personnage du Magistrat de Strasbourg, le préteur occupe la première place en la maison commune, la Pfalz, il assiste à toutes les assemblées et conseils tant pour la police que pour les finances, où il parle le premier, et il prend part aux audiences judiciaires. Il est l’intermédiaire obligé des rapports de la Ville et de la Cour (1685). Alors que tous les conseils, commissions et offices sont maintenus, le préteur royal est, en fait, le chef du Magistrat (Livet, p. 719). Klinglin le reconnait cyniquement : « Le préteur n’a qu’une voix. Les membres du magistrat trouvant son exposé conforme à la vérité, y joignent leurs suffrages. »

L’institution est étendue aux autres villes libres d’Alsace. À Haguenau, elle prolonge et remplace celle d’Oberschultheiss nommé par le Landvogt ou Grand bailli. À Colmar, c’est un avocat du Conseil qui en est chargé (1686). En 1695, c’est pour Rosheim et Obernai qu’est créée la charge. La monarchie est cependant réticente à la création de ces offices. Les villes, Sélestat, Wissembourg, Landau, Turckheim, Munster, Neuf-Brisach, n’en sont dotées qu’après 1730.

À Strasbourg, ce sont de fortes personnalités qui en assument la fonction pendant plus d’un siècle. Dans son Histoire de Strasbourg (t. III, p. 280-304) Georges Livet dresse un brillant tableau de l’institution, des hommes et de la société. Les préteurs, aux cotés des intendants, qui n’interviennent que peu dans la ville, des gouverneurs militaires, qui sont de plus en plus, les hommes de la ville, banques, négoce, artisans. Le premier préteur était strasbourgeois, converti à la religion du roi et anobli. Les suivants, nécessairement catholiques aussi, sont de familles nobles ou anoblies, alsaciennes ou d’officiers implantés en Alsace, formés au collège des Jésuites de Strasbourg (ou de Colmar), puis à l’Université luthérienne, passés par les offices de la magistrature et du Conseil souverain, ceux du commissariat aux guerres ou les agences des ingénieurs du roi, ou encore des bureaux des affaires étrangères. Ils sont les piliers du système oligarchique strasbourgeois, avec ses privilèges, qui va tomber en 1789 avec le sac de l’Hôtel de Ville.

Le préteur qui a négocié le traité d’amitié entre la vieille monarchie française et la jeune république américaine lancée dans sa guerre d’indépendance (1779), Gérard, est aussi celui qui écrit « Les droits, lois et privilèges [de Strasbourg] sont particuliers et confirmés par une Capitulation qui doit être respectée. » Le libéral Fréderic de Dietrich, nommé en juin 1789, n’occupe les fonctions que quelques semaines et est balayé par l’émeute de l’Hôtel de ville puis la constitution d’une municipalité provisoire en août 1789. Il sera cependant élu maire de Strasbourg en février 1790.
1. Ulrich Obrecht : 1685-1701 ;
2. Jean-Henri Obrecht (fils de 1) : 1701-1706 ;
3. Jean-Baptiste de Klinglin : 1706-1725 ;
4. François-Joseph de Klinglin (fils de 3) : 1725-1752 ;
5. François-Christophe-Honoré de Klinglin (fils de 4) : 1752 ;
6. Jean-Baptiste-Denis de Régemorte : 1752-1761 ;
7. François-Marie de Gayot : 1761(63)-1769 ;
8. Félix de Gayot (fils de 7) : 1768-1769 ;
9. François Baron d’Autigny : 1769-1781 ;
10. Conrad Alexandre de Gérard : 1781-1789 ;
11. Frédéric de Dietrich (juin 1789-août 1789 ; élu, en février 1790, maire de Strasbourg).

Sources - Bibliographie

CORBERON (Nicolas), Recueil d’ordonnances du Roy et reglemens du Conseil souverain d’Alsace, depuis sa création jusqu’à présent. Imprimé par ordre de Monsieur le Premier président, I, Colmar, 1657-1707.

De BOUG, Ordonnances... du Conseil d’État et du Conseil souverain d’Alsace, Colmar, 1774.

MULLER (Eugène), Le Magistrat de la ville de Strasbourg, les Stettmeistres et Ammeistres de 1674 à 1790, les Préteurs royaux de 1685 à 1790, Strasbourg, 1862.

KRUG-BASSE ( Jules), L’Alsace avant 1789, Colmar, 1862.

FORD (Franklin L.), Strasbourg in Transition. 1648-1789, Cambridge, 1958.

STREITBERGER (Ingeborg), Der Königliche Prätor von Strassburg (1685-1789), Freie Stadt im Absoluten Staat, Wiesbaden, 1961. http://tudigit.ulb.tu-darmstadt.de/show/NR-824-S915/0041.

LIVET (Georges), RAPP (Francis), « Les préteurs royaux, hommes du Roi, hommes de la ville ? », Histoire de Strasbourg, Strasbourg, 1981, t. III, p. 280-303.

GREISSLER (Paul), La classe politique à Strasbourg 1650-1750, Strasbourg, 1986.

LIVET (Georges), L’intendance d’Alsace sous Louis XIV. 1648-1715, 2e édition, Strasbourg, 1991.

François Igersheim