Polizeiordnung : Différence entre versions

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Droit de la gouvernance, droit administratif et de police, règlement de gouvernement.<br>
 
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Le terme ''policey'' ou ''polizei'', transcription du mot grec ''politeia'' – affaires de la cité –, apparaît dans le vocabulaire juridique dans la deuxième moitié
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Le terme ''policey'' ou ''polizei'', transcription du mot grec ''politeia'' – affaires de la cité –, apparaît dans le vocabulaire juridique dans la deuxième moitié du XIVe siècle, et avec le qualificatif ''gute'' désigne la « bonne administration », ''gute policey''. C’est ce qu’entendent appliquer les mouvements de réforme politique, ecclésiastique et juridique des villes du sud du Saint Empire. En 1456, l’Empereur octroie à la ville de Nuremberg, le droit de réglementer : « ''dass sie politzey und regierung, in allen sachen ordnen, setzen und fürnemen darf'' » (Kremeyer dans Otto Brunner et alii, ''Historisches Lexikon'', p. 873-893). Le mouvement se généralise au XVIe siècle (Réforme, Guerre des paysans) et la ''gute polizei'' recouvre de plus en plus l’aspiration à la concorde.<br>
du XIVe siècle, et avec le qualificatif gute désigne
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la « bonne administration », gute policey. C’est ce
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Le terme ''Polizeiordnung'' – ordonnance de police – a deux acceptions. Il désigne une ordonnance réglementant un objet de police et de sécurité. Il est très souvent utilisé, après promulgation, dans les recueils, par les archivistes et historiens ultérieurs. Il est parfois utilisé avec ce sens dans le DHIA et ne se distingue pas du terme ''Ordnung''.<br>
qu’entendent appliquer les mouvements de réforme
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politique, ecclésiastique et juridique des villes du
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Mais alors que le terme ''Ordnung''-ordonnance porte sur une matière bien délimitée, exemple à Strasbourg, la ''Kaufhausordnung'' en 1401, la ''Ordnung fur die Einsammler des Wochenpfennigs'' en 1429 ou la ''Ordnung des Lohnherrenamtes'' en 1443 (Eheberg), les ''Polizeiordnungen'' regroupent les réglementations diverses en un code unique. Le titre apparaît dans un grand texte débattu au ''Reichstag'' d’Aix-la-Chapelle de 1520 et adopté, en 1530, au ''Reichstag'' d’Augsbourg, amendé en 1551, puis envoyé à nouveau en 1571 à Francfort.<br>
sud du Saint Empire. En 1456, l’Empereur oc-
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troie à la ville de Nuremberg, le droit de réglemen-
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Les ''Reichspolizeiordnungen'' du Saint Empire sont des sources de l’activité législative et réglementaire des princes territoriaux et des villes. Leurs envoyés ont participé à leur délibération et vote. Ils rédigent et promulguent des législations qui s’en inspirent ou s’en réclament : ''Landes'' ou ''Polizeiordnungen'' (Lothar Schilling).<br>
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Textes et codes soulèvent un grand nombre de questions liées qui sont autant de chantiers de la recherche juridique et historique : étapes de l’élaboration d’un droit positif écrit et son évolution (compétence législative et réglementaire des différentes collectivités-souverainetés et compétence ; hiérarchie des textes, lois et règlements), modalités de la promulgation et de la diffusion (crieurs, affichage, imprimeurs), contrôle d’exécution et d’application dans la pratique et jurisprudence par les corps de police et les tribunaux, statut des sujets du droit (bourgeois, manants, forains, etc.), des fonctions de la répétition de lois et réglementations non respectées... Mais l’apparition dans le champ politique et juridique de ces codes visant à policer la société dans son ensemble marque un tournant important : les autorités (''Obbrigkeiten'') (empereurs, rois et princes, seigneurs et villes) entendent désormais encadrer la société toute entière et lui imposer une discipline sociale jusque-là fragmentée ou réguler des rapports trop brutaux et la « civiliser ».<br>
Otto Brunner et alii, Historisches Lexikon, p. 873-
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893). Le mouvement se généralise au XVIe siècle
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Les « ''Polizeiordnungen'' » ont provoqué une bataille d’historiens modernistes de l’espace germanophone qui a profondément renouvelé la recherche sur les Temps modernes européens. Pour Gerhard Oestreich, la crise du Moyen Âge finissant (croissance démographique et économique, inadaptation et réforme des institutions, montée des désordres, mécontentements) a conduit à exiger des cadres nouveaux. Il se fonde sur l’analyse des ''Reichspolizeyordnungen'' de 1530, 1548 et 1577, de ''Landespolizeyordnungen'' (Wurtemberg 1552, 1559, 1567 ; Brandebourg 1540) et de celles de villes (Nuremberg (XIIIe au XVe) ; Constance (1554) et Strasbourg (1628). Les traits principaux : les liens étroits entre Ville et Églises, particulièrement l’Eglise luthérienne, l’ampleur des domaines réglementés par le pouvoir qui embrasse toute la vie des habitants, la multiplication des contrôles et des sanctions et des bureaucraties qui en sont chargés (Kersten Krüger). Les initiatives partent des Villes et se communique aux États. La tendance va s’amplifier au XVIIe et déboucher sur l’État absolutiste. Le bourgeois – ''Bürger'' – est devenu « sujet-''Untertan'' » (Blickle). Mais cette interprétation dite de la ''Sozialdisciplinierung'', qui trouve un répondant dans celles développées pour le XVIIe siècle français dans le « surveiller et punir » est contestée. La répétition des promulgations de codes et de textes sur le même objet ont pour fonction de rappeler publiquement l’existence de l’autorité, qui n’est pas en mesure d’en contrôler étroitement l’application et multiplie les dispenses (privilèges, exceptions).<br>
(Réforme, Guerre des paysans) et la gute polizei re-
 
couvre de plus en plus l’aspiration à la concorde.
 
Le terme Polizeiordnung – ordonnance de police –
 
a deux acceptions. Il désigne une ordonnance ré-
 
glementant un objet de police et de sécurité. Il est
 
très souvent utilisé, après promulgation, dans les
 
recueils, par les archivistes et historiens ultérieurs.
 
Il est parfois utilisé avec ce sens dans le DHIA et
 
ne se distingue pas du terme Ordnung.
 
Mais alors que le terme Ordnung-ordonnance
 
porte sur une matière bien délimitée, exemple à
 
Strasbourg, la Kaufhausordnung en 1401, la Ordnung
 
fur die Einsammler des Wochenpfennigs en 1429 ou la
 
Ordnung des Lohnherrenamtes en 1443 (Eheberg),
 
les Polizeiordnungen regroupent les réglementa-
 
tions diverses en un code unique. Le titre apparaît
 
dans un grand texte débattu au Reichstag d’Aix-la-
 
Chapelle de 1520 et adopté, en 1530, au Reichstag
 
d’Augsbourg, amendé en 1551, puis envoyé à nou-
 
veau en 1571 à Francfort.
 
Les Reichspolizeiordnungen du Saint Empire sont
 
des sources de l’activité législative et réglementaire
 
des princes territoriaux et des villes. Leurs envoyés
 
ont participé à leur délibération et vote. Ils rédigent
 
et promulguent des législations qui s’en inspirent
 
ou s’en réclament : Landes ou Polizeiordnungen
 
(Lothar Schilling).
 
Textes et codes soulèvent un grand nombre de
 
questions liées qui sont autant de chantiers de la
 
recherche juridique et historique : étapes de l’éla-
 
boration d’un droit positif écrit et son évolution
 
(compétence législative et réglementaire des diffé-
 
rentes collectivités-souverainetés et compétence ;
 
hiérarchie des textes, lois et règlements), modalités
 
de la promulgation et de la diffusion (crieurs, affi-
 
chage, imprimeurs), contrôle d’exécution et d’ap-
 
plication dans la pratique et jurisprudence par les
 
corps de police et les tribunaux, statut des sujets du
 
droit (bourgeois, manants, forains, etc.), des fonc-
 
tions de la répétition de lois et réglementations
 
non respectées... Mais l’apparition dans le champ
 
politique et juridique de ces codes visant à policer
 
la société dans son ensemble marque un tournant
 
important : les autorités (Obbrigkeiten) (empereurs, rois et princes, seigneurs et villes) entendent désor-
 
mais encadrer la société toute entière et lui impo-
 
ser une discipline sociale jusque-là fragmentée ou
 
réguler des rapports trop brutaux et la « civiliser ».
 
Les « Polizeiordnungen » ont provoqué une ba-
 
taille d’historiens modernistes de l’espace ger-
 
manophone qui a profondément renouvelé la
 
recherche sur les Temps modernes européens. Pour
 
Gerhard Oestreich, la crise du Moyen Âge finis-
 
sant (croissance démographique et économique,
 
inadaptation et réforme des institutions, montée
 
des désordres, mécontentements) a conduit à
 
exiger des cadres nouveaux. Il se fonde sur l’ana-
 
lyse des Reichspolizeyordnungen de 1530, 1548
 
et 1577, de Landespolizeyordnungen (Wurtemberg
 
1552, 1559, 1567 ; Brandebourg 1540) et de celles
 
de villes (Nuremberg (XIIIe au XVe) ; Constance
 
(1554) et Strasbourg (1628). Les traits principaux :
 
les liens étroits entre Ville et Églises, particulière-
 
ment l’Eglise luthérienne, l’ampleur des domaines
 
réglementés par le pouvoir qui embrasse toute la vie
 
des habitants, la multiplication des contrôles et des
 
sanctions et des bureaucraties qui en sont chargés
 
(Kersten Krüger). Les initiatives partent des Villes
 
et se communique aux États. La tendance va s’am-
 
plifier au XVIIe et déboucher sur l’État absolutiste.
 
Le bourgeois – Bürger – est devenu « sujet-Unter-
 
tan » (Blickle). Mais cette interprétation dite de
 
la Sozialdisciplinierung, qui trouve un répondant
 
dans celles développées pour le XVIIe siècle fran-
 
çais dans le « surveiller et punir » est contestée. La
 
répétition des promulgations de codes et de textes
 
sur le même objet ont pour fonction de rappeler
 
publiquement l’existence de l’autorité, qui n’est pas
 
en mesure d’en contrôler étroitement l’application
 
et multiplie les dispenses (privilèges, exceptions).<br>
 
  
 
==== La ''Landespolizeiordnung'' alsacienne de 1555 ====
 
==== La ''Landespolizeiordnung'' alsacienne de 1555 ====

Version du 15 mai 2026 à 14:38

Droit de la gouvernance, droit administratif et de police, règlement de gouvernement.

Le terme policey ou polizei, transcription du mot grec politeia – affaires de la cité –, apparaît dans le vocabulaire juridique dans la deuxième moitié du XIVe siècle, et avec le qualificatif gute désigne la « bonne administration », gute policey. C’est ce qu’entendent appliquer les mouvements de réforme politique, ecclésiastique et juridique des villes du sud du Saint Empire. En 1456, l’Empereur octroie à la ville de Nuremberg, le droit de réglementer : « dass sie politzey und regierung, in allen sachen ordnen, setzen und fürnemen darf » (Kremeyer dans Otto Brunner et alii, Historisches Lexikon, p. 873-893). Le mouvement se généralise au XVIe siècle (Réforme, Guerre des paysans) et la gute polizei recouvre de plus en plus l’aspiration à la concorde.

Le terme Polizeiordnung – ordonnance de police – a deux acceptions. Il désigne une ordonnance réglementant un objet de police et de sécurité. Il est très souvent utilisé, après promulgation, dans les recueils, par les archivistes et historiens ultérieurs. Il est parfois utilisé avec ce sens dans le DHIA et ne se distingue pas du terme Ordnung.

Mais alors que le terme Ordnung-ordonnance porte sur une matière bien délimitée, exemple à Strasbourg, la Kaufhausordnung en 1401, la Ordnung fur die Einsammler des Wochenpfennigs en 1429 ou la Ordnung des Lohnherrenamtes en 1443 (Eheberg), les Polizeiordnungen regroupent les réglementations diverses en un code unique. Le titre apparaît dans un grand texte débattu au Reichstag d’Aix-la-Chapelle de 1520 et adopté, en 1530, au Reichstag d’Augsbourg, amendé en 1551, puis envoyé à nouveau en 1571 à Francfort.

Les Reichspolizeiordnungen du Saint Empire sont des sources de l’activité législative et réglementaire des princes territoriaux et des villes. Leurs envoyés ont participé à leur délibération et vote. Ils rédigent et promulguent des législations qui s’en inspirent ou s’en réclament : Landes ou Polizeiordnungen (Lothar Schilling).

Textes et codes soulèvent un grand nombre de questions liées qui sont autant de chantiers de la recherche juridique et historique : étapes de l’élaboration d’un droit positif écrit et son évolution (compétence législative et réglementaire des différentes collectivités-souverainetés et compétence ; hiérarchie des textes, lois et règlements), modalités de la promulgation et de la diffusion (crieurs, affichage, imprimeurs), contrôle d’exécution et d’application dans la pratique et jurisprudence par les corps de police et les tribunaux, statut des sujets du droit (bourgeois, manants, forains, etc.), des fonctions de la répétition de lois et réglementations non respectées... Mais l’apparition dans le champ politique et juridique de ces codes visant à policer la société dans son ensemble marque un tournant important : les autorités (Obbrigkeiten) (empereurs, rois et princes, seigneurs et villes) entendent désormais encadrer la société toute entière et lui imposer une discipline sociale jusque-là fragmentée ou réguler des rapports trop brutaux et la « civiliser ».

Les « Polizeiordnungen » ont provoqué une bataille d’historiens modernistes de l’espace germanophone qui a profondément renouvelé la recherche sur les Temps modernes européens. Pour Gerhard Oestreich, la crise du Moyen Âge finissant (croissance démographique et économique, inadaptation et réforme des institutions, montée des désordres, mécontentements) a conduit à exiger des cadres nouveaux. Il se fonde sur l’analyse des Reichspolizeyordnungen de 1530, 1548 et 1577, de Landespolizeyordnungen (Wurtemberg 1552, 1559, 1567 ; Brandebourg 1540) et de celles de villes (Nuremberg (XIIIe au XVe) ; Constance (1554) et Strasbourg (1628). Les traits principaux : les liens étroits entre Ville et Églises, particulièrement l’Eglise luthérienne, l’ampleur des domaines réglementés par le pouvoir qui embrasse toute la vie des habitants, la multiplication des contrôles et des sanctions et des bureaucraties qui en sont chargés (Kersten Krüger). Les initiatives partent des Villes et se communique aux États. La tendance va s’amplifier au XVIIe et déboucher sur l’État absolutiste. Le bourgeois – Bürger – est devenu « sujet-Untertan » (Blickle). Mais cette interprétation dite de la Sozialdisciplinierung, qui trouve un répondant dans celles développées pour le XVIIe siècle français dans le « surveiller et punir » est contestée. La répétition des promulgations de codes et de textes sur le même objet ont pour fonction de rappeler publiquement l’existence de l’autorité, qui n’est pas en mesure d’en contrôler étroitement l’application et multiplie les dispenses (privilèges, exceptions).

La Landespolizeiordnung alsacienne de 1555

La Polizeiordnung strasbourgeoise de 1628

Le bon régime de droit public pour la communauté politique

La Polizeyordnung strasbourgeoise de 1708

La Polizeiwissenschaft