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(Le commerce des chevaux)
(Le cheval, du Moyen Âge à l’époque moderne)
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En 1689, les autorités françaises avaient établi à Strasbourg deux foires aux chevaux par an
 
En 1689, les autorités françaises avaient établi à Strasbourg deux foires aux chevaux par an
 
ouvertes aux marchands juifs (sur l’esplanade devant la citadelle). En 1697, l’intendant de La Houssaye déplore l’insuffisance des chevaux locaux et leur inutilité pour la cavalerie et précise que le commerce des chevaux ne doit pas être retiré des mains des Juifs, « qui le font très avantageusement pour le Roy quoiqu’il soit vrai qu’en les prenant en Suisse, ils font sortir beaucoup d’argent, mais il n’y a point de remède si les provinces du Roy n’en fournissent point de meilleurs et de plus convenables ». En 1690, Jacob Weyl signale que l’Intendance l’a chargé d’acheter 100 étalons « pour les armées de Sa Majesté Royale » (''Ibid.'', p. 135‐136).
 
ouvertes aux marchands juifs (sur l’esplanade devant la citadelle). En 1697, l’intendant de La Houssaye déplore l’insuffisance des chevaux locaux et leur inutilité pour la cavalerie et précise que le commerce des chevaux ne doit pas être retiré des mains des Juifs, « qui le font très avantageusement pour le Roy quoiqu’il soit vrai qu’en les prenant en Suisse, ils font sortir beaucoup d’argent, mais il n’y a point de remède si les provinces du Roy n’en fournissent point de meilleurs et de plus convenables ». En 1690, Jacob Weyl signale que l’Intendance l’a chargé d’acheter 100 étalons « pour les armées de Sa Majesté Royale » (''Ibid.'', p. 135‐136).
Cependant, il existe aussi des marchands occasionnels et des bouchers faisaient également commerce de chevaux en plus du bétail : en 1384, Jeckelin Karricher est désigné comme ''venditor equorum'' (Alioth, p. 440).
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Cependant, il existe aussi des marchands occasionnels et des bouchers faisaient également commerce de chevaux en plus du bétail : en 1384, Jeckelin Karricher est désigné comme ''venditor equorum'' (Alioth, p. 440).<br>
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===Le cheval dans les loisirs ===
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=== Les vols de chevaux ===
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=== Les recommandations pour tenir les chevaux ===
  
 
== Le cheval dans l’économie agraire et la société rurale aux XVIIe et XVIIIe siècles ==
 
== Le cheval dans l’économie agraire et la société rurale aux XVIIe et XVIIIe siècles ==
 
== Le cheval et sa reproduction, une préoccupation publique du XVIIe au début du XIXe siècle ==
 
== Le cheval et sa reproduction, une préoccupation publique du XVIIe au début du XIXe siècle ==
 
== Pferde und Reiterakademien, chevaux, académies et écoles d’équitation ==
 
== Pferde und Reiterakademien, chevaux, académies et écoles d’équitation ==

Version du 30 avril 2026 à 11:41

Ross, Gaul, Cheval

Le cheval, du Moyen Âge à l’époque moderne

Dans le domaine francique, cheval se dit pferd. Il existe de nombreux termes pour désigner un cheval selon sa destination : le cheval de guerre (Schlachtroß), de selle (Reitpferd), de bât (Lastpferd, Saumpferd), de trait (Karrenpferd ou Fuhrpferd ou Zugpferd), de prestige (auf ’s hohe Ross steigen) ; l’étalon (Hengst), l’étalon reproducteur (Schehler, Scheller ou Follen), ainsi que le destrier d’honneur (ere Hengst). On le nomme aussi canasson (Klepper), haquenée (Zelter, cheval de petite taille ou jument (Stute) montés par les femmes). Il existe aussi le cheval castré, hongre (Wallach, Maiden, Munch ou Munchpferd). En français, les appellations sont diverses, entre destrier, monture, haridelle, palefroi, roncin, cavale (jument), etc. À Sélestat, un cheval de petite taille (1,35 m au garrot) impropre à la guerre est nommé Rietpferd.

Les chevaux dans la guerre

Au Moyen Âge, le cheval est l’un des symboles d’une vie noble, de pouvoir et de richesse, en particulier au moment des guerres, prérogatives des chevaliers. La cavalerie est le seul emploi du cheval qui soit proprement médiéval. Le développement de l’usage du cheval s’accompagne de celui de la technique qui y est liée, soit l’étrier (apparu au VIIe siècle), la ferrure et les clous (fin IXe siècle), la selle « fauteuil » (avec le renforcement et la multiplication des sangles, tel que le présente l’Hortus Deliciarum) (Lamboley, p. 26 et 27 ; Lefebvre des Noëttes, p. 243). Au fil du temps, la relation entre l’homme et le cheval devient plus personnelle et se charge de connivence, que ce soit avec le cavalier ou le personnel qui s’en occupe. Une réelle tristesse est ressentie lorsqu’un cheval meurt au combat. Du reste, l’engagement de guerriers est suspendu à la garantie du remboursement des chevaux en cas de perte, appelé « restor ». Lors des guerres, les chevaux sont indispensables en nombre. Ainsi, pour tirer le « Struss » (l’Autruche), le grand canon de Strasbourg (fin XVe siècle), il fallait un attelage de 18 chevaux, alors que d’ordinaire un attelage en demandait 6 à 8. Par ailleurs, il fallait 3 chevaux pour former une « lance » (Gleve), base de la cavalerie. Nécessairement se développe toute une économie incluant les voitures à atteler, la ferronnerie, la sellerie et surtout la nourriture. Vers le milieu du XIVe siècle, la tendance revient à tenir les chevaux éloignés des combats car ils ne disposent plus d’armure, alors que s’accroît le nombre de « gens à cheval », soit les arbalétriers montés (Lamboley, p. 32-34, 39-41). Le vocabulaire pour décrire un cheval est riche, en particulier s’agissant de la couleur de la robe (Alice Planche, p. 402-414) ; il apparaît dans des relations de montres (revues, Musterung), par exemple à Strasbourg. En 1372, une liste de montres indique la présence de 41 chevaux, et 17 termes qualifient leur robe (wisgraw, rotgraw, wis, walrot, swartz, graw, griselecht, etc.). On pensait que la couleur de la robe était significative du caractère et des capacités de l’animal : un cheval bai-clair est par nature paresseux (Lamboley, p. 118-119). Tous les chevaux, loin de là, ne sont pas magnifiques, il en est qui sont vieux, borgnes, atteints de maladies, de malformations, de blessures. Ceux-là ne peuvent participer aux montres qu’avec une autorisation spéciale.

Le cheval de trait, de bât, de somme

Les chevaux servent aux déplacements de messagers, par exemple politiques, véhiculant nouvelles et ordres, ou lors des expéditions militaires. Ils bénéficient d’un système de relais bien organisé. Les messagers strasbourgeois ont droit à 3 chevaux et dressent des bordereaux de dépense pour leurs repas, l’avoine des chevaux, la mise à l’écurie, la maréchalerie, la sellerie et ainsi de suite, le remboursement des frais se nommant Ritegelt. Ainsi, un déplacement de 8 jours entre Colmar et Haguenau, en 1453, avec 3 chevaux, revient à 4 1⁄2 schillings (Zehrungen, Pferderlohn) (Eheberg, p. 371, § 43). Le « sommier » est le seul moyen de transport rapide de marchandises avant le Xe siècle, les routes ne permettant pas toujours le passage d’attelages. Le (la) saumata (Saum) est la charge que peut porter un sommier. (Le terme désigne aussi un coffre, une malle ou un bahut placé sur les chevaux de bât.) Saum est devenu unité de mesure (22 tuch de 32 elen pour les tissus, Poids et mesures, p. 48 et 105).

Les haras seigneuriaux

Les haras royaux ou seigneuriaux sont mentionnés très tôt, par exemple dans la Lex Alamannorum, dans le chapitre relatif à la protection des troupeaux de juments (Stute) (Schilter, p. 687-688) ou le rôle du stabularius, ou Marschalk (sénéchal) responsable de tout ce qui a trait aux chevaux dans les cours, les abbayes ou les évêchés. L’élevage se déroule souvent dans les forêts où les chevaux sont laissés à l’état quasi sauvage. Sont recommandés les sols rocailleux et les reliefs accidentés qui fortifient les sabots et la musculature. La toponymie rappelle ces endroits, comme les Rossberge (Christmann, p.196-199). Ainsi, les sires de Ribeaupierre avaient leurs propres élevages (XVIe siècle). Cependant, les mentions de pacages importants sont rares, comme la Stuttweide d’Ober-Guémar (Hanauer, p. 36) ou de Bergheim (1369), propriété de Volmar von Reichenberg, qui permet de conclure à l’existence de poulinières (Stuothowe) (Grimm, IV, p. 244-247). L’élevage de chevaux avec ses poulinières se développe à Colmar dès le XIVe siècle (Sittler, p. 47-51). De nombreux villages bénéficient d’un étalon prêté par le seigneur pendant la saison de reproduction (mai-juin), selon le livre d’hippiatrie des Ribeaupierre (Bibliothèque des Dominicains de Colmar, Ms 65, fo 23) mais parfois aussi à l’année. Ainsi, à la fin du XIVe siècle, puis, en 1429, l’abbé de Murbach devait fournir aux habitants d’Oberhergheim, au mois de mai, un étalon reproducteur (schelhenfollen, scheller) (Weisthümer, IV, p. 138 et 139). Cet animal, sous la responsabilité du Meier ou du curé, bénéficie d’un large droit de pacage (Atzrecht) (bords des chemins et retours de charrue, Anwände) ou est logé dans la cour et bénéficie de fourrage. Cette mise à disposition conduit à une amélioration du cheval rural, croisé avec des juments possédées par certains paysans. Le pacage est le plus souvent collectif sous la garde d’un pâtre (Rossknabe), par exemple à Huningue, et à Colmar les gardiens de chevaux prêtent un serment (Eid) (Sittler, p. 50-51). La toponymie révèle ces pacages, comme Hengstweide (Holzheim), im Pferchel (Obernai) ou Nachtweide (pour les chevaux de trait actifs le jour). À Colmar, l’élevage se développe dans et grâce au Ried (Ibid. p. 63), à Strasbourg dans les îles et prés inondables (Wantzenau, Ittenheim) dans lesquels sont conduits les chevaux à certaines périodes de l’année (Lamboley, p. 63). Les chevaux font partie des Vaselviehe au même titre que les bœufs, bien qu’ils soient moins nombreux, animaux qui bénéficient du droit de pacage à charge de la communauté.

Les constofler strasbourgeois et leurs chevaux – Le Stall

Avant 1332, la seule définition du constofler est son appartenance au Conseil (Rath) dans lequel il exerce une charge. Par la suite et de façon simplifiée, le constofler recouvre le patriciat et les représentants des constofler se superposent quasiment à ceux des métiers. Le terme constofler vient de con-stabularii, ceux qui utilisent les mêmes écuries et désigne donc une partie de la population possédant des chevaux et regroupés dans des quartiers de la ville (divisée en constofeln). Ils constituent par conséquent des corporations territoriales (Gebietskörperschaft), comme ceux de Saint-Thomas, Saint-Nicolas, Grenier au sel, etc., onze en tout, unités topographiques. À celles-ci s’en ajoutent d’autres, comme le Schultheissen Constofel, Uff des Schiffs, an Kalbsgasse, Magistri, pour arriver au nombre de 15. Au début du XVe siècle, les constofeln ne sont plus que huit. Les constofler, qui se réunissent dans des Stuben (poêles) assument des fonctions administratives comme l’évaluation des biens des habitants à des fins fiscales. Par la suite, leur rôle devient essentiellement militaire, dont l’équipement (casques, chevaux, attelages), la fourniture de contingents et les campagnes. (Les listes de fourniture des chevaux qui devaient être tenus à disposition de la ville permettent d’évaluer la fortune de leurs propriétaires.)

Les membres du Conseil et l’Ammeister devaient initialement fournir un cheval, dont la valeur, définie en 1303, est de 10 marcs d’argent. Specklin indique qu’en 1287, une obligation de fournir des chevaux par les nobles et les bourgeois avait été introduite par le Magistrat, ce qui correspondait à quelque 2 000 chevaux, chiffre sans doute exagéré. En 1360, cette obligation lie fortune et nombre de chevaux à fournir, par exemple : fortune de 600 à 800 livres : 1 cheval d’une valeur de 6 livres ; 1 000 livres : 1 cheval d’une valeur de 8 livres ; 2 000 livres : 1 étalon d’une valeur de 20 livres ; 3 000 marcs d’argent : 3 juments (Stuten) d’une valeur de 20 livres (Alioth, p. 298). L’obligation, pour les représentants de la ville, de fournir des chevaux de prix perdure. Ainsi, en 1371, les cinq Stettmeister doivent jurer de produire un étalon d’une valeur de 80 florins et un cheval à 40 florins (ainsi que 2 palefreniers). Cette obligation connaît des modifications au fil du temps, surtout en période de guerre. Les bourgeois de la ville, vers 1400, doivent également mettre des chevaux à disposition, dont la valeur est fonction de leur fortune (Vermögen) (Eheberg, no 147, p. 354 : Ratschläge bezüglich der Bürger, nach ihren Vermögensverhältnissen Pferde für den städtischen Dienst zu halten) :


Barême des chevaux dus à la ville par les bourgeois de Strasbourg en 1400

Fortune en livres Nombre de chevaux et valeur (l. = livre) (fl. = florin)
1000 1 cheval, valeur de 10 l.
1200 1 cheval, de 12 l.
1400 1 cheval, de 16 l.
1800 1 cheval, de 18 l.
2000 1 étalon, de 50 fl.
2600 1 étalon, de 60 fl.
3000 1 étalon, de 50 fl. chacun + 1 cheval, de 10 l.
4000-5000 2 étalons, de 50 fl. chacun + 1 cheval, de 10 l.
6000 3 étalons, de 50 fl. chacun

Par ailleurs, les corporations devaient mettre des chevaux à disposition (parfois sans obligation de les monter) (Alioth, p. 303-312). Ainsi, vers 1477, on dénombre 164 chevaux aptes à servir à la guerre : 93 sont aux mains des constofler (la quasi-totalité du patriciat noble et bourgeois) et 71, aux membres de corporations (Eheberg, no 79, p. 227). Cette institution, fournir des chevaux, correspond en fait à une imposition en nature car tous les biens (rentes, douaires, fiefs, etc.) sont « transformés » en chevaux (verpferden) et se nomme Stallgeld, devenant ainsi impôt direct de la ville jusqu’au XVIIIe siècle.

Le fonctionnement du Stall (écurie municipale) est sous la responsabilité des Stallherren, au nombre de trois (drige uf dem Stall), qui règnent sur cette écurie (au Finkwiller). Ils ont sous leurs ordres un Stallknecht, responsable de l’entretien des chevaux de la ville (fourrage, soins, etc.), un Rosstäucher, responsable des achats, des ventes, des montres et de la collecte des péages et un Stallwart, responsable du maréchal-ferrant et des garçons d’écurie. Ce Stall sert de réserve à la ville et de clinique vétérinaire, non de lieu d’hébergement des chevaux des patriciens. En 1617, ces chevaux sont au nombre de 16, prêts à intervenir en cas d’émeute ou d’incendie. Il existe trois listes de chevaux pour le XVe siècle (AVES AA 1 94, fo 282-293 et 5, 67/2, Lamboley, p. 92).

Le commerce des chevaux

Les marchés et foires aux chevaux

Les grandes foires sont celles de Bar-sur-Aube (dès 1114), de Zurzach (XIVe siècle), de Francfort et de Belgique (XIVe-XVe siècles). Le cheval le plus recherché est flamand ou allemand. Une liste de montre de Hans von Kageneck à Benfeld, en 1476, mentionne un vieux cheval flamand (niederlendisch und alt). La foire aux chevaux (Rossmerkete, actuelle place Broglie) de Strasbourg est la plus importante ; elle est suivie par celle Colmar, centre d’élevage. Le lien entre élevage et foire est ainsi attesté. La foire est aussi un lieu de transaction de chevaux volés. Le marchand de chevaux (mercator equorum) est soumis à règlement édicté par le Magistrat (1362). De 1641 à 1715, les ventes sur les marchés et les foires se font obligatoirement en présence d’un fermier qui prélève le Pferd-Zoll s’élevant à 8 deniers par cheval (Lamboley, p. 80-82). Il existe des ruses et fraudes lors des ventes pour ragaillardir un cheval (mettre du gingembre sous la queue) ou faire baisser le prix en le faisant croire blessé (planter une aiguille dans la fourchette). Le prix des chevaux est difficile à évaluer. Cependant, à Strasbourg, fin XIVe siècle, les chevaux de guerre coûtaient environ 320 schillings et 140 schillings au XVe siècle. Le prix moyen d’un cheval de selle s’élevait à 300 schillings (Hanauer, p. 564), celui d’un cheval de trait, 130 à 320 schillings, de guerre, 56 à 354 schillings, de luxe, plus de 600 schillings (Mone, ZGO, 10, 1859, p. 55 et ss). Un cheval de trait équivalait à deux bœufs, un cheval d’armes, 2,5 à 8 bœufs. Sur le marché de Seltz, en 1310, et de Gewenheim, en 1579, la taxe sur les ventes était de 4 pfennigs par cheval (Grimm I, p. 759 et V, p. 76-85).

Le maquignonnage, activité juive (à partir du XVIIe siècle)

En Alsace et dans les régions voisines, le commerce des chevaux (et du bétail en général) était presque exclusivement réservé aux Juifs. Par exemple, à Pfaffenhoffen, en 1784, sur 14 chefs de famille juifs, 7 étaient marchands de bestiaux et à Ingwiller, 21 sur 35 déclaraient exercer cette activité (Haarscher, Un microcosme..., p. 106). Devant les interdictions édictées par l’Église, les corporations et les villes, les Juifs s’adonnaient aussi à d’autres activités commerciales (argent, friperie, ferraille, grains, biens immobiliers), en particulier par le biais du colportage. Ils fournissaient aussi les armées et les seigneuries, amodiaient des fermes (sel et fer) et autres impositions seigneuriales. Le commerce du cheval s’effectuait par des tournées de village en village pour recueillir les besoins et fournir les bêtes recherchées, achetées à d’autres paysans. Les maquignons (v. Maquignon) se rendaient aussi dans des marchés (hebdomadaires) et les foires (mensuelles ou annuelles) (v. Marché). Les achats, ventes ou échanges se faisaient par le parole donnée (Handschlag) ou par acte sous seing privé (Handschrift). Certains de ces actes étaient enregistrés dans les greffes des bailliages (Amtschaffneien). Par exemple, en 1631, Jacob Seiter, d’Ingwiller, reconnaît devoir 50 florins à Meyer, Juif de Haguenau, pour un cheval acheté à Pfaffenhoffen, payable à la Chandeleur 1632 et à la Saint-Nicolas, sans intérêt (Haarscher, Les Juifs du comté..., p. 132). Les exemples abondent dans tout le comté de Hanau-Lichtenberg, comme à Bouxwiller, en 1706 : Hans Adam de Bossendorf achete deux chevaux à Aron Izhak pour 130 florins (Ibid., p. 133-134). Ces transactions donnent parfois lieu à des conflits, comme celui qui s’était élevé entre Samuel Weill, de Wolfisheim et Georg Hölbe, de La Robertsau, qui avait échangé au marché aux bestiaux de Wasselonne deux juments et un étalon contre un cheval gris « truité » (à la robe qui se décolore progressivement, Sandschimmel), une jument noire et deux étalons. Un accord sera trouvé (Ibid., p. 134 ; ABR 6 E 41/434). Au XVIIe siècle, le Magistrat de Strasbourg interdit aux Juifs de pratiquer tout autre commerce avec les chrétiens que celui des chevaux. (Lamboley, p. 81).

En 1689, les autorités françaises avaient établi à Strasbourg deux foires aux chevaux par an ouvertes aux marchands juifs (sur l’esplanade devant la citadelle). En 1697, l’intendant de La Houssaye déplore l’insuffisance des chevaux locaux et leur inutilité pour la cavalerie et précise que le commerce des chevaux ne doit pas être retiré des mains des Juifs, « qui le font très avantageusement pour le Roy quoiqu’il soit vrai qu’en les prenant en Suisse, ils font sortir beaucoup d’argent, mais il n’y a point de remède si les provinces du Roy n’en fournissent point de meilleurs et de plus convenables ». En 1690, Jacob Weyl signale que l’Intendance l’a chargé d’acheter 100 étalons « pour les armées de Sa Majesté Royale » (Ibid., p. 135‐136). Cependant, il existe aussi des marchands occasionnels et des bouchers faisaient également commerce de chevaux en plus du bétail : en 1384, Jeckelin Karricher est désigné comme venditor equorum (Alioth, p. 440).

Le cheval dans les loisirs

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