Pépinières : Différence entre versions

De DHIALSACE
Aller à : navigation, rechercher
(Pépinières seigneuriales)
Ligne 21 : Ligne 21 :
  
 
=== Pépinières seigneuriales ===
 
=== Pépinières seigneuriales ===
Certains seigneurs développent de leur côté
+
Certains seigneurs développent de leur côté aussi des pépinières. Elles endossent également le rôle de réserve en arbres destinée à arborer forêts et domaines. Encouragée par les différents seigneurs-propriétaires, l’arboriculture connaît durant le XVIIIe siècle un élan dans l’Alsace entière. Selon Charles Gérard, « les espèces perfectionnées ne parurent dans [la] province, qu’après la conquête française [au XVIIe siècle]. Les intendants royaux, frappés de la fertilité du sol et de l’indigence de nos vergers, établirent plusieurs pépinières qu’ils confièrent à des jardiniers français et dont les produits étaient destinés à propager dans le pays de meilleures races d’arbres fruitiers » (Gerard).<br>
aussi des pépinières. Elles endossent également le
+
 
rôle de réserve en arbres destinée à arborer forêts
+
La famille Waldner de Freundstein (''NDBA'', vol. 39, p. 4068-4072) est en possession de plusieurs pépinières. Une d’entre elles, particulièrement avant-gardiste, est celle de Sierentz, confiée par le bailli agronome François-Joseph-Antoine de Hell (''NDBA'', p. 1504-1507) au jardinier Charles Guérin. Son importance est telle, que François de Hell fait publier la liste des fruits contenus vers 1775 (AHR 2 E 70.). De Hell expérimente dans ses pépinières et ses plantations de nombreux végétaux nouveaux, notamment à des fins nutritives pour la population dans un état de pauvreté alarmant. Correspondant de sociétés savantes et ami de Malsherbes, il contribue largement au progrès agronomique du Sud Alsace. Il fait réaliser de nombreux essais de plantations fruitières et forestières dans sa pépinière et contribue ainsi au progrès de l’économie rurale du XVIIIe siècle en Alsace. Les Waldner de Freunstein implantent une
et domaines. Encouragée par les différents sei-
+
autre pépinière à Ollwiller largement approvisionnée par celle de Sierentz (Christnacher).
gneurs-propriétaires, l’arboriculture connaît durant
 
le XVIIIe siècle un élan dans l’Alsace entière. Selon
 
Charles Gérard, « les espèces perfectionnées ne
 

Version du 28 avril 2026 à 14:47

Royales, seigneuriales, départementales,privées

Les besoins en arbres durant le XVIIIe siècle ont mené à la création de différents types de pépinières à différents niveaux : royales ou seigneuriales mais aussi d’une pépinière privée pionnière en la matière.

Pépinières royales

La pépinière de Kientzheim, aménagée sur ses propres terres, dans les jardins du château par le baron de Montclar (1625-1690), commandant militaire d’Alsace à partir de 1680 (Schoepflin Jean-Daniel) est un point de départ à la création de pépinières en Alsace. Le baron de Montclar encourage également la création d’une pépinière à Harthouse (Gérard Charles) près de Haguenau sur les terres du marquis d’Uxelles (1652-1730).

La politique de réfection et d’aménagement des routes durant le XVIIIe siècle entraîne dans son sillage la création de pépinières royales en Alsace. Les arbres destinés à border les routes y sont cultivés. Il s’agit aussi d’approvisionner l’artillerie ou de replanter les forêts. Les deux premières pépinières créées en Alsace sont celles de Krautergesheim et de Saverne en 1737 (Chappuis). À la même époque naît le projet d’en aménager une à Colmar, aux Erlen, transférée en 1742 route de Horbourg (Lichtlé), complétée par celle de Belfort en 1743 et de Dachstein en 1744, qui remplace celle de Krautergersheim. L’Alsace, du Nord au Sud, peut s’approvisionner. Lors de la création des pépinières, les premiers arbres sont obtenus de noix et de graines. Les plus récentes pépinières bénéficient au départ d’un approvisionnement en arbres des plus anciennes. Ce fut le cas à Belfort.

À Dachstein, la pépinière est établie en 1744 à l’emplacement d’un ancien château visible sur le plan de Mérian en 1644. Son statut est celui de pépinière royale. La pépinière en elle-même est établie sur des terrains de l’évêché de Strasbourg et est exploitée par Noël Régémorte. L’objectif de départ est de replanter les forêts alsaciennes en ormes. Puis, la culture des muriers (v. Mûrier) visibles sur le plan de 1749, conservé à la bibliothèque du comité technique du Génie, se développe en lien avec la nouvelle activité du château : la magnanerie, installée par Joseph de Massol. Cette magnanerie est vendue dès 1752 à Noël Régémorte. « Elle renfermait toutes sortes d’arbres fruitiers tirés des pays du midi de la Touraine et de la Moselle objet qui n’était point à cette époque en grande culture en Alsace. Pour encourager les propriétaires et les fermiers on les leur vendait deux tiers au-dessous du prix ordinaire et on leur donnait les instructions nécessaires pour les faire réussir. On fit venir aussi des jardiniers français dont plusieurs ont depuis établi des pépinières considérables à Strasbourg, à Haguenau et ailleurs. » (Peuchet).

Les pépinières sont le plus souvent organisées avec une surface divisée en carrés de culture. Des étangs permettent une accumulation d’eau. À Belfort, une rivière traverse la pépinière. Elles comprennent la plupart du temps aussi un jardin potager (Dachstein, Belfort).

Le fonctionnement et la gestion de ces lieux s’organise progressivement. Alors qu’au départ la pépinière de Belfort fonctionnait grâce à des corvées, un jardinier est embauché en 1750. Le contrat est ensuite transformé afin que le traitement fixe du jardinier baisse et que celui-ci touche une part des ventes.

Il est question de supprimer les pépinières royales de la province dès 1787. Celle de Belfort ferme en 1789. Celle de Colmar est transformée en 1803 en pépinière départementale par l’Empire. Félix Desportes, préfet du Haut-Rhin, menant une politique active en matière de plantations d’arbres fruitiers afin de transformer l’Alsace en un vaste verger, permet un important développement de cette pépinière, par l’achat de nouvelles espèces. Des végétaux d’ornement complétaient le tout, destinés à arborer les parcs publics. En 1818, elle est adjugée à un particulier, un certain Guyot.

Pépinières seigneuriales

Certains seigneurs développent de leur côté aussi des pépinières. Elles endossent également le rôle de réserve en arbres destinée à arborer forêts et domaines. Encouragée par les différents seigneurs-propriétaires, l’arboriculture connaît durant le XVIIIe siècle un élan dans l’Alsace entière. Selon Charles Gérard, « les espèces perfectionnées ne parurent dans [la] province, qu’après la conquête française [au XVIIe siècle]. Les intendants royaux, frappés de la fertilité du sol et de l’indigence de nos vergers, établirent plusieurs pépinières qu’ils confièrent à des jardiniers français et dont les produits étaient destinés à propager dans le pays de meilleures races d’arbres fruitiers » (Gerard).

La famille Waldner de Freundstein (NDBA, vol. 39, p. 4068-4072) est en possession de plusieurs pépinières. Une d’entre elles, particulièrement avant-gardiste, est celle de Sierentz, confiée par le bailli agronome François-Joseph-Antoine de Hell (NDBA, p. 1504-1507) au jardinier Charles Guérin. Son importance est telle, que François de Hell fait publier la liste des fruits contenus vers 1775 (AHR 2 E 70.). De Hell expérimente dans ses pépinières et ses plantations de nombreux végétaux nouveaux, notamment à des fins nutritives pour la population dans un état de pauvreté alarmant. Correspondant de sociétés savantes et ami de Malsherbes, il contribue largement au progrès agronomique du Sud Alsace. Il fait réaliser de nombreux essais de plantations fruitières et forestières dans sa pépinière et contribue ainsi au progrès de l’économie rurale du XVIIIe siècle en Alsace. Les Waldner de Freunstein implantent une autre pépinière à Ollwiller largement approvisionnée par celle de Sierentz (Christnacher).