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	<title>DHIALSACE - Contributions de l’utilisateur [fr]</title>
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		<title>Procession</title>
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		<updated>2026-06-15T16:10:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Notices connexes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;#039;&amp;#039;Prozession&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bittgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Gottsgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Kreuzgang&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
Certaines processions liturgiques permettent de revivre les « entrées » de Jésus : la procession&lt;br /&gt;
du 2 février pour la Chandeleur correspond à la présentation au Temple. La procession des Rameaux met en scène l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession du cierge pascal apparaît au XIIe siècle lors de la vigile de Pâques. Après la bénédiction du feu en-dehors de l’église, les fidèles entrent dans l’église derrière le cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces processions qui ont lieu chaque année, des événements extraordinaires tels les translations de reliques donnaient également lieu à des processions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
Parmi elles, il faut citer la procession de la Fête-Dieu, instituée en 1264, et les processions&lt;br /&gt;
mariales lors des principales fêtes de la Vierge.&lt;br /&gt;
En France, la procession du 15 août connaît un succès particulier depuis que Louis XIII a consacré le Royaume à Notre-Dame (1638). La procession des Rogations (du latin, &amp;#039;&amp;#039;rogatio&amp;#039;&amp;#039;, demande, prière) remonte au haut Moyen Âge. À l’époque, elle avait lieu les trois jours précédant&lt;br /&gt;
l’Ascension. La communauté paroissiale, croix et bannières en tête, faisait le tour du ban ou à défaut se rendait alternativement aux extrémités du ban parfois marqués par une croix, pour demander la bénédiction divine sur les travaux des champs et les futures récoltes. Les fêtes patronales sont aussi l’occasion de processions au cours desquelles on porte la statue du saint patron dans les rues du village. À l’occasion, les reliques d’un saint et /ou le Saint-Sacrement accompagnaient la procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation des paroisses s’est faite progressivement à partir du haut Moyen Âge. Au départ, plusieurs villages se rendaient à l’église-mère, qui était leur église paroissiale. Au fil du temps, chaque village s’est doté d’une église, mais le lien avec l’ancienne église-mère se traduisait chaque année par une procession vers celle-ci. Ainsi, les communautés de Soultzmatt, Westhalten, Bergholtz, Orschwihr, Rouffach, Gundolsheim, Pfaffenheim relevaient à l’origine de l’église-mère Saint-Martin du Bollenberg. Après la création d’une église dans chacune de ces localités, leurs paroissiens se rendaient une fois par an en procession à celle du Bollenberg.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les processions vers des lieux de pèlerinage deviennent nombreuses à partir de la fin du Moyen Âge – par exemple celles de la paroisse de Rouffach aux sanctuaires mariaux du Schaefertal, du Schauenberg et de Thierenbach – et plus encore à l&amp;#039;époque moderne. En 1625, Thierenbach accueillait des processions venant de plus de vingt localités de la Hardt.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses processions étaient décrétées et initiées par le Magistrat des villes pour implorer la protection de la cité en temps de guerre, contre les épidémies (peste), les maladies (syphilis), les mauvaises récoltes, ou alors en action de grâce pour un bienfait obtenu. À Strasbourg, depuis 1356, a lieu à la Saint-Luc une procession qui commémore le fait que la ville n’a guère souffert du tremblement de terre qui, à cette date, a ravagé la ville de Bâle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces occasions, le Magistrat édictait des consignes très strictes. En 1444, pour la procession&lt;br /&gt;
de la Fête-Dieu à Colmar, tout un chacun doit y participer dans son meilleur habit en l’honneur&lt;br /&gt;
du Saint-Sacrement. En 1434-1435, le Magistrat de Colmar, en accord avec les chanoines de Saint-Martin, décrète, en raison d’épidémies, d’intempéries et de cherté, une procession à laquelle devra participer toute personne âgée de plus de 12 ans, pieds nus et en habit de laine, c’est-à-dire en tenue de pénitent. Au courant de la procession, il sera défendu de bavarder, les femmes devront rester avec les femmes et les hommes avec les hommes, sous peine de 30 ß d’amende. Pendant la procession, tout travail en ville est interdit. Aucun magasin ni aucune auberge ne devront être ouverts, et personne ne sera autorisé à quitter la ville tôt le matin pour travailler. À Strasbourg aussi, la procession pour la Fête-Dieu 1472 est strictement réglementée par le Magistrat : aux corporations, aux écoliers, aux chanoines, aux autres prêtres est assignée une place, que chacun doit respecter, sans dépasser les autres, sans s’attrouper ni se pousser dans les ruelles étroites. On défend aux porteurs de cierges d’accrocher des verres ou des gourdes avec du vin à leur porte-cierge (AVES 1MR 2, p. 159-161). Une gravure sur bois du XVe siècle représente la procession organisée à Strasbourg en 1477 pour fêter la victoire sur Charles le Téméraire (&amp;#039;&amp;#039;Iconoclasme&amp;#039;&amp;#039;, p. 188).&lt;br /&gt;
En tête du cortège était porté le Saint-Sacrement, suivi par le clergé. Puis venait la grande croix-reliquaire de la cathédrale, portée par les Franciscains et suivie par les hommes. Les Dominicains portaient la Vierge miraculeuse, qui était suivie par les femmes. Ces exemples montrent que lorsque la procession est organisée par le Magistrat, la participation de tout un chacun relève d’une obligation civique et non d’un acte de dévotion personnel. La procession, c’est aussi la communauté en marche dans un ordre exprimant sa hiérarchie. La place occupée par les corporations dans la procession est révélatrice de leur rang. Si d’une année à l’autre, l’une d’entre elles se retrouve reléguée plus loin du Saint-Sacrement, il s’agit d’une atteinte grave à son honneur. C’est pour avoir perdu leur place dans la procession du Saint-Sacrement en 1495 que les compagnons boulangers de Colmar entament une grève qui durera dix ans.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’introduction de la Réforme, les processions sont abolies. Ainsi, en 1534, le Magistrat&lt;br /&gt;
de Strasbourg a fait « fermer la paroisse de Saint-Étienne pour faire cesser les processions qu’on faisait au sépulcre de sainte Attale » (AVES AA 2580). Lors de la réintroduction du catholicisme à partir de 1681, une série de prescriptions impose aux protestants une attitude de déférence lors du passage du Saint-Sacrement. Certaines processions donnent lieu à des excès contre les protestants, brutalisés ou contraints de s’agenouiller : les doléances du Convent ecclésiastique, l’organe de direction de l’Église luthérienne de Strasbourg, sont nombreuses à ce sujet. Mais il arrive aussi que le passage d’une procession dans un village protestant suscite des moqueries, qui peuvent conduire à des bagarres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
AMS 1MR 1, fo 107, 1MR 2, fo 17v et passim, 1MR 3, fo 18 &amp;#039;&amp;#039;et passim&amp;#039;&amp;#039;, 1MR 53, fo 2.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEVY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;La suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande Révolution (1791-1801)&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1905.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
WALTER ( Joseph), « Les processions de la cathédrale au Moyen Âge », WILMART (D. André), &amp;#039;&amp;#039;L’ancien cantorium de l’église de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1928, p. 93-115.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SITTLER (Lucien), « Prozessionen und Bittgänge im Colmar des 15. Jahrhunderts », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1936, p.137-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PFLEGER (Luzian), « Die Stadt- und Rats-Gottesdienste im Strassburger Münster », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1937, p.1-55.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BARTH (Medard), « Frohnleichnamsbräuche im mittelalterlichen Strassburg », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1958, p.233-235.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), &amp;#039;&amp;#039;Processions et itinéraires traditionnels de Thierenbach au XXe siècle&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1983.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), « Les processions votives de Soultz et Rouffach à Thierenbach », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1986, p. 113-120.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIGNORI (Gabriela), « Ritual und Ereignis. Die Straßburger Bittgänge zur Zeit der Burgunderkriege (1474-77) », &amp;#039;&amp;#039;Historische Zeitschrift&amp;#039;&amp;#039; 264, 1997, p. 281-328.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER ( Joachim), « Imitation de Rome et topographie urbaine. Le développement de Strasbourg au début du 2e millénaire », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039; 125, 1999, p. 7-16.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MULLER (Christine), « Processions à Obernai du XVe au XVIIIe siècle », &amp;#039;&amp;#039;ADBO&amp;#039;&amp;#039; 34, 2000, p.121-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREY (Marguerite), « Processions, croix et chapelles à Ammerschwihr », &amp;#039;&amp;#039;Annuaire des 4 sociétés d’histoire de la vallée de la Weiss&amp;#039;&amp;#039;, 2004, p. 45-66.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN (Benoît), « Fêtes et processions : une occupation rituelle de l’espace public », &amp;#039;&amp;#039;RA : Fêtes en Alsace de l’Antiquité à nos jours&amp;#039;&amp;#039;, 141, 2015, p. 157-177.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÖLLMI (Beat), « Liturgie et processions au Moyen Âge du XIe au XIVe siècle. La cathédrale au cœur d’une topologie sacrée », GRAPPE (Christian) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;La cathédrale de Strasbourg en sa ville. Le spirituel et le temporel&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 2020, p. 87-92.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
[[Fête-Dieu]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Jésuites]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Pentecôte]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
Le 21 octobre 1681, devançant Louis XIV entrant dans Strasbourg, une imposante procession de plusieurs centaines de prêtres et religieux catholiques venus d’Alsace se dirigent vers la cathédrale où les accueille l’évêque. (Louis Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III, 381-382). La procession faisait son retour dans la république luthérienne conquise en une manifestation éclatante de catholicité publique et massive. Et pour la plus grande partie de la population, agressive !&lt;br /&gt;
=== Procession rituel politique ===&lt;br /&gt;
En Alsace, la procession est un rituel politique, celui qui marque l’attachement public à la religion du souverain en l’occurrence à la « religion du roi ». Dès 1682, la monarchie impose dans tout le diocèse, la procession de la Fête-Dieu (juin) puis au 15 août, la fête de l’Assomption et du vœu de Louis XIII (voir [[Liturgie catholique]]) (Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039; p. 219).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme avant la Réforme, l’itinéraire des processions strasbourgeoises doit assurer le lien entre les paroisses catholiques restaurées de la ville. Mais au XVIIIe siècle les confréries catholiques de plus en plus importantes, élèvent par endroits des reposoirs décorés de draperies, de fleurs et de cierges : ils sont gardés par la troupe (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III,p. 386). La population protestante doit manifester son respect, sous peine de sanctions, et chaque année, la Fête-Dieu entraine des incidents plus ou moins graves (Johann Adam, &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchngeschichte der Stadt Strassburg&amp;#039;&amp;#039;, 1922, p. 440-442).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est par la procession, le jour de la Saint-Louis, le 25 août que l’on marque le rétablissement du culte catholique dans les églises où l’on établit le &amp;#039;&amp;#039;simultaneum&amp;#039;&amp;#039; à Dorlisheim, avec la foule de tous les villages environnants. Il en va de même à Duttlenheim (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 312-313).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession, cortège ou défilé public est un affichage : en 1702, l’ouverture de la nouvelle université catholique de Strasbourg « se fit en grande pompe le 20 juin 1702 « et pour que ce corps brillât à jamais aux yeux de la population protestante de l’éclat insigne et exclusif de la faveur royale, on institua une procession solennelle de docteurs, qui se célébra depuis, chaque année, au commencement de juillet » (Dagobert Fischer, « La dissolution de l’ordre des Jésuites en Alsace », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1875).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Procession rituel sotériologique, méthode missionnaire ===&lt;br /&gt;
Comme dans les temps et lieux d’ancienne catholicité, la procession – tout comme le pèlerinage – est aussi un rituel sotériologique (peste, faim, guerres, maladies). Mais dans cet âge de confessionnalisation, c’est aussi une méthode missionnaire de propagande (v. [[Mission populaire|Mission]]) et la population se montre sensible et attachée à ces ferveurs fusionnelles des manifestations populaires (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 313), dont se méfient les pasteurs protestants qui ne manquent pas de faire grief à leurs ouailles de leurs participations éventuelles ( Johann Adam, &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchengeschichte der Elsässischen Territorien&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1928).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cortège des cérémonies officielles de la cité ===&lt;br /&gt;
Mais c’est aussi le cortège des cérémonies officielles des communautés de culte catholique, où la&lt;br /&gt;
place du rituel ecclésiastique est indispensable. Les autorités instituent une obligation de participation pour les membres des corps constitués, (abolie cependant par les Parlements à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle) (Merlin, &amp;#039;&amp;#039;Répertoire universel et raisonné de jurisprudence&amp;#039;&amp;#039;, édition 4, tome 10, art. Procession). L’ordre protocolaire des rangs de la procession (magistrat, corporations, confréries, femmes, est strictement réglementé et les fonctions (bannières, dais) dûment tarifées. Il est parfois âprement disputé. Ainsi le Conseil souverain refuse de participer à la procession de 1790, car un décret royal a décidé que les autorités municipales prendraient place dans les rangs de la procession avant les officiers militaires et civils (Ch. Hoffmann, « la suppression de l’assemblée provinciale et le nouveau régime », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1909).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Participation et contrôle collectif des bans communaux ===&lt;br /&gt;
C’est aussi un rituel de participation et de contrôle collectif des bans communaux. Dans les paroisses rurales, par les Rogations ou &amp;#039;&amp;#039;Bannprozession&amp;#039;&amp;#039;, la communauté manifeste sa mainmise sur le ban paroissial et exprime sa prière pour sa prospérité. Ce qui a aussi son utilité : À Soultz ; « heureusement qu’il y a les rogations, car on y met en état les chemins pour le passage des processions. Et dans le département (du Haut-Rhin), tous les chemins sont remis en état pour les rogations (C. Hoffmann « La ville et le bailliage de Soultz », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1899, p. 77-78).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Processions et pèlerinages se relaient, mais au milieu du XVIIIe siècle, on note une concentration autour de l’institution et du site de la paroisse : la procession devient une manifestation privilégiée de la piété populaire paroissiale (Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 450-460).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Révolution, le Consulat et l’Empire ===&lt;br /&gt;
Révolution et Constitution civile du clergé modifient radicalement l’exercice du culte catholique. Les évêques constitutionnels interdisent les processions hors les églises. La répression d’un clergé isolé ou clandestin n’empêche pas de brusques manifestations processionnaires, parfois réunies par les enfants des villages dont s’indignent les autorités départementales. La loi du 7 vendémiaire an IV interdit toute procession hors des églises.&lt;br /&gt;
Mais avec le desserrement des contrôles, les processions reprennent, par exemple dans les cantons&lt;br /&gt;
de Soultz, Rouffach, Kaysersberg, comme par le passé, aux Rogations et à la Fête-Dieu, et les agents municipaux, dûment tancés, ont laissé faire ou participé (1799) ( Joseph Levy, « La Suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande révolution (1791-1799) », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1899).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec le Consulat et le Concordat (1802) « le service divin recommença dans toutes les localités, comme auparavant dans les anciens temps, et l’on rétablit les processions, les chemins de croix, et les croix sur les chemins et les routes. Il fut de nouveau permis de sonner les cloches, comme auparavant ; mais nous n’avons plus qu’une cloche et la petite cloche des écoles. Maintenant nous croyons que tout ira régulièrement et bien » (Julien Wuhrlin, « Journal d’un bourgeois d’Hartmanswiller », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1901).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Articles organiques (loi du 18 germinal an X) redéfinissent les rapports entre cérémonies publiques et cérémonies religieuses. L’article 45 des articles organiques prescrit : Aucune cérémonie religieuse n’aura lieu hors des édifices consacrés au culte catholique dans les villes où il y a des temples consacrés à différents cultes. Ce qui s’applique à la ville de Strasbourg, où les processions restent circonscrites aux églises.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret impérial du 24 messidor an XII, sur les honneurs et préséances, définit le rituel des cérémonies publiques (confiées aux prefets) et religieuses (confiées à l’évèque) et l’ordre des rangs des autorités dans les cérémonies religieuses.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le 15 août 1812 était la fête de la Saint-Napoléon, anniversaire de la naissance de S. M. Empereur et Roi ». Coups de canon, drapeaux sur la cathédrale, cortège des officiers et préfet agglomérations a à un seul culte, et le décret de Messidor prescrit de rendre les honneurs militaires au passage du Saint-Sacrement.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Strasbourg, la Restauration rétablit la procession publique hors la cathédrale. Dès 1816, la procession de la Fête-Dieu passe par la rue Mercière, le Vieux-Marché aux Poissons, la rue des Hallebardes et fait retour à la cathédrale. En 1818, la procession pousse jusqu’à la place d’Armes et la rue de la Mésange et fait retour par la rue du Dôme. La procession hors la cathédrale est à nouveau supprimée sous la monarchie de Juillet (Modeste Schickele, « A travers l’Ordo diocesain de Strasbourg du XIXe siècle », &amp;#039;&amp;#039;Revue catholique de l’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, 1909.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
Décret impérial de messidor an XII sur les honneurs et préseances, gallica.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Niederrheinischer Kurier - Courrier de Strasbourg 18 aout 1812, Numistral.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MERLIN (Philippe Antoine), &amp;#039;&amp;#039;Répertoire universel et raisonné de jurisprudence&amp;#039;&amp;#039;, édition 4, tome 10, art. Procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FISCHER (Dagobert), « La dissolution de l’ordre des Jésuites en Alsace », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1875.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEVY ( Joseph), « La Suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande révolution (17911799) », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039; 1899).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
WUHRLIN ( Julien), « Journal d’un bourgeois d’Hartmanswiller », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1901.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHICKELE (Modeste), « A travers l’Ordo diocesain de Strasbourg du XIXe siècle », &amp;#039;&amp;#039;Revue catholique de l’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HOFFMANN (Ch.), « La suppression de l’assemblée provinciale et le nouveau régime », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ADAM ( Johann), &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchengeschichte der Stadt Strassburg&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1922, p.440-442.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ADAM ( Johann), &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchengeschichte der Elsässischen Territorien&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1928.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIVET (Georges), RAPP (Francis), &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III, Strasbourg, 1981 (Louis Chatellier, « Le Renouveau et l’essor du catholicisme », p. 381-382).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CHATELLIER (Louis), &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique dans l’ancien diocèse de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039;, Paris, 1981, p. 219.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
[[Bannière|Bannières]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;[[Bannprozession]]&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;[[Bannritt]]&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;[[Bundschuh]]&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Calendrier]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Carnaval]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Cloches (sonnerie des)|Cloches]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Confrérie|Confréries]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Corporation|Corporations]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Coutumes de l&amp;#039;Eglise de Strasbourg|Coutumes de l’église de Strasbourg]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Croix rurales]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;[[Ex-voto|Ex-Voto]]&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fabrique]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fête-Dieu]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fêtes liturgiques]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;[[Geistliche Festspiele]]&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;[[Gründonnerstag|Grundonnerstag]]&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fête-Dieu|Haguenau (Fête-Dieu)]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Iconoclasme]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Jésuites (en Alsace)|Jésuites en Alsace]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;[[Kerze]]&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;[[Kirchengesang (culte catholique)|Kirchengesang]]&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;[[Krieg]]&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Lanterne (Corporation A la)|Lanterne (corporation rang dans les processions)]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Liturgie catholique]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Louis (saint)]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Mauresse (Corporation de la)|Mauresse (corporation, rang dans les processions)]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Milice bourgeoise|Milices bourgeoises]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Miroir (Corporation du)|Miroir (corporation rang dans les processions)]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Mission populaire|Missions populaires]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Orgue]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;[[Wettersegen]]&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Procession&amp;diff=14038</id>
		<title>Procession</title>
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		<updated>2026-06-15T15:59:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Sources - Bibliographie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;#039;&amp;#039;Prozession&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bittgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Gottsgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Kreuzgang&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
Certaines processions liturgiques permettent de revivre les « entrées » de Jésus : la procession&lt;br /&gt;
du 2 février pour la Chandeleur correspond à la présentation au Temple. La procession des Rameaux met en scène l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession du cierge pascal apparaît au XIIe siècle lors de la vigile de Pâques. Après la bénédiction du feu en-dehors de l’église, les fidèles entrent dans l’église derrière le cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces processions qui ont lieu chaque année, des événements extraordinaires tels les translations de reliques donnaient également lieu à des processions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
Parmi elles, il faut citer la procession de la Fête-Dieu, instituée en 1264, et les processions&lt;br /&gt;
mariales lors des principales fêtes de la Vierge.&lt;br /&gt;
En France, la procession du 15 août connaît un succès particulier depuis que Louis XIII a consacré le Royaume à Notre-Dame (1638). La procession des Rogations (du latin, &amp;#039;&amp;#039;rogatio&amp;#039;&amp;#039;, demande, prière) remonte au haut Moyen Âge. À l’époque, elle avait lieu les trois jours précédant&lt;br /&gt;
l’Ascension. La communauté paroissiale, croix et bannières en tête, faisait le tour du ban ou à défaut se rendait alternativement aux extrémités du ban parfois marqués par une croix, pour demander la bénédiction divine sur les travaux des champs et les futures récoltes. Les fêtes patronales sont aussi l’occasion de processions au cours desquelles on porte la statue du saint patron dans les rues du village. À l’occasion, les reliques d’un saint et /ou le Saint-Sacrement accompagnaient la procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation des paroisses s’est faite progressivement à partir du haut Moyen Âge. Au départ, plusieurs villages se rendaient à l’église-mère, qui était leur église paroissiale. Au fil du temps, chaque village s’est doté d’une église, mais le lien avec l’ancienne église-mère se traduisait chaque année par une procession vers celle-ci. Ainsi, les communautés de Soultzmatt, Westhalten, Bergholtz, Orschwihr, Rouffach, Gundolsheim, Pfaffenheim relevaient à l’origine de l’église-mère Saint-Martin du Bollenberg. Après la création d’une église dans chacune de ces localités, leurs paroissiens se rendaient une fois par an en procession à celle du Bollenberg.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les processions vers des lieux de pèlerinage deviennent nombreuses à partir de la fin du Moyen Âge – par exemple celles de la paroisse de Rouffach aux sanctuaires mariaux du Schaefertal, du Schauenberg et de Thierenbach – et plus encore à l&amp;#039;époque moderne. En 1625, Thierenbach accueillait des processions venant de plus de vingt localités de la Hardt.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses processions étaient décrétées et initiées par le Magistrat des villes pour implorer la protection de la cité en temps de guerre, contre les épidémies (peste), les maladies (syphilis), les mauvaises récoltes, ou alors en action de grâce pour un bienfait obtenu. À Strasbourg, depuis 1356, a lieu à la Saint-Luc une procession qui commémore le fait que la ville n’a guère souffert du tremblement de terre qui, à cette date, a ravagé la ville de Bâle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces occasions, le Magistrat édictait des consignes très strictes. En 1444, pour la procession&lt;br /&gt;
de la Fête-Dieu à Colmar, tout un chacun doit y participer dans son meilleur habit en l’honneur&lt;br /&gt;
du Saint-Sacrement. En 1434-1435, le Magistrat de Colmar, en accord avec les chanoines de Saint-Martin, décrète, en raison d’épidémies, d’intempéries et de cherté, une procession à laquelle devra participer toute personne âgée de plus de 12 ans, pieds nus et en habit de laine, c’est-à-dire en tenue de pénitent. Au courant de la procession, il sera défendu de bavarder, les femmes devront rester avec les femmes et les hommes avec les hommes, sous peine de 30 ß d’amende. Pendant la procession, tout travail en ville est interdit. Aucun magasin ni aucune auberge ne devront être ouverts, et personne ne sera autorisé à quitter la ville tôt le matin pour travailler. À Strasbourg aussi, la procession pour la Fête-Dieu 1472 est strictement réglementée par le Magistrat : aux corporations, aux écoliers, aux chanoines, aux autres prêtres est assignée une place, que chacun doit respecter, sans dépasser les autres, sans s’attrouper ni se pousser dans les ruelles étroites. On défend aux porteurs de cierges d’accrocher des verres ou des gourdes avec du vin à leur porte-cierge (AVES 1MR 2, p. 159-161). Une gravure sur bois du XVe siècle représente la procession organisée à Strasbourg en 1477 pour fêter la victoire sur Charles le Téméraire (&amp;#039;&amp;#039;Iconoclasme&amp;#039;&amp;#039;, p. 188).&lt;br /&gt;
En tête du cortège était porté le Saint-Sacrement, suivi par le clergé. Puis venait la grande croix-reliquaire de la cathédrale, portée par les Franciscains et suivie par les hommes. Les Dominicains portaient la Vierge miraculeuse, qui était suivie par les femmes. Ces exemples montrent que lorsque la procession est organisée par le Magistrat, la participation de tout un chacun relève d’une obligation civique et non d’un acte de dévotion personnel. La procession, c’est aussi la communauté en marche dans un ordre exprimant sa hiérarchie. La place occupée par les corporations dans la procession est révélatrice de leur rang. Si d’une année à l’autre, l’une d’entre elles se retrouve reléguée plus loin du Saint-Sacrement, il s’agit d’une atteinte grave à son honneur. C’est pour avoir perdu leur place dans la procession du Saint-Sacrement en 1495 que les compagnons boulangers de Colmar entament une grève qui durera dix ans.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’introduction de la Réforme, les processions sont abolies. Ainsi, en 1534, le Magistrat&lt;br /&gt;
de Strasbourg a fait « fermer la paroisse de Saint-Étienne pour faire cesser les processions qu’on faisait au sépulcre de sainte Attale » (AVES AA 2580). Lors de la réintroduction du catholicisme à partir de 1681, une série de prescriptions impose aux protestants une attitude de déférence lors du passage du Saint-Sacrement. Certaines processions donnent lieu à des excès contre les protestants, brutalisés ou contraints de s’agenouiller : les doléances du Convent ecclésiastique, l’organe de direction de l’Église luthérienne de Strasbourg, sont nombreuses à ce sujet. Mais il arrive aussi que le passage d’une procession dans un village protestant suscite des moqueries, qui peuvent conduire à des bagarres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
AMS 1MR 1, fo 107, 1MR 2, fo 17v et passim, 1MR 3, fo 18 &amp;#039;&amp;#039;et passim&amp;#039;&amp;#039;, 1MR 53, fo 2.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEVY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;La suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande Révolution (1791-1801)&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1905.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
WALTER ( Joseph), « Les processions de la cathédrale au Moyen Âge », WILMART (D. André), &amp;#039;&amp;#039;L’ancien cantorium de l’église de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1928, p. 93-115.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SITTLER (Lucien), « Prozessionen und Bittgänge im Colmar des 15. Jahrhunderts », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1936, p.137-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PFLEGER (Luzian), « Die Stadt- und Rats-Gottesdienste im Strassburger Münster », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1937, p.1-55.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BARTH (Medard), « Frohnleichnamsbräuche im mittelalterlichen Strassburg », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1958, p.233-235.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), &amp;#039;&amp;#039;Processions et itinéraires traditionnels de Thierenbach au XXe siècle&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1983.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), « Les processions votives de Soultz et Rouffach à Thierenbach », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1986, p. 113-120.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIGNORI (Gabriela), « Ritual und Ereignis. Die Straßburger Bittgänge zur Zeit der Burgunderkriege (1474-77) », &amp;#039;&amp;#039;Historische Zeitschrift&amp;#039;&amp;#039; 264, 1997, p. 281-328.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER ( Joachim), « Imitation de Rome et topographie urbaine. Le développement de Strasbourg au début du 2e millénaire », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039; 125, 1999, p. 7-16.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MULLER (Christine), « Processions à Obernai du XVe au XVIIIe siècle », &amp;#039;&amp;#039;ADBO&amp;#039;&amp;#039; 34, 2000, p.121-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREY (Marguerite), « Processions, croix et chapelles à Ammerschwihr », &amp;#039;&amp;#039;Annuaire des 4 sociétés d’histoire de la vallée de la Weiss&amp;#039;&amp;#039;, 2004, p. 45-66.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN (Benoît), « Fêtes et processions : une occupation rituelle de l’espace public », &amp;#039;&amp;#039;RA : Fêtes en Alsace de l’Antiquité à nos jours&amp;#039;&amp;#039;, 141, 2015, p. 157-177.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÖLLMI (Beat), « Liturgie et processions au Moyen Âge du XIe au XIVe siècle. La cathédrale au cœur d’une topologie sacrée », GRAPPE (Christian) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;La cathédrale de Strasbourg en sa ville. Le spirituel et le temporel&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 2020, p. 87-92.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
[[Fête-Dieu]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Jésuites]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Pentecôte]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
Le 21 octobre 1681, devançant Louis XIV entrant dans Strasbourg, une imposante procession de plusieurs centaines de prêtres et religieux catholiques venus d’Alsace se dirigent vers la cathédrale où les accueille l’évêque. (Louis Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III, 381-382). La procession faisait son retour dans la république luthérienne conquise en une manifestation éclatante de catholicité publique et massive. Et pour la plus grande partie de la population, agressive !&lt;br /&gt;
=== Procession rituel politique ===&lt;br /&gt;
En Alsace, la procession est un rituel politique, celui qui marque l’attachement public à la religion du souverain en l’occurrence à la « religion du roi ». Dès 1682, la monarchie impose dans tout le diocèse, la procession de la Fête-Dieu (juin) puis au 15 août, la fête de l’Assomption et du vœu de Louis XIII (voir [[Liturgie catholique]]) (Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039; p. 219).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme avant la Réforme, l’itinéraire des processions strasbourgeoises doit assurer le lien entre les paroisses catholiques restaurées de la ville. Mais au XVIIIe siècle les confréries catholiques de plus en plus importantes, élèvent par endroits des reposoirs décorés de draperies, de fleurs et de cierges : ils sont gardés par la troupe (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III,p. 386). La population protestante doit manifester son respect, sous peine de sanctions, et chaque année, la Fête-Dieu entraine des incidents plus ou moins graves (Johann Adam, &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchngeschichte der Stadt Strassburg&amp;#039;&amp;#039;, 1922, p. 440-442).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est par la procession, le jour de la Saint-Louis, le 25 août que l’on marque le rétablissement du culte catholique dans les églises où l’on établit le &amp;#039;&amp;#039;simultaneum&amp;#039;&amp;#039; à Dorlisheim, avec la foule de tous les villages environnants. Il en va de même à Duttlenheim (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 312-313).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession, cortège ou défilé public est un affichage : en 1702, l’ouverture de la nouvelle université catholique de Strasbourg « se fit en grande pompe le 20 juin 1702 « et pour que ce corps brillât à jamais aux yeux de la population protestante de l’éclat insigne et exclusif de la faveur royale, on institua une procession solennelle de docteurs, qui se célébra depuis, chaque année, au commencement de juillet » (Dagobert Fischer, « La dissolution de l’ordre des Jésuites en Alsace », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1875).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Procession rituel sotériologique, méthode missionnaire ===&lt;br /&gt;
Comme dans les temps et lieux d’ancienne catholicité, la procession – tout comme le pèlerinage – est aussi un rituel sotériologique (peste, faim, guerres, maladies). Mais dans cet âge de confessionnalisation, c’est aussi une méthode missionnaire de propagande (v. [[Mission populaire|Mission]]) et la population se montre sensible et attachée à ces ferveurs fusionnelles des manifestations populaires (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 313), dont se méfient les pasteurs protestants qui ne manquent pas de faire grief à leurs ouailles de leurs participations éventuelles ( Johann Adam, &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchengeschichte der Elsässischen Territorien&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1928).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cortège des cérémonies officielles de la cité ===&lt;br /&gt;
Mais c’est aussi le cortège des cérémonies officielles des communautés de culte catholique, où la&lt;br /&gt;
place du rituel ecclésiastique est indispensable. Les autorités instituent une obligation de participation pour les membres des corps constitués, (abolie cependant par les Parlements à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle) (Merlin, &amp;#039;&amp;#039;Répertoire universel et raisonné de jurisprudence&amp;#039;&amp;#039;, édition 4, tome 10, art. Procession). L’ordre protocolaire des rangs de la procession (magistrat, corporations, confréries, femmes, est strictement réglementé et les fonctions (bannières, dais) dûment tarifées. Il est parfois âprement disputé. Ainsi le Conseil souverain refuse de participer à la procession de 1790, car un décret royal a décidé que les autorités municipales prendraient place dans les rangs de la procession avant les officiers militaires et civils (Ch. Hoffmann, « la suppression de l’assemblée provinciale et le nouveau régime », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1909).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Participation et contrôle collectif des bans communaux ===&lt;br /&gt;
C’est aussi un rituel de participation et de contrôle collectif des bans communaux. Dans les paroisses rurales, par les Rogations ou &amp;#039;&amp;#039;Bannprozession&amp;#039;&amp;#039;, la communauté manifeste sa mainmise sur le ban paroissial et exprime sa prière pour sa prospérité. Ce qui a aussi son utilité : À Soultz ; « heureusement qu’il y a les rogations, car on y met en état les chemins pour le passage des processions. Et dans le département (du Haut-Rhin), tous les chemins sont remis en état pour les rogations (C. Hoffmann « La ville et le bailliage de Soultz », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1899, p. 77-78).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Processions et pèlerinages se relaient, mais au milieu du XVIIIe siècle, on note une concentration autour de l’institution et du site de la paroisse : la procession devient une manifestation privilégiée de la piété populaire paroissiale (Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 450-460).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Révolution, le Consulat et l’Empire ===&lt;br /&gt;
Révolution et Constitution civile du clergé modifient radicalement l’exercice du culte catholique. Les évêques constitutionnels interdisent les processions hors les églises. La répression d’un clergé isolé ou clandestin n’empêche pas de brusques manifestations processionnaires, parfois réunies par les enfants des villages dont s’indignent les autorités départementales. La loi du 7 vendémiaire an IV interdit toute procession hors des églises.&lt;br /&gt;
Mais avec le desserrement des contrôles, les processions reprennent, par exemple dans les cantons&lt;br /&gt;
de Soultz, Rouffach, Kaysersberg, comme par le passé, aux Rogations et à la Fête-Dieu, et les agents municipaux, dûment tancés, ont laissé faire ou participé (1799) ( Joseph Levy, « La Suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande révolution (1791-1799) », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1899).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec le Consulat et le Concordat (1802) « le service divin recommença dans toutes les localités, comme auparavant dans les anciens temps, et l’on rétablit les processions, les chemins de croix, et les croix sur les chemins et les routes. Il fut de nouveau permis de sonner les cloches, comme auparavant ; mais nous n’avons plus qu’une cloche et la petite cloche des écoles. Maintenant nous croyons que tout ira régulièrement et bien » (Julien Wuhrlin, « Journal d’un bourgeois d’Hartmanswiller », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1901).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Articles organiques (loi du 18 germinal an X) redéfinissent les rapports entre cérémonies publiques et cérémonies religieuses. L’article 45 des articles organiques prescrit : Aucune cérémonie religieuse n’aura lieu hors des édifices consacrés au culte catholique dans les villes où il y a des temples consacrés à différents cultes. Ce qui s’applique à la ville de Strasbourg, où les processions restent circonscrites aux églises.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret impérial du 24 messidor an XII, sur les honneurs et préséances, définit le rituel des cérémonies publiques (confiées aux prefets) et religieuses (confiées à l’évèque) et l’ordre des rangs des autorités dans les cérémonies religieuses.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le 15 août 1812 était la fête de la Saint-Napoléon, anniversaire de la naissance de S. M. Empereur et Roi ». Coups de canon, drapeaux sur la cathédrale, cortège des officiers et préfet agglomérations a à un seul culte, et le décret de Messidor prescrit de rendre les honneurs militaires au passage du Saint-Sacrement.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Strasbourg, la Restauration rétablit la procession publique hors la cathédrale. Dès 1816, la procession de la Fête-Dieu passe par la rue Mercière, le Vieux-Marché aux Poissons, la rue des Hallebardes et fait retour à la cathédrale. En 1818, la procession pousse jusqu’à la place d’Armes et la rue de la Mésange et fait retour par la rue du Dôme. La procession hors la cathédrale est à nouveau supprimée sous la monarchie de Juillet (Modeste Schickele, « A travers l’Ordo diocesain de Strasbourg du XIXe siècle », &amp;#039;&amp;#039;Revue catholique de l’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, 1909.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
Décret impérial de messidor an XII sur les honneurs et préseances, gallica.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Niederrheinischer Kurier - Courrier de Strasbourg 18 aout 1812, Numistral.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MERLIN (Philippe Antoine), &amp;#039;&amp;#039;Répertoire universel et raisonné de jurisprudence&amp;#039;&amp;#039;, édition 4, tome 10, art. Procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FISCHER (Dagobert), « La dissolution de l’ordre des Jésuites en Alsace », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1875.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEVY ( Joseph), « La Suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande révolution (17911799) », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039; 1899).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
WUHRLIN ( Julien), « Journal d’un bourgeois d’Hartmanswiller », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1901.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHICKELE (Modeste), « A travers l’Ordo diocesain de Strasbourg du XIXe siècle », &amp;#039;&amp;#039;Revue catholique de l’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HOFFMANN (Ch.), « La suppression de l’assemblée provinciale et le nouveau régime », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ADAM ( Johann), &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchengeschichte der Stadt Strassburg&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1922, p.440-442.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ADAM ( Johann), &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchengeschichte der Elsässischen Territorien&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1928.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIVET (Georges), RAPP (Francis), &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III, Strasbourg, 1981 (Louis Chatellier, « Le Renouveau et l’essor du catholicisme », p. 381-382).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CHATELLIER (Louis), &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique dans l’ancien diocèse de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039;, Paris, 1981, p. 219.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<title>Procession</title>
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		<updated>2026-06-15T15:54:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* La Révolution, le Consulat et l’Empire */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;#039;&amp;#039;Prozession&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bittgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Gottsgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Kreuzgang&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
Certaines processions liturgiques permettent de revivre les « entrées » de Jésus : la procession&lt;br /&gt;
du 2 février pour la Chandeleur correspond à la présentation au Temple. La procession des Rameaux met en scène l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession du cierge pascal apparaît au XIIe siècle lors de la vigile de Pâques. Après la bénédiction du feu en-dehors de l’église, les fidèles entrent dans l’église derrière le cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces processions qui ont lieu chaque année, des événements extraordinaires tels les translations de reliques donnaient également lieu à des processions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
Parmi elles, il faut citer la procession de la Fête-Dieu, instituée en 1264, et les processions&lt;br /&gt;
mariales lors des principales fêtes de la Vierge.&lt;br /&gt;
En France, la procession du 15 août connaît un succès particulier depuis que Louis XIII a consacré le Royaume à Notre-Dame (1638). La procession des Rogations (du latin, &amp;#039;&amp;#039;rogatio&amp;#039;&amp;#039;, demande, prière) remonte au haut Moyen Âge. À l’époque, elle avait lieu les trois jours précédant&lt;br /&gt;
l’Ascension. La communauté paroissiale, croix et bannières en tête, faisait le tour du ban ou à défaut se rendait alternativement aux extrémités du ban parfois marqués par une croix, pour demander la bénédiction divine sur les travaux des champs et les futures récoltes. Les fêtes patronales sont aussi l’occasion de processions au cours desquelles on porte la statue du saint patron dans les rues du village. À l’occasion, les reliques d’un saint et /ou le Saint-Sacrement accompagnaient la procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation des paroisses s’est faite progressivement à partir du haut Moyen Âge. Au départ, plusieurs villages se rendaient à l’église-mère, qui était leur église paroissiale. Au fil du temps, chaque village s’est doté d’une église, mais le lien avec l’ancienne église-mère se traduisait chaque année par une procession vers celle-ci. Ainsi, les communautés de Soultzmatt, Westhalten, Bergholtz, Orschwihr, Rouffach, Gundolsheim, Pfaffenheim relevaient à l’origine de l’église-mère Saint-Martin du Bollenberg. Après la création d’une église dans chacune de ces localités, leurs paroissiens se rendaient une fois par an en procession à celle du Bollenberg.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les processions vers des lieux de pèlerinage deviennent nombreuses à partir de la fin du Moyen Âge – par exemple celles de la paroisse de Rouffach aux sanctuaires mariaux du Schaefertal, du Schauenberg et de Thierenbach – et plus encore à l&amp;#039;époque moderne. En 1625, Thierenbach accueillait des processions venant de plus de vingt localités de la Hardt.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses processions étaient décrétées et initiées par le Magistrat des villes pour implorer la protection de la cité en temps de guerre, contre les épidémies (peste), les maladies (syphilis), les mauvaises récoltes, ou alors en action de grâce pour un bienfait obtenu. À Strasbourg, depuis 1356, a lieu à la Saint-Luc une procession qui commémore le fait que la ville n’a guère souffert du tremblement de terre qui, à cette date, a ravagé la ville de Bâle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces occasions, le Magistrat édictait des consignes très strictes. En 1444, pour la procession&lt;br /&gt;
de la Fête-Dieu à Colmar, tout un chacun doit y participer dans son meilleur habit en l’honneur&lt;br /&gt;
du Saint-Sacrement. En 1434-1435, le Magistrat de Colmar, en accord avec les chanoines de Saint-Martin, décrète, en raison d’épidémies, d’intempéries et de cherté, une procession à laquelle devra participer toute personne âgée de plus de 12 ans, pieds nus et en habit de laine, c’est-à-dire en tenue de pénitent. Au courant de la procession, il sera défendu de bavarder, les femmes devront rester avec les femmes et les hommes avec les hommes, sous peine de 30 ß d’amende. Pendant la procession, tout travail en ville est interdit. Aucun magasin ni aucune auberge ne devront être ouverts, et personne ne sera autorisé à quitter la ville tôt le matin pour travailler. À Strasbourg aussi, la procession pour la Fête-Dieu 1472 est strictement réglementée par le Magistrat : aux corporations, aux écoliers, aux chanoines, aux autres prêtres est assignée une place, que chacun doit respecter, sans dépasser les autres, sans s’attrouper ni se pousser dans les ruelles étroites. On défend aux porteurs de cierges d’accrocher des verres ou des gourdes avec du vin à leur porte-cierge (AVES 1MR 2, p. 159-161). Une gravure sur bois du XVe siècle représente la procession organisée à Strasbourg en 1477 pour fêter la victoire sur Charles le Téméraire (&amp;#039;&amp;#039;Iconoclasme&amp;#039;&amp;#039;, p. 188).&lt;br /&gt;
En tête du cortège était porté le Saint-Sacrement, suivi par le clergé. Puis venait la grande croix-reliquaire de la cathédrale, portée par les Franciscains et suivie par les hommes. Les Dominicains portaient la Vierge miraculeuse, qui était suivie par les femmes. Ces exemples montrent que lorsque la procession est organisée par le Magistrat, la participation de tout un chacun relève d’une obligation civique et non d’un acte de dévotion personnel. La procession, c’est aussi la communauté en marche dans un ordre exprimant sa hiérarchie. La place occupée par les corporations dans la procession est révélatrice de leur rang. Si d’une année à l’autre, l’une d’entre elles se retrouve reléguée plus loin du Saint-Sacrement, il s’agit d’une atteinte grave à son honneur. C’est pour avoir perdu leur place dans la procession du Saint-Sacrement en 1495 que les compagnons boulangers de Colmar entament une grève qui durera dix ans.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’introduction de la Réforme, les processions sont abolies. Ainsi, en 1534, le Magistrat&lt;br /&gt;
de Strasbourg a fait « fermer la paroisse de Saint-Étienne pour faire cesser les processions qu’on faisait au sépulcre de sainte Attale » (AVES AA 2580). Lors de la réintroduction du catholicisme à partir de 1681, une série de prescriptions impose aux protestants une attitude de déférence lors du passage du Saint-Sacrement. Certaines processions donnent lieu à des excès contre les protestants, brutalisés ou contraints de s’agenouiller : les doléances du Convent ecclésiastique, l’organe de direction de l’Église luthérienne de Strasbourg, sont nombreuses à ce sujet. Mais il arrive aussi que le passage d’une procession dans un village protestant suscite des moqueries, qui peuvent conduire à des bagarres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
AMS 1MR 1, fo 107, 1MR 2, fo 17v et passim, 1MR 3, fo 18 &amp;#039;&amp;#039;et passim&amp;#039;&amp;#039;, 1MR 53, fo 2.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEVY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;La suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande Révolution (1791-1801)&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1905.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
WALTER ( Joseph), « Les processions de la cathédrale au Moyen Âge », WILMART (D. André), &amp;#039;&amp;#039;L’ancien cantorium de l’église de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1928, p. 93-115.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SITTLER (Lucien), « Prozessionen und Bittgänge im Colmar des 15. Jahrhunderts », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1936, p.137-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PFLEGER (Luzian), « Die Stadt- und Rats-Gottesdienste im Strassburger Münster », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1937, p.1-55.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BARTH (Medard), « Frohnleichnamsbräuche im mittelalterlichen Strassburg », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1958, p.233-235.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), &amp;#039;&amp;#039;Processions et itinéraires traditionnels de Thierenbach au XXe siècle&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1983.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), « Les processions votives de Soultz et Rouffach à Thierenbach », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1986, p. 113-120.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIGNORI (Gabriela), « Ritual und Ereignis. Die Straßburger Bittgänge zur Zeit der Burgunderkriege (1474-77) », &amp;#039;&amp;#039;Historische Zeitschrift&amp;#039;&amp;#039; 264, 1997, p. 281-328.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER ( Joachim), « Imitation de Rome et topographie urbaine. Le développement de Strasbourg au début du 2e millénaire », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039; 125, 1999, p. 7-16.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MULLER (Christine), « Processions à Obernai du XVe au XVIIIe siècle », &amp;#039;&amp;#039;ADBO&amp;#039;&amp;#039; 34, 2000, p.121-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREY (Marguerite), « Processions, croix et chapelles à Ammerschwihr », &amp;#039;&amp;#039;Annuaire des 4 sociétés d’histoire de la vallée de la Weiss&amp;#039;&amp;#039;, 2004, p. 45-66.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN (Benoît), « Fêtes et processions : une occupation rituelle de l’espace public », &amp;#039;&amp;#039;RA : Fêtes en Alsace de l’Antiquité à nos jours&amp;#039;&amp;#039;, 141, 2015, p. 157-177.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÖLLMI (Beat), « Liturgie et processions au Moyen Âge du XIe au XIVe siècle. La cathédrale au cœur d’une topologie sacrée », GRAPPE (Christian) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;La cathédrale de Strasbourg en sa ville. Le spirituel et le temporel&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 2020, p. 87-92.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
[[Fête-Dieu]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Jésuites]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Pentecôte]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
Le 21 octobre 1681, devançant Louis XIV entrant dans Strasbourg, une imposante procession de plusieurs centaines de prêtres et religieux catholiques venus d’Alsace se dirigent vers la cathédrale où les accueille l’évêque. (Louis Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III, 381-382). La procession faisait son retour dans la république luthérienne conquise en une manifestation éclatante de catholicité publique et massive. Et pour la plus grande partie de la population, agressive !&lt;br /&gt;
=== Procession rituel politique ===&lt;br /&gt;
En Alsace, la procession est un rituel politique, celui qui marque l’attachement public à la religion du souverain en l’occurrence à la « religion du roi ». Dès 1682, la monarchie impose dans tout le diocèse, la procession de la Fête-Dieu (juin) puis au 15 août, la fête de l’Assomption et du vœu de Louis XIII (voir [[Liturgie catholique]]) (Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039; p. 219).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme avant la Réforme, l’itinéraire des processions strasbourgeoises doit assurer le lien entre les paroisses catholiques restaurées de la ville. Mais au XVIIIe siècle les confréries catholiques de plus en plus importantes, élèvent par endroits des reposoirs décorés de draperies, de fleurs et de cierges : ils sont gardés par la troupe (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III,p. 386). La population protestante doit manifester son respect, sous peine de sanctions, et chaque année, la Fête-Dieu entraine des incidents plus ou moins graves (Johann Adam, &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchngeschichte der Stadt Strassburg&amp;#039;&amp;#039;, 1922, p. 440-442).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est par la procession, le jour de la Saint-Louis, le 25 août que l’on marque le rétablissement du culte catholique dans les églises où l’on établit le &amp;#039;&amp;#039;simultaneum&amp;#039;&amp;#039; à Dorlisheim, avec la foule de tous les villages environnants. Il en va de même à Duttlenheim (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 312-313).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession, cortège ou défilé public est un affichage : en 1702, l’ouverture de la nouvelle université catholique de Strasbourg « se fit en grande pompe le 20 juin 1702 « et pour que ce corps brillât à jamais aux yeux de la population protestante de l’éclat insigne et exclusif de la faveur royale, on institua une procession solennelle de docteurs, qui se célébra depuis, chaque année, au commencement de juillet » (Dagobert Fischer, « La dissolution de l’ordre des Jésuites en Alsace », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1875).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Procession rituel sotériologique, méthode missionnaire ===&lt;br /&gt;
Comme dans les temps et lieux d’ancienne catholicité, la procession – tout comme le pèlerinage – est aussi un rituel sotériologique (peste, faim, guerres, maladies). Mais dans cet âge de confessionnalisation, c’est aussi une méthode missionnaire de propagande (v. [[Mission populaire|Mission]]) et la population se montre sensible et attachée à ces ferveurs fusionnelles des manifestations populaires (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 313), dont se méfient les pasteurs protestants qui ne manquent pas de faire grief à leurs ouailles de leurs participations éventuelles ( Johann Adam, &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchengeschichte der Elsässischen Territorien&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1928).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cortège des cérémonies officielles de la cité ===&lt;br /&gt;
Mais c’est aussi le cortège des cérémonies officielles des communautés de culte catholique, où la&lt;br /&gt;
place du rituel ecclésiastique est indispensable. Les autorités instituent une obligation de participation pour les membres des corps constitués, (abolie cependant par les Parlements à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle) (Merlin, &amp;#039;&amp;#039;Répertoire universel et raisonné de jurisprudence&amp;#039;&amp;#039;, édition 4, tome 10, art. Procession). L’ordre protocolaire des rangs de la procession (magistrat, corporations, confréries, femmes, est strictement réglementé et les fonctions (bannières, dais) dûment tarifées. Il est parfois âprement disputé. Ainsi le Conseil souverain refuse de participer à la procession de 1790, car un décret royal a décidé que les autorités municipales prendraient place dans les rangs de la procession avant les officiers militaires et civils (Ch. Hoffmann, « la suppression de l’assemblée provinciale et le nouveau régime », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1909).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Participation et contrôle collectif des bans communaux ===&lt;br /&gt;
C’est aussi un rituel de participation et de contrôle collectif des bans communaux. Dans les paroisses rurales, par les Rogations ou &amp;#039;&amp;#039;Bannprozession&amp;#039;&amp;#039;, la communauté manifeste sa mainmise sur le ban paroissial et exprime sa prière pour sa prospérité. Ce qui a aussi son utilité : À Soultz ; « heureusement qu’il y a les rogations, car on y met en état les chemins pour le passage des processions. Et dans le département (du Haut-Rhin), tous les chemins sont remis en état pour les rogations (C. Hoffmann « La ville et le bailliage de Soultz », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1899, p. 77-78).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Processions et pèlerinages se relaient, mais au milieu du XVIIIe siècle, on note une concentration autour de l’institution et du site de la paroisse : la procession devient une manifestation privilégiée de la piété populaire paroissiale (Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 450-460).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Révolution, le Consulat et l’Empire ===&lt;br /&gt;
Révolution et Constitution civile du clergé modifient radicalement l’exercice du culte catholique. Les évêques constitutionnels interdisent les processions hors les églises. La répression d’un clergé isolé ou clandestin n’empêche pas de brusques manifestations processionnaires, parfois réunies par les enfants des villages dont s’indignent les autorités départementales. La loi du 7 vendémiaire an IV interdit toute procession hors des églises.&lt;br /&gt;
Mais avec le desserrement des contrôles, les processions reprennent, par exemple dans les cantons&lt;br /&gt;
de Soultz, Rouffach, Kaysersberg, comme par le passé, aux Rogations et à la Fête-Dieu, et les agents municipaux, dûment tancés, ont laissé faire ou participé (1799) ( Joseph Levy, « La Suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande révolution (1791-1799) », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1899).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec le Consulat et le Concordat (1802) « le service divin recommença dans toutes les localités, comme auparavant dans les anciens temps, et l’on rétablit les processions, les chemins de croix, et les croix sur les chemins et les routes. Il fut de nouveau permis de sonner les cloches, comme auparavant ; mais nous n’avons plus qu’une cloche et la petite cloche des écoles. Maintenant nous croyons que tout ira régulièrement et bien » (Julien Wuhrlin, « Journal d’un bourgeois d’Hartmanswiller », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1901).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Articles organiques (loi du 18 germinal an X) redéfinissent les rapports entre cérémonies publiques et cérémonies religieuses. L’article 45 des articles organiques prescrit : Aucune cérémonie religieuse n’aura lieu hors des édifices consacrés au culte catholique dans les villes où il y a des temples consacrés à différents cultes. Ce qui s’applique à la ville de Strasbourg, où les processions restent circonscrites aux églises.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret impérial du 24 messidor an XII, sur les honneurs et préséances, définit le rituel des cérémonies publiques (confiées aux prefets) et religieuses (confiées à l’évèque) et l’ordre des rangs des autorités dans les cérémonies religieuses.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le 15 août 1812 était la fête de la Saint-Napoléon, anniversaire de la naissance de S. M. Empereur et Roi ». Coups de canon, drapeaux sur la cathédrale, cortège des officiers et préfet agglomérations a à un seul culte, et le décret de Messidor prescrit de rendre les honneurs militaires au passage du Saint-Sacrement.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Strasbourg, la Restauration rétablit la procession publique hors la cathédrale. Dès 1816, la procession de la Fête-Dieu passe par la rue Mercière, le Vieux-Marché aux Poissons, la rue des Hallebardes et fait retour à la cathédrale. En 1818, la procession pousse jusqu’à la place d’Armes et la rue de la Mésange et fait retour par la rue du Dôme. La procession hors la cathédrale est à nouveau supprimée sous la monarchie de Juillet (Modeste Schickele, « A travers l’Ordo diocesain de Strasbourg du XIXe siècle », &amp;#039;&amp;#039;Revue catholique de l’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, 1909.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Procession&amp;diff=14036</id>
		<title>Procession</title>
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		<updated>2026-06-15T15:48:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Participation et contrôle collectif des bans communaux */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;#039;&amp;#039;Prozession&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bittgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Gottsgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Kreuzgang&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
Certaines processions liturgiques permettent de revivre les « entrées » de Jésus : la procession&lt;br /&gt;
du 2 février pour la Chandeleur correspond à la présentation au Temple. La procession des Rameaux met en scène l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession du cierge pascal apparaît au XIIe siècle lors de la vigile de Pâques. Après la bénédiction du feu en-dehors de l’église, les fidèles entrent dans l’église derrière le cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces processions qui ont lieu chaque année, des événements extraordinaires tels les translations de reliques donnaient également lieu à des processions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
Parmi elles, il faut citer la procession de la Fête-Dieu, instituée en 1264, et les processions&lt;br /&gt;
mariales lors des principales fêtes de la Vierge.&lt;br /&gt;
En France, la procession du 15 août connaît un succès particulier depuis que Louis XIII a consacré le Royaume à Notre-Dame (1638). La procession des Rogations (du latin, &amp;#039;&amp;#039;rogatio&amp;#039;&amp;#039;, demande, prière) remonte au haut Moyen Âge. À l’époque, elle avait lieu les trois jours précédant&lt;br /&gt;
l’Ascension. La communauté paroissiale, croix et bannières en tête, faisait le tour du ban ou à défaut se rendait alternativement aux extrémités du ban parfois marqués par une croix, pour demander la bénédiction divine sur les travaux des champs et les futures récoltes. Les fêtes patronales sont aussi l’occasion de processions au cours desquelles on porte la statue du saint patron dans les rues du village. À l’occasion, les reliques d’un saint et /ou le Saint-Sacrement accompagnaient la procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation des paroisses s’est faite progressivement à partir du haut Moyen Âge. Au départ, plusieurs villages se rendaient à l’église-mère, qui était leur église paroissiale. Au fil du temps, chaque village s’est doté d’une église, mais le lien avec l’ancienne église-mère se traduisait chaque année par une procession vers celle-ci. Ainsi, les communautés de Soultzmatt, Westhalten, Bergholtz, Orschwihr, Rouffach, Gundolsheim, Pfaffenheim relevaient à l’origine de l’église-mère Saint-Martin du Bollenberg. Après la création d’une église dans chacune de ces localités, leurs paroissiens se rendaient une fois par an en procession à celle du Bollenberg.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les processions vers des lieux de pèlerinage deviennent nombreuses à partir de la fin du Moyen Âge – par exemple celles de la paroisse de Rouffach aux sanctuaires mariaux du Schaefertal, du Schauenberg et de Thierenbach – et plus encore à l&amp;#039;époque moderne. En 1625, Thierenbach accueillait des processions venant de plus de vingt localités de la Hardt.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses processions étaient décrétées et initiées par le Magistrat des villes pour implorer la protection de la cité en temps de guerre, contre les épidémies (peste), les maladies (syphilis), les mauvaises récoltes, ou alors en action de grâce pour un bienfait obtenu. À Strasbourg, depuis 1356, a lieu à la Saint-Luc une procession qui commémore le fait que la ville n’a guère souffert du tremblement de terre qui, à cette date, a ravagé la ville de Bâle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces occasions, le Magistrat édictait des consignes très strictes. En 1444, pour la procession&lt;br /&gt;
de la Fête-Dieu à Colmar, tout un chacun doit y participer dans son meilleur habit en l’honneur&lt;br /&gt;
du Saint-Sacrement. En 1434-1435, le Magistrat de Colmar, en accord avec les chanoines de Saint-Martin, décrète, en raison d’épidémies, d’intempéries et de cherté, une procession à laquelle devra participer toute personne âgée de plus de 12 ans, pieds nus et en habit de laine, c’est-à-dire en tenue de pénitent. Au courant de la procession, il sera défendu de bavarder, les femmes devront rester avec les femmes et les hommes avec les hommes, sous peine de 30 ß d’amende. Pendant la procession, tout travail en ville est interdit. Aucun magasin ni aucune auberge ne devront être ouverts, et personne ne sera autorisé à quitter la ville tôt le matin pour travailler. À Strasbourg aussi, la procession pour la Fête-Dieu 1472 est strictement réglementée par le Magistrat : aux corporations, aux écoliers, aux chanoines, aux autres prêtres est assignée une place, que chacun doit respecter, sans dépasser les autres, sans s’attrouper ni se pousser dans les ruelles étroites. On défend aux porteurs de cierges d’accrocher des verres ou des gourdes avec du vin à leur porte-cierge (AVES 1MR 2, p. 159-161). Une gravure sur bois du XVe siècle représente la procession organisée à Strasbourg en 1477 pour fêter la victoire sur Charles le Téméraire (&amp;#039;&amp;#039;Iconoclasme&amp;#039;&amp;#039;, p. 188).&lt;br /&gt;
En tête du cortège était porté le Saint-Sacrement, suivi par le clergé. Puis venait la grande croix-reliquaire de la cathédrale, portée par les Franciscains et suivie par les hommes. Les Dominicains portaient la Vierge miraculeuse, qui était suivie par les femmes. Ces exemples montrent que lorsque la procession est organisée par le Magistrat, la participation de tout un chacun relève d’une obligation civique et non d’un acte de dévotion personnel. La procession, c’est aussi la communauté en marche dans un ordre exprimant sa hiérarchie. La place occupée par les corporations dans la procession est révélatrice de leur rang. Si d’une année à l’autre, l’une d’entre elles se retrouve reléguée plus loin du Saint-Sacrement, il s’agit d’une atteinte grave à son honneur. C’est pour avoir perdu leur place dans la procession du Saint-Sacrement en 1495 que les compagnons boulangers de Colmar entament une grève qui durera dix ans.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’introduction de la Réforme, les processions sont abolies. Ainsi, en 1534, le Magistrat&lt;br /&gt;
de Strasbourg a fait « fermer la paroisse de Saint-Étienne pour faire cesser les processions qu’on faisait au sépulcre de sainte Attale » (AVES AA 2580). Lors de la réintroduction du catholicisme à partir de 1681, une série de prescriptions impose aux protestants une attitude de déférence lors du passage du Saint-Sacrement. Certaines processions donnent lieu à des excès contre les protestants, brutalisés ou contraints de s’agenouiller : les doléances du Convent ecclésiastique, l’organe de direction de l’Église luthérienne de Strasbourg, sont nombreuses à ce sujet. Mais il arrive aussi que le passage d’une procession dans un village protestant suscite des moqueries, qui peuvent conduire à des bagarres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
AMS 1MR 1, fo 107, 1MR 2, fo 17v et passim, 1MR 3, fo 18 &amp;#039;&amp;#039;et passim&amp;#039;&amp;#039;, 1MR 53, fo 2.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEVY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;La suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande Révolution (1791-1801)&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1905.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
WALTER ( Joseph), « Les processions de la cathédrale au Moyen Âge », WILMART (D. André), &amp;#039;&amp;#039;L’ancien cantorium de l’église de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1928, p. 93-115.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SITTLER (Lucien), « Prozessionen und Bittgänge im Colmar des 15. Jahrhunderts », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1936, p.137-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PFLEGER (Luzian), « Die Stadt- und Rats-Gottesdienste im Strassburger Münster », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1937, p.1-55.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BARTH (Medard), « Frohnleichnamsbräuche im mittelalterlichen Strassburg », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1958, p.233-235.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), &amp;#039;&amp;#039;Processions et itinéraires traditionnels de Thierenbach au XXe siècle&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1983.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), « Les processions votives de Soultz et Rouffach à Thierenbach », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1986, p. 113-120.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIGNORI (Gabriela), « Ritual und Ereignis. Die Straßburger Bittgänge zur Zeit der Burgunderkriege (1474-77) », &amp;#039;&amp;#039;Historische Zeitschrift&amp;#039;&amp;#039; 264, 1997, p. 281-328.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER ( Joachim), « Imitation de Rome et topographie urbaine. Le développement de Strasbourg au début du 2e millénaire », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039; 125, 1999, p. 7-16.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MULLER (Christine), « Processions à Obernai du XVe au XVIIIe siècle », &amp;#039;&amp;#039;ADBO&amp;#039;&amp;#039; 34, 2000, p.121-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREY (Marguerite), « Processions, croix et chapelles à Ammerschwihr », &amp;#039;&amp;#039;Annuaire des 4 sociétés d’histoire de la vallée de la Weiss&amp;#039;&amp;#039;, 2004, p. 45-66.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN (Benoît), « Fêtes et processions : une occupation rituelle de l’espace public », &amp;#039;&amp;#039;RA : Fêtes en Alsace de l’Antiquité à nos jours&amp;#039;&amp;#039;, 141, 2015, p. 157-177.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÖLLMI (Beat), « Liturgie et processions au Moyen Âge du XIe au XIVe siècle. La cathédrale au cœur d’une topologie sacrée », GRAPPE (Christian) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;La cathédrale de Strasbourg en sa ville. Le spirituel et le temporel&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 2020, p. 87-92.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
[[Fête-Dieu]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Jésuites]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Pentecôte]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
Le 21 octobre 1681, devançant Louis XIV entrant dans Strasbourg, une imposante procession de plusieurs centaines de prêtres et religieux catholiques venus d’Alsace se dirigent vers la cathédrale où les accueille l’évêque. (Louis Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III, 381-382). La procession faisait son retour dans la république luthérienne conquise en une manifestation éclatante de catholicité publique et massive. Et pour la plus grande partie de la population, agressive !&lt;br /&gt;
=== Procession rituel politique ===&lt;br /&gt;
En Alsace, la procession est un rituel politique, celui qui marque l’attachement public à la religion du souverain en l’occurrence à la « religion du roi ». Dès 1682, la monarchie impose dans tout le diocèse, la procession de la Fête-Dieu (juin) puis au 15 août, la fête de l’Assomption et du vœu de Louis XIII (voir [[Liturgie catholique]]) (Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039; p. 219).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme avant la Réforme, l’itinéraire des processions strasbourgeoises doit assurer le lien entre les paroisses catholiques restaurées de la ville. Mais au XVIIIe siècle les confréries catholiques de plus en plus importantes, élèvent par endroits des reposoirs décorés de draperies, de fleurs et de cierges : ils sont gardés par la troupe (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III,p. 386). La population protestante doit manifester son respect, sous peine de sanctions, et chaque année, la Fête-Dieu entraine des incidents plus ou moins graves (Johann Adam, &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchngeschichte der Stadt Strassburg&amp;#039;&amp;#039;, 1922, p. 440-442).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est par la procession, le jour de la Saint-Louis, le 25 août que l’on marque le rétablissement du culte catholique dans les églises où l’on établit le &amp;#039;&amp;#039;simultaneum&amp;#039;&amp;#039; à Dorlisheim, avec la foule de tous les villages environnants. Il en va de même à Duttlenheim (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 312-313).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession, cortège ou défilé public est un affichage : en 1702, l’ouverture de la nouvelle université catholique de Strasbourg « se fit en grande pompe le 20 juin 1702 « et pour que ce corps brillât à jamais aux yeux de la population protestante de l’éclat insigne et exclusif de la faveur royale, on institua une procession solennelle de docteurs, qui se célébra depuis, chaque année, au commencement de juillet » (Dagobert Fischer, « La dissolution de l’ordre des Jésuites en Alsace », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1875).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Procession rituel sotériologique, méthode missionnaire ===&lt;br /&gt;
Comme dans les temps et lieux d’ancienne catholicité, la procession – tout comme le pèlerinage – est aussi un rituel sotériologique (peste, faim, guerres, maladies). Mais dans cet âge de confessionnalisation, c’est aussi une méthode missionnaire de propagande (v. [[Mission populaire|Mission]]) et la population se montre sensible et attachée à ces ferveurs fusionnelles des manifestations populaires (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 313), dont se méfient les pasteurs protestants qui ne manquent pas de faire grief à leurs ouailles de leurs participations éventuelles ( Johann Adam, &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchengeschichte der Elsässischen Territorien&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1928).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cortège des cérémonies officielles de la cité ===&lt;br /&gt;
Mais c’est aussi le cortège des cérémonies officielles des communautés de culte catholique, où la&lt;br /&gt;
place du rituel ecclésiastique est indispensable. Les autorités instituent une obligation de participation pour les membres des corps constitués, (abolie cependant par les Parlements à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle) (Merlin, &amp;#039;&amp;#039;Répertoire universel et raisonné de jurisprudence&amp;#039;&amp;#039;, édition 4, tome 10, art. Procession). L’ordre protocolaire des rangs de la procession (magistrat, corporations, confréries, femmes, est strictement réglementé et les fonctions (bannières, dais) dûment tarifées. Il est parfois âprement disputé. Ainsi le Conseil souverain refuse de participer à la procession de 1790, car un décret royal a décidé que les autorités municipales prendraient place dans les rangs de la procession avant les officiers militaires et civils (Ch. Hoffmann, « la suppression de l’assemblée provinciale et le nouveau régime », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1909).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Participation et contrôle collectif des bans communaux ===&lt;br /&gt;
C’est aussi un rituel de participation et de contrôle collectif des bans communaux. Dans les paroisses rurales, par les Rogations ou &amp;#039;&amp;#039;Bannprozession&amp;#039;&amp;#039;, la communauté manifeste sa mainmise sur le ban paroissial et exprime sa prière pour sa prospérité. Ce qui a aussi son utilité : À Soultz ; « heureusement qu’il y a les rogations, car on y met en état les chemins pour le passage des processions. Et dans le département (du Haut-Rhin), tous les chemins sont remis en état pour les rogations (C. Hoffmann « La ville et le bailliage de Soultz », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1899, p. 77-78).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Processions et pèlerinages se relaient, mais au milieu du XVIIIe siècle, on note une concentration autour de l’institution et du site de la paroisse : la procession devient une manifestation privilégiée de la piété populaire paroissiale (Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 450-460).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Révolution, le Consulat et l’Empire ===&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Procession&amp;diff=14035</id>
		<title>Procession</title>
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		<updated>2026-06-15T15:47:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Cortège des cérémonies officielles de la cité */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;#039;&amp;#039;Prozession&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bittgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Gottsgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Kreuzgang&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
Certaines processions liturgiques permettent de revivre les « entrées » de Jésus : la procession&lt;br /&gt;
du 2 février pour la Chandeleur correspond à la présentation au Temple. La procession des Rameaux met en scène l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession du cierge pascal apparaît au XIIe siècle lors de la vigile de Pâques. Après la bénédiction du feu en-dehors de l’église, les fidèles entrent dans l’église derrière le cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces processions qui ont lieu chaque année, des événements extraordinaires tels les translations de reliques donnaient également lieu à des processions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
Parmi elles, il faut citer la procession de la Fête-Dieu, instituée en 1264, et les processions&lt;br /&gt;
mariales lors des principales fêtes de la Vierge.&lt;br /&gt;
En France, la procession du 15 août connaît un succès particulier depuis que Louis XIII a consacré le Royaume à Notre-Dame (1638). La procession des Rogations (du latin, &amp;#039;&amp;#039;rogatio&amp;#039;&amp;#039;, demande, prière) remonte au haut Moyen Âge. À l’époque, elle avait lieu les trois jours précédant&lt;br /&gt;
l’Ascension. La communauté paroissiale, croix et bannières en tête, faisait le tour du ban ou à défaut se rendait alternativement aux extrémités du ban parfois marqués par une croix, pour demander la bénédiction divine sur les travaux des champs et les futures récoltes. Les fêtes patronales sont aussi l’occasion de processions au cours desquelles on porte la statue du saint patron dans les rues du village. À l’occasion, les reliques d’un saint et /ou le Saint-Sacrement accompagnaient la procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation des paroisses s’est faite progressivement à partir du haut Moyen Âge. Au départ, plusieurs villages se rendaient à l’église-mère, qui était leur église paroissiale. Au fil du temps, chaque village s’est doté d’une église, mais le lien avec l’ancienne église-mère se traduisait chaque année par une procession vers celle-ci. Ainsi, les communautés de Soultzmatt, Westhalten, Bergholtz, Orschwihr, Rouffach, Gundolsheim, Pfaffenheim relevaient à l’origine de l’église-mère Saint-Martin du Bollenberg. Après la création d’une église dans chacune de ces localités, leurs paroissiens se rendaient une fois par an en procession à celle du Bollenberg.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les processions vers des lieux de pèlerinage deviennent nombreuses à partir de la fin du Moyen Âge – par exemple celles de la paroisse de Rouffach aux sanctuaires mariaux du Schaefertal, du Schauenberg et de Thierenbach – et plus encore à l&amp;#039;époque moderne. En 1625, Thierenbach accueillait des processions venant de plus de vingt localités de la Hardt.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses processions étaient décrétées et initiées par le Magistrat des villes pour implorer la protection de la cité en temps de guerre, contre les épidémies (peste), les maladies (syphilis), les mauvaises récoltes, ou alors en action de grâce pour un bienfait obtenu. À Strasbourg, depuis 1356, a lieu à la Saint-Luc une procession qui commémore le fait que la ville n’a guère souffert du tremblement de terre qui, à cette date, a ravagé la ville de Bâle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces occasions, le Magistrat édictait des consignes très strictes. En 1444, pour la procession&lt;br /&gt;
de la Fête-Dieu à Colmar, tout un chacun doit y participer dans son meilleur habit en l’honneur&lt;br /&gt;
du Saint-Sacrement. En 1434-1435, le Magistrat de Colmar, en accord avec les chanoines de Saint-Martin, décrète, en raison d’épidémies, d’intempéries et de cherté, une procession à laquelle devra participer toute personne âgée de plus de 12 ans, pieds nus et en habit de laine, c’est-à-dire en tenue de pénitent. Au courant de la procession, il sera défendu de bavarder, les femmes devront rester avec les femmes et les hommes avec les hommes, sous peine de 30 ß d’amende. Pendant la procession, tout travail en ville est interdit. Aucun magasin ni aucune auberge ne devront être ouverts, et personne ne sera autorisé à quitter la ville tôt le matin pour travailler. À Strasbourg aussi, la procession pour la Fête-Dieu 1472 est strictement réglementée par le Magistrat : aux corporations, aux écoliers, aux chanoines, aux autres prêtres est assignée une place, que chacun doit respecter, sans dépasser les autres, sans s’attrouper ni se pousser dans les ruelles étroites. On défend aux porteurs de cierges d’accrocher des verres ou des gourdes avec du vin à leur porte-cierge (AVES 1MR 2, p. 159-161). Une gravure sur bois du XVe siècle représente la procession organisée à Strasbourg en 1477 pour fêter la victoire sur Charles le Téméraire (&amp;#039;&amp;#039;Iconoclasme&amp;#039;&amp;#039;, p. 188).&lt;br /&gt;
En tête du cortège était porté le Saint-Sacrement, suivi par le clergé. Puis venait la grande croix-reliquaire de la cathédrale, portée par les Franciscains et suivie par les hommes. Les Dominicains portaient la Vierge miraculeuse, qui était suivie par les femmes. Ces exemples montrent que lorsque la procession est organisée par le Magistrat, la participation de tout un chacun relève d’une obligation civique et non d’un acte de dévotion personnel. La procession, c’est aussi la communauté en marche dans un ordre exprimant sa hiérarchie. La place occupée par les corporations dans la procession est révélatrice de leur rang. Si d’une année à l’autre, l’une d’entre elles se retrouve reléguée plus loin du Saint-Sacrement, il s’agit d’une atteinte grave à son honneur. C’est pour avoir perdu leur place dans la procession du Saint-Sacrement en 1495 que les compagnons boulangers de Colmar entament une grève qui durera dix ans.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’introduction de la Réforme, les processions sont abolies. Ainsi, en 1534, le Magistrat&lt;br /&gt;
de Strasbourg a fait « fermer la paroisse de Saint-Étienne pour faire cesser les processions qu’on faisait au sépulcre de sainte Attale » (AVES AA 2580). Lors de la réintroduction du catholicisme à partir de 1681, une série de prescriptions impose aux protestants une attitude de déférence lors du passage du Saint-Sacrement. Certaines processions donnent lieu à des excès contre les protestants, brutalisés ou contraints de s’agenouiller : les doléances du Convent ecclésiastique, l’organe de direction de l’Église luthérienne de Strasbourg, sont nombreuses à ce sujet. Mais il arrive aussi que le passage d’une procession dans un village protestant suscite des moqueries, qui peuvent conduire à des bagarres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
AMS 1MR 1, fo 107, 1MR 2, fo 17v et passim, 1MR 3, fo 18 &amp;#039;&amp;#039;et passim&amp;#039;&amp;#039;, 1MR 53, fo 2.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEVY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;La suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande Révolution (1791-1801)&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1905.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
WALTER ( Joseph), « Les processions de la cathédrale au Moyen Âge », WILMART (D. André), &amp;#039;&amp;#039;L’ancien cantorium de l’église de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1928, p. 93-115.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SITTLER (Lucien), « Prozessionen und Bittgänge im Colmar des 15. Jahrhunderts », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1936, p.137-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PFLEGER (Luzian), « Die Stadt- und Rats-Gottesdienste im Strassburger Münster », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1937, p.1-55.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BARTH (Medard), « Frohnleichnamsbräuche im mittelalterlichen Strassburg », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1958, p.233-235.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), &amp;#039;&amp;#039;Processions et itinéraires traditionnels de Thierenbach au XXe siècle&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1983.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), « Les processions votives de Soultz et Rouffach à Thierenbach », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1986, p. 113-120.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIGNORI (Gabriela), « Ritual und Ereignis. Die Straßburger Bittgänge zur Zeit der Burgunderkriege (1474-77) », &amp;#039;&amp;#039;Historische Zeitschrift&amp;#039;&amp;#039; 264, 1997, p. 281-328.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER ( Joachim), « Imitation de Rome et topographie urbaine. Le développement de Strasbourg au début du 2e millénaire », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039; 125, 1999, p. 7-16.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MULLER (Christine), « Processions à Obernai du XVe au XVIIIe siècle », &amp;#039;&amp;#039;ADBO&amp;#039;&amp;#039; 34, 2000, p.121-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREY (Marguerite), « Processions, croix et chapelles à Ammerschwihr », &amp;#039;&amp;#039;Annuaire des 4 sociétés d’histoire de la vallée de la Weiss&amp;#039;&amp;#039;, 2004, p. 45-66.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN (Benoît), « Fêtes et processions : une occupation rituelle de l’espace public », &amp;#039;&amp;#039;RA : Fêtes en Alsace de l’Antiquité à nos jours&amp;#039;&amp;#039;, 141, 2015, p. 157-177.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÖLLMI (Beat), « Liturgie et processions au Moyen Âge du XIe au XIVe siècle. La cathédrale au cœur d’une topologie sacrée », GRAPPE (Christian) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;La cathédrale de Strasbourg en sa ville. Le spirituel et le temporel&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 2020, p. 87-92.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
[[Fête-Dieu]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Jésuites]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Pentecôte]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
Le 21 octobre 1681, devançant Louis XIV entrant dans Strasbourg, une imposante procession de plusieurs centaines de prêtres et religieux catholiques venus d’Alsace se dirigent vers la cathédrale où les accueille l’évêque. (Louis Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III, 381-382). La procession faisait son retour dans la république luthérienne conquise en une manifestation éclatante de catholicité publique et massive. Et pour la plus grande partie de la population, agressive !&lt;br /&gt;
=== Procession rituel politique ===&lt;br /&gt;
En Alsace, la procession est un rituel politique, celui qui marque l’attachement public à la religion du souverain en l’occurrence à la « religion du roi ». Dès 1682, la monarchie impose dans tout le diocèse, la procession de la Fête-Dieu (juin) puis au 15 août, la fête de l’Assomption et du vœu de Louis XIII (voir [[Liturgie catholique]]) (Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039; p. 219).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme avant la Réforme, l’itinéraire des processions strasbourgeoises doit assurer le lien entre les paroisses catholiques restaurées de la ville. Mais au XVIIIe siècle les confréries catholiques de plus en plus importantes, élèvent par endroits des reposoirs décorés de draperies, de fleurs et de cierges : ils sont gardés par la troupe (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III,p. 386). La population protestante doit manifester son respect, sous peine de sanctions, et chaque année, la Fête-Dieu entraine des incidents plus ou moins graves (Johann Adam, &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchngeschichte der Stadt Strassburg&amp;#039;&amp;#039;, 1922, p. 440-442).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est par la procession, le jour de la Saint-Louis, le 25 août que l’on marque le rétablissement du culte catholique dans les églises où l’on établit le &amp;#039;&amp;#039;simultaneum&amp;#039;&amp;#039; à Dorlisheim, avec la foule de tous les villages environnants. Il en va de même à Duttlenheim (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 312-313).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession, cortège ou défilé public est un affichage : en 1702, l’ouverture de la nouvelle université catholique de Strasbourg « se fit en grande pompe le 20 juin 1702 « et pour que ce corps brillât à jamais aux yeux de la population protestante de l’éclat insigne et exclusif de la faveur royale, on institua une procession solennelle de docteurs, qui se célébra depuis, chaque année, au commencement de juillet » (Dagobert Fischer, « La dissolution de l’ordre des Jésuites en Alsace », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1875).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Procession rituel sotériologique, méthode missionnaire ===&lt;br /&gt;
Comme dans les temps et lieux d’ancienne catholicité, la procession – tout comme le pèlerinage – est aussi un rituel sotériologique (peste, faim, guerres, maladies). Mais dans cet âge de confessionnalisation, c’est aussi une méthode missionnaire de propagande (v. [[Mission populaire|Mission]]) et la population se montre sensible et attachée à ces ferveurs fusionnelles des manifestations populaires (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 313), dont se méfient les pasteurs protestants qui ne manquent pas de faire grief à leurs ouailles de leurs participations éventuelles ( Johann Adam, &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchengeschichte der Elsässischen Territorien&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1928).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cortège des cérémonies officielles de la cité ===&lt;br /&gt;
Mais c’est aussi le cortège des cérémonies officielles des communautés de culte catholique, où la&lt;br /&gt;
place du rituel ecclésiastique est indispensable. Les autorités instituent une obligation de participation pour les membres des corps constitués, (abolie cependant par les Parlements à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle) (Merlin, &amp;#039;&amp;#039;Répertoire universel et raisonné de jurisprudence&amp;#039;&amp;#039;, édition 4, tome 10, art. Procession). L’ordre protocolaire des rangs de la procession (magistrat, corporations, confréries, femmes, est strictement réglementé et les fonctions (bannières, dais) dûment tarifées. Il est parfois âprement disputé. Ainsi le Conseil souverain refuse de participer à la procession de 1790, car un décret royal a décidé que les autorités municipales prendraient place dans les rangs de la procession avant les officiers militaires et civils (Ch. Hoffmann, « la suppression de l’assemblée provinciale et le nouveau régime », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1909).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Participation et contrôle collectif des bans communaux ===&lt;br /&gt;
=== La Révolution, le Consulat et l’Empire ===&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Procession&amp;diff=14034</id>
		<title>Procession</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Procession&amp;diff=14034"/>
		<updated>2026-06-15T15:45:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Procession rituel sotériologique, méthode missionnaire */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;#039;&amp;#039;Prozession&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bittgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Gottsgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Kreuzgang&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
Certaines processions liturgiques permettent de revivre les « entrées » de Jésus : la procession&lt;br /&gt;
du 2 février pour la Chandeleur correspond à la présentation au Temple. La procession des Rameaux met en scène l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession du cierge pascal apparaît au XIIe siècle lors de la vigile de Pâques. Après la bénédiction du feu en-dehors de l’église, les fidèles entrent dans l’église derrière le cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces processions qui ont lieu chaque année, des événements extraordinaires tels les translations de reliques donnaient également lieu à des processions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
Parmi elles, il faut citer la procession de la Fête-Dieu, instituée en 1264, et les processions&lt;br /&gt;
mariales lors des principales fêtes de la Vierge.&lt;br /&gt;
En France, la procession du 15 août connaît un succès particulier depuis que Louis XIII a consacré le Royaume à Notre-Dame (1638). La procession des Rogations (du latin, &amp;#039;&amp;#039;rogatio&amp;#039;&amp;#039;, demande, prière) remonte au haut Moyen Âge. À l’époque, elle avait lieu les trois jours précédant&lt;br /&gt;
l’Ascension. La communauté paroissiale, croix et bannières en tête, faisait le tour du ban ou à défaut se rendait alternativement aux extrémités du ban parfois marqués par une croix, pour demander la bénédiction divine sur les travaux des champs et les futures récoltes. Les fêtes patronales sont aussi l’occasion de processions au cours desquelles on porte la statue du saint patron dans les rues du village. À l’occasion, les reliques d’un saint et /ou le Saint-Sacrement accompagnaient la procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation des paroisses s’est faite progressivement à partir du haut Moyen Âge. Au départ, plusieurs villages se rendaient à l’église-mère, qui était leur église paroissiale. Au fil du temps, chaque village s’est doté d’une église, mais le lien avec l’ancienne église-mère se traduisait chaque année par une procession vers celle-ci. Ainsi, les communautés de Soultzmatt, Westhalten, Bergholtz, Orschwihr, Rouffach, Gundolsheim, Pfaffenheim relevaient à l’origine de l’église-mère Saint-Martin du Bollenberg. Après la création d’une église dans chacune de ces localités, leurs paroissiens se rendaient une fois par an en procession à celle du Bollenberg.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les processions vers des lieux de pèlerinage deviennent nombreuses à partir de la fin du Moyen Âge – par exemple celles de la paroisse de Rouffach aux sanctuaires mariaux du Schaefertal, du Schauenberg et de Thierenbach – et plus encore à l&amp;#039;époque moderne. En 1625, Thierenbach accueillait des processions venant de plus de vingt localités de la Hardt.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses processions étaient décrétées et initiées par le Magistrat des villes pour implorer la protection de la cité en temps de guerre, contre les épidémies (peste), les maladies (syphilis), les mauvaises récoltes, ou alors en action de grâce pour un bienfait obtenu. À Strasbourg, depuis 1356, a lieu à la Saint-Luc une procession qui commémore le fait que la ville n’a guère souffert du tremblement de terre qui, à cette date, a ravagé la ville de Bâle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces occasions, le Magistrat édictait des consignes très strictes. En 1444, pour la procession&lt;br /&gt;
de la Fête-Dieu à Colmar, tout un chacun doit y participer dans son meilleur habit en l’honneur&lt;br /&gt;
du Saint-Sacrement. En 1434-1435, le Magistrat de Colmar, en accord avec les chanoines de Saint-Martin, décrète, en raison d’épidémies, d’intempéries et de cherté, une procession à laquelle devra participer toute personne âgée de plus de 12 ans, pieds nus et en habit de laine, c’est-à-dire en tenue de pénitent. Au courant de la procession, il sera défendu de bavarder, les femmes devront rester avec les femmes et les hommes avec les hommes, sous peine de 30 ß d’amende. Pendant la procession, tout travail en ville est interdit. Aucun magasin ni aucune auberge ne devront être ouverts, et personne ne sera autorisé à quitter la ville tôt le matin pour travailler. À Strasbourg aussi, la procession pour la Fête-Dieu 1472 est strictement réglementée par le Magistrat : aux corporations, aux écoliers, aux chanoines, aux autres prêtres est assignée une place, que chacun doit respecter, sans dépasser les autres, sans s’attrouper ni se pousser dans les ruelles étroites. On défend aux porteurs de cierges d’accrocher des verres ou des gourdes avec du vin à leur porte-cierge (AVES 1MR 2, p. 159-161). Une gravure sur bois du XVe siècle représente la procession organisée à Strasbourg en 1477 pour fêter la victoire sur Charles le Téméraire (&amp;#039;&amp;#039;Iconoclasme&amp;#039;&amp;#039;, p. 188).&lt;br /&gt;
En tête du cortège était porté le Saint-Sacrement, suivi par le clergé. Puis venait la grande croix-reliquaire de la cathédrale, portée par les Franciscains et suivie par les hommes. Les Dominicains portaient la Vierge miraculeuse, qui était suivie par les femmes. Ces exemples montrent que lorsque la procession est organisée par le Magistrat, la participation de tout un chacun relève d’une obligation civique et non d’un acte de dévotion personnel. La procession, c’est aussi la communauté en marche dans un ordre exprimant sa hiérarchie. La place occupée par les corporations dans la procession est révélatrice de leur rang. Si d’une année à l’autre, l’une d’entre elles se retrouve reléguée plus loin du Saint-Sacrement, il s’agit d’une atteinte grave à son honneur. C’est pour avoir perdu leur place dans la procession du Saint-Sacrement en 1495 que les compagnons boulangers de Colmar entament une grève qui durera dix ans.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’introduction de la Réforme, les processions sont abolies. Ainsi, en 1534, le Magistrat&lt;br /&gt;
de Strasbourg a fait « fermer la paroisse de Saint-Étienne pour faire cesser les processions qu’on faisait au sépulcre de sainte Attale » (AVES AA 2580). Lors de la réintroduction du catholicisme à partir de 1681, une série de prescriptions impose aux protestants une attitude de déférence lors du passage du Saint-Sacrement. Certaines processions donnent lieu à des excès contre les protestants, brutalisés ou contraints de s’agenouiller : les doléances du Convent ecclésiastique, l’organe de direction de l’Église luthérienne de Strasbourg, sont nombreuses à ce sujet. Mais il arrive aussi que le passage d’une procession dans un village protestant suscite des moqueries, qui peuvent conduire à des bagarres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
AMS 1MR 1, fo 107, 1MR 2, fo 17v et passim, 1MR 3, fo 18 &amp;#039;&amp;#039;et passim&amp;#039;&amp;#039;, 1MR 53, fo 2.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEVY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;La suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande Révolution (1791-1801)&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1905.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
WALTER ( Joseph), « Les processions de la cathédrale au Moyen Âge », WILMART (D. André), &amp;#039;&amp;#039;L’ancien cantorium de l’église de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1928, p. 93-115.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SITTLER (Lucien), « Prozessionen und Bittgänge im Colmar des 15. Jahrhunderts », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1936, p.137-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PFLEGER (Luzian), « Die Stadt- und Rats-Gottesdienste im Strassburger Münster », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1937, p.1-55.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BARTH (Medard), « Frohnleichnamsbräuche im mittelalterlichen Strassburg », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1958, p.233-235.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), &amp;#039;&amp;#039;Processions et itinéraires traditionnels de Thierenbach au XXe siècle&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1983.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), « Les processions votives de Soultz et Rouffach à Thierenbach », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1986, p. 113-120.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIGNORI (Gabriela), « Ritual und Ereignis. Die Straßburger Bittgänge zur Zeit der Burgunderkriege (1474-77) », &amp;#039;&amp;#039;Historische Zeitschrift&amp;#039;&amp;#039; 264, 1997, p. 281-328.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER ( Joachim), « Imitation de Rome et topographie urbaine. Le développement de Strasbourg au début du 2e millénaire », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039; 125, 1999, p. 7-16.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MULLER (Christine), « Processions à Obernai du XVe au XVIIIe siècle », &amp;#039;&amp;#039;ADBO&amp;#039;&amp;#039; 34, 2000, p.121-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREY (Marguerite), « Processions, croix et chapelles à Ammerschwihr », &amp;#039;&amp;#039;Annuaire des 4 sociétés d’histoire de la vallée de la Weiss&amp;#039;&amp;#039;, 2004, p. 45-66.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN (Benoît), « Fêtes et processions : une occupation rituelle de l’espace public », &amp;#039;&amp;#039;RA : Fêtes en Alsace de l’Antiquité à nos jours&amp;#039;&amp;#039;, 141, 2015, p. 157-177.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÖLLMI (Beat), « Liturgie et processions au Moyen Âge du XIe au XIVe siècle. La cathédrale au cœur d’une topologie sacrée », GRAPPE (Christian) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;La cathédrale de Strasbourg en sa ville. Le spirituel et le temporel&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 2020, p. 87-92.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
[[Fête-Dieu]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Jésuites]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Pentecôte]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
Le 21 octobre 1681, devançant Louis XIV entrant dans Strasbourg, une imposante procession de plusieurs centaines de prêtres et religieux catholiques venus d’Alsace se dirigent vers la cathédrale où les accueille l’évêque. (Louis Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III, 381-382). La procession faisait son retour dans la république luthérienne conquise en une manifestation éclatante de catholicité publique et massive. Et pour la plus grande partie de la population, agressive !&lt;br /&gt;
=== Procession rituel politique ===&lt;br /&gt;
En Alsace, la procession est un rituel politique, celui qui marque l’attachement public à la religion du souverain en l’occurrence à la « religion du roi ». Dès 1682, la monarchie impose dans tout le diocèse, la procession de la Fête-Dieu (juin) puis au 15 août, la fête de l’Assomption et du vœu de Louis XIII (voir [[Liturgie catholique]]) (Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039; p. 219).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme avant la Réforme, l’itinéraire des processions strasbourgeoises doit assurer le lien entre les paroisses catholiques restaurées de la ville. Mais au XVIIIe siècle les confréries catholiques de plus en plus importantes, élèvent par endroits des reposoirs décorés de draperies, de fleurs et de cierges : ils sont gardés par la troupe (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III,p. 386). La population protestante doit manifester son respect, sous peine de sanctions, et chaque année, la Fête-Dieu entraine des incidents plus ou moins graves (Johann Adam, &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchngeschichte der Stadt Strassburg&amp;#039;&amp;#039;, 1922, p. 440-442).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est par la procession, le jour de la Saint-Louis, le 25 août que l’on marque le rétablissement du culte catholique dans les églises où l’on établit le &amp;#039;&amp;#039;simultaneum&amp;#039;&amp;#039; à Dorlisheim, avec la foule de tous les villages environnants. Il en va de même à Duttlenheim (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 312-313).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession, cortège ou défilé public est un affichage : en 1702, l’ouverture de la nouvelle université catholique de Strasbourg « se fit en grande pompe le 20 juin 1702 « et pour que ce corps brillât à jamais aux yeux de la population protestante de l’éclat insigne et exclusif de la faveur royale, on institua une procession solennelle de docteurs, qui se célébra depuis, chaque année, au commencement de juillet » (Dagobert Fischer, « La dissolution de l’ordre des Jésuites en Alsace », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1875).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Procession rituel sotériologique, méthode missionnaire ===&lt;br /&gt;
Comme dans les temps et lieux d’ancienne catholicité, la procession – tout comme le pèlerinage – est aussi un rituel sotériologique (peste, faim, guerres, maladies). Mais dans cet âge de confessionnalisation, c’est aussi une méthode missionnaire de propagande (v. [[Mission populaire|Mission]]) et la population se montre sensible et attachée à ces ferveurs fusionnelles des manifestations populaires (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 313), dont se méfient les pasteurs protestants qui ne manquent pas de faire grief à leurs ouailles de leurs participations éventuelles ( Johann Adam, &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchengeschichte der Elsässischen Territorien&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1928).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cortège des cérémonies officielles de la cité ===&lt;br /&gt;
=== Participation et contrôle collectif des bans communaux ===&lt;br /&gt;
=== La Révolution, le Consulat et l’Empire ===&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Procession&amp;diff=14033</id>
		<title>Procession</title>
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		<updated>2026-06-15T15:44:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Procession rituel politique */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;#039;&amp;#039;Prozession&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bittgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Gottsgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Kreuzgang&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
Certaines processions liturgiques permettent de revivre les « entrées » de Jésus : la procession&lt;br /&gt;
du 2 février pour la Chandeleur correspond à la présentation au Temple. La procession des Rameaux met en scène l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession du cierge pascal apparaît au XIIe siècle lors de la vigile de Pâques. Après la bénédiction du feu en-dehors de l’église, les fidèles entrent dans l’église derrière le cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces processions qui ont lieu chaque année, des événements extraordinaires tels les translations de reliques donnaient également lieu à des processions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
Parmi elles, il faut citer la procession de la Fête-Dieu, instituée en 1264, et les processions&lt;br /&gt;
mariales lors des principales fêtes de la Vierge.&lt;br /&gt;
En France, la procession du 15 août connaît un succès particulier depuis que Louis XIII a consacré le Royaume à Notre-Dame (1638). La procession des Rogations (du latin, &amp;#039;&amp;#039;rogatio&amp;#039;&amp;#039;, demande, prière) remonte au haut Moyen Âge. À l’époque, elle avait lieu les trois jours précédant&lt;br /&gt;
l’Ascension. La communauté paroissiale, croix et bannières en tête, faisait le tour du ban ou à défaut se rendait alternativement aux extrémités du ban parfois marqués par une croix, pour demander la bénédiction divine sur les travaux des champs et les futures récoltes. Les fêtes patronales sont aussi l’occasion de processions au cours desquelles on porte la statue du saint patron dans les rues du village. À l’occasion, les reliques d’un saint et /ou le Saint-Sacrement accompagnaient la procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation des paroisses s’est faite progressivement à partir du haut Moyen Âge. Au départ, plusieurs villages se rendaient à l’église-mère, qui était leur église paroissiale. Au fil du temps, chaque village s’est doté d’une église, mais le lien avec l’ancienne église-mère se traduisait chaque année par une procession vers celle-ci. Ainsi, les communautés de Soultzmatt, Westhalten, Bergholtz, Orschwihr, Rouffach, Gundolsheim, Pfaffenheim relevaient à l’origine de l’église-mère Saint-Martin du Bollenberg. Après la création d’une église dans chacune de ces localités, leurs paroissiens se rendaient une fois par an en procession à celle du Bollenberg.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les processions vers des lieux de pèlerinage deviennent nombreuses à partir de la fin du Moyen Âge – par exemple celles de la paroisse de Rouffach aux sanctuaires mariaux du Schaefertal, du Schauenberg et de Thierenbach – et plus encore à l&amp;#039;époque moderne. En 1625, Thierenbach accueillait des processions venant de plus de vingt localités de la Hardt.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses processions étaient décrétées et initiées par le Magistrat des villes pour implorer la protection de la cité en temps de guerre, contre les épidémies (peste), les maladies (syphilis), les mauvaises récoltes, ou alors en action de grâce pour un bienfait obtenu. À Strasbourg, depuis 1356, a lieu à la Saint-Luc une procession qui commémore le fait que la ville n’a guère souffert du tremblement de terre qui, à cette date, a ravagé la ville de Bâle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces occasions, le Magistrat édictait des consignes très strictes. En 1444, pour la procession&lt;br /&gt;
de la Fête-Dieu à Colmar, tout un chacun doit y participer dans son meilleur habit en l’honneur&lt;br /&gt;
du Saint-Sacrement. En 1434-1435, le Magistrat de Colmar, en accord avec les chanoines de Saint-Martin, décrète, en raison d’épidémies, d’intempéries et de cherté, une procession à laquelle devra participer toute personne âgée de plus de 12 ans, pieds nus et en habit de laine, c’est-à-dire en tenue de pénitent. Au courant de la procession, il sera défendu de bavarder, les femmes devront rester avec les femmes et les hommes avec les hommes, sous peine de 30 ß d’amende. Pendant la procession, tout travail en ville est interdit. Aucun magasin ni aucune auberge ne devront être ouverts, et personne ne sera autorisé à quitter la ville tôt le matin pour travailler. À Strasbourg aussi, la procession pour la Fête-Dieu 1472 est strictement réglementée par le Magistrat : aux corporations, aux écoliers, aux chanoines, aux autres prêtres est assignée une place, que chacun doit respecter, sans dépasser les autres, sans s’attrouper ni se pousser dans les ruelles étroites. On défend aux porteurs de cierges d’accrocher des verres ou des gourdes avec du vin à leur porte-cierge (AVES 1MR 2, p. 159-161). Une gravure sur bois du XVe siècle représente la procession organisée à Strasbourg en 1477 pour fêter la victoire sur Charles le Téméraire (&amp;#039;&amp;#039;Iconoclasme&amp;#039;&amp;#039;, p. 188).&lt;br /&gt;
En tête du cortège était porté le Saint-Sacrement, suivi par le clergé. Puis venait la grande croix-reliquaire de la cathédrale, portée par les Franciscains et suivie par les hommes. Les Dominicains portaient la Vierge miraculeuse, qui était suivie par les femmes. Ces exemples montrent que lorsque la procession est organisée par le Magistrat, la participation de tout un chacun relève d’une obligation civique et non d’un acte de dévotion personnel. La procession, c’est aussi la communauté en marche dans un ordre exprimant sa hiérarchie. La place occupée par les corporations dans la procession est révélatrice de leur rang. Si d’une année à l’autre, l’une d’entre elles se retrouve reléguée plus loin du Saint-Sacrement, il s’agit d’une atteinte grave à son honneur. C’est pour avoir perdu leur place dans la procession du Saint-Sacrement en 1495 que les compagnons boulangers de Colmar entament une grève qui durera dix ans.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’introduction de la Réforme, les processions sont abolies. Ainsi, en 1534, le Magistrat&lt;br /&gt;
de Strasbourg a fait « fermer la paroisse de Saint-Étienne pour faire cesser les processions qu’on faisait au sépulcre de sainte Attale » (AVES AA 2580). Lors de la réintroduction du catholicisme à partir de 1681, une série de prescriptions impose aux protestants une attitude de déférence lors du passage du Saint-Sacrement. Certaines processions donnent lieu à des excès contre les protestants, brutalisés ou contraints de s’agenouiller : les doléances du Convent ecclésiastique, l’organe de direction de l’Église luthérienne de Strasbourg, sont nombreuses à ce sujet. Mais il arrive aussi que le passage d’une procession dans un village protestant suscite des moqueries, qui peuvent conduire à des bagarres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
AMS 1MR 1, fo 107, 1MR 2, fo 17v et passim, 1MR 3, fo 18 &amp;#039;&amp;#039;et passim&amp;#039;&amp;#039;, 1MR 53, fo 2.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEVY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;La suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande Révolution (1791-1801)&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1905.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
WALTER ( Joseph), « Les processions de la cathédrale au Moyen Âge », WILMART (D. André), &amp;#039;&amp;#039;L’ancien cantorium de l’église de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1928, p. 93-115.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SITTLER (Lucien), « Prozessionen und Bittgänge im Colmar des 15. Jahrhunderts », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1936, p.137-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PFLEGER (Luzian), « Die Stadt- und Rats-Gottesdienste im Strassburger Münster », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1937, p.1-55.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BARTH (Medard), « Frohnleichnamsbräuche im mittelalterlichen Strassburg », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1958, p.233-235.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), &amp;#039;&amp;#039;Processions et itinéraires traditionnels de Thierenbach au XXe siècle&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1983.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), « Les processions votives de Soultz et Rouffach à Thierenbach », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1986, p. 113-120.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIGNORI (Gabriela), « Ritual und Ereignis. Die Straßburger Bittgänge zur Zeit der Burgunderkriege (1474-77) », &amp;#039;&amp;#039;Historische Zeitschrift&amp;#039;&amp;#039; 264, 1997, p. 281-328.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER ( Joachim), « Imitation de Rome et topographie urbaine. Le développement de Strasbourg au début du 2e millénaire », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039; 125, 1999, p. 7-16.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MULLER (Christine), « Processions à Obernai du XVe au XVIIIe siècle », &amp;#039;&amp;#039;ADBO&amp;#039;&amp;#039; 34, 2000, p.121-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREY (Marguerite), « Processions, croix et chapelles à Ammerschwihr », &amp;#039;&amp;#039;Annuaire des 4 sociétés d’histoire de la vallée de la Weiss&amp;#039;&amp;#039;, 2004, p. 45-66.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN (Benoît), « Fêtes et processions : une occupation rituelle de l’espace public », &amp;#039;&amp;#039;RA : Fêtes en Alsace de l’Antiquité à nos jours&amp;#039;&amp;#039;, 141, 2015, p. 157-177.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÖLLMI (Beat), « Liturgie et processions au Moyen Âge du XIe au XIVe siècle. La cathédrale au cœur d’une topologie sacrée », GRAPPE (Christian) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;La cathédrale de Strasbourg en sa ville. Le spirituel et le temporel&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 2020, p. 87-92.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
[[Fête-Dieu]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Jésuites]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Pentecôte]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
Le 21 octobre 1681, devançant Louis XIV entrant dans Strasbourg, une imposante procession de plusieurs centaines de prêtres et religieux catholiques venus d’Alsace se dirigent vers la cathédrale où les accueille l’évêque. (Louis Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III, 381-382). La procession faisait son retour dans la république luthérienne conquise en une manifestation éclatante de catholicité publique et massive. Et pour la plus grande partie de la population, agressive !&lt;br /&gt;
=== Procession rituel politique ===&lt;br /&gt;
En Alsace, la procession est un rituel politique, celui qui marque l’attachement public à la religion du souverain en l’occurrence à la « religion du roi ». Dès 1682, la monarchie impose dans tout le diocèse, la procession de la Fête-Dieu (juin) puis au 15 août, la fête de l’Assomption et du vœu de Louis XIII (voir [[Liturgie catholique]]) (Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039; p. 219).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme avant la Réforme, l’itinéraire des processions strasbourgeoises doit assurer le lien entre les paroisses catholiques restaurées de la ville. Mais au XVIIIe siècle les confréries catholiques de plus en plus importantes, élèvent par endroits des reposoirs décorés de draperies, de fleurs et de cierges : ils sont gardés par la troupe (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III,p. 386). La population protestante doit manifester son respect, sous peine de sanctions, et chaque année, la Fête-Dieu entraine des incidents plus ou moins graves (Johann Adam, &amp;#039;&amp;#039;Evangelische Kirchngeschichte der Stadt Strassburg&amp;#039;&amp;#039;, 1922, p. 440-442).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est par la procession, le jour de la Saint-Louis, le 25 août que l’on marque le rétablissement du culte catholique dans les églises où l’on établit le &amp;#039;&amp;#039;simultaneum&amp;#039;&amp;#039; à Dorlisheim, avec la foule de tous les villages environnants. Il en va de même à Duttlenheim (Châtellier, &amp;#039;&amp;#039;Tradition chrétienne et renouveau catholique&amp;#039;&amp;#039;, p. 312-313).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession, cortège ou défilé public est un affichage : en 1702, l’ouverture de la nouvelle université catholique de Strasbourg « se fit en grande pompe le 20 juin 1702 « et pour que ce corps brillât à jamais aux yeux de la population protestante de l’éclat insigne et exclusif de la faveur royale, on institua une procession solennelle de docteurs, qui se célébra depuis, chaque année, au commencement de juillet » (Dagobert Fischer, « La dissolution de l’ordre des Jésuites en Alsace », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039;, 1875).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Procession rituel sotériologique, méthode missionnaire ===&lt;br /&gt;
=== Cortège des cérémonies officielles de la cité ===&lt;br /&gt;
=== Participation et contrôle collectif des bans communaux ===&lt;br /&gt;
=== La Révolution, le Consulat et l’Empire ===&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<title>Procession</title>
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		<updated>2026-06-15T15:38:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Procession (époque moderne à 1815) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;#039;&amp;#039;Prozession&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bittgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Gottsgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Kreuzgang&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
Certaines processions liturgiques permettent de revivre les « entrées » de Jésus : la procession&lt;br /&gt;
du 2 février pour la Chandeleur correspond à la présentation au Temple. La procession des Rameaux met en scène l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession du cierge pascal apparaît au XIIe siècle lors de la vigile de Pâques. Après la bénédiction du feu en-dehors de l’église, les fidèles entrent dans l’église derrière le cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces processions qui ont lieu chaque année, des événements extraordinaires tels les translations de reliques donnaient également lieu à des processions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
Parmi elles, il faut citer la procession de la Fête-Dieu, instituée en 1264, et les processions&lt;br /&gt;
mariales lors des principales fêtes de la Vierge.&lt;br /&gt;
En France, la procession du 15 août connaît un succès particulier depuis que Louis XIII a consacré le Royaume à Notre-Dame (1638). La procession des Rogations (du latin, &amp;#039;&amp;#039;rogatio&amp;#039;&amp;#039;, demande, prière) remonte au haut Moyen Âge. À l’époque, elle avait lieu les trois jours précédant&lt;br /&gt;
l’Ascension. La communauté paroissiale, croix et bannières en tête, faisait le tour du ban ou à défaut se rendait alternativement aux extrémités du ban parfois marqués par une croix, pour demander la bénédiction divine sur les travaux des champs et les futures récoltes. Les fêtes patronales sont aussi l’occasion de processions au cours desquelles on porte la statue du saint patron dans les rues du village. À l’occasion, les reliques d’un saint et /ou le Saint-Sacrement accompagnaient la procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation des paroisses s’est faite progressivement à partir du haut Moyen Âge. Au départ, plusieurs villages se rendaient à l’église-mère, qui était leur église paroissiale. Au fil du temps, chaque village s’est doté d’une église, mais le lien avec l’ancienne église-mère se traduisait chaque année par une procession vers celle-ci. Ainsi, les communautés de Soultzmatt, Westhalten, Bergholtz, Orschwihr, Rouffach, Gundolsheim, Pfaffenheim relevaient à l’origine de l’église-mère Saint-Martin du Bollenberg. Après la création d’une église dans chacune de ces localités, leurs paroissiens se rendaient une fois par an en procession à celle du Bollenberg.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les processions vers des lieux de pèlerinage deviennent nombreuses à partir de la fin du Moyen Âge – par exemple celles de la paroisse de Rouffach aux sanctuaires mariaux du Schaefertal, du Schauenberg et de Thierenbach – et plus encore à l&amp;#039;époque moderne. En 1625, Thierenbach accueillait des processions venant de plus de vingt localités de la Hardt.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses processions étaient décrétées et initiées par le Magistrat des villes pour implorer la protection de la cité en temps de guerre, contre les épidémies (peste), les maladies (syphilis), les mauvaises récoltes, ou alors en action de grâce pour un bienfait obtenu. À Strasbourg, depuis 1356, a lieu à la Saint-Luc une procession qui commémore le fait que la ville n’a guère souffert du tremblement de terre qui, à cette date, a ravagé la ville de Bâle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces occasions, le Magistrat édictait des consignes très strictes. En 1444, pour la procession&lt;br /&gt;
de la Fête-Dieu à Colmar, tout un chacun doit y participer dans son meilleur habit en l’honneur&lt;br /&gt;
du Saint-Sacrement. En 1434-1435, le Magistrat de Colmar, en accord avec les chanoines de Saint-Martin, décrète, en raison d’épidémies, d’intempéries et de cherté, une procession à laquelle devra participer toute personne âgée de plus de 12 ans, pieds nus et en habit de laine, c’est-à-dire en tenue de pénitent. Au courant de la procession, il sera défendu de bavarder, les femmes devront rester avec les femmes et les hommes avec les hommes, sous peine de 30 ß d’amende. Pendant la procession, tout travail en ville est interdit. Aucun magasin ni aucune auberge ne devront être ouverts, et personne ne sera autorisé à quitter la ville tôt le matin pour travailler. À Strasbourg aussi, la procession pour la Fête-Dieu 1472 est strictement réglementée par le Magistrat : aux corporations, aux écoliers, aux chanoines, aux autres prêtres est assignée une place, que chacun doit respecter, sans dépasser les autres, sans s’attrouper ni se pousser dans les ruelles étroites. On défend aux porteurs de cierges d’accrocher des verres ou des gourdes avec du vin à leur porte-cierge (AVES 1MR 2, p. 159-161). Une gravure sur bois du XVe siècle représente la procession organisée à Strasbourg en 1477 pour fêter la victoire sur Charles le Téméraire (&amp;#039;&amp;#039;Iconoclasme&amp;#039;&amp;#039;, p. 188).&lt;br /&gt;
En tête du cortège était porté le Saint-Sacrement, suivi par le clergé. Puis venait la grande croix-reliquaire de la cathédrale, portée par les Franciscains et suivie par les hommes. Les Dominicains portaient la Vierge miraculeuse, qui était suivie par les femmes. Ces exemples montrent que lorsque la procession est organisée par le Magistrat, la participation de tout un chacun relève d’une obligation civique et non d’un acte de dévotion personnel. La procession, c’est aussi la communauté en marche dans un ordre exprimant sa hiérarchie. La place occupée par les corporations dans la procession est révélatrice de leur rang. Si d’une année à l’autre, l’une d’entre elles se retrouve reléguée plus loin du Saint-Sacrement, il s’agit d’une atteinte grave à son honneur. C’est pour avoir perdu leur place dans la procession du Saint-Sacrement en 1495 que les compagnons boulangers de Colmar entament une grève qui durera dix ans.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’introduction de la Réforme, les processions sont abolies. Ainsi, en 1534, le Magistrat&lt;br /&gt;
de Strasbourg a fait « fermer la paroisse de Saint-Étienne pour faire cesser les processions qu’on faisait au sépulcre de sainte Attale » (AVES AA 2580). Lors de la réintroduction du catholicisme à partir de 1681, une série de prescriptions impose aux protestants une attitude de déférence lors du passage du Saint-Sacrement. Certaines processions donnent lieu à des excès contre les protestants, brutalisés ou contraints de s’agenouiller : les doléances du Convent ecclésiastique, l’organe de direction de l’Église luthérienne de Strasbourg, sont nombreuses à ce sujet. Mais il arrive aussi que le passage d’une procession dans un village protestant suscite des moqueries, qui peuvent conduire à des bagarres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
AMS 1MR 1, fo 107, 1MR 2, fo 17v et passim, 1MR 3, fo 18 &amp;#039;&amp;#039;et passim&amp;#039;&amp;#039;, 1MR 53, fo 2.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEVY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;La suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande Révolution (1791-1801)&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1905.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
WALTER ( Joseph), « Les processions de la cathédrale au Moyen Âge », WILMART (D. André), &amp;#039;&amp;#039;L’ancien cantorium de l’église de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1928, p. 93-115.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SITTLER (Lucien), « Prozessionen und Bittgänge im Colmar des 15. Jahrhunderts », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1936, p.137-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PFLEGER (Luzian), « Die Stadt- und Rats-Gottesdienste im Strassburger Münster », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1937, p.1-55.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BARTH (Medard), « Frohnleichnamsbräuche im mittelalterlichen Strassburg », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1958, p.233-235.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), &amp;#039;&amp;#039;Processions et itinéraires traditionnels de Thierenbach au XXe siècle&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1983.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), « Les processions votives de Soultz et Rouffach à Thierenbach », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1986, p. 113-120.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIGNORI (Gabriela), « Ritual und Ereignis. Die Straßburger Bittgänge zur Zeit der Burgunderkriege (1474-77) », &amp;#039;&amp;#039;Historische Zeitschrift&amp;#039;&amp;#039; 264, 1997, p. 281-328.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER ( Joachim), « Imitation de Rome et topographie urbaine. Le développement de Strasbourg au début du 2e millénaire », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039; 125, 1999, p. 7-16.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MULLER (Christine), « Processions à Obernai du XVe au XVIIIe siècle », &amp;#039;&amp;#039;ADBO&amp;#039;&amp;#039; 34, 2000, p.121-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREY (Marguerite), « Processions, croix et chapelles à Ammerschwihr », &amp;#039;&amp;#039;Annuaire des 4 sociétés d’histoire de la vallée de la Weiss&amp;#039;&amp;#039;, 2004, p. 45-66.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN (Benoît), « Fêtes et processions : une occupation rituelle de l’espace public », &amp;#039;&amp;#039;RA : Fêtes en Alsace de l’Antiquité à nos jours&amp;#039;&amp;#039;, 141, 2015, p. 157-177.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÖLLMI (Beat), « Liturgie et processions au Moyen Âge du XIe au XIVe siècle. La cathédrale au cœur d’une topologie sacrée », GRAPPE (Christian) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;La cathédrale de Strasbourg en sa ville. Le spirituel et le temporel&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 2020, p. 87-92.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
[[Fête-Dieu]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Jésuites]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Pentecôte]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
Le 21 octobre 1681, devançant Louis XIV entrant dans Strasbourg, une imposante procession de plusieurs centaines de prêtres et religieux catholiques venus d’Alsace se dirigent vers la cathédrale où les accueille l’évêque. (Louis Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III, 381-382). La procession faisait son retour dans la république luthérienne conquise en une manifestation éclatante de catholicité publique et massive. Et pour la plus grande partie de la population, agressive !&lt;br /&gt;
=== Procession rituel politique ===&lt;br /&gt;
=== Procession rituel sotériologique, méthode missionnaire ===&lt;br /&gt;
=== Cortège des cérémonies officielles de la cité ===&lt;br /&gt;
=== Participation et contrôle collectif des bans communaux ===&lt;br /&gt;
=== La Révolution, le Consulat et l’Empire ===&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Procession&amp;diff=14031</id>
		<title>Procession</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Procession&amp;diff=14031"/>
		<updated>2026-06-15T15:37:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Procession (époque moderne à 1815) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;#039;&amp;#039;Prozession&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bittgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Gottsgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Kreuzgang&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
Certaines processions liturgiques permettent de revivre les « entrées » de Jésus : la procession&lt;br /&gt;
du 2 février pour la Chandeleur correspond à la présentation au Temple. La procession des Rameaux met en scène l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession du cierge pascal apparaît au XIIe siècle lors de la vigile de Pâques. Après la bénédiction du feu en-dehors de l’église, les fidèles entrent dans l’église derrière le cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces processions qui ont lieu chaque année, des événements extraordinaires tels les translations de reliques donnaient également lieu à des processions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
Parmi elles, il faut citer la procession de la Fête-Dieu, instituée en 1264, et les processions&lt;br /&gt;
mariales lors des principales fêtes de la Vierge.&lt;br /&gt;
En France, la procession du 15 août connaît un succès particulier depuis que Louis XIII a consacré le Royaume à Notre-Dame (1638). La procession des Rogations (du latin, &amp;#039;&amp;#039;rogatio&amp;#039;&amp;#039;, demande, prière) remonte au haut Moyen Âge. À l’époque, elle avait lieu les trois jours précédant&lt;br /&gt;
l’Ascension. La communauté paroissiale, croix et bannières en tête, faisait le tour du ban ou à défaut se rendait alternativement aux extrémités du ban parfois marqués par une croix, pour demander la bénédiction divine sur les travaux des champs et les futures récoltes. Les fêtes patronales sont aussi l’occasion de processions au cours desquelles on porte la statue du saint patron dans les rues du village. À l’occasion, les reliques d’un saint et /ou le Saint-Sacrement accompagnaient la procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation des paroisses s’est faite progressivement à partir du haut Moyen Âge. Au départ, plusieurs villages se rendaient à l’église-mère, qui était leur église paroissiale. Au fil du temps, chaque village s’est doté d’une église, mais le lien avec l’ancienne église-mère se traduisait chaque année par une procession vers celle-ci. Ainsi, les communautés de Soultzmatt, Westhalten, Bergholtz, Orschwihr, Rouffach, Gundolsheim, Pfaffenheim relevaient à l’origine de l’église-mère Saint-Martin du Bollenberg. Après la création d’une église dans chacune de ces localités, leurs paroissiens se rendaient une fois par an en procession à celle du Bollenberg.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les processions vers des lieux de pèlerinage deviennent nombreuses à partir de la fin du Moyen Âge – par exemple celles de la paroisse de Rouffach aux sanctuaires mariaux du Schaefertal, du Schauenberg et de Thierenbach – et plus encore à l&amp;#039;époque moderne. En 1625, Thierenbach accueillait des processions venant de plus de vingt localités de la Hardt.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses processions étaient décrétées et initiées par le Magistrat des villes pour implorer la protection de la cité en temps de guerre, contre les épidémies (peste), les maladies (syphilis), les mauvaises récoltes, ou alors en action de grâce pour un bienfait obtenu. À Strasbourg, depuis 1356, a lieu à la Saint-Luc une procession qui commémore le fait que la ville n’a guère souffert du tremblement de terre qui, à cette date, a ravagé la ville de Bâle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces occasions, le Magistrat édictait des consignes très strictes. En 1444, pour la procession&lt;br /&gt;
de la Fête-Dieu à Colmar, tout un chacun doit y participer dans son meilleur habit en l’honneur&lt;br /&gt;
du Saint-Sacrement. En 1434-1435, le Magistrat de Colmar, en accord avec les chanoines de Saint-Martin, décrète, en raison d’épidémies, d’intempéries et de cherté, une procession à laquelle devra participer toute personne âgée de plus de 12 ans, pieds nus et en habit de laine, c’est-à-dire en tenue de pénitent. Au courant de la procession, il sera défendu de bavarder, les femmes devront rester avec les femmes et les hommes avec les hommes, sous peine de 30 ß d’amende. Pendant la procession, tout travail en ville est interdit. Aucun magasin ni aucune auberge ne devront être ouverts, et personne ne sera autorisé à quitter la ville tôt le matin pour travailler. À Strasbourg aussi, la procession pour la Fête-Dieu 1472 est strictement réglementée par le Magistrat : aux corporations, aux écoliers, aux chanoines, aux autres prêtres est assignée une place, que chacun doit respecter, sans dépasser les autres, sans s’attrouper ni se pousser dans les ruelles étroites. On défend aux porteurs de cierges d’accrocher des verres ou des gourdes avec du vin à leur porte-cierge (AVES 1MR 2, p. 159-161). Une gravure sur bois du XVe siècle représente la procession organisée à Strasbourg en 1477 pour fêter la victoire sur Charles le Téméraire (&amp;#039;&amp;#039;Iconoclasme&amp;#039;&amp;#039;, p. 188).&lt;br /&gt;
En tête du cortège était porté le Saint-Sacrement, suivi par le clergé. Puis venait la grande croix-reliquaire de la cathédrale, portée par les Franciscains et suivie par les hommes. Les Dominicains portaient la Vierge miraculeuse, qui était suivie par les femmes. Ces exemples montrent que lorsque la procession est organisée par le Magistrat, la participation de tout un chacun relève d’une obligation civique et non d’un acte de dévotion personnel. La procession, c’est aussi la communauté en marche dans un ordre exprimant sa hiérarchie. La place occupée par les corporations dans la procession est révélatrice de leur rang. Si d’une année à l’autre, l’une d’entre elles se retrouve reléguée plus loin du Saint-Sacrement, il s’agit d’une atteinte grave à son honneur. C’est pour avoir perdu leur place dans la procession du Saint-Sacrement en 1495 que les compagnons boulangers de Colmar entament une grève qui durera dix ans.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’introduction de la Réforme, les processions sont abolies. Ainsi, en 1534, le Magistrat&lt;br /&gt;
de Strasbourg a fait « fermer la paroisse de Saint-Étienne pour faire cesser les processions qu’on faisait au sépulcre de sainte Attale » (AVES AA 2580). Lors de la réintroduction du catholicisme à partir de 1681, une série de prescriptions impose aux protestants une attitude de déférence lors du passage du Saint-Sacrement. Certaines processions donnent lieu à des excès contre les protestants, brutalisés ou contraints de s’agenouiller : les doléances du Convent ecclésiastique, l’organe de direction de l’Église luthérienne de Strasbourg, sont nombreuses à ce sujet. Mais il arrive aussi que le passage d’une procession dans un village protestant suscite des moqueries, qui peuvent conduire à des bagarres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
AMS 1MR 1, fo 107, 1MR 2, fo 17v et passim, 1MR 3, fo 18 &amp;#039;&amp;#039;et passim&amp;#039;&amp;#039;, 1MR 53, fo 2.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEVY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;La suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande Révolution (1791-1801)&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1905.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
WALTER ( Joseph), « Les processions de la cathédrale au Moyen Âge », WILMART (D. André), &amp;#039;&amp;#039;L’ancien cantorium de l’église de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1928, p. 93-115.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SITTLER (Lucien), « Prozessionen und Bittgänge im Colmar des 15. Jahrhunderts », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1936, p.137-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PFLEGER (Luzian), « Die Stadt- und Rats-Gottesdienste im Strassburger Münster », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1937, p.1-55.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BARTH (Medard), « Frohnleichnamsbräuche im mittelalterlichen Strassburg », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1958, p.233-235.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), &amp;#039;&amp;#039;Processions et itinéraires traditionnels de Thierenbach au XXe siècle&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1983.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), « Les processions votives de Soultz et Rouffach à Thierenbach », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1986, p. 113-120.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIGNORI (Gabriela), « Ritual und Ereignis. Die Straßburger Bittgänge zur Zeit der Burgunderkriege (1474-77) », &amp;#039;&amp;#039;Historische Zeitschrift&amp;#039;&amp;#039; 264, 1997, p. 281-328.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER ( Joachim), « Imitation de Rome et topographie urbaine. Le développement de Strasbourg au début du 2e millénaire », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039; 125, 1999, p. 7-16.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MULLER (Christine), « Processions à Obernai du XVe au XVIIIe siècle », &amp;#039;&amp;#039;ADBO&amp;#039;&amp;#039; 34, 2000, p.121-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREY (Marguerite), « Processions, croix et chapelles à Ammerschwihr », &amp;#039;&amp;#039;Annuaire des 4 sociétés d’histoire de la vallée de la Weiss&amp;#039;&amp;#039;, 2004, p. 45-66.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN (Benoît), « Fêtes et processions : une occupation rituelle de l’espace public », &amp;#039;&amp;#039;RA : Fêtes en Alsace de l’Antiquité à nos jours&amp;#039;&amp;#039;, 141, 2015, p. 157-177.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÖLLMI (Beat), « Liturgie et processions au Moyen Âge du XIe au XIVe siècle. La cathédrale au cœur d’une topologie sacrée », GRAPPE (Christian) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;La cathédrale de Strasbourg en sa ville. Le spirituel et le temporel&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 2020, p. 87-92.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
[[Fête-Dieu]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Jésuites]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Pentecôte]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
Le 21 octobre 1681, devançant Louis XIV entrant dans Strasbourg, une imposante procession de plusieurs centaines de prêtres et religieux catholiques venus d’Alsace se dirigent vers la cathédrale où les accueille l’évêque. (Louis Chatellier, &amp;#039;&amp;#039;Histoire de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039; III, 381-382). La procession faisait son retour dans la république luthérienne conquise en une manifestation éclatante de catholicité publique et massive. Et pour la plus grande partie de la population, agressive !&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Procession&amp;diff=14030</id>
		<title>Procession</title>
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		<updated>2026-06-15T15:36:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;#039;&amp;#039;Prozession&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bittgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Gottsgang&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Kreuzgang&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
Certaines processions liturgiques permettent de revivre les « entrées » de Jésus : la procession&lt;br /&gt;
du 2 février pour la Chandeleur correspond à la présentation au Temple. La procession des Rameaux met en scène l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession du cierge pascal apparaît au XIIe siècle lors de la vigile de Pâques. Après la bénédiction du feu en-dehors de l’église, les fidèles entrent dans l’église derrière le cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces processions qui ont lieu chaque année, des événements extraordinaires tels les translations de reliques donnaient également lieu à des processions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
Parmi elles, il faut citer la procession de la Fête-Dieu, instituée en 1264, et les processions&lt;br /&gt;
mariales lors des principales fêtes de la Vierge.&lt;br /&gt;
En France, la procession du 15 août connaît un succès particulier depuis que Louis XIII a consacré le Royaume à Notre-Dame (1638). La procession des Rogations (du latin, &amp;#039;&amp;#039;rogatio&amp;#039;&amp;#039;, demande, prière) remonte au haut Moyen Âge. À l’époque, elle avait lieu les trois jours précédant&lt;br /&gt;
l’Ascension. La communauté paroissiale, croix et bannières en tête, faisait le tour du ban ou à défaut se rendait alternativement aux extrémités du ban parfois marqués par une croix, pour demander la bénédiction divine sur les travaux des champs et les futures récoltes. Les fêtes patronales sont aussi l’occasion de processions au cours desquelles on porte la statue du saint patron dans les rues du village. À l’occasion, les reliques d’un saint et /ou le Saint-Sacrement accompagnaient la procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation des paroisses s’est faite progressivement à partir du haut Moyen Âge. Au départ, plusieurs villages se rendaient à l’église-mère, qui était leur église paroissiale. Au fil du temps, chaque village s’est doté d’une église, mais le lien avec l’ancienne église-mère se traduisait chaque année par une procession vers celle-ci. Ainsi, les communautés de Soultzmatt, Westhalten, Bergholtz, Orschwihr, Rouffach, Gundolsheim, Pfaffenheim relevaient à l’origine de l’église-mère Saint-Martin du Bollenberg. Après la création d’une église dans chacune de ces localités, leurs paroissiens se rendaient une fois par an en procession à celle du Bollenberg.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les processions vers des lieux de pèlerinage deviennent nombreuses à partir de la fin du Moyen Âge – par exemple celles de la paroisse de Rouffach aux sanctuaires mariaux du Schaefertal, du Schauenberg et de Thierenbach – et plus encore à l&amp;#039;époque moderne. En 1625, Thierenbach accueillait des processions venant de plus de vingt localités de la Hardt.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses processions étaient décrétées et initiées par le Magistrat des villes pour implorer la protection de la cité en temps de guerre, contre les épidémies (peste), les maladies (syphilis), les mauvaises récoltes, ou alors en action de grâce pour un bienfait obtenu. À Strasbourg, depuis 1356, a lieu à la Saint-Luc une procession qui commémore le fait que la ville n’a guère souffert du tremblement de terre qui, à cette date, a ravagé la ville de Bâle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces occasions, le Magistrat édictait des consignes très strictes. En 1444, pour la procession&lt;br /&gt;
de la Fête-Dieu à Colmar, tout un chacun doit y participer dans son meilleur habit en l’honneur&lt;br /&gt;
du Saint-Sacrement. En 1434-1435, le Magistrat de Colmar, en accord avec les chanoines de Saint-Martin, décrète, en raison d’épidémies, d’intempéries et de cherté, une procession à laquelle devra participer toute personne âgée de plus de 12 ans, pieds nus et en habit de laine, c’est-à-dire en tenue de pénitent. Au courant de la procession, il sera défendu de bavarder, les femmes devront rester avec les femmes et les hommes avec les hommes, sous peine de 30 ß d’amende. Pendant la procession, tout travail en ville est interdit. Aucun magasin ni aucune auberge ne devront être ouverts, et personne ne sera autorisé à quitter la ville tôt le matin pour travailler. À Strasbourg aussi, la procession pour la Fête-Dieu 1472 est strictement réglementée par le Magistrat : aux corporations, aux écoliers, aux chanoines, aux autres prêtres est assignée une place, que chacun doit respecter, sans dépasser les autres, sans s’attrouper ni se pousser dans les ruelles étroites. On défend aux porteurs de cierges d’accrocher des verres ou des gourdes avec du vin à leur porte-cierge (AVES 1MR 2, p. 159-161). Une gravure sur bois du XVe siècle représente la procession organisée à Strasbourg en 1477 pour fêter la victoire sur Charles le Téméraire (&amp;#039;&amp;#039;Iconoclasme&amp;#039;&amp;#039;, p. 188).&lt;br /&gt;
En tête du cortège était porté le Saint-Sacrement, suivi par le clergé. Puis venait la grande croix-reliquaire de la cathédrale, portée par les Franciscains et suivie par les hommes. Les Dominicains portaient la Vierge miraculeuse, qui était suivie par les femmes. Ces exemples montrent que lorsque la procession est organisée par le Magistrat, la participation de tout un chacun relève d’une obligation civique et non d’un acte de dévotion personnel. La procession, c’est aussi la communauté en marche dans un ordre exprimant sa hiérarchie. La place occupée par les corporations dans la procession est révélatrice de leur rang. Si d’une année à l’autre, l’une d’entre elles se retrouve reléguée plus loin du Saint-Sacrement, il s’agit d’une atteinte grave à son honneur. C’est pour avoir perdu leur place dans la procession du Saint-Sacrement en 1495 que les compagnons boulangers de Colmar entament une grève qui durera dix ans.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’introduction de la Réforme, les processions sont abolies. Ainsi, en 1534, le Magistrat&lt;br /&gt;
de Strasbourg a fait « fermer la paroisse de Saint-Étienne pour faire cesser les processions qu’on faisait au sépulcre de sainte Attale » (AVES AA 2580). Lors de la réintroduction du catholicisme à partir de 1681, une série de prescriptions impose aux protestants une attitude de déférence lors du passage du Saint-Sacrement. Certaines processions donnent lieu à des excès contre les protestants, brutalisés ou contraints de s’agenouiller : les doléances du Convent ecclésiastique, l’organe de direction de l’Église luthérienne de Strasbourg, sont nombreuses à ce sujet. Mais il arrive aussi que le passage d’une procession dans un village protestant suscite des moqueries, qui peuvent conduire à des bagarres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
AMS 1MR 1, fo 107, 1MR 2, fo 17v et passim, 1MR 3, fo 18 &amp;#039;&amp;#039;et passim&amp;#039;&amp;#039;, 1MR 53, fo 2.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEVY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;La suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande Révolution (1791-1801)&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1905.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
WALTER ( Joseph), « Les processions de la cathédrale au Moyen Âge », WILMART (D. André), &amp;#039;&amp;#039;L’ancien cantorium de l’église de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1928, p. 93-115.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SITTLER (Lucien), « Prozessionen und Bittgänge im Colmar des 15. Jahrhunderts », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1936, p.137-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PFLEGER (Luzian), « Die Stadt- und Rats-Gottesdienste im Strassburger Münster », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1937, p.1-55.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BARTH (Medard), « Frohnleichnamsbräuche im mittelalterlichen Strassburg », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1958, p.233-235.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), &amp;#039;&amp;#039;Processions et itinéraires traditionnels de Thierenbach au XXe siècle&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1983.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), « Les processions votives de Soultz et Rouffach à Thierenbach », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1986, p. 113-120.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIGNORI (Gabriela), « Ritual und Ereignis. Die Straßburger Bittgänge zur Zeit der Burgunderkriege (1474-77) », &amp;#039;&amp;#039;Historische Zeitschrift&amp;#039;&amp;#039; 264, 1997, p. 281-328.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER ( Joachim), « Imitation de Rome et topographie urbaine. Le développement de Strasbourg au début du 2e millénaire », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039; 125, 1999, p. 7-16.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MULLER (Christine), « Processions à Obernai du XVe au XVIIIe siècle », &amp;#039;&amp;#039;ADBO&amp;#039;&amp;#039; 34, 2000, p.121-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREY (Marguerite), « Processions, croix et chapelles à Ammerschwihr », &amp;#039;&amp;#039;Annuaire des 4 sociétés d’histoire de la vallée de la Weiss&amp;#039;&amp;#039;, 2004, p. 45-66.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN (Benoît), « Fêtes et processions : une occupation rituelle de l’espace public », &amp;#039;&amp;#039;RA : Fêtes en Alsace de l’Antiquité à nos jours&amp;#039;&amp;#039;, 141, 2015, p. 157-177.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÖLLMI (Beat), « Liturgie et processions au Moyen Âge du XIe au XIVe siècle. La cathédrale au cœur d’une topologie sacrée », GRAPPE (Christian) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;La cathédrale de Strasbourg en sa ville. Le spirituel et le temporel&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 2020, p. 87-92.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
[[Fête-Dieu]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Jésuites]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Pentecôte]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Procession&amp;diff=14029</id>
		<title>Procession</title>
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		<updated>2026-06-15T15:35:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Notices connexes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
Certaines processions liturgiques permettent de revivre les « entrées » de Jésus : la procession&lt;br /&gt;
du 2 février pour la Chandeleur correspond à la présentation au Temple. La procession des Rameaux met en scène l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession du cierge pascal apparaît au XIIe siècle lors de la vigile de Pâques. Après la bénédiction du feu en-dehors de l’église, les fidèles entrent dans l’église derrière le cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces processions qui ont lieu chaque année, des événements extraordinaires tels les translations de reliques donnaient également lieu à des processions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
Parmi elles, il faut citer la procession de la Fête-Dieu, instituée en 1264, et les processions&lt;br /&gt;
mariales lors des principales fêtes de la Vierge.&lt;br /&gt;
En France, la procession du 15 août connaît un succès particulier depuis que Louis XIII a consacré le Royaume à Notre-Dame (1638). La procession des Rogations (du latin, &amp;#039;&amp;#039;rogatio&amp;#039;&amp;#039;, demande, prière) remonte au haut Moyen Âge. À l’époque, elle avait lieu les trois jours précédant&lt;br /&gt;
l’Ascension. La communauté paroissiale, croix et bannières en tête, faisait le tour du ban ou à défaut se rendait alternativement aux extrémités du ban parfois marqués par une croix, pour demander la bénédiction divine sur les travaux des champs et les futures récoltes. Les fêtes patronales sont aussi l’occasion de processions au cours desquelles on porte la statue du saint patron dans les rues du village. À l’occasion, les reliques d’un saint et /ou le Saint-Sacrement accompagnaient la procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation des paroisses s’est faite progressivement à partir du haut Moyen Âge. Au départ, plusieurs villages se rendaient à l’église-mère, qui était leur église paroissiale. Au fil du temps, chaque village s’est doté d’une église, mais le lien avec l’ancienne église-mère se traduisait chaque année par une procession vers celle-ci. Ainsi, les communautés de Soultzmatt, Westhalten, Bergholtz, Orschwihr, Rouffach, Gundolsheim, Pfaffenheim relevaient à l’origine de l’église-mère Saint-Martin du Bollenberg. Après la création d’une église dans chacune de ces localités, leurs paroissiens se rendaient une fois par an en procession à celle du Bollenberg.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les processions vers des lieux de pèlerinage deviennent nombreuses à partir de la fin du Moyen Âge – par exemple celles de la paroisse de Rouffach aux sanctuaires mariaux du Schaefertal, du Schauenberg et de Thierenbach – et plus encore à l&amp;#039;époque moderne. En 1625, Thierenbach accueillait des processions venant de plus de vingt localités de la Hardt.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses processions étaient décrétées et initiées par le Magistrat des villes pour implorer la protection de la cité en temps de guerre, contre les épidémies (peste), les maladies (syphilis), les mauvaises récoltes, ou alors en action de grâce pour un bienfait obtenu. À Strasbourg, depuis 1356, a lieu à la Saint-Luc une procession qui commémore le fait que la ville n’a guère souffert du tremblement de terre qui, à cette date, a ravagé la ville de Bâle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces occasions, le Magistrat édictait des consignes très strictes. En 1444, pour la procession&lt;br /&gt;
de la Fête-Dieu à Colmar, tout un chacun doit y participer dans son meilleur habit en l’honneur&lt;br /&gt;
du Saint-Sacrement. En 1434-1435, le Magistrat de Colmar, en accord avec les chanoines de Saint-Martin, décrète, en raison d’épidémies, d’intempéries et de cherté, une procession à laquelle devra participer toute personne âgée de plus de 12 ans, pieds nus et en habit de laine, c’est-à-dire en tenue de pénitent. Au courant de la procession, il sera défendu de bavarder, les femmes devront rester avec les femmes et les hommes avec les hommes, sous peine de 30 ß d’amende. Pendant la procession, tout travail en ville est interdit. Aucun magasin ni aucune auberge ne devront être ouverts, et personne ne sera autorisé à quitter la ville tôt le matin pour travailler. À Strasbourg aussi, la procession pour la Fête-Dieu 1472 est strictement réglementée par le Magistrat : aux corporations, aux écoliers, aux chanoines, aux autres prêtres est assignée une place, que chacun doit respecter, sans dépasser les autres, sans s’attrouper ni se pousser dans les ruelles étroites. On défend aux porteurs de cierges d’accrocher des verres ou des gourdes avec du vin à leur porte-cierge (AVES 1MR 2, p. 159-161). Une gravure sur bois du XVe siècle représente la procession organisée à Strasbourg en 1477 pour fêter la victoire sur Charles le Téméraire (&amp;#039;&amp;#039;Iconoclasme&amp;#039;&amp;#039;, p. 188).&lt;br /&gt;
En tête du cortège était porté le Saint-Sacrement, suivi par le clergé. Puis venait la grande croix-reliquaire de la cathédrale, portée par les Franciscains et suivie par les hommes. Les Dominicains portaient la Vierge miraculeuse, qui était suivie par les femmes. Ces exemples montrent que lorsque la procession est organisée par le Magistrat, la participation de tout un chacun relève d’une obligation civique et non d’un acte de dévotion personnel. La procession, c’est aussi la communauté en marche dans un ordre exprimant sa hiérarchie. La place occupée par les corporations dans la procession est révélatrice de leur rang. Si d’une année à l’autre, l’une d’entre elles se retrouve reléguée plus loin du Saint-Sacrement, il s’agit d’une atteinte grave à son honneur. C’est pour avoir perdu leur place dans la procession du Saint-Sacrement en 1495 que les compagnons boulangers de Colmar entament une grève qui durera dix ans.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’introduction de la Réforme, les processions sont abolies. Ainsi, en 1534, le Magistrat&lt;br /&gt;
de Strasbourg a fait « fermer la paroisse de Saint-Étienne pour faire cesser les processions qu’on faisait au sépulcre de sainte Attale » (AVES AA 2580). Lors de la réintroduction du catholicisme à partir de 1681, une série de prescriptions impose aux protestants une attitude de déférence lors du passage du Saint-Sacrement. Certaines processions donnent lieu à des excès contre les protestants, brutalisés ou contraints de s’agenouiller : les doléances du Convent ecclésiastique, l’organe de direction de l’Église luthérienne de Strasbourg, sont nombreuses à ce sujet. Mais il arrive aussi que le passage d’une procession dans un village protestant suscite des moqueries, qui peuvent conduire à des bagarres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
AMS 1MR 1, fo 107, 1MR 2, fo 17v et passim, 1MR 3, fo 18 &amp;#039;&amp;#039;et passim&amp;#039;&amp;#039;, 1MR 53, fo 2.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEVY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;La suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande Révolution (1791-1801)&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1905.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
WALTER ( Joseph), « Les processions de la cathédrale au Moyen Âge », WILMART (D. André), &amp;#039;&amp;#039;L’ancien cantorium de l’église de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1928, p. 93-115.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SITTLER (Lucien), « Prozessionen und Bittgänge im Colmar des 15. Jahrhunderts », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1936, p.137-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PFLEGER (Luzian), « Die Stadt- und Rats-Gottesdienste im Strassburger Münster », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1937, p.1-55.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BARTH (Medard), « Frohnleichnamsbräuche im mittelalterlichen Strassburg », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1958, p.233-235.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), &amp;#039;&amp;#039;Processions et itinéraires traditionnels de Thierenbach au XXe siècle&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1983.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), « Les processions votives de Soultz et Rouffach à Thierenbach », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1986, p. 113-120.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIGNORI (Gabriela), « Ritual und Ereignis. Die Straßburger Bittgänge zur Zeit der Burgunderkriege (1474-77) », &amp;#039;&amp;#039;Historische Zeitschrift&amp;#039;&amp;#039; 264, 1997, p. 281-328.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER ( Joachim), « Imitation de Rome et topographie urbaine. Le développement de Strasbourg au début du 2e millénaire », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039; 125, 1999, p. 7-16.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MULLER (Christine), « Processions à Obernai du XVe au XVIIIe siècle », &amp;#039;&amp;#039;ADBO&amp;#039;&amp;#039; 34, 2000, p.121-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREY (Marguerite), « Processions, croix et chapelles à Ammerschwihr », &amp;#039;&amp;#039;Annuaire des 4 sociétés d’histoire de la vallée de la Weiss&amp;#039;&amp;#039;, 2004, p. 45-66.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN (Benoît), « Fêtes et processions : une occupation rituelle de l’espace public », &amp;#039;&amp;#039;RA : Fêtes en Alsace de l’Antiquité à nos jours&amp;#039;&amp;#039;, 141, 2015, p. 157-177.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÖLLMI (Beat), « Liturgie et processions au Moyen Âge du XIe au XIVe siècle. La cathédrale au cœur d’une topologie sacrée », GRAPPE (Christian) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;La cathédrale de Strasbourg en sa ville. Le spirituel et le temporel&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 2020, p. 87-92.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
[[Fête-Dieu]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Jésuites]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Pentecôte]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Procession&amp;diff=14028</id>
		<title>Procession</title>
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		<updated>2026-06-15T15:35:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Sources - Bibliographie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
Certaines processions liturgiques permettent de revivre les « entrées » de Jésus : la procession&lt;br /&gt;
du 2 février pour la Chandeleur correspond à la présentation au Temple. La procession des Rameaux met en scène l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession du cierge pascal apparaît au XIIe siècle lors de la vigile de Pâques. Après la bénédiction du feu en-dehors de l’église, les fidèles entrent dans l’église derrière le cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces processions qui ont lieu chaque année, des événements extraordinaires tels les translations de reliques donnaient également lieu à des processions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
Parmi elles, il faut citer la procession de la Fête-Dieu, instituée en 1264, et les processions&lt;br /&gt;
mariales lors des principales fêtes de la Vierge.&lt;br /&gt;
En France, la procession du 15 août connaît un succès particulier depuis que Louis XIII a consacré le Royaume à Notre-Dame (1638). La procession des Rogations (du latin, &amp;#039;&amp;#039;rogatio&amp;#039;&amp;#039;, demande, prière) remonte au haut Moyen Âge. À l’époque, elle avait lieu les trois jours précédant&lt;br /&gt;
l’Ascension. La communauté paroissiale, croix et bannières en tête, faisait le tour du ban ou à défaut se rendait alternativement aux extrémités du ban parfois marqués par une croix, pour demander la bénédiction divine sur les travaux des champs et les futures récoltes. Les fêtes patronales sont aussi l’occasion de processions au cours desquelles on porte la statue du saint patron dans les rues du village. À l’occasion, les reliques d’un saint et /ou le Saint-Sacrement accompagnaient la procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation des paroisses s’est faite progressivement à partir du haut Moyen Âge. Au départ, plusieurs villages se rendaient à l’église-mère, qui était leur église paroissiale. Au fil du temps, chaque village s’est doté d’une église, mais le lien avec l’ancienne église-mère se traduisait chaque année par une procession vers celle-ci. Ainsi, les communautés de Soultzmatt, Westhalten, Bergholtz, Orschwihr, Rouffach, Gundolsheim, Pfaffenheim relevaient à l’origine de l’église-mère Saint-Martin du Bollenberg. Après la création d’une église dans chacune de ces localités, leurs paroissiens se rendaient une fois par an en procession à celle du Bollenberg.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les processions vers des lieux de pèlerinage deviennent nombreuses à partir de la fin du Moyen Âge – par exemple celles de la paroisse de Rouffach aux sanctuaires mariaux du Schaefertal, du Schauenberg et de Thierenbach – et plus encore à l&amp;#039;époque moderne. En 1625, Thierenbach accueillait des processions venant de plus de vingt localités de la Hardt.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses processions étaient décrétées et initiées par le Magistrat des villes pour implorer la protection de la cité en temps de guerre, contre les épidémies (peste), les maladies (syphilis), les mauvaises récoltes, ou alors en action de grâce pour un bienfait obtenu. À Strasbourg, depuis 1356, a lieu à la Saint-Luc une procession qui commémore le fait que la ville n’a guère souffert du tremblement de terre qui, à cette date, a ravagé la ville de Bâle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces occasions, le Magistrat édictait des consignes très strictes. En 1444, pour la procession&lt;br /&gt;
de la Fête-Dieu à Colmar, tout un chacun doit y participer dans son meilleur habit en l’honneur&lt;br /&gt;
du Saint-Sacrement. En 1434-1435, le Magistrat de Colmar, en accord avec les chanoines de Saint-Martin, décrète, en raison d’épidémies, d’intempéries et de cherté, une procession à laquelle devra participer toute personne âgée de plus de 12 ans, pieds nus et en habit de laine, c’est-à-dire en tenue de pénitent. Au courant de la procession, il sera défendu de bavarder, les femmes devront rester avec les femmes et les hommes avec les hommes, sous peine de 30 ß d’amende. Pendant la procession, tout travail en ville est interdit. Aucun magasin ni aucune auberge ne devront être ouverts, et personne ne sera autorisé à quitter la ville tôt le matin pour travailler. À Strasbourg aussi, la procession pour la Fête-Dieu 1472 est strictement réglementée par le Magistrat : aux corporations, aux écoliers, aux chanoines, aux autres prêtres est assignée une place, que chacun doit respecter, sans dépasser les autres, sans s’attrouper ni se pousser dans les ruelles étroites. On défend aux porteurs de cierges d’accrocher des verres ou des gourdes avec du vin à leur porte-cierge (AVES 1MR 2, p. 159-161). Une gravure sur bois du XVe siècle représente la procession organisée à Strasbourg en 1477 pour fêter la victoire sur Charles le Téméraire (&amp;#039;&amp;#039;Iconoclasme&amp;#039;&amp;#039;, p. 188).&lt;br /&gt;
En tête du cortège était porté le Saint-Sacrement, suivi par le clergé. Puis venait la grande croix-reliquaire de la cathédrale, portée par les Franciscains et suivie par les hommes. Les Dominicains portaient la Vierge miraculeuse, qui était suivie par les femmes. Ces exemples montrent que lorsque la procession est organisée par le Magistrat, la participation de tout un chacun relève d’une obligation civique et non d’un acte de dévotion personnel. La procession, c’est aussi la communauté en marche dans un ordre exprimant sa hiérarchie. La place occupée par les corporations dans la procession est révélatrice de leur rang. Si d’une année à l’autre, l’une d’entre elles se retrouve reléguée plus loin du Saint-Sacrement, il s’agit d’une atteinte grave à son honneur. C’est pour avoir perdu leur place dans la procession du Saint-Sacrement en 1495 que les compagnons boulangers de Colmar entament une grève qui durera dix ans.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’introduction de la Réforme, les processions sont abolies. Ainsi, en 1534, le Magistrat&lt;br /&gt;
de Strasbourg a fait « fermer la paroisse de Saint-Étienne pour faire cesser les processions qu’on faisait au sépulcre de sainte Attale » (AVES AA 2580). Lors de la réintroduction du catholicisme à partir de 1681, une série de prescriptions impose aux protestants une attitude de déférence lors du passage du Saint-Sacrement. Certaines processions donnent lieu à des excès contre les protestants, brutalisés ou contraints de s’agenouiller : les doléances du Convent ecclésiastique, l’organe de direction de l’Église luthérienne de Strasbourg, sont nombreuses à ce sujet. Mais il arrive aussi que le passage d’une procession dans un village protestant suscite des moqueries, qui peuvent conduire à des bagarres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
AMS 1MR 1, fo 107, 1MR 2, fo 17v et passim, 1MR 3, fo 18 &amp;#039;&amp;#039;et passim&amp;#039;&amp;#039;, 1MR 53, fo 2.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEVY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;La suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande Révolution (1791-1801)&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1905.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
WALTER ( Joseph), « Les processions de la cathédrale au Moyen Âge », WILMART (D. André), &amp;#039;&amp;#039;L’ancien cantorium de l’église de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1928, p. 93-115.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SITTLER (Lucien), « Prozessionen und Bittgänge im Colmar des 15. Jahrhunderts », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1936, p.137-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PFLEGER (Luzian), « Die Stadt- und Rats-Gottesdienste im Strassburger Münster », &amp;#039;&amp;#039;AEKG&amp;#039;&amp;#039;, 1937, p.1-55.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BARTH (Medard), « Frohnleichnamsbräuche im mittelalterlichen Strassburg », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1958, p.233-235.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), &amp;#039;&amp;#039;Processions et itinéraires traditionnels de Thierenbach au XXe siècle&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1983.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHLUND (Bertrand), « Les processions votives de Soultz et Rouffach à Thierenbach », &amp;#039;&amp;#039;AEA&amp;#039;&amp;#039;, 1986, p. 113-120.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIGNORI (Gabriela), « Ritual und Ereignis. Die Straßburger Bittgänge zur Zeit der Burgunderkriege (1474-77) », &amp;#039;&amp;#039;Historische Zeitschrift&amp;#039;&amp;#039; 264, 1997, p. 281-328.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER ( Joachim), « Imitation de Rome et topographie urbaine. Le développement de Strasbourg au début du 2e millénaire », &amp;#039;&amp;#039;RA&amp;#039;&amp;#039; 125, 1999, p. 7-16.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MULLER (Christine), « Processions à Obernai du XVe au XVIIIe siècle », &amp;#039;&amp;#039;ADBO&amp;#039;&amp;#039; 34, 2000, p.121-142.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREY (Marguerite), « Processions, croix et chapelles à Ammerschwihr », &amp;#039;&amp;#039;Annuaire des 4 sociétés d’histoire de la vallée de la Weiss&amp;#039;&amp;#039;, 2004, p. 45-66.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN (Benoît), « Fêtes et processions : une occupation rituelle de l’espace public », &amp;#039;&amp;#039;RA : Fêtes en Alsace de l’Antiquité à nos jours&amp;#039;&amp;#039;, 141, 2015, p. 157-177.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÖLLMI (Beat), « Liturgie et processions au Moyen Âge du XIe au XIVe siècle. La cathédrale au cœur d’une topologie sacrée », GRAPPE (Christian) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;La cathédrale de Strasbourg en sa ville. Le spirituel et le temporel&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 2020, p. 87-92.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Procession&amp;diff=14027</id>
		<title>Procession</title>
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		<updated>2026-06-15T15:32:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Sources - Bibliographie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
Certaines processions liturgiques permettent de revivre les « entrées » de Jésus : la procession&lt;br /&gt;
du 2 février pour la Chandeleur correspond à la présentation au Temple. La procession des Rameaux met en scène l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession du cierge pascal apparaît au XIIe siècle lors de la vigile de Pâques. Après la bénédiction du feu en-dehors de l’église, les fidèles entrent dans l’église derrière le cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces processions qui ont lieu chaque année, des événements extraordinaires tels les translations de reliques donnaient également lieu à des processions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
Parmi elles, il faut citer la procession de la Fête-Dieu, instituée en 1264, et les processions&lt;br /&gt;
mariales lors des principales fêtes de la Vierge.&lt;br /&gt;
En France, la procession du 15 août connaît un succès particulier depuis que Louis XIII a consacré le Royaume à Notre-Dame (1638). La procession des Rogations (du latin, &amp;#039;&amp;#039;rogatio&amp;#039;&amp;#039;, demande, prière) remonte au haut Moyen Âge. À l’époque, elle avait lieu les trois jours précédant&lt;br /&gt;
l’Ascension. La communauté paroissiale, croix et bannières en tête, faisait le tour du ban ou à défaut se rendait alternativement aux extrémités du ban parfois marqués par une croix, pour demander la bénédiction divine sur les travaux des champs et les futures récoltes. Les fêtes patronales sont aussi l’occasion de processions au cours desquelles on porte la statue du saint patron dans les rues du village. À l’occasion, les reliques d’un saint et /ou le Saint-Sacrement accompagnaient la procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation des paroisses s’est faite progressivement à partir du haut Moyen Âge. Au départ, plusieurs villages se rendaient à l’église-mère, qui était leur église paroissiale. Au fil du temps, chaque village s’est doté d’une église, mais le lien avec l’ancienne église-mère se traduisait chaque année par une procession vers celle-ci. Ainsi, les communautés de Soultzmatt, Westhalten, Bergholtz, Orschwihr, Rouffach, Gundolsheim, Pfaffenheim relevaient à l’origine de l’église-mère Saint-Martin du Bollenberg. Après la création d’une église dans chacune de ces localités, leurs paroissiens se rendaient une fois par an en procession à celle du Bollenberg.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les processions vers des lieux de pèlerinage deviennent nombreuses à partir de la fin du Moyen Âge – par exemple celles de la paroisse de Rouffach aux sanctuaires mariaux du Schaefertal, du Schauenberg et de Thierenbach – et plus encore à l&amp;#039;époque moderne. En 1625, Thierenbach accueillait des processions venant de plus de vingt localités de la Hardt.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses processions étaient décrétées et initiées par le Magistrat des villes pour implorer la protection de la cité en temps de guerre, contre les épidémies (peste), les maladies (syphilis), les mauvaises récoltes, ou alors en action de grâce pour un bienfait obtenu. À Strasbourg, depuis 1356, a lieu à la Saint-Luc une procession qui commémore le fait que la ville n’a guère souffert du tremblement de terre qui, à cette date, a ravagé la ville de Bâle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces occasions, le Magistrat édictait des consignes très strictes. En 1444, pour la procession&lt;br /&gt;
de la Fête-Dieu à Colmar, tout un chacun doit y participer dans son meilleur habit en l’honneur&lt;br /&gt;
du Saint-Sacrement. En 1434-1435, le Magistrat de Colmar, en accord avec les chanoines de Saint-Martin, décrète, en raison d’épidémies, d’intempéries et de cherté, une procession à laquelle devra participer toute personne âgée de plus de 12 ans, pieds nus et en habit de laine, c’est-à-dire en tenue de pénitent. Au courant de la procession, il sera défendu de bavarder, les femmes devront rester avec les femmes et les hommes avec les hommes, sous peine de 30 ß d’amende. Pendant la procession, tout travail en ville est interdit. Aucun magasin ni aucune auberge ne devront être ouverts, et personne ne sera autorisé à quitter la ville tôt le matin pour travailler. À Strasbourg aussi, la procession pour la Fête-Dieu 1472 est strictement réglementée par le Magistrat : aux corporations, aux écoliers, aux chanoines, aux autres prêtres est assignée une place, que chacun doit respecter, sans dépasser les autres, sans s’attrouper ni se pousser dans les ruelles étroites. On défend aux porteurs de cierges d’accrocher des verres ou des gourdes avec du vin à leur porte-cierge (AVES 1MR 2, p. 159-161). Une gravure sur bois du XVe siècle représente la procession organisée à Strasbourg en 1477 pour fêter la victoire sur Charles le Téméraire (&amp;#039;&amp;#039;Iconoclasme&amp;#039;&amp;#039;, p. 188).&lt;br /&gt;
En tête du cortège était porté le Saint-Sacrement, suivi par le clergé. Puis venait la grande croix-reliquaire de la cathédrale, portée par les Franciscains et suivie par les hommes. Les Dominicains portaient la Vierge miraculeuse, qui était suivie par les femmes. Ces exemples montrent que lorsque la procession est organisée par le Magistrat, la participation de tout un chacun relève d’une obligation civique et non d’un acte de dévotion personnel. La procession, c’est aussi la communauté en marche dans un ordre exprimant sa hiérarchie. La place occupée par les corporations dans la procession est révélatrice de leur rang. Si d’une année à l’autre, l’une d’entre elles se retrouve reléguée plus loin du Saint-Sacrement, il s’agit d’une atteinte grave à son honneur. C’est pour avoir perdu leur place dans la procession du Saint-Sacrement en 1495 que les compagnons boulangers de Colmar entament une grève qui durera dix ans.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’introduction de la Réforme, les processions sont abolies. Ainsi, en 1534, le Magistrat&lt;br /&gt;
de Strasbourg a fait « fermer la paroisse de Saint-Étienne pour faire cesser les processions qu’on faisait au sépulcre de sainte Attale » (AVES AA 2580). Lors de la réintroduction du catholicisme à partir de 1681, une série de prescriptions impose aux protestants une attitude de déférence lors du passage du Saint-Sacrement. Certaines processions donnent lieu à des excès contre les protestants, brutalisés ou contraints de s’agenouiller : les doléances du Convent ecclésiastique, l’organe de direction de l’Église luthérienne de Strasbourg, sont nombreuses à ce sujet. Mais il arrive aussi que le passage d’une procession dans un village protestant suscite des moqueries, qui peuvent conduire à des bagarres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
AMS 1MR 1, fo 107, 1MR 2, fo 17v et passim, 1MR 3, fo 18 &amp;#039;&amp;#039;et passim&amp;#039;&amp;#039;, 1MR 53, fo 2.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEVY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;La suppression des processions dans la Haute-Alsace pendant la grande Révolution (1791-1801)&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1905.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
WALTER ( Joseph), « Les processions de la cathédrale au Moyen Âge », WILMART (D. André), &amp;#039;&amp;#039;L’ancien cantorium de l’église de Strasbourg&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1928, p. 93-115.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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en sa ville. Le spirituel et le temporel, Strasbourg, 2020, p. 87-92.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<title>Procession</title>
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		<updated>2026-06-15T15:28:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Les processions votives ou populaires */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
Certaines processions liturgiques permettent de revivre les « entrées » de Jésus : la procession&lt;br /&gt;
du 2 février pour la Chandeleur correspond à la présentation au Temple. La procession des Rameaux met en scène l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession du cierge pascal apparaît au XIIe siècle lors de la vigile de Pâques. Après la bénédiction du feu en-dehors de l’église, les fidèles entrent dans l’église derrière le cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces processions qui ont lieu chaque année, des événements extraordinaires tels les translations de reliques donnaient également lieu à des processions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
Parmi elles, il faut citer la procession de la Fête-Dieu, instituée en 1264, et les processions&lt;br /&gt;
mariales lors des principales fêtes de la Vierge.&lt;br /&gt;
En France, la procession du 15 août connaît un succès particulier depuis que Louis XIII a consacré le Royaume à Notre-Dame (1638). La procession des Rogations (du latin, &amp;#039;&amp;#039;rogatio&amp;#039;&amp;#039;, demande, prière) remonte au haut Moyen Âge. À l’époque, elle avait lieu les trois jours précédant&lt;br /&gt;
l’Ascension. La communauté paroissiale, croix et bannières en tête, faisait le tour du ban ou à défaut se rendait alternativement aux extrémités du ban parfois marqués par une croix, pour demander la bénédiction divine sur les travaux des champs et les futures récoltes. Les fêtes patronales sont aussi l’occasion de processions au cours desquelles on porte la statue du saint patron dans les rues du village. À l’occasion, les reliques d’un saint et /ou le Saint-Sacrement accompagnaient la procession.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation des paroisses s’est faite progressivement à partir du haut Moyen Âge. Au départ, plusieurs villages se rendaient à l’église-mère, qui était leur église paroissiale. Au fil du temps, chaque village s’est doté d’une église, mais le lien avec l’ancienne église-mère se traduisait chaque année par une procession vers celle-ci. Ainsi, les communautés de Soultzmatt, Westhalten, Bergholtz, Orschwihr, Rouffach, Gundolsheim, Pfaffenheim relevaient à l’origine de l’église-mère Saint-Martin du Bollenberg. Après la création d’une église dans chacune de ces localités, leurs paroissiens se rendaient une fois par an en procession à celle du Bollenberg.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les processions vers des lieux de pèlerinage deviennent nombreuses à partir de la fin du Moyen Âge – par exemple celles de la paroisse de Rouffach aux sanctuaires mariaux du Schaefertal, du Schauenberg et de Thierenbach – et plus encore à l&amp;#039;époque moderne. En 1625, Thierenbach accueillait des processions venant de plus de vingt localités de la Hardt.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses processions étaient décrétées et initiées par le Magistrat des villes pour implorer la protection de la cité en temps de guerre, contre les épidémies (peste), les maladies (syphilis), les mauvaises récoltes, ou alors en action de grâce pour un bienfait obtenu. À Strasbourg, depuis 1356, a lieu à la Saint-Luc une procession qui commémore le fait que la ville n’a guère souffert du tremblement de terre qui, à cette date, a ravagé la ville de Bâle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces occasions, le Magistrat édictait des consignes très strictes. En 1444, pour la procession&lt;br /&gt;
de la Fête-Dieu à Colmar, tout un chacun doit y participer dans son meilleur habit en l’honneur&lt;br /&gt;
du Saint-Sacrement. En 1434-1435, le Magistrat de Colmar, en accord avec les chanoines de Saint-Martin, décrète, en raison d’épidémies, d’intempéries et de cherté, une procession à laquelle devra participer toute personne âgée de plus de 12 ans, pieds nus et en habit de laine, c’est-à-dire en tenue de pénitent. Au courant de la procession, il sera défendu de bavarder, les femmes devront rester avec les femmes et les hommes avec les hommes, sous peine de 30 ß d’amende. Pendant la procession, tout travail en ville est interdit. Aucun magasin ni aucune auberge ne devront être ouverts, et personne ne sera autorisé à quitter la ville tôt le matin pour travailler. À Strasbourg aussi, la procession pour la Fête-Dieu 1472 est strictement réglementée par le Magistrat : aux corporations, aux écoliers, aux chanoines, aux autres prêtres est assignée une place, que chacun doit respecter, sans dépasser les autres, sans s’attrouper ni se pousser dans les ruelles étroites. On défend aux porteurs de cierges d’accrocher des verres ou des gourdes avec du vin à leur porte-cierge (AVES 1MR 2, p. 159-161). Une gravure sur bois du XVe siècle représente la procession organisée à Strasbourg en 1477 pour fêter la victoire sur Charles le Téméraire (&amp;#039;&amp;#039;Iconoclasme&amp;#039;&amp;#039;, p. 188).&lt;br /&gt;
En tête du cortège était porté le Saint-Sacrement, suivi par le clergé. Puis venait la grande croix-reliquaire de la cathédrale, portée par les Franciscains et suivie par les hommes. Les Dominicains portaient la Vierge miraculeuse, qui était suivie par les femmes. Ces exemples montrent que lorsque la procession est organisée par le Magistrat, la participation de tout un chacun relève d’une obligation civique et non d’un acte de dévotion personnel. La procession, c’est aussi la communauté en marche dans un ordre exprimant sa hiérarchie. La place occupée par les corporations dans la procession est révélatrice de leur rang. Si d’une année à l’autre, l’une d’entre elles se retrouve reléguée plus loin du Saint-Sacrement, il s’agit d’une atteinte grave à son honneur. C’est pour avoir perdu leur place dans la procession du Saint-Sacrement en 1495 que les compagnons boulangers de Colmar entament une grève qui durera dix ans.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’introduction de la Réforme, les processions sont abolies. Ainsi, en 1534, le Magistrat&lt;br /&gt;
de Strasbourg a fait « fermer la paroisse de Saint-Étienne pour faire cesser les processions qu’on faisait au sépulcre de sainte Attale » (AVES AA 2580). Lors de la réintroduction du catholicisme à partir de 1681, une série de prescriptions impose aux protestants une attitude de déférence lors du passage du Saint-Sacrement. Certaines processions donnent lieu à des excès contre les protestants, brutalisés ou contraints de s’agenouiller : les doléances du Convent ecclésiastique, l’organe de direction de l’Église luthérienne de Strasbourg, sont nombreuses à ce sujet. Mais il arrive aussi que le passage d’une procession dans un village protestant suscite des moqueries, qui peuvent conduire à des bagarres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Les processions liturgiques */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
Certaines processions liturgiques permettent de revivre les « entrées » de Jésus : la procession&lt;br /&gt;
du 2 février pour la Chandeleur correspond à la présentation au Temple. La procession des Rameaux met en scène l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procession du cierge pascal apparaît au XIIe siècle lors de la vigile de Pâques. Après la bénédiction du feu en-dehors de l’église, les fidèles entrent dans l’église derrière le cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces processions qui ont lieu chaque année, des événements extraordinaires tels les translations de reliques donnaient également lieu à des processions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Notices connexes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Sources - Bibliographie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Jean-Marie Holderbach et Élisabeth Clementz&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Procession (Moyen Âge) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions votives ou populaires ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources - Bibliographie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notices connexes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
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[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<updated>2026-06-15T15:19:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Procession (Moyen Âge) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
La procession (du latin &amp;#039;&amp;#039;procedere&amp;#039;&amp;#039;, aller en avant) est une marche à caractère rituel et communautaire, que l’on retrouve dans la plupart des religions.&lt;br /&gt;
Elle va d’un point de départ à un point d’arrivée, qui peut être identique au point de départ, et s’accompagne normalement de chants et de prières.&lt;br /&gt;
Elle peut avoir lieu à l’intérieur d’une église ou à l’extérieur. Elle peut aussi bien s’insérer dans la liturgie la plus classique que s’épanouir avec de multiples variantes dans la dévotion populaire (Ph. Rouillard, &amp;#039;&amp;#039;Catholicisme Hier, aujourd’hui, demain&amp;#039;&amp;#039;, 11 c. 1111-1113).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les processions liturgiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
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		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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&lt;div&gt;#REDIRECTION [[Procession]]&lt;br /&gt;
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : Page redirigée vers Procession&lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;#REDIRECTION [[Procession]]&lt;br /&gt;
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : Page créée avec « == Procession (Moyen Âge) == == Procession (époque moderne à 1815) == == Sources - Bibliographie == == Notices connexes == &amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Procession (Moyen Âge) ==&lt;br /&gt;
== Procession (époque moderne à 1815) ==&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
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		<title>Procédure civile, Procédure criminelle</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : Page redirigée vers Droit de l&amp;#039;Alsace&lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;#REDIRECTION [[Droit de l&amp;#039;Alsace]]&lt;br /&gt;
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		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<title>Privilèges régaliens</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : Destination de redirection modifiée de &amp;#039;&amp;#039;Regalia&amp;#039;&amp;#039; en Regalia&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;#REDIRECTION [[Regalia]]&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<title>Privilèges régaliens</title>
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		<updated>2026-06-15T13:58:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : Page redirigée vers &amp;#039;&amp;#039;Regalia&amp;#039;&amp;#039;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;#REDIRECTION [[&amp;#039;&amp;#039;Regalia&amp;#039;&amp;#039;]]&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Privil%C3%A8ge_des_cadets&amp;diff=14012</id>
		<title>Privilège des cadets</title>
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		<updated>2026-06-15T13:58:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : Page créée avec « == Notices connexes == Coutume&amp;lt;br&amp;gt;  Droit de l’Alsace&amp;lt;br&amp;gt;  Juveigneurie Category : P »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
[[Coutume]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Juveignerie (droit de)|Juveigneurie]]&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Zuchthaus&amp;diff=14011</id>
		<title>Zuchthaus</title>
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		<updated>2026-06-15T13:56:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : Page redirigée vers Prison&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;#REDIRECTION [[Prison]]&lt;br /&gt;
[[Category : Z]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Prison&amp;diff=14010</id>
		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:56:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Les prisons de Colmar */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
À partir du XIIe siècle, les ennemis faits prisonniers ne sont plus réduits en esclavage, mais détenus contre rançon dans des conditions variables : domiciles assignés, auberges. Il en va de même pour le débiteur récalcitrant : il est emprisonné jusqu’au paiement de sa dette. Les créanciers peuvent obtenir des juges un arrêt de contrainte par corps (v. [[Faillite]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que prescrit aussi le Code pénal de 1810 (art. 489). Le juge peut décider que l’emprisonnement aura lieu à domicile, auquel cas on convertit sa maison en une prison domestique (&amp;#039;&amp;#039;Hausarrest&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
C’est en 1600 qu’apparaît le concept de prison modèle, celle d’Amsterdam : le &amp;#039;&amp;#039;Tuchtuis&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039;) pour les hommes et le &amp;#039;&amp;#039;Spinnhus&amp;#039;&amp;#039; pour les femmes.&lt;br /&gt;
Le ou la détenu-e est censé-e se réhabiliter par le travail. La prison &amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039; juxtapose les fonctions : asile des pauvres, lieu de détention des délinquants et institution chrétienne de rééducation par le travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
Au début du XVIIe siècle, à l’instar d’autres villes du Saint Empire (Nuremberg, Hambourg), Strasbourg a créé son bagne, le &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039;, qui emploie les forçats aux travaux de voirie, fortifications et canaux, peines appelées aussi la &amp;#039;&amp;#039;Karrenstrafe&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Karren]]). « Ils travaillaient enchaînés, revêtus d’un costume particulier et ayant sur leur couvre-chef une sonnette qui tintait à chaque pas. De là le nom de &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; donné à ces bagnes. » L’évêque de Strasbourg, Léopold, en crée un à Rouffach, transféré ultérieurement à Benfeld, pour la reconstruction de la forteresse (Reuss, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1640, Strasbourg établit une prison à l’instar de celle d’Amsterdam dans l’ancien monastère des chevaliers de Saint-Jean, où les mendiants et les vagabonds étaient occupés à réduire en poudre, au moyen de grandes râpes en fer, du bois de Brésil pour les teintures, ou à fabriquer de grossiers tissus. De là lui vint le nom, resté populaire à Strasbourg, de &amp;#039;&amp;#039;Raspelhus&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039;, maison de la râpe), employé pour y désigner la prison (Reuss, L’Alsace au XVIIe siècle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
Le Code pénal appliqué en Alsace à partir du XVIe siècle est la Caroline, qui ne mentionne la prison que comme lieu de passage où se pratique la détention de l’accusé, son interrogatoire et la question (&amp;#039;&amp;#039;Code de Droit criminel dit Caroline&amp;#039;&amp;#039;, art. 61).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’édit du roi de France de 1670 s’applique dans de plus en plus de territoires, en particulier pour l’enfermement des mendiants et vagabonds (v. [[Conseil souverain]], [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]], Sablayrolles). La législation du royaume ne considère pas la prison comme une peine, mais comme un moyen de s’assurer de la présence de ceux qui y sont détenus, sauf les cas de commutation de peine de mort ou en matière ecclésiastique (Muyart de Vouglans, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles&amp;#039;&amp;#039;, p. 67). La peine de privation de liberté prononcée est celle des galères (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de la fin du XVIIIe siècle, la peine de prison ou la privation de liberté est introduite dans les codes pénaux parmi les peines infligées aux contrevenants, ainsi pour les fautes des ouvriers recueillant le salpêtre sur les murs, condamnés à la prison et à l’amende (de Boug II 722, Arrêt du Conseil d’État portant règlement sur les poudres et salpêtres dans la Province d’Alsace 1766) (v. [[Poudres et salpêtres|Poudres]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
La peine de prison est introduite dans le code pénal de 1791, mais sous le nom de détention.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 1er : « Les peines qui seront prononcées contre les accusés trouvés coupables par le jury, sont la peine de mort, les fers, la réclusion dans la maison de force, la gêne, la détention, la déportation, la dégradation civique, le carcan. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce code introduit une distinction entre les types de lieux de détention... qui restera assez théorique.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 21 : « Tout geôlier et gardien de maisons d’arrêt, de justice, de correction ou de prison pénale, qui recevra ou retiendra ladite personne, sinon en vertu de mandat, ordonnance, jugement ou autre acte légal, sera puni de la peine de six années de gêne » ;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La détention ou peine de prison est confirmée dans le Code pénal de 1810 ! (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]). Le Code arrête que : « Art. 9. Les peines en matière correctionnelle sont, 1° L’emprisonnement à temps dans un lieu de correction ; 2° L’interdiction&lt;br /&gt;
à temps de certains droits civiques, civils ou de famille ; 3° L’amende. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 40 : « Quiconque aura été condamné à la peine d’emprisonnement, sera renfermé dans une maison de correction : il y sera employé à l’un des travaux établis dans cette maison, selon son choix ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
Les communautés (&amp;#039;&amp;#039;gemeinde&amp;#039;&amp;#039;) ont toutes un lieu de détention, où le sergent (&amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bott&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Buttel&amp;#039;&amp;#039;) enferme un délinquant, en attendant le jugement prononcé par le maire ou &amp;#039;&amp;#039;Schultheis&amp;#039;&amp;#039; ou &amp;#039;&amp;#039;Gericht&amp;#039;&amp;#039;, qui se règle par une amende. Ce lieu peut être une remise de la maison commune ou une cave ou une étable. S’il y a crime, le prévenu est conduit par le &amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039; dans la prison de la seigneurie, en règle générale un local d’une tour des remparts du chef-lieu, où il attendra de passer en procès, lors de la session prochaine du tribunal seigneurial ou &amp;#039;&amp;#039;Malefizgericht&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Justice]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
La majorité des prisons se situent dans les tours des remparts des villes et châteaux. Les&lt;br /&gt;
« tours-prisons » sont utilisées du XVe siècle jusqu’aux premières décennies du XIXe siècle,&lt;br /&gt;
a minima dans 15 villes, dont les remparts ont été étudiés par Adrien Vuillemin : Obernai, Dambach, Kientzheim, Kaysersberg, Riquewihr, Ammerschwihr, Turckheim, Munster, Guémar, Wihr-au-Val, Benfeld, Zellenberg, Rosheim, Saint-Hippolyte et Villé.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut trouver des cachots et prisons dans plusieurs tours d’une même ville, ainsi à Kaysersberg, le &amp;#039;&amp;#039;Juncker Hansen Thurm&amp;#039;&amp;#039;, le &amp;#039;&amp;#039;Kesslerturm&amp;#039;&amp;#039;, la &amp;#039;&amp;#039;Weisstürmlin&amp;#039;&amp;#039; ou encore le &amp;#039;&amp;#039;Weckturm&amp;#039;&amp;#039;. La toponymie constitue une indication : ainsi les &amp;#039;&amp;#039;Diebsturme&amp;#039;&amp;#039;, ou &amp;#039;&amp;#039;Bürgerturme&amp;#039;&amp;#039; (ainsi à Kientzheim ou à Riquewihr). Autre indication : les tours des sorcières (&amp;#039;&amp;#039;Hexenturm&amp;#039;&amp;#039;, Andlau, Kaysersberg). Mais on y a emprisonné aussi des hérétiques : ainsi la &amp;#039;&amp;#039;Teufferturm&amp;#039;&amp;#039; de Riquewihr (tour des anabaptistes bannis par le luthérien duc de Wurtemberg).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pasteur et réformateur du système pénitentiaire prusso-allemand, Krohne, a décrit en 1899 les célèbres « &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängnisse&amp;#039;&amp;#039; » de Nuremberg au XVIe siècle : des cellules de deux mètres carrés fermées de planches et, dans les cellules, des bats-flancs, dont on change tous les mois la paille et le cuveau pour les besoins (&amp;#039;&amp;#039;Lehrbuch der Gerfängniskunde&amp;#039;&amp;#039;, 1889). Les photos des cellules de Dambach-la-Ville et de Kaysersberg évoquent ces &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängsnisse&amp;#039;&amp;#039;. Pourtant, Adrien Vuillemin relève des cellules chauffées (pour bourgeois ou endettés) à Ribeauvillé et à Boersch. Et les instructions strasbourgeoises aux gardiens de tour (&amp;#039;&amp;#039;Thurmhüter&amp;#039;&amp;#039;) prescrivent un traitement correct, il est vrai aux frais des prisonniers (v. [[Gardien de prison]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
Strasbourg compte de nombreuses prisons : les cellules des tours des Ponts-Couverts ou la &amp;#039;&amp;#039;Deimelthurm&amp;#039;&amp;#039; (Tour aux tortures) dans le quartier du Finckwiller, soit à la tour Sainte-Catherine (&amp;#039;&amp;#039;Guldenthurm&amp;#039;&amp;#039;) ou l’ancien couvent des Guillemites à la Krutenau, l’Arsenal, puis le &amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039; dans l’ancienne commanderie de Saint-Jean. En 1815, devant l’insalubrité de la détention dans les tours des Ponts-Couverts, l’on construit une nouvelle prison, dans la rue du Fil, derrière le tribunal correctionnel où l’on installe aussi des ateliers pour les travaux des prisons (tricotage, filature de chanvre) (Goldschmidt).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
À Mulhouse, la prison se trouve dans le &amp;#039;&amp;#039;Ratskeller&amp;#039;&amp;#039; (caves de l’hôtel de ville) ou dans le &amp;#039;&amp;#039;Walkenturm&amp;#039;&amp;#039; des remparts, où l’on peut purger des peines courtes. La Ville a créé, elle aussi, un &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; pour travaux forcés, où les peines atteignent des années. À la fin du XVIIIe siècle, Mulhouse transfère également, comme d’autres cantons suisses, des condamnés à la France pour les galères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
À Colmar, le Conseil souverain s’approprie les immeubles du &amp;#039;&amp;#039;Wagkeller&amp;#039;&amp;#039; et avoisinants et installe sa prison dans la Conciergerie, maison située en face de l’église des Augustins, où l’autorité militaire place également ses prisonniers. Les détenus peuvent aussi être placés dans la prison d’Ensisheim. Les femmes condamnées sont envoyées à Strasbourg. Vers 1780, les conseillers commencent à se préoccuper du sort des prisonniers, parfois oubliés pendant des mois et projettent la reconstruction de la prison, qu’on doit agrandir vers l’arrière sur l’auberge du &amp;#039;&amp;#039;Wilden Mann&amp;#039;&amp;#039; (au Sauvage). &lt;br /&gt;
La gestion de la prison est confiée par affermage au concierge de la prison, place assez recherchée pour ses gages et les frais de geôle payés par les prisonniers (Pillot-Neyremand, &amp;#039;&amp;#039;Histoire du Conseil souverain d’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1860, p. 184-225).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant la Révolution, la masse des biens nationaux mit à la disposition des autorités un certain&lt;br /&gt;
nombre d’établissements religieux pouvant servir de prison : ce fut le cas pour quelques années du Grand Séminaire de Strasbourg (qui recueille nombre de prêtres et de religieuses réfractaires,&lt;br /&gt;
ainsi que de pasteurs protestants) ou du Couvent des Augustins de Colmar, annexé et transformé en&lt;br /&gt;
prison en 1791, avec un dépôt de mendicité, et restructuré définitivement en 1806.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;UBS&amp;#039;&amp;#039;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DE BOUG, &amp;#039;&amp;#039;Ordonnances d’Alsace&amp;#039;&amp;#039; I et II, Colmar, 1774.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles de France dans leur ordre naturel&amp;#039;&amp;#039;, Paris, 1780.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), &amp;#039;&amp;#039;Essai sur les anciennes juridictions d’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1857.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, &amp;#039;&amp;#039;Histoire du Conseil souverain d’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1860, p. 184-225.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace avant 1789&amp;#039;&amp;#039;, Colmar-Paris, 1876.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », &amp;#039;&amp;#039;Bulletin du Musée historique de Mulhouse&amp;#039;&amp;#039;, 1877, p.5-40.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), &amp;#039;&amp;#039;Lehrbuch der Gefängnisskunde&amp;#039;&amp;#039;, Berlin, 1889.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter Stadtrechte&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1902.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), &amp;#039;&amp;#039;La Justice criminelle et la Police des moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries historiques&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1885.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), &amp;#039;&amp;#039;Des prisons de Strasbourg au commencement du siècle dernier&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1913.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), &amp;#039;&amp;#039;Geschichte des Verbrechens; Versuch einer historischen Kriminologie&amp;#039;&amp;#039;, Berlin, 1951.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), &amp;#039;&amp;#039;Usprünge und Anfänge der Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens&amp;#039;&amp;#039;, Zurich, 1981.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), &amp;#039;&amp;#039;Recherches sur la pauvreté, l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime&amp;#039;&amp;#039;, thèse Strasbourg, 1988.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), &amp;#039;&amp;#039;La jurisprudence du tribunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1994.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circulation et croisement des pratiques dans l’espace germanique à l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;Enfermements. Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle)&amp;#039;&amp;#039;, vol. 1, Paris, 2011, p.211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), &amp;#039;&amp;#039;Les enceintes urbaines en Moyenne Alsace (1200-1850)&amp;#039;&amp;#039;, thèse sous la direction de Georges Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
[[Bannissement]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Carcan]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Caroline (Constitution)|Caroline]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Coutume]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Gardien de prison]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Justice]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;[[Malefizgericht|Male-fizgericht]]&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Prison&amp;diff=14009</id>
		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:55:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Notices connexes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
À partir du XIIe siècle, les ennemis faits prisonniers ne sont plus réduits en esclavage, mais détenus contre rançon dans des conditions variables : domiciles assignés, auberges. Il en va de même pour le débiteur récalcitrant : il est emprisonné jusqu’au paiement de sa dette. Les créanciers peuvent obtenir des juges un arrêt de contrainte par corps (v. [[Faillite]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que prescrit aussi le Code pénal de 1810 (art. 489). Le juge peut décider que l’emprisonnement aura lieu à domicile, auquel cas on convertit sa maison en une prison domestique (&amp;#039;&amp;#039;Hausarrest&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
C’est en 1600 qu’apparaît le concept de prison modèle, celle d’Amsterdam : le &amp;#039;&amp;#039;Tuchtuis&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039;) pour les hommes et le &amp;#039;&amp;#039;Spinnhus&amp;#039;&amp;#039; pour les femmes.&lt;br /&gt;
Le ou la détenu-e est censé-e se réhabiliter par le travail. La prison &amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039; juxtapose les fonctions : asile des pauvres, lieu de détention des délinquants et institution chrétienne de rééducation par le travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
Au début du XVIIe siècle, à l’instar d’autres villes du Saint Empire (Nuremberg, Hambourg), Strasbourg a créé son bagne, le &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039;, qui emploie les forçats aux travaux de voirie, fortifications et canaux, peines appelées aussi la &amp;#039;&amp;#039;Karrenstrafe&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Karren]]). « Ils travaillaient enchaînés, revêtus d’un costume particulier et ayant sur leur couvre-chef une sonnette qui tintait à chaque pas. De là le nom de &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; donné à ces bagnes. » L’évêque de Strasbourg, Léopold, en crée un à Rouffach, transféré ultérieurement à Benfeld, pour la reconstruction de la forteresse (Reuss, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1640, Strasbourg établit une prison à l’instar de celle d’Amsterdam dans l’ancien monastère des chevaliers de Saint-Jean, où les mendiants et les vagabonds étaient occupés à réduire en poudre, au moyen de grandes râpes en fer, du bois de Brésil pour les teintures, ou à fabriquer de grossiers tissus. De là lui vint le nom, resté populaire à Strasbourg, de &amp;#039;&amp;#039;Raspelhus&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039;, maison de la râpe), employé pour y désigner la prison (Reuss, L’Alsace au XVIIe siècle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
Le Code pénal appliqué en Alsace à partir du XVIe siècle est la Caroline, qui ne mentionne la prison que comme lieu de passage où se pratique la détention de l’accusé, son interrogatoire et la question (&amp;#039;&amp;#039;Code de Droit criminel dit Caroline&amp;#039;&amp;#039;, art. 61).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’édit du roi de France de 1670 s’applique dans de plus en plus de territoires, en particulier pour l’enfermement des mendiants et vagabonds (v. [[Conseil souverain]], [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]], Sablayrolles). La législation du royaume ne considère pas la prison comme une peine, mais comme un moyen de s’assurer de la présence de ceux qui y sont détenus, sauf les cas de commutation de peine de mort ou en matière ecclésiastique (Muyart de Vouglans, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles&amp;#039;&amp;#039;, p. 67). La peine de privation de liberté prononcée est celle des galères (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de la fin du XVIIIe siècle, la peine de prison ou la privation de liberté est introduite dans les codes pénaux parmi les peines infligées aux contrevenants, ainsi pour les fautes des ouvriers recueillant le salpêtre sur les murs, condamnés à la prison et à l’amende (de Boug II 722, Arrêt du Conseil d’État portant règlement sur les poudres et salpêtres dans la Province d’Alsace 1766) (v. [[Poudres et salpêtres|Poudres]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
La peine de prison est introduite dans le code pénal de 1791, mais sous le nom de détention.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 1er : « Les peines qui seront prononcées contre les accusés trouvés coupables par le jury, sont la peine de mort, les fers, la réclusion dans la maison de force, la gêne, la détention, la déportation, la dégradation civique, le carcan. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce code introduit une distinction entre les types de lieux de détention... qui restera assez théorique.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 21 : « Tout geôlier et gardien de maisons d’arrêt, de justice, de correction ou de prison pénale, qui recevra ou retiendra ladite personne, sinon en vertu de mandat, ordonnance, jugement ou autre acte légal, sera puni de la peine de six années de gêne » ;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La détention ou peine de prison est confirmée dans le Code pénal de 1810 ! (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]). Le Code arrête que : « Art. 9. Les peines en matière correctionnelle sont, 1° L’emprisonnement à temps dans un lieu de correction ; 2° L’interdiction&lt;br /&gt;
à temps de certains droits civiques, civils ou de famille ; 3° L’amende. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 40 : « Quiconque aura été condamné à la peine d’emprisonnement, sera renfermé dans une maison de correction : il y sera employé à l’un des travaux établis dans cette maison, selon son choix ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
Les communautés (&amp;#039;&amp;#039;gemeinde&amp;#039;&amp;#039;) ont toutes un lieu de détention, où le sergent (&amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bott&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Buttel&amp;#039;&amp;#039;) enferme un délinquant, en attendant le jugement prononcé par le maire ou &amp;#039;&amp;#039;Schultheis&amp;#039;&amp;#039; ou &amp;#039;&amp;#039;Gericht&amp;#039;&amp;#039;, qui se règle par une amende. Ce lieu peut être une remise de la maison commune ou une cave ou une étable. S’il y a crime, le prévenu est conduit par le &amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039; dans la prison de la seigneurie, en règle générale un local d’une tour des remparts du chef-lieu, où il attendra de passer en procès, lors de la session prochaine du tribunal seigneurial ou &amp;#039;&amp;#039;Malefizgericht&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Justice]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
La majorité des prisons se situent dans les tours des remparts des villes et châteaux. Les&lt;br /&gt;
« tours-prisons » sont utilisées du XVe siècle jusqu’aux premières décennies du XIXe siècle,&lt;br /&gt;
a minima dans 15 villes, dont les remparts ont été étudiés par Adrien Vuillemin : Obernai, Dambach, Kientzheim, Kaysersberg, Riquewihr, Ammerschwihr, Turckheim, Munster, Guémar, Wihr-au-Val, Benfeld, Zellenberg, Rosheim, Saint-Hippolyte et Villé.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut trouver des cachots et prisons dans plusieurs tours d’une même ville, ainsi à Kaysersberg, le &amp;#039;&amp;#039;Juncker Hansen Thurm&amp;#039;&amp;#039;, le &amp;#039;&amp;#039;Kesslerturm&amp;#039;&amp;#039;, la &amp;#039;&amp;#039;Weisstürmlin&amp;#039;&amp;#039; ou encore le &amp;#039;&amp;#039;Weckturm&amp;#039;&amp;#039;. La toponymie constitue une indication : ainsi les &amp;#039;&amp;#039;Diebsturme&amp;#039;&amp;#039;, ou &amp;#039;&amp;#039;Bürgerturme&amp;#039;&amp;#039; (ainsi à Kientzheim ou à Riquewihr). Autre indication : les tours des sorcières (&amp;#039;&amp;#039;Hexenturm&amp;#039;&amp;#039;, Andlau, Kaysersberg). Mais on y a emprisonné aussi des hérétiques : ainsi la &amp;#039;&amp;#039;Teufferturm&amp;#039;&amp;#039; de Riquewihr (tour des anabaptistes bannis par le luthérien duc de Wurtemberg).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pasteur et réformateur du système pénitentiaire prusso-allemand, Krohne, a décrit en 1899 les célèbres « &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängnisse&amp;#039;&amp;#039; » de Nuremberg au XVIe siècle : des cellules de deux mètres carrés fermées de planches et, dans les cellules, des bats-flancs, dont on change tous les mois la paille et le cuveau pour les besoins (&amp;#039;&amp;#039;Lehrbuch der Gerfängniskunde&amp;#039;&amp;#039;, 1889). Les photos des cellules de Dambach-la-Ville et de Kaysersberg évoquent ces &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängsnisse&amp;#039;&amp;#039;. Pourtant, Adrien Vuillemin relève des cellules chauffées (pour bourgeois ou endettés) à Ribeauvillé et à Boersch. Et les instructions strasbourgeoises aux gardiens de tour (&amp;#039;&amp;#039;Thurmhüter&amp;#039;&amp;#039;) prescrivent un traitement correct, il est vrai aux frais des prisonniers (v. [[Gardien de prison]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
Strasbourg compte de nombreuses prisons : les cellules des tours des Ponts-Couverts ou la &amp;#039;&amp;#039;Deimelthurm&amp;#039;&amp;#039; (Tour aux tortures) dans le quartier du Finckwiller, soit à la tour Sainte-Catherine (&amp;#039;&amp;#039;Guldenthurm&amp;#039;&amp;#039;) ou l’ancien couvent des Guillemites à la Krutenau, l’Arsenal, puis le &amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039; dans l’ancienne commanderie de Saint-Jean. En 1815, devant l’insalubrité de la détention dans les tours des Ponts-Couverts, l’on construit une nouvelle prison, dans la rue du Fil, derrière le tribunal correctionnel où l’on installe aussi des ateliers pour les travaux des prisons (tricotage, filature de chanvre) (Goldschmidt).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
À Mulhouse, la prison se trouve dans le &amp;#039;&amp;#039;Ratskeller&amp;#039;&amp;#039; (caves de l’hôtel de ville) ou dans le &amp;#039;&amp;#039;Walkenturm&amp;#039;&amp;#039; des remparts, où l’on peut purger des peines courtes. La Ville a créé, elle aussi, un &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; pour travaux forcés, où les peines atteignent des années. À la fin du XVIIIe siècle, Mulhouse transfère également, comme d’autres cantons suisses, des condamnés à la France pour les galères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
À Colmar, le Conseil souverain s’approprie les immeubles du &amp;#039;&amp;#039;Wagkeller&amp;#039;&amp;#039; et avoisinants et installe sa prison dans la Conciergerie, maison située en face de l’église des Augustins, où l’autorité militaire place également ses prisonniers. Les détenus peuvent aussi être placés dans la prison d’Ensisheim. Les femmes condamnées sont envoyées à Strasbourg. Vers 1780, les conseillers commencent à se préoccuper du sort des prisonniers, parfois oubliés pendant des mois et projettent la reconstruction de la prison, qu’on doit agrandir vers l’arrière sur l’auberge du &amp;#039;&amp;#039;Wilden Mann&amp;#039;&amp;#039; (au Sauvage). &lt;br /&gt;
La gestion de la prison est confiée par affermage au concierge de la prison, place assez recherchée pour ses gages et les frais de geôle payés par les prisonniers (Pillot-Neyremand, &amp;#039;&amp;#039;Histoire du Conseil souverain d’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1860, p. 184-225).&amp;lt;br&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant la Révolution, la masse des biens nationaux mit à la disposition des autorités un certain&lt;br /&gt;
nombre d’établissements religieux pouvant servir de prison : ce fut le cas pour quelques années du Grand Séminaire de Strasbourg (qui recueille nombre de prêtres et de religieuses réfractaires,&lt;br /&gt;
ainsi que de pasteurs protestants) ou du Couvent des Augustins de Colmar, annexé et transformé en&lt;br /&gt;
prison en 1791, avec un dépôt de mendicité, et restructuré définitivement en 1806.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;UBS&amp;#039;&amp;#039;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DE BOUG, &amp;#039;&amp;#039;Ordonnances d’Alsace&amp;#039;&amp;#039; I et II, Colmar, 1774.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles de France dans leur ordre naturel&amp;#039;&amp;#039;, Paris, 1780.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), &amp;#039;&amp;#039;Essai sur les anciennes juridictions d’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1857.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, &amp;#039;&amp;#039;Histoire du Conseil souverain d’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1860, p. 184-225.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace avant 1789&amp;#039;&amp;#039;, Colmar-Paris, 1876.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », &amp;#039;&amp;#039;Bulletin du Musée historique de Mulhouse&amp;#039;&amp;#039;, 1877, p.5-40.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), &amp;#039;&amp;#039;Lehrbuch der Gefängnisskunde&amp;#039;&amp;#039;, Berlin, 1889.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter Stadtrechte&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1902.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), &amp;#039;&amp;#039;La Justice criminelle et la Police des moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries historiques&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1885.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), &amp;#039;&amp;#039;Des prisons de Strasbourg au commencement du siècle dernier&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1913.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), &amp;#039;&amp;#039;Geschichte des Verbrechens; Versuch einer historischen Kriminologie&amp;#039;&amp;#039;, Berlin, 1951.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), &amp;#039;&amp;#039;Usprünge und Anfänge der Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens&amp;#039;&amp;#039;, Zurich, 1981.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), &amp;#039;&amp;#039;Recherches sur la pauvreté, l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime&amp;#039;&amp;#039;, thèse Strasbourg, 1988.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), &amp;#039;&amp;#039;La jurisprudence du tribunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1994.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circulation et croisement des pratiques dans l’espace germanique à l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;Enfermements. Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle)&amp;#039;&amp;#039;, vol. 1, Paris, 2011, p.211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), &amp;#039;&amp;#039;Les enceintes urbaines en Moyenne Alsace (1200-1850)&amp;#039;&amp;#039;, thèse sous la direction de Georges Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
[[Bannissement]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Carcan]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Caroline (Constitution)|Caroline]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Coutume]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Gardien de prison]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Justice]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;[[Malefizgericht|Male-fizgericht]]&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Prison&amp;diff=14008</id>
		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:55:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Notices connexes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
À partir du XIIe siècle, les ennemis faits prisonniers ne sont plus réduits en esclavage, mais détenus contre rançon dans des conditions variables : domiciles assignés, auberges. Il en va de même pour le débiteur récalcitrant : il est emprisonné jusqu’au paiement de sa dette. Les créanciers peuvent obtenir des juges un arrêt de contrainte par corps (v. [[Faillite]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que prescrit aussi le Code pénal de 1810 (art. 489). Le juge peut décider que l’emprisonnement aura lieu à domicile, auquel cas on convertit sa maison en une prison domestique (&amp;#039;&amp;#039;Hausarrest&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
C’est en 1600 qu’apparaît le concept de prison modèle, celle d’Amsterdam : le &amp;#039;&amp;#039;Tuchtuis&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039;) pour les hommes et le &amp;#039;&amp;#039;Spinnhus&amp;#039;&amp;#039; pour les femmes.&lt;br /&gt;
Le ou la détenu-e est censé-e se réhabiliter par le travail. La prison &amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039; juxtapose les fonctions : asile des pauvres, lieu de détention des délinquants et institution chrétienne de rééducation par le travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
Au début du XVIIe siècle, à l’instar d’autres villes du Saint Empire (Nuremberg, Hambourg), Strasbourg a créé son bagne, le &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039;, qui emploie les forçats aux travaux de voirie, fortifications et canaux, peines appelées aussi la &amp;#039;&amp;#039;Karrenstrafe&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Karren]]). « Ils travaillaient enchaînés, revêtus d’un costume particulier et ayant sur leur couvre-chef une sonnette qui tintait à chaque pas. De là le nom de &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; donné à ces bagnes. » L’évêque de Strasbourg, Léopold, en crée un à Rouffach, transféré ultérieurement à Benfeld, pour la reconstruction de la forteresse (Reuss, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1640, Strasbourg établit une prison à l’instar de celle d’Amsterdam dans l’ancien monastère des chevaliers de Saint-Jean, où les mendiants et les vagabonds étaient occupés à réduire en poudre, au moyen de grandes râpes en fer, du bois de Brésil pour les teintures, ou à fabriquer de grossiers tissus. De là lui vint le nom, resté populaire à Strasbourg, de &amp;#039;&amp;#039;Raspelhus&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039;, maison de la râpe), employé pour y désigner la prison (Reuss, L’Alsace au XVIIe siècle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
Le Code pénal appliqué en Alsace à partir du XVIe siècle est la Caroline, qui ne mentionne la prison que comme lieu de passage où se pratique la détention de l’accusé, son interrogatoire et la question (&amp;#039;&amp;#039;Code de Droit criminel dit Caroline&amp;#039;&amp;#039;, art. 61).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’édit du roi de France de 1670 s’applique dans de plus en plus de territoires, en particulier pour l’enfermement des mendiants et vagabonds (v. [[Conseil souverain]], [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]], Sablayrolles). La législation du royaume ne considère pas la prison comme une peine, mais comme un moyen de s’assurer de la présence de ceux qui y sont détenus, sauf les cas de commutation de peine de mort ou en matière ecclésiastique (Muyart de Vouglans, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles&amp;#039;&amp;#039;, p. 67). La peine de privation de liberté prononcée est celle des galères (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de la fin du XVIIIe siècle, la peine de prison ou la privation de liberté est introduite dans les codes pénaux parmi les peines infligées aux contrevenants, ainsi pour les fautes des ouvriers recueillant le salpêtre sur les murs, condamnés à la prison et à l’amende (de Boug II 722, Arrêt du Conseil d’État portant règlement sur les poudres et salpêtres dans la Province d’Alsace 1766) (v. [[Poudres et salpêtres|Poudres]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
La peine de prison est introduite dans le code pénal de 1791, mais sous le nom de détention.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 1er : « Les peines qui seront prononcées contre les accusés trouvés coupables par le jury, sont la peine de mort, les fers, la réclusion dans la maison de force, la gêne, la détention, la déportation, la dégradation civique, le carcan. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce code introduit une distinction entre les types de lieux de détention... qui restera assez théorique.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 21 : « Tout geôlier et gardien de maisons d’arrêt, de justice, de correction ou de prison pénale, qui recevra ou retiendra ladite personne, sinon en vertu de mandat, ordonnance, jugement ou autre acte légal, sera puni de la peine de six années de gêne » ;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La détention ou peine de prison est confirmée dans le Code pénal de 1810 ! (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]). Le Code arrête que : « Art. 9. Les peines en matière correctionnelle sont, 1° L’emprisonnement à temps dans un lieu de correction ; 2° L’interdiction&lt;br /&gt;
à temps de certains droits civiques, civils ou de famille ; 3° L’amende. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 40 : « Quiconque aura été condamné à la peine d’emprisonnement, sera renfermé dans une maison de correction : il y sera employé à l’un des travaux établis dans cette maison, selon son choix ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
Les communautés (&amp;#039;&amp;#039;gemeinde&amp;#039;&amp;#039;) ont toutes un lieu de détention, où le sergent (&amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bott&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Buttel&amp;#039;&amp;#039;) enferme un délinquant, en attendant le jugement prononcé par le maire ou &amp;#039;&amp;#039;Schultheis&amp;#039;&amp;#039; ou &amp;#039;&amp;#039;Gericht&amp;#039;&amp;#039;, qui se règle par une amende. Ce lieu peut être une remise de la maison commune ou une cave ou une étable. S’il y a crime, le prévenu est conduit par le &amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039; dans la prison de la seigneurie, en règle générale un local d’une tour des remparts du chef-lieu, où il attendra de passer en procès, lors de la session prochaine du tribunal seigneurial ou &amp;#039;&amp;#039;Malefizgericht&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Justice]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
La majorité des prisons se situent dans les tours des remparts des villes et châteaux. Les&lt;br /&gt;
« tours-prisons » sont utilisées du XVe siècle jusqu’aux premières décennies du XIXe siècle,&lt;br /&gt;
a minima dans 15 villes, dont les remparts ont été étudiés par Adrien Vuillemin : Obernai, Dambach, Kientzheim, Kaysersberg, Riquewihr, Ammerschwihr, Turckheim, Munster, Guémar, Wihr-au-Val, Benfeld, Zellenberg, Rosheim, Saint-Hippolyte et Villé.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut trouver des cachots et prisons dans plusieurs tours d’une même ville, ainsi à Kaysersberg, le &amp;#039;&amp;#039;Juncker Hansen Thurm&amp;#039;&amp;#039;, le &amp;#039;&amp;#039;Kesslerturm&amp;#039;&amp;#039;, la &amp;#039;&amp;#039;Weisstürmlin&amp;#039;&amp;#039; ou encore le &amp;#039;&amp;#039;Weckturm&amp;#039;&amp;#039;. La toponymie constitue une indication : ainsi les &amp;#039;&amp;#039;Diebsturme&amp;#039;&amp;#039;, ou &amp;#039;&amp;#039;Bürgerturme&amp;#039;&amp;#039; (ainsi à Kientzheim ou à Riquewihr). Autre indication : les tours des sorcières (&amp;#039;&amp;#039;Hexenturm&amp;#039;&amp;#039;, Andlau, Kaysersberg). Mais on y a emprisonné aussi des hérétiques : ainsi la &amp;#039;&amp;#039;Teufferturm&amp;#039;&amp;#039; de Riquewihr (tour des anabaptistes bannis par le luthérien duc de Wurtemberg).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pasteur et réformateur du système pénitentiaire prusso-allemand, Krohne, a décrit en 1899 les célèbres « &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängnisse&amp;#039;&amp;#039; » de Nuremberg au XVIe siècle : des cellules de deux mètres carrés fermées de planches et, dans les cellules, des bats-flancs, dont on change tous les mois la paille et le cuveau pour les besoins (&amp;#039;&amp;#039;Lehrbuch der Gerfängniskunde&amp;#039;&amp;#039;, 1889). Les photos des cellules de Dambach-la-Ville et de Kaysersberg évoquent ces &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängsnisse&amp;#039;&amp;#039;. Pourtant, Adrien Vuillemin relève des cellules chauffées (pour bourgeois ou endettés) à Ribeauvillé et à Boersch. Et les instructions strasbourgeoises aux gardiens de tour (&amp;#039;&amp;#039;Thurmhüter&amp;#039;&amp;#039;) prescrivent un traitement correct, il est vrai aux frais des prisonniers (v. [[Gardien de prison]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
Strasbourg compte de nombreuses prisons : les cellules des tours des Ponts-Couverts ou la &amp;#039;&amp;#039;Deimelthurm&amp;#039;&amp;#039; (Tour aux tortures) dans le quartier du Finckwiller, soit à la tour Sainte-Catherine (&amp;#039;&amp;#039;Guldenthurm&amp;#039;&amp;#039;) ou l’ancien couvent des Guillemites à la Krutenau, l’Arsenal, puis le &amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039; dans l’ancienne commanderie de Saint-Jean. En 1815, devant l’insalubrité de la détention dans les tours des Ponts-Couverts, l’on construit une nouvelle prison, dans la rue du Fil, derrière le tribunal correctionnel où l’on installe aussi des ateliers pour les travaux des prisons (tricotage, filature de chanvre) (Goldschmidt).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
À Mulhouse, la prison se trouve dans le &amp;#039;&amp;#039;Ratskeller&amp;#039;&amp;#039; (caves de l’hôtel de ville) ou dans le &amp;#039;&amp;#039;Walkenturm&amp;#039;&amp;#039; des remparts, où l’on peut purger des peines courtes. La Ville a créé, elle aussi, un &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; pour travaux forcés, où les peines atteignent des années. À la fin du XVIIIe siècle, Mulhouse transfère également, comme d’autres cantons suisses, des condamnés à la France pour les galères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
À Colmar, le Conseil souverain s’approprie les immeubles du &amp;#039;&amp;#039;Wagkeller&amp;#039;&amp;#039; et avoisinants et installe sa prison dans la Conciergerie, maison située en face de l’église des Augustins, où l’autorité militaire place également ses prisonniers. Les détenus peuvent aussi être placés dans la prison d’Ensisheim. Les femmes condamnées sont envoyées à Strasbourg. Vers 1780, les conseillers commencent à se préoccuper du sort des prisonniers, parfois oubliés pendant des mois et projettent la reconstruction de la prison, qu’on doit agrandir vers l’arrière sur l’auberge du &amp;#039;&amp;#039;Wilden Mann&amp;#039;&amp;#039; (au Sauvage). &lt;br /&gt;
La gestion de la prison est confiée par affermage au concierge de la prison, place assez recherchée pour ses gages et les frais de geôle payés par les prisonniers (Pillot-Neyremand, &amp;#039;&amp;#039;Histoire du Conseil souverain d’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1860, p. 184-225).&amp;lt;br&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant la Révolution, la masse des biens nationaux mit à la disposition des autorités un certain&lt;br /&gt;
nombre d’établissements religieux pouvant servir de prison : ce fut le cas pour quelques années du Grand Séminaire de Strasbourg (qui recueille nombre de prêtres et de religieuses réfractaires,&lt;br /&gt;
ainsi que de pasteurs protestants) ou du Couvent des Augustins de Colmar, annexé et transformé en&lt;br /&gt;
prison en 1791, avec un dépôt de mendicité, et restructuré définitivement en 1806.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;UBS&amp;#039;&amp;#039;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DE BOUG, &amp;#039;&amp;#039;Ordonnances d’Alsace&amp;#039;&amp;#039; I et II, Colmar, 1774.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles de France dans leur ordre naturel&amp;#039;&amp;#039;, Paris, 1780.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), &amp;#039;&amp;#039;Essai sur les anciennes juridictions d’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1857.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, &amp;#039;&amp;#039;Histoire du Conseil souverain d’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1860, p. 184-225.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace avant 1789&amp;#039;&amp;#039;, Colmar-Paris, 1876.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », &amp;#039;&amp;#039;Bulletin du Musée historique de Mulhouse&amp;#039;&amp;#039;, 1877, p.5-40.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), &amp;#039;&amp;#039;Lehrbuch der Gefängnisskunde&amp;#039;&amp;#039;, Berlin, 1889.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter Stadtrechte&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1902.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), &amp;#039;&amp;#039;La Justice criminelle et la Police des moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries historiques&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1885.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), &amp;#039;&amp;#039;Des prisons de Strasbourg au commencement du siècle dernier&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1913.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), &amp;#039;&amp;#039;Geschichte des Verbrechens; Versuch einer historischen Kriminologie&amp;#039;&amp;#039;, Berlin, 1951.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), &amp;#039;&amp;#039;Usprünge und Anfänge der Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens&amp;#039;&amp;#039;, Zurich, 1981.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), &amp;#039;&amp;#039;Recherches sur la pauvreté, l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime&amp;#039;&amp;#039;, thèse Strasbourg, 1988.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), &amp;#039;&amp;#039;La jurisprudence du tribunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1994.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circulation et croisement des pratiques dans l’espace germanique à l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;Enfermements. Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle)&amp;#039;&amp;#039;, vol. 1, Paris, 2011, p.211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), &amp;#039;&amp;#039;Les enceintes urbaines en Moyenne Alsace (1200-1850)&amp;#039;&amp;#039;, thèse sous la direction de Georges Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
[[Acht|Banissement]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Carcan]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Caroline (Constitution)|Caroline]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Coutume]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Gardien de prison]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Justice]]&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;[[Malefizgericht|Male-fizgericht]]&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Prison&amp;diff=14007</id>
		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:53:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Sources - Bibliographie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
À partir du XIIe siècle, les ennemis faits prisonniers ne sont plus réduits en esclavage, mais détenus contre rançon dans des conditions variables : domiciles assignés, auberges. Il en va de même pour le débiteur récalcitrant : il est emprisonné jusqu’au paiement de sa dette. Les créanciers peuvent obtenir des juges un arrêt de contrainte par corps (v. [[Faillite]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que prescrit aussi le Code pénal de 1810 (art. 489). Le juge peut décider que l’emprisonnement aura lieu à domicile, auquel cas on convertit sa maison en une prison domestique (&amp;#039;&amp;#039;Hausarrest&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
C’est en 1600 qu’apparaît le concept de prison modèle, celle d’Amsterdam : le &amp;#039;&amp;#039;Tuchtuis&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039;) pour les hommes et le &amp;#039;&amp;#039;Spinnhus&amp;#039;&amp;#039; pour les femmes.&lt;br /&gt;
Le ou la détenu-e est censé-e se réhabiliter par le travail. La prison &amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039; juxtapose les fonctions : asile des pauvres, lieu de détention des délinquants et institution chrétienne de rééducation par le travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
Au début du XVIIe siècle, à l’instar d’autres villes du Saint Empire (Nuremberg, Hambourg), Strasbourg a créé son bagne, le &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039;, qui emploie les forçats aux travaux de voirie, fortifications et canaux, peines appelées aussi la &amp;#039;&amp;#039;Karrenstrafe&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Karren]]). « Ils travaillaient enchaînés, revêtus d’un costume particulier et ayant sur leur couvre-chef une sonnette qui tintait à chaque pas. De là le nom de &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; donné à ces bagnes. » L’évêque de Strasbourg, Léopold, en crée un à Rouffach, transféré ultérieurement à Benfeld, pour la reconstruction de la forteresse (Reuss, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1640, Strasbourg établit une prison à l’instar de celle d’Amsterdam dans l’ancien monastère des chevaliers de Saint-Jean, où les mendiants et les vagabonds étaient occupés à réduire en poudre, au moyen de grandes râpes en fer, du bois de Brésil pour les teintures, ou à fabriquer de grossiers tissus. De là lui vint le nom, resté populaire à Strasbourg, de &amp;#039;&amp;#039;Raspelhus&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039;, maison de la râpe), employé pour y désigner la prison (Reuss, L’Alsace au XVIIe siècle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
Le Code pénal appliqué en Alsace à partir du XVIe siècle est la Caroline, qui ne mentionne la prison que comme lieu de passage où se pratique la détention de l’accusé, son interrogatoire et la question (&amp;#039;&amp;#039;Code de Droit criminel dit Caroline&amp;#039;&amp;#039;, art. 61).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’édit du roi de France de 1670 s’applique dans de plus en plus de territoires, en particulier pour l’enfermement des mendiants et vagabonds (v. [[Conseil souverain]], [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]], Sablayrolles). La législation du royaume ne considère pas la prison comme une peine, mais comme un moyen de s’assurer de la présence de ceux qui y sont détenus, sauf les cas de commutation de peine de mort ou en matière ecclésiastique (Muyart de Vouglans, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles&amp;#039;&amp;#039;, p. 67). La peine de privation de liberté prononcée est celle des galères (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de la fin du XVIIIe siècle, la peine de prison ou la privation de liberté est introduite dans les codes pénaux parmi les peines infligées aux contrevenants, ainsi pour les fautes des ouvriers recueillant le salpêtre sur les murs, condamnés à la prison et à l’amende (de Boug II 722, Arrêt du Conseil d’État portant règlement sur les poudres et salpêtres dans la Province d’Alsace 1766) (v. [[Poudres et salpêtres|Poudres]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
La peine de prison est introduite dans le code pénal de 1791, mais sous le nom de détention.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 1er : « Les peines qui seront prononcées contre les accusés trouvés coupables par le jury, sont la peine de mort, les fers, la réclusion dans la maison de force, la gêne, la détention, la déportation, la dégradation civique, le carcan. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce code introduit une distinction entre les types de lieux de détention... qui restera assez théorique.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 21 : « Tout geôlier et gardien de maisons d’arrêt, de justice, de correction ou de prison pénale, qui recevra ou retiendra ladite personne, sinon en vertu de mandat, ordonnance, jugement ou autre acte légal, sera puni de la peine de six années de gêne » ;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La détention ou peine de prison est confirmée dans le Code pénal de 1810 ! (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]). Le Code arrête que : « Art. 9. Les peines en matière correctionnelle sont, 1° L’emprisonnement à temps dans un lieu de correction ; 2° L’interdiction&lt;br /&gt;
à temps de certains droits civiques, civils ou de famille ; 3° L’amende. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 40 : « Quiconque aura été condamné à la peine d’emprisonnement, sera renfermé dans une maison de correction : il y sera employé à l’un des travaux établis dans cette maison, selon son choix ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
Les communautés (&amp;#039;&amp;#039;gemeinde&amp;#039;&amp;#039;) ont toutes un lieu de détention, où le sergent (&amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bott&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Buttel&amp;#039;&amp;#039;) enferme un délinquant, en attendant le jugement prononcé par le maire ou &amp;#039;&amp;#039;Schultheis&amp;#039;&amp;#039; ou &amp;#039;&amp;#039;Gericht&amp;#039;&amp;#039;, qui se règle par une amende. Ce lieu peut être une remise de la maison commune ou une cave ou une étable. S’il y a crime, le prévenu est conduit par le &amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039; dans la prison de la seigneurie, en règle générale un local d’une tour des remparts du chef-lieu, où il attendra de passer en procès, lors de la session prochaine du tribunal seigneurial ou &amp;#039;&amp;#039;Malefizgericht&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Justice]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
La majorité des prisons se situent dans les tours des remparts des villes et châteaux. Les&lt;br /&gt;
« tours-prisons » sont utilisées du XVe siècle jusqu’aux premières décennies du XIXe siècle,&lt;br /&gt;
a minima dans 15 villes, dont les remparts ont été étudiés par Adrien Vuillemin : Obernai, Dambach, Kientzheim, Kaysersberg, Riquewihr, Ammerschwihr, Turckheim, Munster, Guémar, Wihr-au-Val, Benfeld, Zellenberg, Rosheim, Saint-Hippolyte et Villé.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut trouver des cachots et prisons dans plusieurs tours d’une même ville, ainsi à Kaysersberg, le &amp;#039;&amp;#039;Juncker Hansen Thurm&amp;#039;&amp;#039;, le &amp;#039;&amp;#039;Kesslerturm&amp;#039;&amp;#039;, la &amp;#039;&amp;#039;Weisstürmlin&amp;#039;&amp;#039; ou encore le &amp;#039;&amp;#039;Weckturm&amp;#039;&amp;#039;. La toponymie constitue une indication : ainsi les &amp;#039;&amp;#039;Diebsturme&amp;#039;&amp;#039;, ou &amp;#039;&amp;#039;Bürgerturme&amp;#039;&amp;#039; (ainsi à Kientzheim ou à Riquewihr). Autre indication : les tours des sorcières (&amp;#039;&amp;#039;Hexenturm&amp;#039;&amp;#039;, Andlau, Kaysersberg). Mais on y a emprisonné aussi des hérétiques : ainsi la &amp;#039;&amp;#039;Teufferturm&amp;#039;&amp;#039; de Riquewihr (tour des anabaptistes bannis par le luthérien duc de Wurtemberg).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pasteur et réformateur du système pénitentiaire prusso-allemand, Krohne, a décrit en 1899 les célèbres « &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängnisse&amp;#039;&amp;#039; » de Nuremberg au XVIe siècle : des cellules de deux mètres carrés fermées de planches et, dans les cellules, des bats-flancs, dont on change tous les mois la paille et le cuveau pour les besoins (&amp;#039;&amp;#039;Lehrbuch der Gerfängniskunde&amp;#039;&amp;#039;, 1889). Les photos des cellules de Dambach-la-Ville et de Kaysersberg évoquent ces &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängsnisse&amp;#039;&amp;#039;. Pourtant, Adrien Vuillemin relève des cellules chauffées (pour bourgeois ou endettés) à Ribeauvillé et à Boersch. Et les instructions strasbourgeoises aux gardiens de tour (&amp;#039;&amp;#039;Thurmhüter&amp;#039;&amp;#039;) prescrivent un traitement correct, il est vrai aux frais des prisonniers (v. [[Gardien de prison]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
Strasbourg compte de nombreuses prisons : les cellules des tours des Ponts-Couverts ou la &amp;#039;&amp;#039;Deimelthurm&amp;#039;&amp;#039; (Tour aux tortures) dans le quartier du Finckwiller, soit à la tour Sainte-Catherine (&amp;#039;&amp;#039;Guldenthurm&amp;#039;&amp;#039;) ou l’ancien couvent des Guillemites à la Krutenau, l’Arsenal, puis le &amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039; dans l’ancienne commanderie de Saint-Jean. En 1815, devant l’insalubrité de la détention dans les tours des Ponts-Couverts, l’on construit une nouvelle prison, dans la rue du Fil, derrière le tribunal correctionnel où l’on installe aussi des ateliers pour les travaux des prisons (tricotage, filature de chanvre) (Goldschmidt).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
À Mulhouse, la prison se trouve dans le &amp;#039;&amp;#039;Ratskeller&amp;#039;&amp;#039; (caves de l’hôtel de ville) ou dans le &amp;#039;&amp;#039;Walkenturm&amp;#039;&amp;#039; des remparts, où l’on peut purger des peines courtes. La Ville a créé, elle aussi, un &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; pour travaux forcés, où les peines atteignent des années. À la fin du XVIIIe siècle, Mulhouse transfère également, comme d’autres cantons suisses, des condamnés à la France pour les galères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
À Colmar, le Conseil souverain s’approprie les immeubles du &amp;#039;&amp;#039;Wagkeller&amp;#039;&amp;#039; et avoisinants et installe sa prison dans la Conciergerie, maison située en face de l’église des Augustins, où l’autorité militaire place également ses prisonniers. Les détenus peuvent aussi être placés dans la prison d’Ensisheim. Les femmes condamnées sont envoyées à Strasbourg. Vers 1780, les conseillers commencent à se préoccuper du sort des prisonniers, parfois oubliés pendant des mois et projettent la reconstruction de la prison, qu’on doit agrandir vers l’arrière sur l’auberge du &amp;#039;&amp;#039;Wilden Mann&amp;#039;&amp;#039; (au Sauvage). &lt;br /&gt;
La gestion de la prison est confiée par affermage au concierge de la prison, place assez recherchée pour ses gages et les frais de geôle payés par les prisonniers (Pillot-Neyremand, &amp;#039;&amp;#039;Histoire du Conseil souverain d’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1860, p. 184-225).&amp;lt;br&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant la Révolution, la masse des biens nationaux mit à la disposition des autorités un certain&lt;br /&gt;
nombre d’établissements religieux pouvant servir de prison : ce fut le cas pour quelques années du Grand Séminaire de Strasbourg (qui recueille nombre de prêtres et de religieuses réfractaires,&lt;br /&gt;
ainsi que de pasteurs protestants) ou du Couvent des Augustins de Colmar, annexé et transformé en&lt;br /&gt;
prison en 1791, avec un dépôt de mendicité, et restructuré définitivement en 1806.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;UBS&amp;#039;&amp;#039;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DE BOUG, &amp;#039;&amp;#039;Ordonnances d’Alsace&amp;#039;&amp;#039; I et II, Colmar, 1774.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles de France dans leur ordre naturel&amp;#039;&amp;#039;, Paris, 1780.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), &amp;#039;&amp;#039;Essai sur les anciennes juridictions d’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1857.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, &amp;#039;&amp;#039;Histoire du Conseil souverain d’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1860, p. 184-225.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace avant 1789&amp;#039;&amp;#039;, Colmar-Paris, 1876.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », &amp;#039;&amp;#039;Bulletin du Musée historique de Mulhouse&amp;#039;&amp;#039;, 1877, p.5-40.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), &amp;#039;&amp;#039;Lehrbuch der Gefängnisskunde&amp;#039;&amp;#039;, Berlin, 1889.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), &amp;#039;&amp;#039;Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter Stadtrechte&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1902.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), &amp;#039;&amp;#039;La Justice criminelle et la Police des moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries historiques&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1885.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), &amp;#039;&amp;#039;Des prisons de Strasbourg au commencement du siècle dernier&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1913.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), &amp;#039;&amp;#039;Geschichte des Verbrechens; Versuch einer historischen Kriminologie&amp;#039;&amp;#039;, Berlin, 1951.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), &amp;#039;&amp;#039;Usprünge und Anfänge der Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens&amp;#039;&amp;#039;, Zurich, 1981.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), &amp;#039;&amp;#039;Recherches sur la pauvreté, l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime&amp;#039;&amp;#039;, thèse Strasbourg, 1988.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), &amp;#039;&amp;#039;La jurisprudence du tribunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755&amp;#039;&amp;#039;, Strasbourg, 1994.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circulation et croisement des pratiques dans l’espace germanique à l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), &amp;#039;&amp;#039;Enfermements. Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle)&amp;#039;&amp;#039;, vol. 1, Paris, 2011, p.211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), &amp;#039;&amp;#039;Les enceintes urbaines en Moyenne Alsace (1200-1850)&amp;#039;&amp;#039;, thèse sous la direction de Georges Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Prison&amp;diff=14006</id>
		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:49:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Les prisons de Colmar */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
À partir du XIIe siècle, les ennemis faits prisonniers ne sont plus réduits en esclavage, mais détenus contre rançon dans des conditions variables : domiciles assignés, auberges. Il en va de même pour le débiteur récalcitrant : il est emprisonné jusqu’au paiement de sa dette. Les créanciers peuvent obtenir des juges un arrêt de contrainte par corps (v. [[Faillite]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que prescrit aussi le Code pénal de 1810 (art. 489). Le juge peut décider que l’emprisonnement aura lieu à domicile, auquel cas on convertit sa maison en une prison domestique (&amp;#039;&amp;#039;Hausarrest&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
C’est en 1600 qu’apparaît le concept de prison modèle, celle d’Amsterdam : le &amp;#039;&amp;#039;Tuchtuis&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039;) pour les hommes et le &amp;#039;&amp;#039;Spinnhus&amp;#039;&amp;#039; pour les femmes.&lt;br /&gt;
Le ou la détenu-e est censé-e se réhabiliter par le travail. La prison &amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039; juxtapose les fonctions : asile des pauvres, lieu de détention des délinquants et institution chrétienne de rééducation par le travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
Au début du XVIIe siècle, à l’instar d’autres villes du Saint Empire (Nuremberg, Hambourg), Strasbourg a créé son bagne, le &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039;, qui emploie les forçats aux travaux de voirie, fortifications et canaux, peines appelées aussi la &amp;#039;&amp;#039;Karrenstrafe&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Karren]]). « Ils travaillaient enchaînés, revêtus d’un costume particulier et ayant sur leur couvre-chef une sonnette qui tintait à chaque pas. De là le nom de &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; donné à ces bagnes. » L’évêque de Strasbourg, Léopold, en crée un à Rouffach, transféré ultérieurement à Benfeld, pour la reconstruction de la forteresse (Reuss, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1640, Strasbourg établit une prison à l’instar de celle d’Amsterdam dans l’ancien monastère des chevaliers de Saint-Jean, où les mendiants et les vagabonds étaient occupés à réduire en poudre, au moyen de grandes râpes en fer, du bois de Brésil pour les teintures, ou à fabriquer de grossiers tissus. De là lui vint le nom, resté populaire à Strasbourg, de &amp;#039;&amp;#039;Raspelhus&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039;, maison de la râpe), employé pour y désigner la prison (Reuss, L’Alsace au XVIIe siècle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
Le Code pénal appliqué en Alsace à partir du XVIe siècle est la Caroline, qui ne mentionne la prison que comme lieu de passage où se pratique la détention de l’accusé, son interrogatoire et la question (&amp;#039;&amp;#039;Code de Droit criminel dit Caroline&amp;#039;&amp;#039;, art. 61).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’édit du roi de France de 1670 s’applique dans de plus en plus de territoires, en particulier pour l’enfermement des mendiants et vagabonds (v. [[Conseil souverain]], [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]], Sablayrolles). La législation du royaume ne considère pas la prison comme une peine, mais comme un moyen de s’assurer de la présence de ceux qui y sont détenus, sauf les cas de commutation de peine de mort ou en matière ecclésiastique (Muyart de Vouglans, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles&amp;#039;&amp;#039;, p. 67). La peine de privation de liberté prononcée est celle des galères (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de la fin du XVIIIe siècle, la peine de prison ou la privation de liberté est introduite dans les codes pénaux parmi les peines infligées aux contrevenants, ainsi pour les fautes des ouvriers recueillant le salpêtre sur les murs, condamnés à la prison et à l’amende (de Boug II 722, Arrêt du Conseil d’État portant règlement sur les poudres et salpêtres dans la Province d’Alsace 1766) (v. [[Poudres et salpêtres|Poudres]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
La peine de prison est introduite dans le code pénal de 1791, mais sous le nom de détention.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 1er : « Les peines qui seront prononcées contre les accusés trouvés coupables par le jury, sont la peine de mort, les fers, la réclusion dans la maison de force, la gêne, la détention, la déportation, la dégradation civique, le carcan. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce code introduit une distinction entre les types de lieux de détention... qui restera assez théorique.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 21 : « Tout geôlier et gardien de maisons d’arrêt, de justice, de correction ou de prison pénale, qui recevra ou retiendra ladite personne, sinon en vertu de mandat, ordonnance, jugement ou autre acte légal, sera puni de la peine de six années de gêne » ;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La détention ou peine de prison est confirmée dans le Code pénal de 1810 ! (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]). Le Code arrête que : « Art. 9. Les peines en matière correctionnelle sont, 1° L’emprisonnement à temps dans un lieu de correction ; 2° L’interdiction&lt;br /&gt;
à temps de certains droits civiques, civils ou de famille ; 3° L’amende. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 40 : « Quiconque aura été condamné à la peine d’emprisonnement, sera renfermé dans une maison de correction : il y sera employé à l’un des travaux établis dans cette maison, selon son choix ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
Les communautés (&amp;#039;&amp;#039;gemeinde&amp;#039;&amp;#039;) ont toutes un lieu de détention, où le sergent (&amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bott&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Buttel&amp;#039;&amp;#039;) enferme un délinquant, en attendant le jugement prononcé par le maire ou &amp;#039;&amp;#039;Schultheis&amp;#039;&amp;#039; ou &amp;#039;&amp;#039;Gericht&amp;#039;&amp;#039;, qui se règle par une amende. Ce lieu peut être une remise de la maison commune ou une cave ou une étable. S’il y a crime, le prévenu est conduit par le &amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039; dans la prison de la seigneurie, en règle générale un local d’une tour des remparts du chef-lieu, où il attendra de passer en procès, lors de la session prochaine du tribunal seigneurial ou &amp;#039;&amp;#039;Malefizgericht&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Justice]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
La majorité des prisons se situent dans les tours des remparts des villes et châteaux. Les&lt;br /&gt;
« tours-prisons » sont utilisées du XVe siècle jusqu’aux premières décennies du XIXe siècle,&lt;br /&gt;
a minima dans 15 villes, dont les remparts ont été étudiés par Adrien Vuillemin : Obernai, Dambach, Kientzheim, Kaysersberg, Riquewihr, Ammerschwihr, Turckheim, Munster, Guémar, Wihr-au-Val, Benfeld, Zellenberg, Rosheim, Saint-Hippolyte et Villé.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut trouver des cachots et prisons dans plusieurs tours d’une même ville, ainsi à Kaysersberg, le &amp;#039;&amp;#039;Juncker Hansen Thurm&amp;#039;&amp;#039;, le &amp;#039;&amp;#039;Kesslerturm&amp;#039;&amp;#039;, la &amp;#039;&amp;#039;Weisstürmlin&amp;#039;&amp;#039; ou encore le &amp;#039;&amp;#039;Weckturm&amp;#039;&amp;#039;. La toponymie constitue une indication : ainsi les &amp;#039;&amp;#039;Diebsturme&amp;#039;&amp;#039;, ou &amp;#039;&amp;#039;Bürgerturme&amp;#039;&amp;#039; (ainsi à Kientzheim ou à Riquewihr). Autre indication : les tours des sorcières (&amp;#039;&amp;#039;Hexenturm&amp;#039;&amp;#039;, Andlau, Kaysersberg). Mais on y a emprisonné aussi des hérétiques : ainsi la &amp;#039;&amp;#039;Teufferturm&amp;#039;&amp;#039; de Riquewihr (tour des anabaptistes bannis par le luthérien duc de Wurtemberg).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pasteur et réformateur du système pénitentiaire prusso-allemand, Krohne, a décrit en 1899 les célèbres « &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängnisse&amp;#039;&amp;#039; » de Nuremberg au XVIe siècle : des cellules de deux mètres carrés fermées de planches et, dans les cellules, des bats-flancs, dont on change tous les mois la paille et le cuveau pour les besoins (&amp;#039;&amp;#039;Lehrbuch der Gerfängniskunde&amp;#039;&amp;#039;, 1889). Les photos des cellules de Dambach-la-Ville et de Kaysersberg évoquent ces &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängsnisse&amp;#039;&amp;#039;. Pourtant, Adrien Vuillemin relève des cellules chauffées (pour bourgeois ou endettés) à Ribeauvillé et à Boersch. Et les instructions strasbourgeoises aux gardiens de tour (&amp;#039;&amp;#039;Thurmhüter&amp;#039;&amp;#039;) prescrivent un traitement correct, il est vrai aux frais des prisonniers (v. [[Gardien de prison]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
Strasbourg compte de nombreuses prisons : les cellules des tours des Ponts-Couverts ou la &amp;#039;&amp;#039;Deimelthurm&amp;#039;&amp;#039; (Tour aux tortures) dans le quartier du Finckwiller, soit à la tour Sainte-Catherine (&amp;#039;&amp;#039;Guldenthurm&amp;#039;&amp;#039;) ou l’ancien couvent des Guillemites à la Krutenau, l’Arsenal, puis le &amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039; dans l’ancienne commanderie de Saint-Jean. En 1815, devant l’insalubrité de la détention dans les tours des Ponts-Couverts, l’on construit une nouvelle prison, dans la rue du Fil, derrière le tribunal correctionnel où l’on installe aussi des ateliers pour les travaux des prisons (tricotage, filature de chanvre) (Goldschmidt).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
À Mulhouse, la prison se trouve dans le &amp;#039;&amp;#039;Ratskeller&amp;#039;&amp;#039; (caves de l’hôtel de ville) ou dans le &amp;#039;&amp;#039;Walkenturm&amp;#039;&amp;#039; des remparts, où l’on peut purger des peines courtes. La Ville a créé, elle aussi, un &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; pour travaux forcés, où les peines atteignent des années. À la fin du XVIIIe siècle, Mulhouse transfère également, comme d’autres cantons suisses, des condamnés à la France pour les galères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
À Colmar, le Conseil souverain s’approprie les immeubles du &amp;#039;&amp;#039;Wagkeller&amp;#039;&amp;#039; et avoisinants et installe sa prison dans la Conciergerie, maison située en face de l’église des Augustins, où l’autorité militaire place également ses prisonniers. Les détenus peuvent aussi être placés dans la prison d’Ensisheim. Les femmes condamnées sont envoyées à Strasbourg. Vers 1780, les conseillers commencent à se préoccuper du sort des prisonniers, parfois oubliés pendant des mois et projettent la reconstruction de la prison, qu’on doit agrandir vers l’arrière sur l’auberge du &amp;#039;&amp;#039;Wilden Mann&amp;#039;&amp;#039; (au Sauvage). &lt;br /&gt;
La gestion de la prison est confiée par affermage au concierge de la prison, place assez recherchée pour ses gages et les frais de geôle payés par les prisonniers (Pillot-Neyremand, &amp;#039;&amp;#039;Histoire du Conseil souverain d’Alsace&amp;#039;&amp;#039;, Colmar, 1860, p. 184-225).&amp;lt;br&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant la Révolution, la masse des biens nationaux mit à la disposition des autorités un certain&lt;br /&gt;
nombre d’établissements religieux pouvant servir de prison : ce fut le cas pour quelques années du Grand Séminaire de Strasbourg (qui recueille nombre de prêtres et de religieuses réfractaires,&lt;br /&gt;
ainsi que de pasteurs protestants) ou du Couvent des Augustins de Colmar, annexé et transformé en&lt;br /&gt;
prison en 1791, avec un dépôt de mendicité, et restructuré définitivement en 1806.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Prison&amp;diff=14005</id>
		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:47:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Les prisons de Mulhouse */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
À partir du XIIe siècle, les ennemis faits prisonniers ne sont plus réduits en esclavage, mais détenus contre rançon dans des conditions variables : domiciles assignés, auberges. Il en va de même pour le débiteur récalcitrant : il est emprisonné jusqu’au paiement de sa dette. Les créanciers peuvent obtenir des juges un arrêt de contrainte par corps (v. [[Faillite]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que prescrit aussi le Code pénal de 1810 (art. 489). Le juge peut décider que l’emprisonnement aura lieu à domicile, auquel cas on convertit sa maison en une prison domestique (&amp;#039;&amp;#039;Hausarrest&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
C’est en 1600 qu’apparaît le concept de prison modèle, celle d’Amsterdam : le &amp;#039;&amp;#039;Tuchtuis&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039;) pour les hommes et le &amp;#039;&amp;#039;Spinnhus&amp;#039;&amp;#039; pour les femmes.&lt;br /&gt;
Le ou la détenu-e est censé-e se réhabiliter par le travail. La prison &amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039; juxtapose les fonctions : asile des pauvres, lieu de détention des délinquants et institution chrétienne de rééducation par le travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
Au début du XVIIe siècle, à l’instar d’autres villes du Saint Empire (Nuremberg, Hambourg), Strasbourg a créé son bagne, le &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039;, qui emploie les forçats aux travaux de voirie, fortifications et canaux, peines appelées aussi la &amp;#039;&amp;#039;Karrenstrafe&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Karren]]). « Ils travaillaient enchaînés, revêtus d’un costume particulier et ayant sur leur couvre-chef une sonnette qui tintait à chaque pas. De là le nom de &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; donné à ces bagnes. » L’évêque de Strasbourg, Léopold, en crée un à Rouffach, transféré ultérieurement à Benfeld, pour la reconstruction de la forteresse (Reuss, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1640, Strasbourg établit une prison à l’instar de celle d’Amsterdam dans l’ancien monastère des chevaliers de Saint-Jean, où les mendiants et les vagabonds étaient occupés à réduire en poudre, au moyen de grandes râpes en fer, du bois de Brésil pour les teintures, ou à fabriquer de grossiers tissus. De là lui vint le nom, resté populaire à Strasbourg, de &amp;#039;&amp;#039;Raspelhus&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039;, maison de la râpe), employé pour y désigner la prison (Reuss, L’Alsace au XVIIe siècle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
Le Code pénal appliqué en Alsace à partir du XVIe siècle est la Caroline, qui ne mentionne la prison que comme lieu de passage où se pratique la détention de l’accusé, son interrogatoire et la question (&amp;#039;&amp;#039;Code de Droit criminel dit Caroline&amp;#039;&amp;#039;, art. 61).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’édit du roi de France de 1670 s’applique dans de plus en plus de territoires, en particulier pour l’enfermement des mendiants et vagabonds (v. [[Conseil souverain]], [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]], Sablayrolles). La législation du royaume ne considère pas la prison comme une peine, mais comme un moyen de s’assurer de la présence de ceux qui y sont détenus, sauf les cas de commutation de peine de mort ou en matière ecclésiastique (Muyart de Vouglans, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles&amp;#039;&amp;#039;, p. 67). La peine de privation de liberté prononcée est celle des galères (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de la fin du XVIIIe siècle, la peine de prison ou la privation de liberté est introduite dans les codes pénaux parmi les peines infligées aux contrevenants, ainsi pour les fautes des ouvriers recueillant le salpêtre sur les murs, condamnés à la prison et à l’amende (de Boug II 722, Arrêt du Conseil d’État portant règlement sur les poudres et salpêtres dans la Province d’Alsace 1766) (v. [[Poudres et salpêtres|Poudres]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
La peine de prison est introduite dans le code pénal de 1791, mais sous le nom de détention.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 1er : « Les peines qui seront prononcées contre les accusés trouvés coupables par le jury, sont la peine de mort, les fers, la réclusion dans la maison de force, la gêne, la détention, la déportation, la dégradation civique, le carcan. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce code introduit une distinction entre les types de lieux de détention... qui restera assez théorique.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 21 : « Tout geôlier et gardien de maisons d’arrêt, de justice, de correction ou de prison pénale, qui recevra ou retiendra ladite personne, sinon en vertu de mandat, ordonnance, jugement ou autre acte légal, sera puni de la peine de six années de gêne » ;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La détention ou peine de prison est confirmée dans le Code pénal de 1810 ! (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]). Le Code arrête que : « Art. 9. Les peines en matière correctionnelle sont, 1° L’emprisonnement à temps dans un lieu de correction ; 2° L’interdiction&lt;br /&gt;
à temps de certains droits civiques, civils ou de famille ; 3° L’amende. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 40 : « Quiconque aura été condamné à la peine d’emprisonnement, sera renfermé dans une maison de correction : il y sera employé à l’un des travaux établis dans cette maison, selon son choix ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
Les communautés (&amp;#039;&amp;#039;gemeinde&amp;#039;&amp;#039;) ont toutes un lieu de détention, où le sergent (&amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bott&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Buttel&amp;#039;&amp;#039;) enferme un délinquant, en attendant le jugement prononcé par le maire ou &amp;#039;&amp;#039;Schultheis&amp;#039;&amp;#039; ou &amp;#039;&amp;#039;Gericht&amp;#039;&amp;#039;, qui se règle par une amende. Ce lieu peut être une remise de la maison commune ou une cave ou une étable. S’il y a crime, le prévenu est conduit par le &amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039; dans la prison de la seigneurie, en règle générale un local d’une tour des remparts du chef-lieu, où il attendra de passer en procès, lors de la session prochaine du tribunal seigneurial ou &amp;#039;&amp;#039;Malefizgericht&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Justice]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
La majorité des prisons se situent dans les tours des remparts des villes et châteaux. Les&lt;br /&gt;
« tours-prisons » sont utilisées du XVe siècle jusqu’aux premières décennies du XIXe siècle,&lt;br /&gt;
a minima dans 15 villes, dont les remparts ont été étudiés par Adrien Vuillemin : Obernai, Dambach, Kientzheim, Kaysersberg, Riquewihr, Ammerschwihr, Turckheim, Munster, Guémar, Wihr-au-Val, Benfeld, Zellenberg, Rosheim, Saint-Hippolyte et Villé.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut trouver des cachots et prisons dans plusieurs tours d’une même ville, ainsi à Kaysersberg, le &amp;#039;&amp;#039;Juncker Hansen Thurm&amp;#039;&amp;#039;, le &amp;#039;&amp;#039;Kesslerturm&amp;#039;&amp;#039;, la &amp;#039;&amp;#039;Weisstürmlin&amp;#039;&amp;#039; ou encore le &amp;#039;&amp;#039;Weckturm&amp;#039;&amp;#039;. La toponymie constitue une indication : ainsi les &amp;#039;&amp;#039;Diebsturme&amp;#039;&amp;#039;, ou &amp;#039;&amp;#039;Bürgerturme&amp;#039;&amp;#039; (ainsi à Kientzheim ou à Riquewihr). Autre indication : les tours des sorcières (&amp;#039;&amp;#039;Hexenturm&amp;#039;&amp;#039;, Andlau, Kaysersberg). Mais on y a emprisonné aussi des hérétiques : ainsi la &amp;#039;&amp;#039;Teufferturm&amp;#039;&amp;#039; de Riquewihr (tour des anabaptistes bannis par le luthérien duc de Wurtemberg).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pasteur et réformateur du système pénitentiaire prusso-allemand, Krohne, a décrit en 1899 les célèbres « &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängnisse&amp;#039;&amp;#039; » de Nuremberg au XVIe siècle : des cellules de deux mètres carrés fermées de planches et, dans les cellules, des bats-flancs, dont on change tous les mois la paille et le cuveau pour les besoins (&amp;#039;&amp;#039;Lehrbuch der Gerfängniskunde&amp;#039;&amp;#039;, 1889). Les photos des cellules de Dambach-la-Ville et de Kaysersberg évoquent ces &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängsnisse&amp;#039;&amp;#039;. Pourtant, Adrien Vuillemin relève des cellules chauffées (pour bourgeois ou endettés) à Ribeauvillé et à Boersch. Et les instructions strasbourgeoises aux gardiens de tour (&amp;#039;&amp;#039;Thurmhüter&amp;#039;&amp;#039;) prescrivent un traitement correct, il est vrai aux frais des prisonniers (v. [[Gardien de prison]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
Strasbourg compte de nombreuses prisons : les cellules des tours des Ponts-Couverts ou la &amp;#039;&amp;#039;Deimelthurm&amp;#039;&amp;#039; (Tour aux tortures) dans le quartier du Finckwiller, soit à la tour Sainte-Catherine (&amp;#039;&amp;#039;Guldenthurm&amp;#039;&amp;#039;) ou l’ancien couvent des Guillemites à la Krutenau, l’Arsenal, puis le &amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039; dans l’ancienne commanderie de Saint-Jean. En 1815, devant l’insalubrité de la détention dans les tours des Ponts-Couverts, l’on construit une nouvelle prison, dans la rue du Fil, derrière le tribunal correctionnel où l’on installe aussi des ateliers pour les travaux des prisons (tricotage, filature de chanvre) (Goldschmidt).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
À Mulhouse, la prison se trouve dans le &amp;#039;&amp;#039;Ratskeller&amp;#039;&amp;#039; (caves de l’hôtel de ville) ou dans le &amp;#039;&amp;#039;Walkenturm&amp;#039;&amp;#039; des remparts, où l’on peut purger des peines courtes. La Ville a créé, elle aussi, un &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; pour travaux forcés, où les peines atteignent des années. À la fin du XVIIIe siècle, Mulhouse transfère également, comme d’autres cantons suisses, des condamnés à la France pour les galères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Prison&amp;diff=14004</id>
		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:46:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Les prisons de Strasbourg */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
À partir du XIIe siècle, les ennemis faits prisonniers ne sont plus réduits en esclavage, mais détenus contre rançon dans des conditions variables : domiciles assignés, auberges. Il en va de même pour le débiteur récalcitrant : il est emprisonné jusqu’au paiement de sa dette. Les créanciers peuvent obtenir des juges un arrêt de contrainte par corps (v. [[Faillite]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que prescrit aussi le Code pénal de 1810 (art. 489). Le juge peut décider que l’emprisonnement aura lieu à domicile, auquel cas on convertit sa maison en une prison domestique (&amp;#039;&amp;#039;Hausarrest&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
C’est en 1600 qu’apparaît le concept de prison modèle, celle d’Amsterdam : le &amp;#039;&amp;#039;Tuchtuis&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039;) pour les hommes et le &amp;#039;&amp;#039;Spinnhus&amp;#039;&amp;#039; pour les femmes.&lt;br /&gt;
Le ou la détenu-e est censé-e se réhabiliter par le travail. La prison &amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039; juxtapose les fonctions : asile des pauvres, lieu de détention des délinquants et institution chrétienne de rééducation par le travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
Au début du XVIIe siècle, à l’instar d’autres villes du Saint Empire (Nuremberg, Hambourg), Strasbourg a créé son bagne, le &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039;, qui emploie les forçats aux travaux de voirie, fortifications et canaux, peines appelées aussi la &amp;#039;&amp;#039;Karrenstrafe&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Karren]]). « Ils travaillaient enchaînés, revêtus d’un costume particulier et ayant sur leur couvre-chef une sonnette qui tintait à chaque pas. De là le nom de &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; donné à ces bagnes. » L’évêque de Strasbourg, Léopold, en crée un à Rouffach, transféré ultérieurement à Benfeld, pour la reconstruction de la forteresse (Reuss, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1640, Strasbourg établit une prison à l’instar de celle d’Amsterdam dans l’ancien monastère des chevaliers de Saint-Jean, où les mendiants et les vagabonds étaient occupés à réduire en poudre, au moyen de grandes râpes en fer, du bois de Brésil pour les teintures, ou à fabriquer de grossiers tissus. De là lui vint le nom, resté populaire à Strasbourg, de &amp;#039;&amp;#039;Raspelhus&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039;, maison de la râpe), employé pour y désigner la prison (Reuss, L’Alsace au XVIIe siècle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
Le Code pénal appliqué en Alsace à partir du XVIe siècle est la Caroline, qui ne mentionne la prison que comme lieu de passage où se pratique la détention de l’accusé, son interrogatoire et la question (&amp;#039;&amp;#039;Code de Droit criminel dit Caroline&amp;#039;&amp;#039;, art. 61).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’édit du roi de France de 1670 s’applique dans de plus en plus de territoires, en particulier pour l’enfermement des mendiants et vagabonds (v. [[Conseil souverain]], [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]], Sablayrolles). La législation du royaume ne considère pas la prison comme une peine, mais comme un moyen de s’assurer de la présence de ceux qui y sont détenus, sauf les cas de commutation de peine de mort ou en matière ecclésiastique (Muyart de Vouglans, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles&amp;#039;&amp;#039;, p. 67). La peine de privation de liberté prononcée est celle des galères (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de la fin du XVIIIe siècle, la peine de prison ou la privation de liberté est introduite dans les codes pénaux parmi les peines infligées aux contrevenants, ainsi pour les fautes des ouvriers recueillant le salpêtre sur les murs, condamnés à la prison et à l’amende (de Boug II 722, Arrêt du Conseil d’État portant règlement sur les poudres et salpêtres dans la Province d’Alsace 1766) (v. [[Poudres et salpêtres|Poudres]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
La peine de prison est introduite dans le code pénal de 1791, mais sous le nom de détention.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 1er : « Les peines qui seront prononcées contre les accusés trouvés coupables par le jury, sont la peine de mort, les fers, la réclusion dans la maison de force, la gêne, la détention, la déportation, la dégradation civique, le carcan. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce code introduit une distinction entre les types de lieux de détention... qui restera assez théorique.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 21 : « Tout geôlier et gardien de maisons d’arrêt, de justice, de correction ou de prison pénale, qui recevra ou retiendra ladite personne, sinon en vertu de mandat, ordonnance, jugement ou autre acte légal, sera puni de la peine de six années de gêne » ;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La détention ou peine de prison est confirmée dans le Code pénal de 1810 ! (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]). Le Code arrête que : « Art. 9. Les peines en matière correctionnelle sont, 1° L’emprisonnement à temps dans un lieu de correction ; 2° L’interdiction&lt;br /&gt;
à temps de certains droits civiques, civils ou de famille ; 3° L’amende. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 40 : « Quiconque aura été condamné à la peine d’emprisonnement, sera renfermé dans une maison de correction : il y sera employé à l’un des travaux établis dans cette maison, selon son choix ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
Les communautés (&amp;#039;&amp;#039;gemeinde&amp;#039;&amp;#039;) ont toutes un lieu de détention, où le sergent (&amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bott&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Buttel&amp;#039;&amp;#039;) enferme un délinquant, en attendant le jugement prononcé par le maire ou &amp;#039;&amp;#039;Schultheis&amp;#039;&amp;#039; ou &amp;#039;&amp;#039;Gericht&amp;#039;&amp;#039;, qui se règle par une amende. Ce lieu peut être une remise de la maison commune ou une cave ou une étable. S’il y a crime, le prévenu est conduit par le &amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039; dans la prison de la seigneurie, en règle générale un local d’une tour des remparts du chef-lieu, où il attendra de passer en procès, lors de la session prochaine du tribunal seigneurial ou &amp;#039;&amp;#039;Malefizgericht&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Justice]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
La majorité des prisons se situent dans les tours des remparts des villes et châteaux. Les&lt;br /&gt;
« tours-prisons » sont utilisées du XVe siècle jusqu’aux premières décennies du XIXe siècle,&lt;br /&gt;
a minima dans 15 villes, dont les remparts ont été étudiés par Adrien Vuillemin : Obernai, Dambach, Kientzheim, Kaysersberg, Riquewihr, Ammerschwihr, Turckheim, Munster, Guémar, Wihr-au-Val, Benfeld, Zellenberg, Rosheim, Saint-Hippolyte et Villé.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut trouver des cachots et prisons dans plusieurs tours d’une même ville, ainsi à Kaysersberg, le &amp;#039;&amp;#039;Juncker Hansen Thurm&amp;#039;&amp;#039;, le &amp;#039;&amp;#039;Kesslerturm&amp;#039;&amp;#039;, la &amp;#039;&amp;#039;Weisstürmlin&amp;#039;&amp;#039; ou encore le &amp;#039;&amp;#039;Weckturm&amp;#039;&amp;#039;. La toponymie constitue une indication : ainsi les &amp;#039;&amp;#039;Diebsturme&amp;#039;&amp;#039;, ou &amp;#039;&amp;#039;Bürgerturme&amp;#039;&amp;#039; (ainsi à Kientzheim ou à Riquewihr). Autre indication : les tours des sorcières (&amp;#039;&amp;#039;Hexenturm&amp;#039;&amp;#039;, Andlau, Kaysersberg). Mais on y a emprisonné aussi des hérétiques : ainsi la &amp;#039;&amp;#039;Teufferturm&amp;#039;&amp;#039; de Riquewihr (tour des anabaptistes bannis par le luthérien duc de Wurtemberg).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pasteur et réformateur du système pénitentiaire prusso-allemand, Krohne, a décrit en 1899 les célèbres « &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängnisse&amp;#039;&amp;#039; » de Nuremberg au XVIe siècle : des cellules de deux mètres carrés fermées de planches et, dans les cellules, des bats-flancs, dont on change tous les mois la paille et le cuveau pour les besoins (&amp;#039;&amp;#039;Lehrbuch der Gerfängniskunde&amp;#039;&amp;#039;, 1889). Les photos des cellules de Dambach-la-Ville et de Kaysersberg évoquent ces &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängsnisse&amp;#039;&amp;#039;. Pourtant, Adrien Vuillemin relève des cellules chauffées (pour bourgeois ou endettés) à Ribeauvillé et à Boersch. Et les instructions strasbourgeoises aux gardiens de tour (&amp;#039;&amp;#039;Thurmhüter&amp;#039;&amp;#039;) prescrivent un traitement correct, il est vrai aux frais des prisonniers (v. [[Gardien de prison]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
Strasbourg compte de nombreuses prisons : les cellules des tours des Ponts-Couverts ou la &amp;#039;&amp;#039;Deimelthurm&amp;#039;&amp;#039; (Tour aux tortures) dans le quartier du Finckwiller, soit à la tour Sainte-Catherine (&amp;#039;&amp;#039;Guldenthurm&amp;#039;&amp;#039;) ou l’ancien couvent des Guillemites à la Krutenau, l’Arsenal, puis le &amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039; dans l’ancienne commanderie de Saint-Jean. En 1815, devant l’insalubrité de la détention dans les tours des Ponts-Couverts, l’on construit une nouvelle prison, dans la rue du Fil, derrière le tribunal correctionnel où l’on installe aussi des ateliers pour les travaux des prisons (tricotage, filature de chanvre) (Goldschmidt).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Prison&amp;diff=14003</id>
		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:45:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Les fonctions des tours et tours-portes des remparts */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
À partir du XIIe siècle, les ennemis faits prisonniers ne sont plus réduits en esclavage, mais détenus contre rançon dans des conditions variables : domiciles assignés, auberges. Il en va de même pour le débiteur récalcitrant : il est emprisonné jusqu’au paiement de sa dette. Les créanciers peuvent obtenir des juges un arrêt de contrainte par corps (v. [[Faillite]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que prescrit aussi le Code pénal de 1810 (art. 489). Le juge peut décider que l’emprisonnement aura lieu à domicile, auquel cas on convertit sa maison en une prison domestique (&amp;#039;&amp;#039;Hausarrest&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
C’est en 1600 qu’apparaît le concept de prison modèle, celle d’Amsterdam : le &amp;#039;&amp;#039;Tuchtuis&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039;) pour les hommes et le &amp;#039;&amp;#039;Spinnhus&amp;#039;&amp;#039; pour les femmes.&lt;br /&gt;
Le ou la détenu-e est censé-e se réhabiliter par le travail. La prison &amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039; juxtapose les fonctions : asile des pauvres, lieu de détention des délinquants et institution chrétienne de rééducation par le travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
Au début du XVIIe siècle, à l’instar d’autres villes du Saint Empire (Nuremberg, Hambourg), Strasbourg a créé son bagne, le &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039;, qui emploie les forçats aux travaux de voirie, fortifications et canaux, peines appelées aussi la &amp;#039;&amp;#039;Karrenstrafe&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Karren]]). « Ils travaillaient enchaînés, revêtus d’un costume particulier et ayant sur leur couvre-chef une sonnette qui tintait à chaque pas. De là le nom de &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; donné à ces bagnes. » L’évêque de Strasbourg, Léopold, en crée un à Rouffach, transféré ultérieurement à Benfeld, pour la reconstruction de la forteresse (Reuss, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1640, Strasbourg établit une prison à l’instar de celle d’Amsterdam dans l’ancien monastère des chevaliers de Saint-Jean, où les mendiants et les vagabonds étaient occupés à réduire en poudre, au moyen de grandes râpes en fer, du bois de Brésil pour les teintures, ou à fabriquer de grossiers tissus. De là lui vint le nom, resté populaire à Strasbourg, de &amp;#039;&amp;#039;Raspelhus&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039;, maison de la râpe), employé pour y désigner la prison (Reuss, L’Alsace au XVIIe siècle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
Le Code pénal appliqué en Alsace à partir du XVIe siècle est la Caroline, qui ne mentionne la prison que comme lieu de passage où se pratique la détention de l’accusé, son interrogatoire et la question (&amp;#039;&amp;#039;Code de Droit criminel dit Caroline&amp;#039;&amp;#039;, art. 61).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’édit du roi de France de 1670 s’applique dans de plus en plus de territoires, en particulier pour l’enfermement des mendiants et vagabonds (v. [[Conseil souverain]], [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]], Sablayrolles). La législation du royaume ne considère pas la prison comme une peine, mais comme un moyen de s’assurer de la présence de ceux qui y sont détenus, sauf les cas de commutation de peine de mort ou en matière ecclésiastique (Muyart de Vouglans, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles&amp;#039;&amp;#039;, p. 67). La peine de privation de liberté prononcée est celle des galères (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de la fin du XVIIIe siècle, la peine de prison ou la privation de liberté est introduite dans les codes pénaux parmi les peines infligées aux contrevenants, ainsi pour les fautes des ouvriers recueillant le salpêtre sur les murs, condamnés à la prison et à l’amende (de Boug II 722, Arrêt du Conseil d’État portant règlement sur les poudres et salpêtres dans la Province d’Alsace 1766) (v. [[Poudres et salpêtres|Poudres]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
La peine de prison est introduite dans le code pénal de 1791, mais sous le nom de détention.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 1er : « Les peines qui seront prononcées contre les accusés trouvés coupables par le jury, sont la peine de mort, les fers, la réclusion dans la maison de force, la gêne, la détention, la déportation, la dégradation civique, le carcan. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce code introduit une distinction entre les types de lieux de détention... qui restera assez théorique.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 21 : « Tout geôlier et gardien de maisons d’arrêt, de justice, de correction ou de prison pénale, qui recevra ou retiendra ladite personne, sinon en vertu de mandat, ordonnance, jugement ou autre acte légal, sera puni de la peine de six années de gêne » ;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La détention ou peine de prison est confirmée dans le Code pénal de 1810 ! (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]). Le Code arrête que : « Art. 9. Les peines en matière correctionnelle sont, 1° L’emprisonnement à temps dans un lieu de correction ; 2° L’interdiction&lt;br /&gt;
à temps de certains droits civiques, civils ou de famille ; 3° L’amende. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 40 : « Quiconque aura été condamné à la peine d’emprisonnement, sera renfermé dans une maison de correction : il y sera employé à l’un des travaux établis dans cette maison, selon son choix ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
Les communautés (&amp;#039;&amp;#039;gemeinde&amp;#039;&amp;#039;) ont toutes un lieu de détention, où le sergent (&amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bott&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Buttel&amp;#039;&amp;#039;) enferme un délinquant, en attendant le jugement prononcé par le maire ou &amp;#039;&amp;#039;Schultheis&amp;#039;&amp;#039; ou &amp;#039;&amp;#039;Gericht&amp;#039;&amp;#039;, qui se règle par une amende. Ce lieu peut être une remise de la maison commune ou une cave ou une étable. S’il y a crime, le prévenu est conduit par le &amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039; dans la prison de la seigneurie, en règle générale un local d’une tour des remparts du chef-lieu, où il attendra de passer en procès, lors de la session prochaine du tribunal seigneurial ou &amp;#039;&amp;#039;Malefizgericht&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Justice]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
La majorité des prisons se situent dans les tours des remparts des villes et châteaux. Les&lt;br /&gt;
« tours-prisons » sont utilisées du XVe siècle jusqu’aux premières décennies du XIXe siècle,&lt;br /&gt;
a minima dans 15 villes, dont les remparts ont été étudiés par Adrien Vuillemin : Obernai, Dambach, Kientzheim, Kaysersberg, Riquewihr, Ammerschwihr, Turckheim, Munster, Guémar, Wihr-au-Val, Benfeld, Zellenberg, Rosheim, Saint-Hippolyte et Villé.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut trouver des cachots et prisons dans plusieurs tours d’une même ville, ainsi à Kaysersberg, le &amp;#039;&amp;#039;Juncker Hansen Thurm&amp;#039;&amp;#039;, le &amp;#039;&amp;#039;Kesslerturm&amp;#039;&amp;#039;, la &amp;#039;&amp;#039;Weisstürmlin&amp;#039;&amp;#039; ou encore le &amp;#039;&amp;#039;Weckturm&amp;#039;&amp;#039;. La toponymie constitue une indication : ainsi les &amp;#039;&amp;#039;Diebsturme&amp;#039;&amp;#039;, ou &amp;#039;&amp;#039;Bürgerturme&amp;#039;&amp;#039; (ainsi à Kientzheim ou à Riquewihr). Autre indication : les tours des sorcières (&amp;#039;&amp;#039;Hexenturm&amp;#039;&amp;#039;, Andlau, Kaysersberg). Mais on y a emprisonné aussi des hérétiques : ainsi la &amp;#039;&amp;#039;Teufferturm&amp;#039;&amp;#039; de Riquewihr (tour des anabaptistes bannis par le luthérien duc de Wurtemberg).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pasteur et réformateur du système pénitentiaire prusso-allemand, Krohne, a décrit en 1899 les célèbres « &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängnisse&amp;#039;&amp;#039; » de Nuremberg au XVIe siècle : des cellules de deux mètres carrés fermées de planches et, dans les cellules, des bats-flancs, dont on change tous les mois la paille et le cuveau pour les besoins (&amp;#039;&amp;#039;Lehrbuch der Gerfängniskunde&amp;#039;&amp;#039;, 1889). Les photos des cellules de Dambach-la-Ville et de Kaysersberg évoquent ces &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängsnisse&amp;#039;&amp;#039;. Pourtant, Adrien Vuillemin relève des cellules chauffées (pour bourgeois ou endettés) à Ribeauvillé et à Boersch. Et les instructions strasbourgeoises aux gardiens de tour (&amp;#039;&amp;#039;Thurmhüter&amp;#039;&amp;#039;) prescrivent un traitement correct, il est vrai aux frais des prisonniers (v. [[Gardien de prison]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Prison&amp;diff=14002</id>
		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:44:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Les fonctions des tours et tours-portes des remparts */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
À partir du XIIe siècle, les ennemis faits prisonniers ne sont plus réduits en esclavage, mais détenus contre rançon dans des conditions variables : domiciles assignés, auberges. Il en va de même pour le débiteur récalcitrant : il est emprisonné jusqu’au paiement de sa dette. Les créanciers peuvent obtenir des juges un arrêt de contrainte par corps (v. [[Faillite]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que prescrit aussi le Code pénal de 1810 (art. 489). Le juge peut décider que l’emprisonnement aura lieu à domicile, auquel cas on convertit sa maison en une prison domestique (&amp;#039;&amp;#039;Hausarrest&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
C’est en 1600 qu’apparaît le concept de prison modèle, celle d’Amsterdam : le &amp;#039;&amp;#039;Tuchtuis&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039;) pour les hommes et le &amp;#039;&amp;#039;Spinnhus&amp;#039;&amp;#039; pour les femmes.&lt;br /&gt;
Le ou la détenu-e est censé-e se réhabiliter par le travail. La prison &amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039; juxtapose les fonctions : asile des pauvres, lieu de détention des délinquants et institution chrétienne de rééducation par le travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
Au début du XVIIe siècle, à l’instar d’autres villes du Saint Empire (Nuremberg, Hambourg), Strasbourg a créé son bagne, le &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039;, qui emploie les forçats aux travaux de voirie, fortifications et canaux, peines appelées aussi la &amp;#039;&amp;#039;Karrenstrafe&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Karren]]). « Ils travaillaient enchaînés, revêtus d’un costume particulier et ayant sur leur couvre-chef une sonnette qui tintait à chaque pas. De là le nom de &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; donné à ces bagnes. » L’évêque de Strasbourg, Léopold, en crée un à Rouffach, transféré ultérieurement à Benfeld, pour la reconstruction de la forteresse (Reuss, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1640, Strasbourg établit une prison à l’instar de celle d’Amsterdam dans l’ancien monastère des chevaliers de Saint-Jean, où les mendiants et les vagabonds étaient occupés à réduire en poudre, au moyen de grandes râpes en fer, du bois de Brésil pour les teintures, ou à fabriquer de grossiers tissus. De là lui vint le nom, resté populaire à Strasbourg, de &amp;#039;&amp;#039;Raspelhus&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039;, maison de la râpe), employé pour y désigner la prison (Reuss, L’Alsace au XVIIe siècle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
Le Code pénal appliqué en Alsace à partir du XVIe siècle est la Caroline, qui ne mentionne la prison que comme lieu de passage où se pratique la détention de l’accusé, son interrogatoire et la question (&amp;#039;&amp;#039;Code de Droit criminel dit Caroline&amp;#039;&amp;#039;, art. 61).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’édit du roi de France de 1670 s’applique dans de plus en plus de territoires, en particulier pour l’enfermement des mendiants et vagabonds (v. [[Conseil souverain]], [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]], Sablayrolles). La législation du royaume ne considère pas la prison comme une peine, mais comme un moyen de s’assurer de la présence de ceux qui y sont détenus, sauf les cas de commutation de peine de mort ou en matière ecclésiastique (Muyart de Vouglans, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles&amp;#039;&amp;#039;, p. 67). La peine de privation de liberté prononcée est celle des galères (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de la fin du XVIIIe siècle, la peine de prison ou la privation de liberté est introduite dans les codes pénaux parmi les peines infligées aux contrevenants, ainsi pour les fautes des ouvriers recueillant le salpêtre sur les murs, condamnés à la prison et à l’amende (de Boug II 722, Arrêt du Conseil d’État portant règlement sur les poudres et salpêtres dans la Province d’Alsace 1766) (v. [[Poudres et salpêtres|Poudres]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
La peine de prison est introduite dans le code pénal de 1791, mais sous le nom de détention.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 1er : « Les peines qui seront prononcées contre les accusés trouvés coupables par le jury, sont la peine de mort, les fers, la réclusion dans la maison de force, la gêne, la détention, la déportation, la dégradation civique, le carcan. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce code introduit une distinction entre les types de lieux de détention... qui restera assez théorique.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 21 : « Tout geôlier et gardien de maisons d’arrêt, de justice, de correction ou de prison pénale, qui recevra ou retiendra ladite personne, sinon en vertu de mandat, ordonnance, jugement ou autre acte légal, sera puni de la peine de six années de gêne » ;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La détention ou peine de prison est confirmée dans le Code pénal de 1810 ! (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]). Le Code arrête que : « Art. 9. Les peines en matière correctionnelle sont, 1° L’emprisonnement à temps dans un lieu de correction ; 2° L’interdiction&lt;br /&gt;
à temps de certains droits civiques, civils ou de famille ; 3° L’amende. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 40 : « Quiconque aura été condamné à la peine d’emprisonnement, sera renfermé dans une maison de correction : il y sera employé à l’un des travaux établis dans cette maison, selon son choix ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
Les communautés (&amp;#039;&amp;#039;gemeinde&amp;#039;&amp;#039;) ont toutes un lieu de détention, où le sergent (&amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bott&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Buttel&amp;#039;&amp;#039;) enferme un délinquant, en attendant le jugement prononcé par le maire ou &amp;#039;&amp;#039;Schultheis&amp;#039;&amp;#039; ou &amp;#039;&amp;#039;Gericht&amp;#039;&amp;#039;, qui se règle par une amende. Ce lieu peut être une remise de la maison commune ou une cave ou une étable. S’il y a crime, le prévenu est conduit par le &amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039; dans la prison de la seigneurie, en règle générale un local d’une tour des remparts du chef-lieu, où il attendra de passer en procès, lors de la session prochaine du tribunal seigneurial ou &amp;#039;&amp;#039;Malefizgericht&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Justice]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
La majorité des prisons se situent dans les tours des remparts des villes et châteaux. Les&lt;br /&gt;
« tours-prisons » sont utilisées du XVe siècle jusqu’aux premières décennies du XIXe siècle,&lt;br /&gt;
a minima dans 15 villes, dont les remparts ont été étudiés par Adrien Vuillemin : Obernai, Dambach, Kientzheim, Kaysersberg, Riquewihr, Ammerschwihr, Turckheim, Munster, Guémar, Wihr-au-Val, Benfeld, Zellenberg, Rosheim, Saint-Hippolyte et Villé.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut trouver des cachots et prisons dans plusieurs tours d’une même ville, ainsi à Kaysersberg, le &amp;#039;&amp;#039;Juncker Hansen Thurm&amp;#039;&amp;#039;, le &amp;#039;&amp;#039;Kesslerturm&amp;#039;&amp;#039;, la &amp;#039;&amp;#039;Weisstürmlin&amp;#039;&amp;#039; ou encore le &amp;#039;&amp;#039;Weckturm&amp;#039;&amp;#039;. La toponymie constitue une indication : ainsi les &amp;#039;&amp;#039;Diebsturme&amp;#039;&amp;#039;, ou &amp;#039;&amp;#039;Bürgerturme&amp;#039;&amp;#039; (ainsi à Kientzheim ou à Riquewihr). Autre indication : les tours des sorcières (&amp;#039;&amp;#039;Hexenturm&amp;#039;&amp;#039;, Andlau, Kaysersberg). Mais on y a emprisonné aussi des hérétiques : ainsi la &amp;#039;&amp;#039;Teufferturm&amp;#039;&amp;#039; de Riquewihr (tour des anabaptistes bannis par le luthérien duc de Wurtemberg).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pasteur et réformateur du système pénitentiaire prusso-allemand, Krohne, a décrit en 1899 les célèbres « &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängnisse&amp;#039;&amp;#039; » de Nuremberg au XVIe siècle : des cellules de deux mètres carrés fermées de planches et, dans les cellules, des bats-flancs, dont on change tous les mois la paille et le cuveau pour les besoins (&amp;#039;&amp;#039;Lehrbuch der Gerfängniskunde&amp;#039;&amp;#039;, 1889). Les photos des cellules de Dambach-la-Ville et de Kaysersberg évoquent ces &amp;#039;&amp;#039;Lochgefängsnisse&amp;#039;&amp;#039;. Pourtant, Adrien Vuillemin relève des cellules chauffées (pour bourgeois ou endettés) à Ribeauvillé et à Boersch. Et les instructions strasbourgeoises aux gardiens de tour (&amp;#039;&amp;#039;Thurmhüter&amp;#039;&amp;#039;) prescrivent un traitement correct, il est vrai aux frais des prisonniers (v. [[Gardien (des portes)|Gardien de portes]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Prison&amp;diff=14001</id>
		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:37:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
À partir du XIIe siècle, les ennemis faits prisonniers ne sont plus réduits en esclavage, mais détenus contre rançon dans des conditions variables : domiciles assignés, auberges. Il en va de même pour le débiteur récalcitrant : il est emprisonné jusqu’au paiement de sa dette. Les créanciers peuvent obtenir des juges un arrêt de contrainte par corps (v. [[Faillite]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que prescrit aussi le Code pénal de 1810 (art. 489). Le juge peut décider que l’emprisonnement aura lieu à domicile, auquel cas on convertit sa maison en une prison domestique (&amp;#039;&amp;#039;Hausarrest&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
C’est en 1600 qu’apparaît le concept de prison modèle, celle d’Amsterdam : le &amp;#039;&amp;#039;Tuchtuis&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039;) pour les hommes et le &amp;#039;&amp;#039;Spinnhus&amp;#039;&amp;#039; pour les femmes.&lt;br /&gt;
Le ou la détenu-e est censé-e se réhabiliter par le travail. La prison &amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039; juxtapose les fonctions : asile des pauvres, lieu de détention des délinquants et institution chrétienne de rééducation par le travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
Au début du XVIIe siècle, à l’instar d’autres villes du Saint Empire (Nuremberg, Hambourg), Strasbourg a créé son bagne, le &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039;, qui emploie les forçats aux travaux de voirie, fortifications et canaux, peines appelées aussi la &amp;#039;&amp;#039;Karrenstrafe&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Karren]]). « Ils travaillaient enchaînés, revêtus d’un costume particulier et ayant sur leur couvre-chef une sonnette qui tintait à chaque pas. De là le nom de &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; donné à ces bagnes. » L’évêque de Strasbourg, Léopold, en crée un à Rouffach, transféré ultérieurement à Benfeld, pour la reconstruction de la forteresse (Reuss, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1640, Strasbourg établit une prison à l’instar de celle d’Amsterdam dans l’ancien monastère des chevaliers de Saint-Jean, où les mendiants et les vagabonds étaient occupés à réduire en poudre, au moyen de grandes râpes en fer, du bois de Brésil pour les teintures, ou à fabriquer de grossiers tissus. De là lui vint le nom, resté populaire à Strasbourg, de &amp;#039;&amp;#039;Raspelhus&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039;, maison de la râpe), employé pour y désigner la prison (Reuss, L’Alsace au XVIIe siècle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
Le Code pénal appliqué en Alsace à partir du XVIe siècle est la Caroline, qui ne mentionne la prison que comme lieu de passage où se pratique la détention de l’accusé, son interrogatoire et la question (&amp;#039;&amp;#039;Code de Droit criminel dit Caroline&amp;#039;&amp;#039;, art. 61).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’édit du roi de France de 1670 s’applique dans de plus en plus de territoires, en particulier pour l’enfermement des mendiants et vagabonds (v. [[Conseil souverain]], [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]], Sablayrolles). La législation du royaume ne considère pas la prison comme une peine, mais comme un moyen de s’assurer de la présence de ceux qui y sont détenus, sauf les cas de commutation de peine de mort ou en matière ecclésiastique (Muyart de Vouglans, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles&amp;#039;&amp;#039;, p. 67). La peine de privation de liberté prononcée est celle des galères (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de la fin du XVIIIe siècle, la peine de prison ou la privation de liberté est introduite dans les codes pénaux parmi les peines infligées aux contrevenants, ainsi pour les fautes des ouvriers recueillant le salpêtre sur les murs, condamnés à la prison et à l’amende (de Boug II 722, Arrêt du Conseil d’État portant règlement sur les poudres et salpêtres dans la Province d’Alsace 1766) (v. [[Poudres et salpêtres|Poudres]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
La peine de prison est introduite dans le code pénal de 1791, mais sous le nom de détention.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 1er : « Les peines qui seront prononcées contre les accusés trouvés coupables par le jury, sont la peine de mort, les fers, la réclusion dans la maison de force, la gêne, la détention, la déportation, la dégradation civique, le carcan. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce code introduit une distinction entre les types de lieux de détention... qui restera assez théorique.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 21 : « Tout geôlier et gardien de maisons d’arrêt, de justice, de correction ou de prison pénale, qui recevra ou retiendra ladite personne, sinon en vertu de mandat, ordonnance, jugement ou autre acte légal, sera puni de la peine de six années de gêne » ;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La détention ou peine de prison est confirmée dans le Code pénal de 1810 ! (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]). Le Code arrête que : « Art. 9. Les peines en matière correctionnelle sont, 1° L’emprisonnement à temps dans un lieu de correction ; 2° L’interdiction&lt;br /&gt;
à temps de certains droits civiques, civils ou de famille ; 3° L’amende. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 40 : « Quiconque aura été condamné à la peine d’emprisonnement, sera renfermé dans une maison de correction : il y sera employé à l’un des travaux établis dans cette maison, selon son choix ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
Les communautés (&amp;#039;&amp;#039;gemeinde&amp;#039;&amp;#039;) ont toutes un lieu de détention, où le sergent (&amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Bott&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;Buttel&amp;#039;&amp;#039;) enferme un délinquant, en attendant le jugement prononcé par le maire ou &amp;#039;&amp;#039;Schultheis&amp;#039;&amp;#039; ou &amp;#039;&amp;#039;Gericht&amp;#039;&amp;#039;, qui se règle par une amende. Ce lieu peut être une remise de la maison commune ou une cave ou une étable. S’il y a crime, le prévenu est conduit par le &amp;#039;&amp;#039;Weibel&amp;#039;&amp;#039; dans la prison de la seigneurie, en règle générale un local d’une tour des remparts du chef-lieu, où il attendra de passer en procès, lors de la session prochaine du tribunal seigneurial ou &amp;#039;&amp;#039;Malefizgericht&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Justice]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Prison&amp;diff=14000</id>
		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:32:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
À partir du XIIe siècle, les ennemis faits prisonniers ne sont plus réduits en esclavage, mais détenus contre rançon dans des conditions variables : domiciles assignés, auberges. Il en va de même pour le débiteur récalcitrant : il est emprisonné jusqu’au paiement de sa dette. Les créanciers peuvent obtenir des juges un arrêt de contrainte par corps (v. [[Faillite]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que prescrit aussi le Code pénal de 1810 (art. 489). Le juge peut décider que l’emprisonnement aura lieu à domicile, auquel cas on convertit sa maison en une prison domestique (&amp;#039;&amp;#039;Hausarrest&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
C’est en 1600 qu’apparaît le concept de prison modèle, celle d’Amsterdam : le &amp;#039;&amp;#039;Tuchtuis&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039;) pour les hommes et le &amp;#039;&amp;#039;Spinnhus&amp;#039;&amp;#039; pour les femmes.&lt;br /&gt;
Le ou la détenu-e est censé-e se réhabiliter par le travail. La prison &amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039; juxtapose les fonctions : asile des pauvres, lieu de détention des délinquants et institution chrétienne de rééducation par le travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
Au début du XVIIe siècle, à l’instar d’autres villes du Saint Empire (Nuremberg, Hambourg), Strasbourg a créé son bagne, le &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039;, qui emploie les forçats aux travaux de voirie, fortifications et canaux, peines appelées aussi la &amp;#039;&amp;#039;Karrenstrafe&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Karren]]). « Ils travaillaient enchaînés, revêtus d’un costume particulier et ayant sur leur couvre-chef une sonnette qui tintait à chaque pas. De là le nom de &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; donné à ces bagnes. » L’évêque de Strasbourg, Léopold, en crée un à Rouffach, transféré ultérieurement à Benfeld, pour la reconstruction de la forteresse (Reuss, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1640, Strasbourg établit une prison à l’instar de celle d’Amsterdam dans l’ancien monastère des chevaliers de Saint-Jean, où les mendiants et les vagabonds étaient occupés à réduire en poudre, au moyen de grandes râpes en fer, du bois de Brésil pour les teintures, ou à fabriquer de grossiers tissus. De là lui vint le nom, resté populaire à Strasbourg, de &amp;#039;&amp;#039;Raspelhus&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039;, maison de la râpe), employé pour y désigner la prison (Reuss, L’Alsace au XVIIe siècle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
Le Code pénal appliqué en Alsace à partir du XVIe siècle est la Caroline, qui ne mentionne la prison que comme lieu de passage où se pratique la détention de l’accusé, son interrogatoire et la question (&amp;#039;&amp;#039;Code de Droit criminel dit Caroline&amp;#039;&amp;#039;, art. 61).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’édit du roi de France de 1670 s’applique dans de plus en plus de territoires, en particulier pour l’enfermement des mendiants et vagabonds (v. [[Conseil souverain]], [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]], Sablayrolles). La législation du royaume ne considère pas la prison comme une peine, mais comme un moyen de s’assurer de la présence de ceux qui y sont détenus, sauf les cas de commutation de peine de mort ou en matière ecclésiastique (Muyart de Vouglans, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles&amp;#039;&amp;#039;, p. 67). La peine de privation de liberté prononcée est celle des galères (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de la fin du XVIIIe siècle, la peine de prison ou la privation de liberté est introduite dans les codes pénaux parmi les peines infligées aux contrevenants, ainsi pour les fautes des ouvriers recueillant le salpêtre sur les murs, condamnés à la prison et à l’amende (de Boug II 722, Arrêt du Conseil d’État portant règlement sur les poudres et salpêtres dans la Province d’Alsace 1766) (v. [[Poudres et salpêtres|Poudres]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
La peine de prison est introduite dans le code pénal de 1791, mais sous le nom de détention.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 1er : « Les peines qui seront prononcées contre les accusés trouvés coupables par le jury, sont la peine de mort, les fers, la réclusion dans la maison de force, la gêne, la détention, la déportation, la dégradation civique, le carcan. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce code introduit une distinction entre les types de lieux de détention... qui restera assez théorique.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 21 : « Tout geôlier et gardien de maisons d’arrêt, de justice, de correction ou de prison pénale, qui recevra ou retiendra ladite personne, sinon en vertu de mandat, ordonnance, jugement ou autre acte légal, sera puni de la peine de six années de gêne » ;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La détention ou peine de prison est confirmée dans le Code pénal de 1810 ! (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]). Le Code arrête que : « Art. 9. Les peines en matière correctionnelle sont, 1° L’emprisonnement à temps dans un lieu de correction ; 2° L’interdiction&lt;br /&gt;
à temps de certains droits civiques, civils ou de famille ; 3° L’amende. »&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 40 : « Quiconque aura été condamné à la peine d’emprisonnement, sera renfermé dans une maison de correction : il y sera employé à l’un des travaux établis dans cette maison, selon son choix ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<updated>2026-06-15T13:29:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* La Caroline et l’édit de 1670 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
À partir du XIIe siècle, les ennemis faits prisonniers ne sont plus réduits en esclavage, mais détenus contre rançon dans des conditions variables : domiciles assignés, auberges. Il en va de même pour le débiteur récalcitrant : il est emprisonné jusqu’au paiement de sa dette. Les créanciers peuvent obtenir des juges un arrêt de contrainte par corps (v. [[Faillite]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que prescrit aussi le Code pénal de 1810 (art. 489). Le juge peut décider que l’emprisonnement aura lieu à domicile, auquel cas on convertit sa maison en une prison domestique (&amp;#039;&amp;#039;Hausarrest&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
C’est en 1600 qu’apparaît le concept de prison modèle, celle d’Amsterdam : le &amp;#039;&amp;#039;Tuchtuis&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039;) pour les hommes et le &amp;#039;&amp;#039;Spinnhus&amp;#039;&amp;#039; pour les femmes.&lt;br /&gt;
Le ou la détenu-e est censé-e se réhabiliter par le travail. La prison &amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039; juxtapose les fonctions : asile des pauvres, lieu de détention des délinquants et institution chrétienne de rééducation par le travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
Au début du XVIIe siècle, à l’instar d’autres villes du Saint Empire (Nuremberg, Hambourg), Strasbourg a créé son bagne, le &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039;, qui emploie les forçats aux travaux de voirie, fortifications et canaux, peines appelées aussi la &amp;#039;&amp;#039;Karrenstrafe&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Karren]]). « Ils travaillaient enchaînés, revêtus d’un costume particulier et ayant sur leur couvre-chef une sonnette qui tintait à chaque pas. De là le nom de &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; donné à ces bagnes. » L’évêque de Strasbourg, Léopold, en crée un à Rouffach, transféré ultérieurement à Benfeld, pour la reconstruction de la forteresse (Reuss, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1640, Strasbourg établit une prison à l’instar de celle d’Amsterdam dans l’ancien monastère des chevaliers de Saint-Jean, où les mendiants et les vagabonds étaient occupés à réduire en poudre, au moyen de grandes râpes en fer, du bois de Brésil pour les teintures, ou à fabriquer de grossiers tissus. De là lui vint le nom, resté populaire à Strasbourg, de &amp;#039;&amp;#039;Raspelhus&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039;, maison de la râpe), employé pour y désigner la prison (Reuss, L’Alsace au XVIIe siècle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
Le Code pénal appliqué en Alsace à partir du XVIe siècle est la Caroline, qui ne mentionne la prison que comme lieu de passage où se pratique la détention de l’accusé, son interrogatoire et la question (&amp;#039;&amp;#039;Code de Droit criminel dit Caroline&amp;#039;&amp;#039;, art. 61).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’édit du roi de France de 1670 s’applique dans de plus en plus de territoires, en particulier pour l’enfermement des mendiants et vagabonds (v. [[Conseil souverain]], [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]], Sablayrolles). La législation du royaume ne considère pas la prison comme une peine, mais comme un moyen de s’assurer de la présence de ceux qui y sont détenus, sauf les cas de commutation de peine de mort ou en matière ecclésiastique (Muyart de Vouglans, &amp;#039;&amp;#039;Les Lois criminelles&amp;#039;&amp;#039;, p. 67). La peine de privation de liberté prononcée est celle des galères (v. [[Droit de l&amp;#039;Alsace|Droit de l’Alsace]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de la fin du XVIIIe siècle, la peine de prison ou la privation de liberté est introduite dans les codes pénaux parmi les peines infligées aux contrevenants, ainsi pour les fautes des ouvriers recueillant le salpêtre sur les murs, condamnés à la prison et à l’amende (de Boug II 722, Arrêt du Conseil d’État portant règlement sur les poudres et salpêtres dans la Province d’Alsace 1766) (v. [[Poudres et salpêtres|Poudres]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Prison&amp;diff=13998</id>
		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:26:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
À partir du XIIe siècle, les ennemis faits prisonniers ne sont plus réduits en esclavage, mais détenus contre rançon dans des conditions variables : domiciles assignés, auberges. Il en va de même pour le débiteur récalcitrant : il est emprisonné jusqu’au paiement de sa dette. Les créanciers peuvent obtenir des juges un arrêt de contrainte par corps (v. [[Faillite]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que prescrit aussi le Code pénal de 1810 (art. 489). Le juge peut décider que l’emprisonnement aura lieu à domicile, auquel cas on convertit sa maison en une prison domestique (&amp;#039;&amp;#039;Hausarrest&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
C’est en 1600 qu’apparaît le concept de prison modèle, celle d’Amsterdam : le &amp;#039;&amp;#039;Tuchtuis&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039;) pour les hommes et le &amp;#039;&amp;#039;Spinnhus&amp;#039;&amp;#039; pour les femmes.&lt;br /&gt;
Le ou la détenu-e est censé-e se réhabiliter par le travail. La prison &amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039; juxtapose les fonctions : asile des pauvres, lieu de détention des délinquants et institution chrétienne de rééducation par le travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
Au début du XVIIe siècle, à l’instar d’autres villes du Saint Empire (Nuremberg, Hambourg), Strasbourg a créé son bagne, le &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039;, qui emploie les forçats aux travaux de voirie, fortifications et canaux, peines appelées aussi la &amp;#039;&amp;#039;Karrenstrafe&amp;#039;&amp;#039; (v. [[Karren]]). « Ils travaillaient enchaînés, revêtus d’un costume particulier et ayant sur leur couvre-chef une sonnette qui tintait à chaque pas. De là le nom de &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerk&amp;#039;&amp;#039; donné à ces bagnes. » L’évêque de Strasbourg, Léopold, en crée un à Rouffach, transféré ultérieurement à Benfeld, pour la reconstruction de la forteresse (Reuss, &amp;#039;&amp;#039;L’Alsace au XVIIe siècle&amp;#039;&amp;#039;).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1640, Strasbourg établit une prison à l’instar de celle d’Amsterdam dans l’ancien monastère des chevaliers de Saint-Jean, où les mendiants et les vagabonds étaient occupés à réduire en poudre, au moyen de grandes râpes en fer, du bois de Brésil pour les teintures, ou à fabriquer de grossiers tissus. De là lui vint le nom, resté populaire à Strasbourg, de &amp;#039;&amp;#039;Raspelhus&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Raspelhaus&amp;#039;&amp;#039;, maison de la râpe), employé pour y désigner la prison (Reuss, L’Alsace au XVIIe siècle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<title>Prison</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Prison : expiation et correction ou surveiller et punir */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
À partir du XIIe siècle, les ennemis faits prisonniers ne sont plus réduits en esclavage, mais détenus contre rançon dans des conditions variables : domiciles assignés, auberges. Il en va de même pour le débiteur récalcitrant : il est emprisonné jusqu’au paiement de sa dette. Les créanciers peuvent obtenir des juges un arrêt de contrainte par corps (v. [[Faillite]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que prescrit aussi le Code pénal de 1810 (art. 489). Le juge peut décider que l’emprisonnement aura lieu à domicile, auquel cas on convertit sa maison en une prison domestique (&amp;#039;&amp;#039;Hausarrest&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
C’est en 1600 qu’apparaît le concept de prison modèle, celle d’Amsterdam : le &amp;#039;&amp;#039;Tuchtuis&amp;#039;&amp;#039; (&amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039;) pour les hommes et le &amp;#039;&amp;#039;Spinnhus&amp;#039;&amp;#039; pour les femmes.&lt;br /&gt;
Le ou la détenu-e est censé-e se réhabiliter par le travail. La prison &amp;#039;&amp;#039;Zuchthaus&amp;#039;&amp;#039; juxtapose les fonctions : asile des pauvres, lieu de détention des délinquants et institution chrétienne de rééducation par le travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Prison&amp;diff=13996</id>
		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:13:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
À partir du XIIe siècle, les ennemis faits prisonniers ne sont plus réduits en esclavage, mais détenus contre rançon dans des conditions variables : domiciles assignés, auberges. Il en va de même pour le débiteur récalcitrant : il est emprisonné jusqu’au paiement de sa dette. Les créanciers peuvent obtenir des juges un arrêt de contrainte par corps (v. [[Faillite]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que prescrit aussi le Code pénal de 1810 (art. 489). Le juge peut décider que l’emprisonnement aura lieu à domicile, auquel cas on convertit sa maison en une prison domestique (&amp;#039;&amp;#039;Hausarrest&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:12:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
Le clergé a pratiqué la mise au cachot des clercs délinquants et les monastères ont servi de modèles pour le système pénitentiaire (murs extérieurs, cellules, horaires, etc.) ; nombre d’édifices monastiques sécularisés et désaffectés ont servi de prisons à partir du XVIIe siècle.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ampleur des crises aux XIVe et XVe siècle et l’accroissement du nombre de mendiants, qui se pressent dans les villes pour essayer de trouver nourriture et abri, amènent les villes à tenter de les occuper par le travail. Mais ils sont équipés d’un collier et de clochettes (comme les fous de carnaval), stigmatisation qui trouve un écho dans les ouvrages comme la &amp;#039;&amp;#039;Nef des fous&amp;#039;&amp;#039; de Brant et ceux de nombre d’humanistes (Fumasoli, &amp;#039;&amp;#039;Schellenwerke&amp;#039;&amp;#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:11:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Un grand nombre de détenus */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
Ces interprétations ont été contestées et la recherche a souligné le nombre important des condamnés purgeant des peines de prison dans les geôles seigneuriales. La recherche s’est étendue à l’ensemble des peines d’enfermement (prévenus, condamnés, malades) et a relevé la porosité entre lieux et horaires d’enfermement et l’extérieur où l’on peut se rendre pendant le jour et d’où viennent des visiteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Prison&amp;diff=13993</id>
		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:10:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Droits et coutumes pénales médiévales */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
Les historiens du droit ont, en règle générale, insisté sur le fait que le droit médiéval (&amp;#039;&amp;#039;Schwabenspiegel&amp;#039;&amp;#039;, statuts urbains et seigneuriaux) ne prévoit pas de peine d’emprisonnement comme punition d’un crime ou délit, et la prison n’est pas un lieu où expier une faute. Les peines sont soit corporelles : mort ou banissement (&amp;#039;&amp;#039;acht&amp;#039;&amp;#039;) équivalent de la mort civile, mutilations (bras, main, nez ou oreilles tranchées, fouet, asphyxie partielle dans des&lt;br /&gt;
bassins d’eau), soit des amendes.&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://dhialsace.bnu.fr/w/index.php?title=Prison&amp;diff=13992</id>
		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:09:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Notices connexes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
Banissement, Carcan, Caroline, Coutume,&lt;br /&gt;
Droit de l’Alsace, Gardien de prison, Justice, Male-&lt;br /&gt;
fizgericht.&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:09:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Sources - Bibliographie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Schwabenspiegel.&lt;br /&gt;
UBS.&lt;br /&gt;
DE BOUG, Ordonnances d’Alsace I et II, Colmar, 1774.&lt;br /&gt;
MUYART DE VOUGLANS, Les Lois criminelles de France&lt;br /&gt;
dans leur ordre naturel, Paris, 1780.&lt;br /&gt;
Code pénal de 1791.&lt;br /&gt;
Code Pénal de 1810.&lt;br /&gt;
VERON-REVILLE (Antoine), Essai sur les anciennes juri-&lt;br /&gt;
dictions d’Alsace, Colmar, 1857.&lt;br /&gt;
PILLOT-NEYREMAND, Histoire du Conseil souverain&lt;br /&gt;
d’Alsace, Colmar, 1860, p. 184-225.&lt;br /&gt;
KRUG-BASSE, L’Alsace avant 1789, Colmar-Paris, 1876.&lt;br /&gt;
STOEBER (Auguste), « Jugements rendus en matière&lt;br /&gt;
criminelle par le Petit Sénat de l’ancienne République de&lt;br /&gt;
Mulhouse XVIe-XVIIIe siècles », Bulletin du Musée historique&lt;br /&gt;
de Mulhouse, 1877, p. 5-40.&lt;br /&gt;
KROHNE (Karl), Lehrbuch der Gefängnisskunde, Berlin, 1889.&lt;br /&gt;
GENY ( Joseph), Elsässische Stadtrechte : Schlettstadter&lt;br /&gt;
Stadtrechte, Strasbourg, 1902.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), L’Alsace au XVIIe siècle.&lt;br /&gt;
REUSS (Rodolphe), La Justice criminelle et la Police des&lt;br /&gt;
moeurs à Strasbourg au XVIe et au XVIIe siècle. Causeries histo-&lt;br /&gt;
riques, Strasbourg, 1885.&lt;br /&gt;
GOLDSCHMIDT (Daniel), Des prisons de Strasbourg au&lt;br /&gt;
commencement du siècle dernier, Strasbourg, 1913.&lt;br /&gt;
RADBRUCH (Gustav), Geschichte des Verbrechens; Versuch&lt;br /&gt;
einer historischen Kriminologie, Berlin, 1951.&lt;br /&gt;
FUMASOLI (Georg), Usprünge und Anfänge der&lt;br /&gt;
Schellenwerke, ein Beitrag zur Frühgeschichte des Zuchthauswesens,&lt;br /&gt;
Zurich, 1981.&lt;br /&gt;
SABLAYROLLES (Elisabeth), Recherches sur la pauvreté,&lt;br /&gt;
l’assistance et la marginalité en Alsace sous l’Ancien Régime, thèse&lt;br /&gt;
Strasbourg, 1988.&lt;br /&gt;
DOLT-PETERMANN ( Joëlle), La jurisprudence du tri-&lt;br /&gt;
bunal du grand bailliage de Haguenau 1731-1755, Strasbourg,&lt;br /&gt;
1994.&lt;br /&gt;
BRETSCHNEIDER (Falk), « Enfermements : circula-&lt;br /&gt;
tion et croisement des pratiques dans l’espace germanique à&lt;br /&gt;
l’époque moderne », CLAUSTRE ( Julie), HEULLANT-&lt;br /&gt;
DONAT (Isabell), LUSSET (Elisabeth) (dir.), Enfermements.&lt;br /&gt;
Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), vol. 1, Paris, 2011,&lt;br /&gt;
p. 211-230. https://books.openedition.org/psorbonne/73024.&lt;br /&gt;
VUILLEMIN (Adrien), Les enceintes urbaines en Moyenne&lt;br /&gt;
Alsace (1200-1850), thèse sous la direction de Georges&lt;br /&gt;
Bischoff, Strasbourg, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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		<title>Prison</title>
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		<updated>2026-06-15T13:08:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cneufville : /* Prison, lieu de détention */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Prison, privation de liberté, détention (&amp;#039;&amp;#039;gefangenschaft&amp;#039;&amp;#039;, &amp;#039;&amp;#039;haft&amp;#039;&amp;#039;) ==&lt;br /&gt;
=== Droits et coutumes pénales médiévales ===&lt;br /&gt;
==== Un grand nombre de détenus ====&lt;br /&gt;
==== Les multiples modes d’exclusion et d’enfermement ====&lt;br /&gt;
==== Prisonniers de guerre détenus pour rançon ; prison pour dettes ====&lt;br /&gt;
=== Prison : expiation et correction ou surveiller et punir ===&lt;br /&gt;
=== Les bagnes et ateliers pénitentiaires : Schellenwerke et Karrenstrafe ===&lt;br /&gt;
=== La peine de prison dans le droit pénal ===&lt;br /&gt;
==== La Caroline et l’édit de 1670 ====&lt;br /&gt;
==== Les codes pénaux de la Révolution et de l’Empire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prison, lieu de détention ==&lt;br /&gt;
=== La prison, lieu de sûreté dans lequel on retient l’accusé... ===&lt;br /&gt;
=== Les fonctions des tours et tours-portes des remparts ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Strasbourg ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Mulhouse ===&lt;br /&gt;
=== Les prisons de Colmar ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources - Bibliographie ==&lt;br /&gt;
== Notices connexes ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;div align=&amp;quot;right&amp;quot;&amp;gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;François Igersheim&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;/div align&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Category : P]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cneufville</name></author>
		
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